Etape 8 : Realp – Martigny, 157,8 km

Tour de Suisse à véloUn récit/album du carnet de voyage :
Tour de Suisse à vélo
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La nuit a été très fraîche, je me suis réveillé à cause du froid. Il fait encore plutôt frisquet quand je me lève, avant 8h. La rosée est bien présente. Je prends un copieux petit déjeuner comme à l’habitude et me prépare pour cette 8ème étape. Le rangement des affaires dans les sacoches est enfin bien rodé, l’harnachement aussi.
Je ne perds pas de temps ce matin là et m’attaque au bout de quelques kilomètres à la seule et grosse ascension du jour, le col de la Furka, un endroit qui m’avait émerveillé la fois où j’étais passé avec ma famille à l’été 2000 avec son célèbre glacier du Rhône. A Realp, je trouve une boîte aux lettres mais je me dis que je posterai les cartes postales écrites la veille au col pour que les destinataires aient le cachet du glacier du Rhône !
Le pied du col est très raide, aux alentours de 8-9%. Quelques zones de travaux me ralentissent et me coupent légèrement dans l’effort mais les jambes sont bel et bien encore là, il s’agit encore une fois de ne pas se mettre en sur-régime. La route monte à flanc de montagne les premiers kilomètres et le camping reste visible. Je peux ainsi voir ma progression et ma prise de hauteur ce qui est toujours encourageant ! Mais au détour d’un virage, j’aperçois le col qui est encore à une bonne distance... Moins enthousiasmant cette fois-ci !
La pente est somme toute moins accentuée par la suite, dans les 5-6%. Je prends une première pause ainsi que quelques photos et double un cycliste à qui il manque une jambe. Il doit bien en baver aussi ! Je ressens ensuite mes premiers moments de lassitude quand je vois le haut du col et que j’ai l’impression de ne pas m’en rapprocher alors que les véhicules motorisés déboulent à toute vitesse sur cette partie peu sinueuse. Les kilomètres donnent comme l’impression de s’allonger au fur et à mesure que je les accumule. Au bout de cette partie du col interminable, un passage à plus de 11% m’oblige encore à ralentir mais il est de courte durée. Le final du col très raide, avec pas moins de 8% de déclivité mais l’extrême fin est moins ardue.
Le Furkapass culmine à 2436 mètres au dessus du niveau de la mer et la fraîcheur se fait nettement ressentir surtout qu’il n’est qu’à peine plus de 11h. Je demande à une cycliste qui m’avait doublé au pied du col de me prendre en photo, ce sera la photo souvenir de ce périple ! Je commence ensuite le début de la descente pour m’arrêter peu de temps après au glacier du Rhône.
L’endroit est très touristique et l’accès au glacier est payant mais il peut quand même être contemplé de la terrasse au bout du magasin de souvenirs. Je prends quelques photos mais m’empresse de récupérer mon vélo car il n’est attaché que d’un cadenas faisant plus office de dissuasion que de sécurité. Aussi, tout le matériel dans les sacoches est accessible à tout ceux qui veulent se servir comme à chaque fois que je dois le quitter notamment pour faire mes courses. Je vais ensuite m’acheter un sandwich mais malgré la faim qui se fait ressentir je ne prends rien d’autre car la nourriture à 2100m d’altitude n’est pas donnée dans un endroit de surcroît très visité. La vue est vraiment magnifique et la descente est visible jusqu’à Gletsch ainsi que la montée du col du Grimsel.
J’enfile mon coupe-vent et me voilà parti pour cette descente périlleuse dans ses premiers lacets mais qui est ensuite très roulante. Cependant, je bride ma vitesse par prudence à 60-70km/h. Je stoppe mon élan pour prendre encore quelques clichés du glacier du Rhône. De ce point-là il est inévitable de constater les conséquences du réchauffement climatique. La partie rocheuse en aval du glacier était encore il y a quelques années recouverte d’une épaisse couche de glace aujourd’hui disparue. Je reprends vite les commandes de mon engin de vitesse qui sera très difficile à manier vers l’arrivée sur Gletsch, un vent tempétueux s’étant mis à souffler d’un seul coup. Là, je crains qu’il ne remonte de la vallée du Rhône auquel cas il me ralentirait fortement pour la suite de mon étape. Je traverse la ville de Gletsch au ralenti à cause de la foule qui envahit la chaussée. En effet, ce village à 1750 m d’altitude est très touristique d’une part parce qu’il est à proximité du glacier du Rhône (Gletscher veut dire glacier en allemand) et d’autre part parce qu’il est le point de départ d’un petit train à vapeur.
Le vent est toujours aussi fort par la suite et la trajectoire est parfois difficile à garder sur certains virages et même ligne droite. La route est accidentée et certains lacets sont très serrés. Je dois être le plus vigilant possible d’autant plus que la circulation est assez dense. Heureusement, au bout de quelques kilomètres, la route devient plus large et meilleure mais le vent a toujours tendance à souffler de face bien qu’il se soit atténué. A l’approche de Fiesch, la chaussée est mouillée, conséquence d’une pluie qui a du s’abattre très peu de temps auparavant, de gros nuages stationnant sur les montagnes, de part et d’autre de la vallée. Le revêtement est donc devenu très glissant. La prudence est donc redoublée mais heureusement, je retrouve rapidement de une route sèche. Au détour de Brig, alors que la circulation sur un pont est au ralenti, je me fais une petite frayeur. Je ressens en effet une sensation bizarre sur la roue arrière, comme si le pneu était en train de se dégonfler, donc crevé. Heureusement, plus de peur que de mal, il n’en est rien, je ne trouve d’ailleurs toujours pas d’explication à cette sensation bizarre qui a duré quelques hectomètres. De toute manière, j’ai sur moi 2 chambres à air de rechange ajoutés à celles-ci quelques rustines de secours. Mais j’aurais été assez agacé de subir une crevaison, surtout sur le pneu arrière, où il aurait fallu, pour le réparer, que je défasse tout mon chargement avant de le remettre...
Le vent est maintenant favorable et j’avance bien à tel point que j’atteins Raron, l’arrivée prévue de mon étape, certes courte, à 14h. Mais j’avais dans la tête de continuer puisqu’il est encore très tôt et que le vent souffle dans le dos. Je décide donc d’en profiter. Auparavant je prends un deuxième déjeuner tout à fait ressemblant au premier de la journée, à savoir un sandwich au jambon avec une banane en dessert.
Je reprends la route après avoir pris une nouvelle fois tout mon temps et quelques kilomètres après, alors que le temps est toujours très menaçant sur les sommets avoisinants, je me retrouve dans une espèce de mini-tornade ce qui m’oblige à m’arrêter net et à me mettre à l’abri. Le vent est tempétueux et la pluie tombe fort : impossible de continuer pour l’instant dans ces conditions-là. Heureusement, cette événement climatique ne durera qu’une petite dizaine de minutes et je reprends la route immédiatement l’accalmie venue au milieu du flot ininterrompu de voitures.
Le vent est à présent très favorable ce qui est très agréable et permet d’avancer plus vite sans fournir plus d’effort. C’est bon pour le moral aussi ! Les kilomètres défilent, les villes se succèdent les unes après les autres rapidement : Agarn, Susten, Sierre, Saint-Léonard avant l’arrivée à Sion. Cette ville est le chef-lieu du canton du Valais et je retrouve quelques feux mais dans l’ensemble la traversée de la ville se fait rapidement. Les grandes chaleurs qui m’avaient abandonné depuis 2 jours sont de retour mais elles restent supportables surtout que l’effort n’est pas intense dans cette descente de la vallée du Rhône.
Je poursuis ma route, le vent tenant une grande part dans ma vitesse qui tourne aux alentours des 40km/h. Le paysage de cette partie du Valais est essentiellement composé de vignobles ainsi que d’abricotiers, d’où les très nombreux marchants d’abricots au bord de la route. L’heure avançant, je décide toutefois de stopper mon élan afin de faire le plein habituel de vivres du soir. Il faut à présent me trouver un camping pour passer la nuit. L’un est indiqué à Saxon, mais il ne m’inspire guère donc je préfère continuer ce qui m’amène directement à Martigny. J’achève ici en quelque sorte ma boucle puisqu’il y 6 jours je passais par cette même ville en prenant la direction nord alors que j’arrive de l’est.
Je me trouve un camping très calme, bien que l’autoroute ne passe pas très loin. Il est assez tard quand je finis de monter ma tente puisque la journée a été longue mais finalement peu éprouvante. Au total, j’aurais parcouru 157,8 km pour un peu plus de 6h de selle. Cela représente une moyenne de 26,2 km/h, assez élevée compte tenu de l’ascension du col de la Furka en début de journée. C’est le soir où je commence à réaliser que j’aurais réussi mon aventure, la France n’est plus très loin, juste derrière le col de la Forclaz que j’aperçois depuis mon emplacement. Il ne me reste plus qu’une courte mais néanmoins difficile étape pour rallier Chamonix le lendemain où sont mes parents.

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BillouAuteur : Postée le 14 août 2007 par Billou
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Tour de Suisse à véloUn récit/album du carnet de voyage :
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Commentaires
FrançoisBéné le 19 août 2007 à 18:12

bravo pour la rédaction de cette huitième étape ! Cela rappelle des souvenirs...

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