Les Cousins, suite et fin

Traversée des trois AmériquesUn récit/album du carnet de voyage :
Traversée des trois Amériques
L´arrivée des cousins à La PazRécit/album précédent :
L´arrivée des cousins à La Paz
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Après cette aventure tumultueuse, un jour de détente et de repos fût fort utile. Nous décidons de partir à Sucre, capitale de la Bolivie. Cette ville paisible et agréable me fait penser à une station balnéaire. Elle s’appelle aussi la ville blanche car les murs des maisons sont d’un blanc immaculé ce qui contraste avec le bleu du ciel particulier qui l’inonde. On croirait déambuler dans une aquarelle provençale. La foule qui y habite est paisible et accueillante. Cela doit venir du climat. Les jardins fleuris se mélangent aux arbres endémiques. Il fait bon flâner le long de ses ruelles qui offrent ombre et soleil ainsi qu’une multitude de petites échoppes remplies du travail artisanal local. Franck et Mamasse sont enchantés. Cette ville coloniale ressemble comme sœur jumelle à une ville du Sud de la France. Nos deux compères vont de boutiques en boutiques, les yeux grands ouverts, pour faire les traditionnels achats de cadeaux souvenirs. Ils me font penser à deux enfants à qui l’on vient d’offrir un gros paquet cadeau. Ils paraissent fébriles et il me semble qu’ils pourraient acheter tout ce qu’ils voient, tellement les couleurs des articles qu’ils voient leurs font pétiller les yeux. Nous sommes heureux de les voir ainsi. Leur bonne humeur naturelle mélangée à leur joie nous fait énormément plaisir. Il faut vous dire que leur gentillesse, leur amabilité et leur volontarisme sur les jours passés ont fait d’eux, à nos yeux, les co-voyageurs les plus sympathiques et intéressants que nous connaissons à ce jour.
Après deux jours dans cette petite ville paradis, nous reprîmes la route pour Copacabana, ville posée sur le sable et bordant l’unique plage de Bolivie, du mythique lac Titicaca, d’une surface de 9 000 kilomètres carrés. D’une de ses rives, nous pouvons apercevoir le Pérou. Ce joyau, qui est le reste d’une mer intérieure, est cerné par la Cordillère Royale. Quelques îles parsèment cette eau cristalline qui nous donne l’impression d’être sous les tropiques mais avec une différence fondamentale : nous sommes à 3 800 mètres d’altitude. Nous voilà tous les quatre bouche bée par ce fabuleux coucher de soleil plongeant sur le lac, lui donnant une couleur or. Quelques embarcations glissent à sa surface, créant un sillon d’ocres, d’oranges et d’ombres, comme un jeu d’ombres chinoises, qui s’évanouissent dans la pénombre. Nous sommes émus par ce spectacle. Pour Sand et moi, cela fût une immense récompense car nous venions de passer un mois dans les montagnes boliviennes, avec certes des paysages somptueux, d’apparence lunaire, offrant des étendues de sable et de pierres à perte de vue, des montagnes multicolores, mais dépourvues d’eau et de végétation. Car là haut, règne la pampa des Andes, le froid et le vent. Les « lagunas » que nous avons pu voir n’offrent que peu de vie et le soleil permet tout juste aux rares buissons de survivre. Donc, vous pouvez comprendre le sentiment que nous a apporté la vue de ce lac.
Le lendemain, nos deux intrépides cousins n’ont pu s’empêcher de se mettre à l’eau, devant le regard étonné des habitants de Copacabana. Il faut dire que l’eau est à 12°C environ et qu’il n’est pas de coutume de se baigner en cette période. Quelques sourires leurs sont adressés mais la majorité des gens qui les regardent les croient fous. Après une brève baignade, il est temps de se sécher et de repartir à l’hôtel pour prendre un repas chaud afin qu’ils se remettent de leurs émotions. Mais je crois savoir que c’était une envie, qui caractérise bien leur détermination.
Le lac Titicaca est une étape car nous souhaitons redescendre vers des climats plus cléments. Pour finir leur voyage en beauté, nous les amenons aux Yungas, partie tropicale bolivienne qui se situe à 600 mètres d’altitude. Cela nous fait un dénivelé de plus de 3 000 mètres. Nous passons d’une température de 10°C en moyenne à 35°C. Notre but : atteindre Coroïco, petit village situé dans les Yungas. Nous pensions prendre une déviation, mais celle-ci étant fermée pour travaux, nous continuons notre route. Et nous nous apercevons très vite qu’il faut rouler à gauche, côté précipice. Au bout d’un kilomètre, nous découvrons que c’est la fameuse « route de la mort », la route la plus dangereuse du monde ! Impossible de faire demi tour. Pour se croiser à deux véhicules, il faut se serrer, nous vers le précipice, les autres vers la montagne. Chaque croisement de véhicule est difficile à négocier car il n’y a pas de marge pour l’erreur. 60% du chemin est fait pour une auto. Quelques virages offrent un refuge nous permettant de nous arrêter pour laisser passer les véhicules qui montent.
Un lourd silence règne dans Gengis. La peur est palpable. La route me demande une grande concentration. Je sais que le lacet qui serpente ces interminables montagnes est extrêmement dangereux. Les falaises qui bordent cette route gardent au fond de ses précipices plusieurs dizaines de véhicules dont la chute vertigineuse et mortelle a déchiré les tôles et emprisonné les corps. Nombreux sont ceux que l’on n’a jamais retrouvés. Je sais à ce moment là la responsabilité que j’ai, celle de quatre vies. Les cousins, Sand et moi.
Après une heure trente de descente interminable, nous arrivons à destination. Je suis épuisé nerveusement mais soulagé. Ca y est. Nous venons de vaincre la route la plus dangereuse du monde. L’atmosphère se détend et nous cherchons un endroit pour nous installer pour la nuit. Nous prenons un chemin escarpé et descendons au bord d’une rivière. Devant un feu, nous discutons des jours passés et de cette fameuse route. N’ayant plus le temps d’aller plus loin, nous devons remonter sur La Paz. Les cousins doivent rentrer en France, leurs vacances sont finies. Il ne reste plus que deux jours. Cette fois, nous reprendrons la route de la mort mais côté montagne. Cela nous semble moins périlleux…
Nous prenons un jour de repos à La Paz. Dès le lendemain quatre heures, nous partons pour l’Alto. Il faut être à l’aéroport pour cinq heures pour enregistrer les bagages. Le temps est passé comme un éclair. Il y a trois semaines, nous leur disions bonjour, et là, j’ai du mal à croire qu’il faut déjà leur dire au revoir. Cela m’a semblé extrêmement court. Il n’y a pas de sentiments pour décrire tout à coup la tristesse qui nous envahit. C’est déjà fini. Juste le temps de voir leurs mains s’agiter et nous les voyons disparaître dans la salle d’embarquement. Le cœur gros, je regarde Sand. Elle ne pût s’empêcher de laisser échapper quelques larmes. Je lui dit : « Ce fût un moment formidable ; nous les reverrons bientôt ».
Et nous voilà repartis en direction de La Paz. Nous garderons en mémoire ces moments inoubliables. Un mélange de tristesse et de joie nous accompagne. Les cousins sont repartis. Merci à vous, Franck et Mamasse, pour les grands moments que nous avons passés en votre compagnie, pour votre bonne humeur, pour votre gentillesse. Il est coutume de dire que l’on ne choisit pas sa famille, mais nous, si nous avions eut le choix, c’est vous que nous aurions choisit.

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pir74Auteur : Postée le 07 février 2007 par pir74
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