Etape 9 : Martigny - Chamonix, 39,7 km

Tour de Suisse à véloUn récit/album du carnet de voyage :
Tour de Suisse à vélo
Etape 8 : Realp – Martigny, 157,8 kmRécit/album précédent :
Etape 8 : Realp – Martigny, 157,8 km
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Ce matin, je prends davantage de temps que d’habitude, sentant la fin approcher et voulant presque la retarder. Tout le dispositif de chargement est maintenant optimum, enfin ! Optimum avec le porte-bagages actuel, mais à améliorer si d’aventure une prochaine expédition avait lieu.

Il fait encore chaud, très chaud quand je me lance sur les pentes de la Forclaz, avant-dernier col du parcours, le seul avec celui des Montets que j’aurais gravi des 2 côtés. Mais l’ascension par Martigny est bien plus redoutable que celle par Trient. La pente est régulière mais sévère, 13 kilomètres de long à 7,8% de moyenne, soit plus de 1000 mètres de dénivelé. J’avance péniblement, la sueur me dégouline de partout. Je n’aime pas ces cols au rythme régulier, je m’y ennuie ferme. Les coups de pédale se succèdent, identiques les uns aux autres. La lassitude est d’autant plus intense que ce col offre une route très large, très dégagé. Je double deux étrangers à VTT, étalés dans l’herbe à l’ombre, donnant l’impression d’être au bout de leur force, or nous sommes à peine à mi-distance du sommet. Ce sera bientôt à moi de m’arrêter, mais je retarde au maximum cet arrêt, chaque tour de roue est 2,15 mètres en moins à faire après la reprise.

Au détour d’un lacet, je stoppe mon effort là où siègent quelques vendeurs d’abricots. La vue est imprenable sur la vallée du Rhône et je vois la longue ligne droite que j’ai emprunté la veille et où le vent me portait généreusement. Un peu plus au Sud se trouve la route qui mène au Col du Grand Saint-Bernard, frontière avec l’Italie. Je me remets en selle, et retrouve rapidement mon rythme de croisière. Le haut du col est interminable, tout droit, et surtout bondé. Les voitures sont beaucoup plus nombreuses qu’à l’aller.

J’arrive au sommet vers midi et la boutique multi-fonctions (nourritures, souvenirs) est la bienvenue. Avec l’argent suisse me restant, je m’offre en plus de mon déjeuner, quelques souvenirs de ce tour : dessous de plat et coupelle typiquement suisse, l’achat de chocolat étant fortement déconseillé par cette chaleur. Les quelques névés en haut des montagnes ont bien diminué en 8 jours, mais les glaciers n’ont pas bougé, pour combien de temps encore ?
La descente du col est très rapide et je rejoins rapidement la frontière après m’être rafraîchi à la désormais incontournable fontaine de Trient. Je passe la douane sans problème, je suis de retour en France ! Elle m’accueille par une montée, le col des Montets, que j’escalade aisément. 8km à 5%, c’est du gâteau maintenant ! En redescendant vers la vallée de Chamonix, je coupe mon élan à plusieurs reprises pour prendre des photos des sommets et glaciers environnants. Cependant le temps est très couvert sur la chaîne du Mont-Blanc, mais peu importe, j’en ai profité le premier jour. Je passe Argentière, croise le camping où j’ai couché la première nuit, et pars vers Chamonix à la recherche d’un autre où je passerai ma dernière nuit sous tente.

J’en trouve un à l’entrée de la ville et m’installe à côté d’une tente typique de randonneur. J’apprendrais le lendemain au petit jour qu’il s’agit en fait du randonneuse qui a plus d’une excursion à son actif, dont un Marseille-Katmandou à vélo. J’avertis mes parents qui logent dans un hôtel voisin que je suis bien arrivé comme prévu et les rejoins après avoir pris une douche.

Nous allons faire un tour dans Chamonix, l’usine à touristes par excellence, où la circulation est aussi dense que dans les grandes agglomérations. Le ciel est de plus en plus menaçant et peu après s’être installés sur un banc avec nos glaces, nous nous faisons surprendre par une violente averse orageuse qui ne durera pas heureusement.

Nous rentrons ensuite à l’hôtel où je m’informe de ce qui s’est passé pendant cette semaine sans nouvelle de la France, avec entre autres la canicule et l’affaire Landys sur le Tour de France. Puis nous descendons dans la salle de restaurant et nous mangeons une copieuse raclette, pléonasme en soit, fort appréciée surtout pour moi qui n’ai pas mangé de vrai repas depuis plus d’une semaine.

Mes parents me raccompagnent au camping à 3 km de l’hôtel. Le ciel s’est quelque peu dégagé et les sommets cachés par les nuages dans la journée réapparaissent dans la nuit comme les loups-garous apparaissent lors des pleines lunes. Le silence est saisissant dans cet endroit entouré de monstres, Mont-Blanc en tête. Je profite de cette dernière soirée assez longuement, demain soir, je serai dans le train de retour à Paris...

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BillouAuteur : Postée le 21 novembre 2007 par Billou
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Etape 8 : Realp – Martigny, 157,8 kmRécit/album précédent :
Etape 8 : Realp – Martigny, 157,8 km
Commentaires
visoterra
visoterra le 23 novembre 2007 à 17:44

Etape joliment racontée! T'as du rester longtemps à Martigny!! 1 an? Bon, ce n'est qu'une erreur dans la date...

Arnaud

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