UNE COMMUNAUTÉ CLOÎTRÉE

Un récit/album du carnet de voyage :
TUNISIE I : PREMIER séjour en 1965-67
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SEMAINE du 15 AU 21 SEPTEMBRE 1965

PREMIERS DÉFIS ET STRESS D'UNE COMMUNAUTÉ CLOITRÉE
Nous sommes donc établis -modestement, je le rappelle!_ dans l'hôtel TRASATLANTIQUE sur la Rue de Serbe, donnant de l'autre côté sur l'avenue de Carthage.
Imaginons ce tableau de 1965!

Des Québécois ou Canadiens d'éducation traditionnelle qui venaient tout juste de sortir de la période de la grande noirceur et réalisaient un premier voyage à l'étranger. De surcroît, dans un monde étrange insoupçonné jusqu'alors! Plus encore, imaginons-les avec femmes et enfants, empêtrés dans les premiers dédales administratifs pour assurer une implantation à la fois professionnelle pour eux-mêmes et domestique pour leur famille! Pensons enfin aux défis innombrables qu'ils allaient devoir franchir bientôt pour l'intégration scolaire accélérée de leurs enfants, leurs activités quotidiennes dans leur lieu de résidence! L'horizon se montrait drôlement impétueux en quittant le port d'attache!

Déjà confrontés, depuis le premier jour de leur arrivée en Tunisie, aux apprentissages innombrables et aux inconnus du quotidien, tous les membres du groupe saisirent l'envergure insoupçonnée des défis des prochains lendemains. Mais heureusement, en même temps, ils sentirent rapidement la nécessité de serrer les coudes, de s'agglutiner pour ainsi dire les uns aux autres, histoire de s'entraider, de s'épauler mutuellement... et de se rassurer devant tant d'inconnues qui surgissaient à chaque minute, à chaque heure du quotidien.

Car, tout se faisait dorénavant en communauté. Tous et toutes s'inscrivaient dans un clan indéfectible. On partageait tout! On s'assistait, on s'épaulait! D'autant plus qu'ils se trouvaient en exil, loin des services canadiens. A court d'argent? on se prêtait spontanément les sommes requises, même si l'on se connaissait à peine! Les autos disponibles pour les uns, l'étaient pour tous. Les repas se prenaient ensemble dans le même restaurant à 100 pas de l'hôtel, au Café de Paris au coin des avenues de Carthage et boulevard de Bourguiba! C'était devenu la p'tite patrie et ambassade du Canada.

Hélas, ce partage, à priori inattendu et généreux chez eux, n'allait pas faire des heureux parmi tous, car les démarches prochaines pour les affectations scolaires et établissements domestiques dans des régions et villes différentes allaient les séparer et isoler les uns les autres de tout ce beau monde communautaire. Soulignons que l'inscription aux écoles avait déjà commencé pour les élèves et étudiants.

Et, par-delà les démarches administratives nombreuses amorcées pour le dédouanement de certains containers (effets personnels) maintenant arrivés au port, il fallait maintenant se montrer le bout du nez chez le proviseur du lycée dans lequel chacun venait d'être affecté quelques jours avant dans le grand salon de l'hôtel (on se rappellera que l'affectation initiale ciblait le Maroc maintenant abandonné).

La situation des coopérants n'était plus celle de l'arrivée avec ses découvertes, les visites, les partages nouveaux. D'autres défis, concrets, pressants et incontrôlables, les sollicitaient. En plus des démarches administratives nombreuses qui venaient de commencer pour le dédouanement des autos (récemment arrivées pour certains!) ou tout au moins des bagages et effets personnels détournés d'urgence depuis le Maroc, les autorités tunisiennes commandaient aux uns et aux autres de se présenter à leur travail dans les divers lycées désignés.

Chacun prit conscience de la lourdeur de son agenda pour la semaine suivante.

  1. Prioritairement, une rencontre du proviseur sur les lieux de travail: pour les uns, dans des villes voisines heureusement tel que MONASTIR, SOUSSE, BIZERTE, pour d'autres vers des lieux excentriques comme GAFSA, LE KEF, BEJA et l'Île de DJERBA.
  2. En même temps, premières recherches de logements qu'on nous disait pénibles à cause de leur rareté.
  3. Enfin, le mode de transport s'avérait la principale difficulté pour s'y rendre, mais comment? Peu des nôtres avaient leur voiture. Puisque les autos commandées en France n'étaient ou pas arrivées, ou pas dédouanées. Le truc le plus simple était ou d'emprunter un transport public tel le car avec ses lenteurs, son inconfort et ses odeurs etc... ou encore le taxi-groupe qu'il fallait attraper en agrippant l'une des 4 poignées de portière avant les autres (premier arrivé,premier servi!).

Faute de moyens concrets efficaces, le stress venait de monter d'un cran!
Des signes manifestes laissaient voir une mer agitée pour les semaines suivantes.

TivonAuteur : Postée le 25 novembre 2009 par Tivon
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Un récit/album du carnet de voyage :
TUNISIE I : PREMIER séjour en 1965-67
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