Voyage d’un autre monde

Traversée des trois AmériquesUn récit/album du carnet de voyage :
Traversée des trois Amériques
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En discutant avec Ariel (patron du tour operator « El Grano de Oro » à Tupiza), il nous propose de suivre avec Gengis une de ses expéditions. Cela promet d’être grandiose et sportif. En effet, ça l’a été dans tous les sens du terme.
Nous partons après les préparatifs de Gengis et l’accord qui nous lie à Ariel est de lui ramener des photos de l’expédition. En route pour quatre jours de pistes et de montagne, de Tupiza au Salar de Uyuni !...
Le premier jour, les décors s’enchaînent et nos yeux sont admiratifs devant tant de beautés. Nous nous arrêtons de cours instants pour prendre des photos et nous devons rattraper le 4x4 de tête, conduit par Sébastiano, guide confirmé, qui a à son bord, trois Français, une Australienne et un Roumain. Il faut dire que Sébastiano n’a pas de temps à perdre car le premier bivouac se trouve à San Antonio de Lipez. Une course à l’« hospedaje » (hôtel) s’engage entre les différents chauffeurs des tours operators. Car dans ce pays, le premier arrivé est le premier servit. Il est impossible de réserver pour une nuit.
La piste sur laquelle nous roulons est faite de tôles ondulées qui nous donnent l’impression d’être dans une machine à laver. Il me faudra plusieurs heures pour comprendre comment rouler sur ces pistes. C’est simple, on pousse le véhicule jusqu’à 80 km/h et dès que l’on aperçoit un trou, on l’évite ou on freine. Une conduite très sportive et très éprouvante. Le soir, à l’hospedaje, je ne demande pas mon reste. Las, éprouvé, je vais me coucher.
Au deuxième jour, dès cinq heures du matin, nous voilà debout, près à remettre ça mais cette fois avec des routes vertigineuses dans la montagne, qui d’après Sébastiano, demandent une très bonne technique de pilotage, ce que nous n’avons pas. La clé dans le contact, un coup de démarreur et Gengis refuse de partir. Mais que se passe t il ?
Après plusieurs essais, notre fier destrier ne réagit toujours pas. Les questions s’enchaînent et la réponse finie par arriver : pendant la nuit il a fait moins vingt degrés, notre gasoil à gelé. Nous sommes condamnés à attendre que le soleil se lève pour réchauffer les filtres à gasoil ; en Bolivie, le gasoil n’a pas d’additifs. Sébastiano roule à l’essence et pour lui, il n’y a pas de problème. Après une brève discussion, nous décidons de le laisser partir et de le rejoindre un peu plus tard avec comme guide à notre bord la cuisinière de l’expédition qui s’appelle Soledad ; le prochain bivouac n’est pas facile à trouver. Gengis démarre une heure après. Nous décidons de le mettre au soleil pour accélérer la décongélation du gasoil. Alors que je recule, le sol se dérobe sous le poids de Gengis et me voilà dans un trou de plus d’un mètre de profondeur ! Sa roue avant droite est à trente centimètres du sol et voilà la bête une fois de plus immobilisée. Je suis pris d’une colère innommable car perdus dans cette montagne, nous pensons au pire.
Mais quatre minutes plus tard, un camion plein d’ouvriers vient à notre secours. Après une heure de travail de forcenés et de bonnes volontés de la part de ces gens, nous revoilà en piste. Soledad nous dit qu’il faut rattraper le temps perdu pour rejoindre Sébastiano. La journée commence mal. Nous sommes dégoûtés de ce qui vient de nous arriver. Nous reprenons la route en espérant que tout ira bien. Sandrine s’empresse de prendre le GPS pour tracer la route car nous avons l’intention de refaire le trajet sans guide et en prenant plus de temps. Très vite, nos tracas sont gommés par la beauté des paysages qui défilent sous nos yeux. Nous prenons quand même le temps de faire des photos. Ce qui promettait d’être une journée infernale se transformât en un vrai bonheur. Nous finissons par rejoindre au bivouac le 4x4 de Sébastiano et en une journée, nous avons appris les prouesses que peut faire Gengis. En montagne, ce franchisseur hors pair nous a permis de refaire notre retard. Une journée de plus de 250 km de montagne avec des pistes exécrables, rochers, sables, trous et ravins, qui ont mis à rude épreuve nos nerfs et notre concentrations, ainsi que la mécanique. Sébastiano avoue qu’il est heureux et soulagé de nous voir arriver entiers au bivouac. Il félicite Franck, car il estime qu’il est un sacré conducteur. Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Il faut réparer la roue crevée de Sébastiano. Après quelques temps dans un froid glacial, le travail terminé, nous prenons enfin un bon repas chaud. Nous allons tous nous coucher, la tête pleine d’images. Emmitouflé dans mon duvet, je m’endors sur une phrase magique de Sandrine « Je suis fière de toi mon Amour », Il faut vous dire que nous sommes à 4400 mètres d’altitude et qu’il n’y a pas de chauffage !
Au matin du troisième jour, Gengis égal à lui même, démarre difficilement. Nous suivons Sébastiano tant bien que mal car le coup du gasoil a refait son apparition. Et pourtant, nous avions couvert le réservoir et mis Gengis à l’abri du vent. Après une heure de route, nous nous apercevons que nous ne pourrons pas arriver au prochain bivouac car nous n’avons plus assez de carburant. Tous les 4x4 que nous croisons sont à l’essence. J’ai l’impression que la malchance nos poursuit. Nous décidons de partir dans un village à 170 km de notre point de départ. Il semblerait qu’on y trouve du gasoil en fût, qui stagne là depuis plusieurs mois. Nous arrivons à ce village désertique sous un soleil de plomb et après plus d’une heure de recherche, nous finissons par trouver quarante litres de gasoil au prix fort. Ceci nous permettra de traverser le salar jusqu’à la ville de Uyuni.
Nous voilà repartis pour notre dernière nuit à l’entrée du salar. Là, un hôtel de sel nous attends. Nous nous regardons avec Sandrine, apaisés. Main dans la main, nous admirons le soleil couchant caressant le salar d’une lumière indescriptible. Comme par magie, nos soucis de ces derniers jours se sont volatilisés devant ce décor grandiose que la nature a mis à nos pieds. Je sais que demain ne sera que du bonheur car nous sommes redescendus à 3600 mètres et les nuits sont bien plus chaudes. Demain, Gengis pourra brûler de mille feux ce gasoil qui l’a tant pénalisé.
Avant le lever du soleil, nous escaladons une montagne pour admirer la renaissance du salar de Uyuni. Il nous tarde de partir rouler sur cette immensité de sel qui, aux temps anciens , se trouvait sous l’eau. Aujourd’hui, ce bloc de sel de plusieurs mètres d’épaisseur et de plusieurs milliers de kilomètres carrés, s’offre à nous comme l’ultime récompense de cette expédition. Cela valait le coup de vivre ce que nous avons vécu car la récompense est au-delà de nos espérances. Nous avons l’impression d’être sur une autre planète. Mon rêve d’enfance de voyager dans l’espace va se réaliser. Il me faut juste revenir quelques instants en enfance… Nous sommes émus et roulons sur ce tapis de velours d’un blanc immaculé. Nous avons l’impression de planer. Une larme de joie s’écoule sur ma joue. Je suis envahit par un sentiment de fierté, d’avoir emmené la femme que j’aime dans un endroit qui est tout aussi magique pour moi que pour elle, et de partager un tel bonheur.
Franck et Sand

Photos du récit/album

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  • Recolte du sel
pir74Auteur : Postée le 07 février 2007 par pir74
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