Une semaine dans le sud de l'Albanie en août 2011

Carnet de voyage en Albanie

Plage de Borsh
Vieux quartier d\'Elabasan Site antique d\'Apolonia Route neuve reliant le site de Butrint à Ksamil

Nous sommes partis à quatre copains (25-30 ans) dans une Kangoo neuve, du 7 au 19 août.

Trajet : Voiture jusqu'à Venise, puis Ferry jusqu'à Igoumenitsa au nord de la Grèce, boucle d'une semaine dans le Sud de l'Albanie et retour par le même chemin.

Couchage : 2 à l'arrière de la kangoo sur un matelas gonflable, 2 dans une tente.

Durée : 13 jours ( du 07/08/2011 au 19/08/2011)
Zone : Albanie (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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leptitmoyon
Carnet de voyage créé par leptitmoyon
Le 01 janvier 2012

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Du dimanche 7 au Mardi 9 : Fontainebleau - Igoumenitsa

Dimanche 7 août : Fontainebleau - Venise

Départ de Seine et Marne à 7h pour Venise en passant par le Col du Simplon en Suisse (A5, Pontarliers, autoroutes puis nationale suisse, traversée du col du Simplon, descente le long du Lac Majeur, autoroutes jusqu'à Venise).

Très courtes escales (achat de la vignette autoroutière suisse à la frontière, petite promenade sur le col du Simplon dans la brume - dommage- puis sur une aire d'autoroute italienne), arrivée à la tombée de la nuit à Venise, dans notre camping réservé (camping bourré de jeunes fêtards anglosaxons, mitoyen à l'aéroport de Venise : impressionnant de voir les avions roulaient à moins de 100m des tentes). Repas le soir dans un snack sur la route en direction du centre de Venise, resté ouvert assez tard pour nous accueillir.

8 août : Venise - Quelque part dans l'Adriatique

Nous sommes allés garer la voiture sur le port de Venise tôt le matin et avons pris un métro-navette qui emmène les croisiéristes (1€) du port à la gare routière. Nous avons traversé Venise jusqu'à la Place Saint Marc. Plus ça allait et plus ça grouillait de touristes, jusqu'à devenir vraiment étouffant en tout début d'après-midi. Nous avons mangé dans un snack, puis avons fait le chemin inverse pour nous retrouver en milieu d'après midi au port où nous devions embarqué.

Pour rentrer dans le ferry, seul le conducteur est autorisé à rester dans la voiture, les autres entrent par la passerelle. Nous avons quand même pu faire des allers-retours avant le départ du ferry pour prendre ce dont nous avions besoin, avant que l'étage de notre parking ne soit fermé.
Nous n'avons pas réservé de cabine, nous nous sommes installés sur un pont à l'extérieur (matelas gonflables, chaises pliantes). Beaucoup font pareil, certains ouvrent même leur tente.
Le départ de Venise est exceptionnel, on passe devant la Place Saint Marc et tout le centre-ville.
Nous avons pu prendre une douche (en maillot de bain), sur le grand pont, près de la piscine du ferry (campement des voyageurs du type clubbeur).
Nourriture et boisson très cher sur le bateau. Prévoir des provisions. Nous avions acheté de l'alcool à Venise, et nous avons pris un bon apéro. Notre guitare a attiré des petits groupes de Français qui ont rejoint notre campement, tandis que tous ceux qui avaient installés leurs matelas près de nous ont préféré déménagé à cause du boucan. Un petit tour en fin de soirée dans la boîte de nuit, puis dodo.

9 août : Quelque part dans l'Adriatique - Igoumenitsa

Réveil difficile sur le bateau. Journée tranquille, lecture d'Ismael Kadare et révision des guides touristiques albanais.
Dans l'après-midi, on aperçoit les côtes albanaises, à partir de Durres. On voit très bien le col de Llogara et sa route qui grimpe, surplombant une plage déserte. On passe dans l'étroit bras de mer entre Corfou et Ksamil, et on aperçoit parfaitement la lagune de Butrint côté albanais.

Arrivée vers 21h (locale) à Igoumenitsa. Petit tour dans le centre pour se renseigner sur l'emplacement de notre camping (Elena's beach, réservé), qui se trouvait le long de la route côtière allant vers le sud. Petite baignade au soleil couchant, bonne douche, gros repas et dodo (avec des moustiques).

Notre "camp" sur le ferry
Col de Llogara, vu du ferry
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Mercredi 10 août : Igoumenitsa - Lukovie

Départ tôt le matin en direction de l'Albanie. A Igoumenitsa, plein de gazole et courses, puis route assez bien indiquée en direction de la frontière (Sagadia), que l'on atteint assez rapidement. Frontière quasi déserte. On ne paiera rien.

La route côté albanais est bonne, mais seulement si on veut passer à l'est de la lagune de Butrint. Pour se rendre au site archéologique de Butrint, nous avons pris une piste à Xarre sur la gauche. Je sais pas si c'est la seule route (rien n'est indiqué), on traverse un village qui m'a paru être sans doute le plus pauvre que l'on ait vu en Albanie... Juste en arrivant. Cependant, si rien n'est indiqué, la piste est largement praticable.
On débouche finalement sur un bac assez rudimentaire, près d'un fortin médiéval fermé. Zone très venteuse. Une fois de l'autre côté de ce bras d'eau qui relie la lagune à la mer, on est sur le parking du site archéologique de Butrint. La route vers Saranda est goudronnée et visiblement cela est assez récent.

Nous visitons en cette fin de matinée le site de Butrint, qui est sur un site naturel exceptionnelle, avec cette lagune où pêchent de nombreux autochtones. Le site recouvre toutes les périodes historiques (des ruines de la très ancienne acropole au sommet de la colline au Fort ottoman du XIXe tout près de celle-ci, en passant par les ruines antiques (termes, forum...) et médiévales (églises, villas...) au pied de la colline).

Nous reprenons la route vers le nord et rencontrons la première ville : Ksamil. Une ville sans charme, avec d’innombrables constructions inachevées. Nous voulons nous baigner, et nous rendons à une plage... Mais le vent est violent et la mer très agité, avec ses grosses vagues nous découragent. Nous déjeunerons finalement (en milieu d'après-midi) dans le bungalow restaurant surplombant cette plage, avant de repartir vers Saranda.

Saranda n'a rien non plus d'exceptionnelle. Nous nous garons, et nous promenons sur la promenade de front de mer, en cette fin d'après-midi. Je me baignerai rapidement pour me rafraîchir. Nous allons demander à l'office du tourisme s'il y a des campings à proximité, et la jeune femme nous répond qu'il n'y en a pas en Albanie, sauf "peut-être" à Dhermi... Apparemment elle est encore moins au courant que moi.

Nous repartons, et en essayant de partir vers le nord en longeant la côte, nous nous perdons plusieurs fois. Les gens nous font signe de rebrousser chemin car ce sont des cul de sac. Dès qu'on s'éloigne du centre, route chaotique, vaches nombreuses errant dans les rues à la recherche de nourriture qu'elles trouvent dans les nombreux tas d'ordure. Nous comprenons que pour nous diriger vers le nord, nous devons quitter la ville par l'est, sur une route qui nous éloigne pour une quinzaine de km du littoral.

Convaincu qu'il n'y a pas de camping dans la région, nous cherchons un endroit où dormir. Nous quittons une première fois la route principale sur une route goudronnée et toute neuve en direction de la mer. Après avoir grimpé une dizaine de minutes les collines qui nous séparent du littoral, nous tombons sur une grande barrière, derrière laquelle se trouve la descente vers une baie. Apparemment, c'est un site en chantier. Je crois que nous sommes tombés sur le futur Club Méditerranée de Saranda !
Nous faisons demi tour, retrouvons la route principale, et repartons vers le nord. Quelques km plus loin, à Lukovie, une nouvelle route se dirige vers la côte. Nous la prenons, escaladons les collines. D'en haut, on aperçoit en contrebas une plage avec des bungalows, parasols, etc. La nuit tombe, il faudra que nous trouvions un coin où dormir ici.
Nous descendons, et cent mètres avant la plage, nous tombons sur un "camping". Quelques caravanes, tentes, van, stationnant dans un pré à côté d'un petit restaurant. Nous y passerons la nuit pour 5e tout compris. Une cabane rudimentaire fait usage de douche et de WC. Dans le bungalow-réception-restaurant, les patrons ne sont pas encore habitués au tourisme, et guère bavards. Nous communiquons en anglais grâce aux adolescents, qui ont l'air tout aussi mal à l'aise que leurs parents.
Nous y dînerons assez tard, et y déjeunerons le matin. Les autres touristes sont français et italiens. Nous faisons une promenade nocturne jusqu'à la plage, près de laquelle se trouvent une caravane, ainsi que quelques tentes en camping sauvage. L'endroit est très venteux et nous devons protéger la tente avec la voiture.

Bac traversant le canal reliant la lagune de Butrint à la mer, Sur la rive d'arrivée, parking du site archéologique
Site archéologique de Butrint
Route neuve reliant le site de Butrint à Ksamil
Futur Club Med de Saranda ?
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Jeudi 11 août : Lukovie - Dhermi

Au levé, après un déjeuné sommaire au bungalow, nous nous rendons sur la plage. Mais il y a trop de vent, et la mer est trop agité (et fraîche), nous décidons de continuer notre route pour trouver un coin plus tranquille où nous baigner.
Nous reprenons la route vers le nord. Nous nous arrêterons dans le petit village de Piqeras boire un coup à une terrasse de bistrot, puis longerons la mer sur une route la surplombant, jusqu'à Borsh.

A Borsh, il y a une plaine marécageuse entre le flanc de la montagne et la mer. Nous quittons la route principale, traversons sur une bonne piste (quelques grandes flaques d'eau) la plaine, jusqu'à la mer où nous nous baignons et nous reposons quelques temps. Plage caillouteuse, avec de gros blocs de bétons servant de poubelle. Une petite caravane au milieu de la plage, un bonhomme passant avec un âne. Beaucoup de bungalows bar entre la route et la plage, tout le long. Ils nous prêterons un parasol.

Nous continuons notre route, pour arriver en fin de matinée à Qeparo. Nous cherchons cette fameuse route qui grimpent vers le village semi-abandonné. Nous avons trouvé facilement, il me semble qu'elle était indiquée. Nous sommes montés avec la voiture. C'est pentu mais la route est très bonne.
Le centre du village est encore habité, mais dès qu'on s'y éloigne, les maisons de pierres sont laissés en ruine. Les ruelles escarpées sont magnifiques et offrent de belles vue sur la mer d'un côté, où les montagnes de l'autre. Nous nous promenons hors du village, dans les oliviers, jusqu'à un petit fortin, gardé par un chien.

Nous redescendons en début d'après-midi, reprenons notre route vers le nord. On s'arrêtera manger dans un snack juste avant Porto Palermo. Le fort de Porto Palermo, que nous visitons avec lampe de poche, n'offre pas énormément d'intérêt. Il est pratiquement laissé à l'abandon. Sur la grande terrasse qui se trouve au dessus du fort, la vue est belle car le fort se trouve sur une presqu'île.
Un homme nous a fait payer l'entrée et nous a délivré des tickets. Ce vieil homme nous a raconté être allé à Eurodisney, et avoir alors logé à Esbly, avant de nous expliquer que l'ancienne base sous-marine non loin de là était interdite d'accès et que les militaires étaient tous des fascistes.
Un ami essaiera de se baigner avec masque et tuba, mais ne verra dans l'eau qu'ordures et oursins.

Nous reprenons notre route et arrivons, en soirée, à Dhermi. Nous décidons de chercher le fameux camping, dont même l'incompétente hôtesse de l'office du tourisme de Saranda avait eu écho. Nous tournons un peu en rond, demandons notre chemin... Nous prenons finalement une piste assez difficile qui nous mène à une immense plage, bordée de restaurants, snacks et campings.
Là, les touristes (surtout locaux) sont nombreux. Il s'agit apparemment de la destination de vacances des jeunes de bonnes familles albanais. Nous décidons d'y passer la nuit. Nous sommes au pied du col de Llogara dont nous percevons distinctement la route grimpant le col.
Après une baignade au coucher du soleil, nous mangeons des pizzas, et allons passer la soirée dans un bar. Nous y rencontrons un couple de français, qui viennent de Macédoine et qui sont arrivés sur la côte en utilisant un car entre Korca et Saranda. Le trajet leur a été long et fatiguant, mais ils affirment que la route est bonne.
Le bar se vide vers 1h du matin, et nous découvrons en rentrant qu'une boite de nuit en plein air est installée sur la plage. Grand bar central, dj et danseuses sur des podiums à 5m de l'eau. Beaucoup d'italiens et d'Albanais. Nous y "danserons" jusqu'au lever du jour, puis passerons la nuit sur la plage, près de la voiture.

Plage de Lukovie
Plage de Borsh
Village semi-abandonné de Qeparo
Plage de Dhermi
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Vendredi 12 : Dhermi - Presqu'ile de Zvernec

Réveil difficile après 2h de sommeil. Nous nous laverons sous la seule douche de plage, avant de reprendre la route.
Nous grimpons facilement le col de Llogara. La vue sur les plages de Borsh y est sublime.
En haut du col, nous décidons de grimper à pied une colline entre le col et la mer, en haut de laquelle on peut apercevoir des antennes. Nous sommes trop optimistes sur la longueur du trajet, mais heureusement, à mi parcours, le gardien des antennes passe en jeep sur la piste et nous embarquent pour un trajet très chaotique, surtout à certains endroits. Il ne parle pas français ni anglais, mais il arrivera à nous faire comprendre que nous voyons Orikum, au loin. Nous redescendrons à pied.

Les paysages changent dans la descente du col vers Orikum. La route (très bonne) est bordée de hauts sapins. En bas nous arrivons sur une grande plaine, que nous traversons jusqu'à Orikum. A partir de là, la côte n'est plus escarpée, une grande plaine sépare la mer des montagnes.
Nous déjeunons dans un snack, avant de nous promener dans la campagne avoisinante à la recherche d'un temple romain, que nous ne trouverons jamais. Nous découvrirons cependant une magnifique petite église byzantine construite au centre de ruines.

Nous avons ensuite pris la route vers Vlore, où nous sommes arrivés en fin d'après midi. Nous nous sommes promenés dans le centre, le long de la rue principale. Nous avons visité une vieille mosquée, dont l'Imam nous a expliqué en russe que son fils vivait à Londres. Dans le parc, près des statues érigées sous Enver Hoxa, des vieux jouent aux dames.

Nous nous sommes alors dirigés vers la presqu'île de Zvernec où se trouvent un monastère, que nous avons trouvé au soleil couchant. C'est un joli monastère qui se situe sur une île, au milieu d'une lagune, et auquel on accède grâce à long ponton pour piéton. Un couple de mariés profitaient du cadre du lieu pour se faire filmer (énorme caméra, digne d'une caméra de télévision).
Le monastère en lui même, sur l'île, n'a rien de spectaculaire.

Nous empruntons la même route pour revenir à Vlore (Zvernec se situe sur une presqu'île). La nuit tombe. Nous nous arrêtons dans un restaurant dans une forêt de pins, dans l'espoir non seulement de manger mais aussi de dormir. Nous faisons mine de demander à la fin du repas s'il y a un camping dans le coin, et comme nous l'espérions, il n'y en a évidemment pas et les propriétaires nous proposent de planter notre tente dans le petit jardinet du restaurant quand les derniers clients seraient partis.
Nous discutons avec eux une bonne partie de la soirée, et le patron nous raconte difficilement (quelques mots d'anglais et d'italien) sa version de l'histoire de l'Albanie en montrant les changements de frontières qui selon lui a considérablement réduit le territoire national ces 200 dernières années. Il a également l'air d'en vouloir aux Italiens.
Le patron et sa famille quittent le restaurant, avec deux bouteilles de vin français que nous leur offrons en remerciement. Seuls qui restent un gardien et nous-même, qui nous couchons, à deux dans la voiture, à deux dans une tente.

Pris en jeep au col de Llogara
Vue sur la plage de Dhermi depuis le col de Llogara
Eglise byzantine près d'Orikum
Petit parc dans le centre de Vlore
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Samedi 13 août : Presqu'île de Zvernec - Berat

Nous quittons les lieux au petit matin, traversons Vlore et prenons la route, toujours en direction du nord du pays. On emprunte une autoroute neuve sur quelques kilomètres, puis il faut la quitter car elle est en travaux. Les travaux sont mal indiqués, et nous faisons quelques kilomètres sur l'autoroute fermée, avant de devoir faire demi tour pour suivre la déviation. Nous empruntons alors une vieille nationale où la circulation est dense et les paysages médiocres, jusqu'à Fier. A Fier, le site d'Apolonia est indiqué (route vers l'ouest) et à quelques kilomètres de la ville. Sur place, nous sommes les seuls touristes malgré un grand parking. Il y a un très beau monastère, quant au site archéologique, il se limite aux restes du temple et du théâtre. Le reste n'a que peu d'intérêt.

Après une bière bue au bar du site, nous retournons à Fier, que nous traversons en voiture, pour reprendre la route vers le nord et le monastère d'Ardenica, près du village de Kolonje. Une vieille dame nous fait comprendre que nous devrons la payer pour qu'elle garde notre voiture au parking. Le monastère est encore habité, et un "moine" nous ouvre les portes de l'Eglise. Beau site.

Nous rebroussons chemin et retournons à Fier, ville carrefour sans intérêt touristique. Là, nous prenons la route de Berat, vers le sud-est. Route bitumée, à travers une plaine vallonnée (la montagne commence à Berat), route ancienne, avec des trous, des mauvais passages... Mais largement praticable. Il ne faut pas être pressé, mais ça passe. Nous arrivons à Berat en fin de journée. Nous décidons de nous offrir l'hôtel. Dans notre guide, nous trouvons un hôtel qui semble peu cher. Nous nous y rendons, mais les prix ont presque doublé, et nous paierons 65e la chambre de 4, notre seule nuit à l'hôtel, petit déjeuner (copieux et à volonté) compris.

Après une bonne douche, nous partons visiter la citadelle de Berat, en début de soirée. Nous suivrons à pied la route pavée blanche et glissante qui y grimpe lentement. Nous décidons de couper par un petit chemin escarpé. Un petit peu sportif, mais finalement plus rentable, surtout que les pavés de la route sont très glissants.
Nous arriverons dans la citadelle par une petite entrée dans les broussailles... Et ne paierons donc pas ! Nous nous promenons dans les vieilles rues de la magnifique citadelle entourée de remparts. Sans doute avec Butrint le plus beau site. Un village avec de belles maisons de pierres blanches, et autour, les ruines de remparts, églises, mosquées... Presqu'à l'abandon. La mosquée est creusée dans le sol, et on pourrait y pénétrer si on y entendait pas, quelques mètres plus bas, le cri des rats s'agitant au sein de la mosquée inondée et sombre. Sans doute pleine de détritus.

Nous redescendons en ville (elle-même agréable, vieux quartiers) à la tombée de la nuit. C'est samedi soir de fête, une grande route le long du fleuve est barrée à la circulation, et une foule se promène, ainsi que sur le pont éclairé. Non loin de là se déroule une grande fête, on ne sait pas trop de quoi, mais un podium est installée sur la place. Des groupes de jeunes hommes et d'autres de jeunes filles (habillés sexy) se croisent, se matent, sans jamais s'accoster. Les bars sont pleins, on aperçoit la diffusion d'un match du PSG à la télé. Nous mangerons dans un petit restaurant sinistre, avant d'aller nous coucher.

Installation du camp dans le jardin d'un restaurant sur la presqu'île de Zvernec
Site antique d'Apolonia
Citadelle de Berat
Samedi soir de fête au centre ville de Berat
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Dimanche 14 août : Berat - Kalishta (près de Struga, Macédoine)

De bon matin, nous repartons de Berat en empruntant la route par laquelle nous sommes venus. Arrivés à Lujne, nous partons vers l'est et la ville d'Elbasan, que nous atteignons dans l'après-midi. Nous nous arrêtons, nous nous promenons dans la vieille ville, protégée par des remparts. C'est une ville de province agréable. Nous boirons un verre dans un bar qui fut autrefois un hammam. Le serveur nous montre les pièces du hammam, aujourd'hui utilisé en débarras.

Nous continuons la route (bonne) à travers les moyennes montagnes, et arrivons enfin, dans la soirée, en vue du lac d'Ohrid. Avant de tourner à gauche et nous diriger vers la frontière macédonienne, nous allons faire une escapade dans le charmant village de pêcheur de Lin.
Nous nous garons à l'entrée et descendons la rue principale. Joli petit village. Un car avec touristes hollandais et guide comique arrive en même temps que nous. Il nous demande notre nationalité et rit de Zidane et de son fameux coup de tête (Il y a 5 ans pourtant).
Arrivés au bout du village, nous nous apercevons que le groupe de touriste escalade la colline par un petit sentier dont il était question dans mon guide mais que je ne trouvais pas. Nous les suivons, les doublons, et arrivons sur une colline aride surplombant le lac d'Ohrid. Là se trouvent les ruines d'une église, et des mosaïques au sol recouvertes de sable (pour protéger). Seul un endroit est déssablé pour donner un aperçu aux touristes, certainement le temps que tout cela soit mis en valeur. En effet, la mosaïque, pour ce qu'on en voit, semble magnifique.
Nous redescendons par des sentiers au niveau de l'église du village, et reprenons notre route.

Nous filons sur la rive ouest du lac d'Ohrid, vers le Nord et la frontière macédonienne. Le passage se fait sans encombre. La nuit va bientôt tomber, nous devons trouver un camping. Il y en a un au bord du lac, à Kalishta, accessible par une petite route sur la droite, quelques kilomètres après avoir traversé la frontière. Nous nous baignerons dans le lac, joueront un peu au basket sur leur terrain, prendrons une bonne douche et mangeront au restaurant du camping du poisson avant de nous coucher.

Vieux quartier d'Elabasan
Maison dans le village de pêcheur de Lin
Mosaïque dans les ruines d'une église à Lin
Vue sur Lin depuis la colline qui la surplombe
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Lundi 15 août : Kalishta (lac d'Ohrid, Macédoine) - Voskopoje

Nous quittons le camping dès le matin, et prenons la route d'Ohrid, qui longe le lac vers l'est (plus ou moins de près). Nous tentons de nous arrêter à Struga, mais on nous demande 1e de stationnement. Nous refusons et repartons, toujours le long du lac, mais cette fois vers le sud-est et Ohrid. En arrivant sur Ohrid, on peut croiser sur le bord de la route de nombreuses personnes avec des pancartes proposant de louer leur logement pour les touristes. Nous nous garons près du centre d'Ohrid, et nous flanons sur la promenade le long du lac.

Il y a là de nombreux touristes, essentiellement des pays de l'est. Le contraste est saisissant avec l'Albanie. Tout est propre, une vraie station balnéaire comme on les connait, ou presque. Des bateliers nous accostent tout du long pour nous vendre une promenade sur le lac dans leur bateau. On peut apercevoir un beau château, mais nous nous y rendrons pas non plus.
Après une bière macédonienne à la terrasse d'un café ambiance musique métal, nous reprenons la route, vers le sud et Progradec en Albanie.

Nous longeons le lac sur une vingtaine de km... Des hôtels, des fines plages où pataugent des baigneurs, de plus en plus rare plus on s'éloigne d'Ohrid. Nous passons une frontière quasi déserte, encore une fois sans encombre, et nous revoilà en Albanie. Quelques km plus loin, nous nous arrêterons sur une plage pas très ragoutante. Eh oui, nous sommes côté albanais, les ordures sont de retour. Je pique quand même une tête, en faisant l'effort de ne pas boire la tasse, dans cette eau stagnante. A côté, des enfants barbotent paisiblement. L'un d'eux, une crêpe à la main, immerge plusieurs fois son goûter dans l'eau avant de le dévorer, sans que cela semble déranger les parents.

Nous reprenons la route. D'autres plages, plus près de Progradec, semble plus propre mais nous ne nous arrêterons pas. Nous traversons Progradec et prenons la route de Korce à travers un grand plateau agricole. Nous faisons une promenade dans Korce, qui présente l'intérêt d'une ville de province, avec une belle église. En quittant la ville, nous découvrons de tristes cités d'immeubles délabrés en périphérie.

Il est tard et nous décidons d'aller trouver un coin où dormir, dans les montagnes, près de Voskopoje, à l'ouest de Korce. La route est mal indiquée et souvent mauvaise (parfois de la piste) et nous devons demander notre chemin. La route finit par quitter le plateau et grimpe dans la montagne. Nous arrivons assez tard à Voskopoje. Nous visitons plusieurs églises désertes en pleine campagne (Voskopoje aujourd'hui petit village fût autrefois une grande ville médiévale), avec de magnifiques fresques murales, puis d'autres dans le village. Sur un pré servant de terrains de foot, une quarantaine de jeunes se disputent le ballon. Des vaches traversent les rues du village et frôlent ma voiture garée, sans y toucher. La nuit tombée, nous dînons dans le bar au centre du village. De nombreux militaires y boivent des coups. A la fin du repas, nous cherchons à demander un endroit où camper, sans trop arriver à nous faire comprendre. Heureusement, un Albanais avec quelques notions d'Anglais vient à notre rescousse, et nous traduit. Le gérant du bar nous invite à nous installer sur le terrain de foot que nous avions vu précédemment. Nous y passerons une très bonne nuit, dans la fraîcheur des montagnes.

Ohrid
Immeuble dans la périphérie de Korce
Notre campement sur le terrain de foot de Voskopoje
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Mardi 16 août : Voskopoje - Ionnina (Grêce)

Pour quitter Voskopoje, nous n'avons d'autre choix que de faire marche arrière jusqu'à Korce. A Korce, nous prenons la longue route qui nous mène, à travers la haute montagne, jusqu'à Girokastra. La route est très bonne, récente. A un seul endroit, elle a glissé en contre-bas et on traverse les 10 mètres écroulés sur une piste, en apercevant les restes de bitume, quelques mètres plus bas.
Nous traversons la haute montagne du sud-est de l'Albanie, à quelques kilomètres du nord de la Grêce. Nous déjeunons à Erseke, dans un "chalet de montagne" désert, au bon moment. En effet, pendant notre repas, un orage éclate avec une pluie battante. A notre départ, le beau temps est déjà revenu.

A partir de Leskovic, la route bifurque vers le nord-ouest pour contourner une immense montagne. Cette route longe un cours d'eau pure qui se glisse entre les rochers. Nous nous arrêtons et devons descendre un talus très pentu pour y accéder. Elle s'avère très fraîche, évidemment. Nous reprenons la route, et la haute montagne contournée, nous pouvons redescendre vers le sud et rejoindre la belle route qui relie Girokastra à Tepelene. De là, nous arrivons rapidement à Girokastra, en fin d'après-midi.

Girokastra, c'est le même principe que Berat, le blanc étant remplacé par le gris-ardoise. Il faut grimper une route pavée et glissante pour rejoindre une grande citadelle, cette fois inhabitée. Là est bati un fort, qui présente à mon goût un intérêt assez pauvre. Girokastra ne vaut pas Berat, et il est difficile de l'apprécier après avoir visité la deuxième. Nous flanons dans le centre du vieux village, au contrebas de la citadelle, et décidons de repartir en direction de la frontière, après avoir échangé nos derniers leks, alors que la nuit tombe.

Nous arrivons à la frontière grecque (Kakavia) en début de nuit. Le passage à la douane albanaise ne pose pas de problèmes, mais un gros embouteillage nous attend entre les deux postes. Les voitures n'avancent plus, sans trop que l'on sache pourquoi. Nous sortons de voiture, et au bout d'une heure, nous mettons à jouer de la guitare le long des fils de voiture, pour détendre tout le monde (certaines voitures qui remontaient la file jusqu'au poste frontière, et qui essayait de s'insérer juste avant le poste avaient le don d'exaspérer ceux qui attendaient). Au bout d'un moment, un douanier grec (qui a dû se faire engueuler par la douane albanaise où commençait à déborder le bouchon) remonte la file de voiture en hurlant des consignes. A ses mots, tous les passagers sortent de voiture pour traverser la frontière en piéton, afin qu'il n'y ait que le conducteur dans chaque voiture (==>passage plus rapide). Tandis qu'un ami se charge de la voiture, nous nous dirigeons vers le poste de contrôle, guitare à la main, chantant. A l'arrivée devant le fonctionnaire grec, celui-ci se précipite sur nous, tend son téléphone, puis écroulé de rire parle à son pote au bout du fil, nous retend le téléphone en faisant signe de continuer... Il nous fera passer à côté de la file de queue, et passer la frontière sans même montrer notre passeport.

Conseil au trafiquant de drogue : chantez "Foule sentimentale" de Souchon accompagné d'une guitare, et vous passez tranquilles !

Il est plus de minuit, mais des gyros sont ouverts juste après le poste frontière. Nous nous rassasions et repartons dans l'idée de trouver un coin pour faire du camping sauvage, avant Ionnina.

Nous quitterons bien la route une fois, pour une excursion nocturne en campagne à la recherche d'un coin, mais nous décidons de renoncer, et fonçons finalement vers Ionnina. Là, nous cherchons près du lac un endroit où camper. Nous tombons finalement sur un camping, dont l'accès était libre. Mais voyant les prix, nous décidons de planter une tente de deux dans le camping, tandis que nous autres allions nous garer autre part pour dormir dans la voiture, plus discret qu'une tente. Nous trouverons un parking au pied d'un immeuble à la sortie du camping.

Rivière de montagne, près de Leskovic, sur la route entre Korce et Girokastre
Vieille maison dans Girokaster
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Du mercredi 17 au vendredi 19 août

Le 17 août : Ionnina - Igoumenitsa

Le lendemain, tôt, nos compères qui ont dormi dans le camping nous rejoignent. La réception n'était pas encore ouverte, ils sont partis sans payer, après bien sur avoir profité des douches. Nous quittons Ionnina, et rejoignons dans la matinée Igoumenitsa. Notre ferry partant le lendemain matin, nous allons installer la tente dans le camping où nous avions dormi à notre arrivée en Grèce, une semaine avant, et passons l'après-midi sur des transats à Platania, à nous reposer et nous baigner, avant de rentrer dîner, en début de soirée, au camping. Après le dîner, nous sympathisons avec deux voisines grecques d'Athènes en vacances, avec qui nous discuterons autour de bières une partie de la nuit.

Le 18 et 19 août : Igoumenitsa - Fontainebleau

Nous prenons tôt le matin le même ferry qu'à l'aller, dans l'autre sens. Le ferry étant parti de Patras, il y a peu de place libre où nous installer, mais nous y parvenons. Nous passons notre journée à somnoler sur le ferry, et irons "danser" un peu le soir à la discothèque.

Le lendemain matin, nous arrivons à Venise dans la matinée. Nous reprendrons l'autoroute, puis traverserons le col du Simplon, cette fois dégagé, puis les autoroutes suisses, pour repasser en France près de Genève et reprendre l'A6 à Bourg en Bresse. Nous arriverons chez moi vers 1h du matin, et chacun regagnera son foyer.

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