L´arrivée des cousins à La Paz

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La nuit tombe sur l`alto et recouvre la ville d´un froid glacial. Il est 20 heures et les cousins doivent arriver à l`aéroport de La Paz. Nous sommes prêt pour les accueillir. 20H30 Marco, notre ami bolivien, nous dit qu´il faut y aller car nous avons plus d`une demi heure de voyage et ça grimpe. Une fois arrivés à l´aéroport, pas de cousins! Nous faisons demi tour sur nos pas et d´un seul coup apercevons deux têtes bien connues: ce sont eux. Nous sommes content de les voir, eux aussi.
Nous voilà tous les quatre dans le 4x4 de notre ami Marco (un Land Rover de 1974).Après cinq à six cent mètres de route, nous nous arrêtons sur un point de vue pour leur montrer La Paz vue de nuit. Un tapis de lumières s´étale à leurs pieds, car l´alto se situe au dessus de la ville. Juste le temps de fumer une cigarette, il est temps de repartir car la morsure du froid nous pétrifie. Mais celà en valait la peine. Petit à petit, la voiture s´enfonce dans La Paz, les lumières se précisent et la tapis d´étoiles devient une ville et dévoile ses charmes nocturnes. Un arc en ciel de couleur nous envahit. Les regards des cousins se figent sur les magasins qui défilent à travers la vitre. Sand leur explique un peu le fonctionnement de la ville et brièvement leur dévoile le séjour que nous leur avons concocté. Je suis assis devant, Marco fait le chauffeur et d´un seul coup me regarde: "vous avez l´air bien content de voir vos cousins". Oui, en effet. Peu de temps après, nous arrivons chez Marco, oú nous passerons la nuit.
Au petit matin, nous présentons la famille de Marco aux cousins. Au fait, les cousins, se sont Franck et Aurélien dit Mamasse. Une journée de ballade à La Paz pour leur laisser le temps de s´acclimater car nous sommes à 3600 mètres d´altitude et ils arrivent d´Annecy à 450 mètres.
Au matin du 2 Juin, Gengis chargé, nous partons pour notre périple de trois semaines avec un emploi du temps très chargé.
Notre première étape, La Paz-Tupiza, 800 km de route et de piste nous attendent. L´aventure commence dès que le moteur de Gengis gronde. Notre premièr halte se fait à la communauté de K´Hasa Huasa, 5 km après Oruro oú nous passons une nuit fraiche à moins cinq degrés. Un repas frugal calle la faim qui nous tenaille.
Réveillés par un beau soleil, nous voilà en pleine forme, pressés et joyeux de reprendre la route car nous savons que la piste nous attend et nous sommes fortement décidés à rejoindre notre premier point de chute avant la nuit : Tupiza . Un petit déjeuner vite englouti, les quatre compères, plein d’ardeur, s’installent dans le 4x4. La clé dans le contact, un coup de démarreur, et rien ne se passe… Nous nous regardons d’un air ahuri et je renouvelle le tour de clé. Toujours rien ! Et voilà notre première difficulté. Que se passe-t-il ? Est-ce l’alarme, la batterie, les fusibles…Après une journée entière de recherche, d’appels téléphoniques (à trois kilomètres de là), nous finissons par trouver : le courant n’arrive plus au neman, nous décidons de tirer une ligne directe de la batterie à celui-ci. Nous terminons la nuit tombée. Nous passons alors une deuxième nuit à K’hasa Huasa et repartons au petit matin.
Après une journée harassante de piste, de poussière, et surtout de soulagement, nous arrivons à Tupiza, il est 19H30. Ariel, notre ami, nous attendait la veille au soir. Il a l’air inquiet mais soulagé de nous voir. Sans perdre de temps, il nous dévoile le circuit qu’il nous a préparé pour les six prochains jours. Ereintés, nous allons nous coucher.
Il est neuf heures, Mardi 6 Juin, en route pour le sud Lipez. Les paysages défilent, variés, et de plus en plus majestueux. Après quelques heures et quelques centaines de mètres de dénivelés, les effets de l’altitude se font ressentir. Franck et Mamasse sont peu acclimatés. Ils souhaitent goûter la feuille de coca que mastique depuis plusieurs heures notre chauffeur, Sébastiano. Quelques feuilles en bouche forment une balle que l’on glisse entre la joue et la mâchoire. Et la salive fait macérer les feuilles, qui libèrent leurs substances. Il semblerait que les feuilles de coca calment les maux d’estomac et les céphalées dues à l’altitude. C’est une première, les deux compères découvrent les effets pseudo médicamenteux de la coca et ils ont l’air satisfaits. Nous les regardons avec un grand sourire.
Après un bref pèlerinage à l’endroit où Gengis s’était planté à San Antonio de Lipez, nous reprenons sur la route. La montée continue et nous franchissons la barrière des 4900 mètres au « paseo de Martes » où nous avons décidés de cueillir de la « pupusa », plante aux vertus curatrices pour le mal d’altitude. Elle ne se trouve qu’au dessus des 4850m. Nous terminons la journée par une course poursuite entre tours opérators afin d’arriver les premiers aux hôtels pour occuper les meilleures chambres, car ici, en Bolivie, premier arrivé, premier servi.
Au petit matin, nous voilà à la laguna verde, merveille de la nature. Un vent glacial et pénétrant nous poignarde mais n’enlève rien à notre enthousiasme. Nous sommes heureux d’être là. Nous reprenons la route et découvrons la vallée des « hommes volants ». Plus loin, nous profitons d’une source thermale d’eau chaude à 4200m. Quel délice de nous baigner dans une eau à 25°C, qui contraste avec ce vent glacial qui nous colle à la peau depuis ce matin. Une visite aux geysers clôture cette journée.
Au lever du soleil, nous admirons la laguna colorada, qui tient son nom de sa teinte rouge due aux micro-organismes qui y vivent. Une multitude de flamants s’en délectent, ce qui leur donnent leur couleur rose si particulière. Nous passons un désert de pierres et de sable, nous regardons courir des vigognes, craintives.
Le contraste est fulgurant : quelques kilomètres séparent deux mondes ; les lagunas et les étendues désertiques. Posé au milieu de cette immensité de sable, un rocher appelé arbre de pierre se dresse devant nous. Nous sommes interrogatifs quand à la présence de ce rocher imposant au milieu de ce désert de sable.
Après quelques kilomètres de piste cabossée, nous tombons sur une piste aménagée qui surprend Mamasse et le rend admiratif devant ce travail colossal qu’on réalisés les hommes pour pouvoir acheminer les minerais. Cette piste part de San Cristobal, ville minière, jusqu’à la frontière chilienne. Nous savons qu’à partir de ce moment là, nous allons pouvoir rouler à une vitesse respectable et rejoindre notre prochaine étape dans de bonnes conditions.
Nous finissons par arriver à l’hôtel de sel, situé au pied du salar de Uyuni, destination tant attendue, aussi bien par les cousins que par nous. Car la promesse que nous nous étions faites était de montrer cette huitième merveille du monde qui, au sein d’un écrin de soie blanche, possède une perle inestimable : l’île au Pêcheur, la vraie, pas celle que l’on montre aux touristes, et qui s’appelle l’île Incahuasi. Elle est d’une splendeur sauvage, envoûtante.
Nous voilà parti sur cette immensité de sel. Les cousins sont stupéfaits dès que le 4x4 roule sur cette surface alors inconnue de nos hôtes. Pour vous donner une idée, le salar mesure 12 000 km carrés sur une épaisseur moyenne de 40 mètres. Un mélange subtil de sel et de lithium compose cette masse dont on ne connaît pas le poids et qui réfracte le soleil comme un miroir. Sa beauté n’a d’égal que sa dangerosité car la belle s’offre à vous comme une promesse de joie et de découverte mais à tout moment peut devenir un piège mortel si on ne suit pas scrupuleusement les traces qu’on laissés d’autres intrépides, et qui nous servent de guide. Aucun appareil magnétique ne peut fonctionner dans cet espace.
Après quelques kilomètres, la voiture s’immobilise : nous manquons d’essence ! Notre rêve semble s’effondrer. A l’horizon apparaît l’île Incahuasi, tant prisé par les touristes, tandis que sur notre gauche, on devine l’île au Pêcheur. Les questions fusent, comment faire ? Notre GPS nous indique douze kilomètres jusqu’à Incahuasi. « Peut-être trouverons nous là bas quelques litres d’essence » nous dit notre chauffeur. Alors nous fûmes stupéfait de la réaction des cousins. Avec leur bonne humeur habituelle, ils nous disent « en marchant vite, nous serons de retour dans trois heures avec l’essence nécessaire » et les voilà déjà prêts, couvert d’un chapeau, de lunettes de glacier, d’un litre d’eau et en guise d’aliment énergétique, une sucette « chupa chups ». A peine dit, nous les voyons déjà s’éloigner d’un pas rapide et décidé, poursuivis par Sébastiano, le guide, qui lui, trottine pour tenir le rythme qu’imposent Franck et Mamasse. Après quelques minutes, nous les observons à la jumelle et nous ne voyons que trois points semblant onduler sous ce soleil de plomb que réfracte le salar de Uyuni. J’ai l’impression d’être dans le désert et d’apercevoir un mirage.
Reprenant mes esprits, je rejoins Sand qui est resté avec Soledad, notre cuisinière, à bord du véhicule. Tous trois, nous espérons qu’un autre véhicule passera près de nous pour nous porter secours. Mais la piste que nous avons prise, je le sais, est peu fréquenté. L’espoir est mince. Les heures passent. La chaleur accablante. En nous se crée un doute : Et si les cousins revenaient sans essence ? Les connaissant, impossible…Je regarde ma montre qui égraine le temps…
Après plus de trois heures d’attente, un point à l’horizon s’avance vers nous. Petit à petit, il laisse apparaître les formes d’un 4x4. Ca y est, il sont de retour avec quarante litres d’essence, de quoi retourner sur l’île faire le plein. Et alors nous pourrons tenir notre promesse, enfin, les emmener sur l’île au Pêcheur.
Nous reprenons la route, plein d’espoir et de bonne humeur, soulagés mais amer contre notre guide Sébastiano qui nous dit qu’il s’est fait dérober de l’essence à l’hôtel de sel où nous avons passé la nuit. Moi je crois qu’il a oublié de remplir les jerricans de secours. Mais le malaise se dissipe très rapidement dès que nous approchons de notre petit joyau. A nouveau le véhicule se fige et Sébastiano nous dit qu’il ne peut s’approcher d’avantage car le sol devient meuble et dangereux. Il nous faut faire le reste à pied si nous voulons aller sur l’île. Nous partons tous les quatre affronter le dernier kilomètre, pour pouvoir, cette fois, accomplir l’un de mes rêves d’enfance : marcher sur l’île au Pêcheur. Je suis ému et fier de partager avec Sand, Franck et Mamasse ce moment intense qui m’envahit. Enfin, dès que je foule le sol de cette île, pour moi mystique, j’ai l’impression que la terre se dérobe sous mes pieds et je me sens fébrile.Ca y est, j’y suis. Il faut savoir qu’il n’y a que très peu de visiteur qui ont marchés là. Je l’escalade et, arrivé aux deux tiers de son flanc, m’assois pour contempler le salar. Sand me rejoint, je la prend dans mes bras, je suis heureux. Franck et Mamasse apprécient le spectacle tout autant que nous. Cela nous fait du bien de pouvoir partager un moment privilégié. Ces six jours d’expédition et de découverte à travers le sud de la Bolivie nous ont comblés tant par la variété des paysages que par leurs couleurs. Digne d’un feu d’artifice, le bouquet final fût sublime.
Je pense que la suite de notre voyage en compagnie des cousins promet d’autres aventures, car nous avons décidés que les quelques jours qu’ils leurs restent, nous partirons avec Gengis, notre fidèle compagnon, découvrir le lac Titicaca, le lac le plus haut du monde.

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pir74Auteur : Postée le 07 février 2007 par pir74
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