Etape 4 : Brienz - Flüelen , 95km

Tour de Suisse à véloUn récit/album du carnet de voyage :
Tour de Suisse à vélo
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Encore une journée de beau temps qui s’annonce, le ciel s’est dégagé pendant la nuit. Nous sommes samedi, beaucoup de personnes partent du camping, d’autres sont arrivés tard hier soir. Pour moi, c’est le même rituel qui prend un peu moins de temps de jour en jour. La forme a l’air bonne, je pars donc à l’assaut de ce molosse qu’est le col du Susten. Les premiers kilomètres sont totalement plats, sur une piste cyclable totalement à l’écart de la route principale. Je suis donc échauffé quand j’aborde la première montée entre Meiringen et Innertkirchen : une petite bosse de mise en jambes avant la montée du Sustenpass (2224 m).
Innertkirchen : nous y voilà : un rond point, plusieurs panneaux directionnels, celui de Wassen, indiqué à 47km. Entre temps, 28 km de montée à quasiment 6% de moyenne, des passages à plus de 10%, plus de 1600 m de dénivelé, et une descente de 19 km. Les premières rampes sont raides, je mouline bien, je sais que j’en ai pour un bout de temps. J’aperçois un peu plus haut un cycliste bien chargé aussi, ce sera mon repère pendant la montée. Le compteur se cale aux alentours des 10km/h, je fais un rapide calcul : 3h d’efforts intenses m’attendent si je tiens à cette allure. Je reviens petit à petit sur le cyclotouriste me précédant. J’arrive à sa hauteur, on se salue, ça m’a tout l’air d’être un allemand. L’attachement de son chargement est assez artisanal, si bien que quand il se met en danseuse, j’ai bien peur que tout fiche le camp... Je le passe, chacun continuant à son rythme.
Après 12km d’ascension et 600m de dénivelé, j’arrive à Gadmen (1200m), dernier village avant Wassen. Je m’arrête pour déjeuner, la ville est désertique, il y a juste l’épicerie d’ouverte. La route est passante, surtout de motos et de vélos. Au loin, les glaciers et sommets enneigés m’indiquent le chemin me restant à parcourir. Après une bonne pause, je repars à l’assaut de la montagne. La deuxième partie de l’ascension est plus raide et avec les efforts déjà cumulés s’avèrera de plus en plus dur. La vitesse baisse autour de 8 ou 9 km/h, ça n’avance pas. Malgré tout je reste patient, je profite des paysages somptueux tout en restant concentré sur la route : bien serrer à droite mais pas trop car le ravin n’est souvent pas loin ! Je repasse l’Allemand qui m’avait doublé pendant ma pause. Il est arrêté à son tour, il a l’air bien éprouvé. On s’encourage à nouveau.
Je prends une nouvelle pause, à l’Hôtel Restaurant Stein, à 1877m d’altitude, à hauteur du lac Stein à couleur plutôt grise. A son amont se trouve le glacier du même nom ou du moins ce qu’il en reste, résultat du réchauffement climatique. Si on lève un peu plus la tête, ce sont les sommets qui dominent, recouverts d’un épais manteau de neige ou de glace. Il faut à présent que je reparte, car à cette altitude, bien que ce soit la canicule, je me refroidis tout de même un peu. Il me reste 4 km de montée, je repasse une nouvelle fois l’Allemand, arrêté au bord de la route. Cette fois, on se lance un regard voulant dire : « c’est bon, on y est, on tient le bon bout ». C’est vrai, l’arrivée n’est pas loin, juste 2 ou 3 lacets plus haut. Le final du col se fait entre les névés, la température est plutôt fraîche mais le soleil cogne bien.
Il y a foule de motards en haut, mais les cyclistes sont aussi très nombreux, de toutes nationalités. Une anglaise, anglophone en tout cas vient me voir et m’explique que son pneu a éclaté durant la montée. Malheureusement, je ne pourrais rien pour elle. Le cycliste allemand arrive à son tour au col, bien content d’en avoir fini, il repartira aussitôt après avoir enfilé un coupe-vent. Je prends plus mon temps, il n’est que 14h30 et le reste du chemin est descendant tout du long. Le défilé de motos et vélos est incessant, certains s’arrêtent, d’autres filent. Je me décide à repartir au bout d’une petite demie-heure, vérifiant au préalable mon chargement. Une fois tout resserrer, je mets mon coupe-vent et me lance dans la descente.
Les premiers kilomètres sont assez sinueux mais la suite est très rapide. Je reste relativement prudent et ne dépasse pas les 70km/h tout en ayant la main sur le frein. L’air à cette vitesse là fouette le visage et je sens qu’il est de plus en plus chaud au fil de la descente. J’arrive à Wassen, au bas du col, en une vingtaine de minutes pour les 19 km parcourus doublant au passage quelques voitures. Un feu rouge me stoppe. Il fait une chaleur étouffante, la différence de température entre le col et la vallée est impressionnante, 20 degrés, peut-être plus.
La route qui mène vers le lac des 4 cantons et que je dois emprunter est bien chargé. Le ciel aussi se charge de nuages très menaçants, bien plus en avance que les jours précédents. Je décide donc d’accélérer et de ne pas trop m’économiser, étant donné que le reste de l’étape est en faux plat descendant et qu’il n’y a plus de difficultés à franchir. Quelques gouttes commencent à tomber, rien de méchant pour l’instant mais je m’arrête quand même bien avant mon arrivée d’étape pour me ravitailler et tout bien protéger. Il n’est alors que 16h15 mais les magasins sont déjà fermés et pour cause nous sommes samedi. Je savais qu’ils fermaient plus tôt ce jour-là mais je ne pensais pas avant 17h tout de même. Je parviens toutefois à faire mes courses après avoir presque supplié les employés d’une superette qui étaient en train de faire le nettoyage de me rouvrir leurs portes !
Le temps s’est nettement dégradé pendant mon petit quart d’heure passé dans le magasin, et quelques secondes après être ressorti la pluie se met à bien tomber. De toute manière, il était évident qu’à un moment ou un autre de mon trajet je me retrouverais confronté aux intempéries, alors je fais avec! J’arrive enfin à Altdorf, à l’extrémité sud du lac des 4 cantons, bien trempé, à la recherche du camping où je dois passer la nuit. Sur la place de la ville, pas de panneau indiquant la direction à suivre, je vais donc me renseigner chez une marchande de glace bien seule sous la pluie. Elle ne sait pas, je poursuis ma route dans la ville. A là sortie d’Altdorf, toujours rien, juste une station service... On m’indique que le camping se situe environ 1km plus loin. Il s’avère qu’il n’y a que des mobil-homes dans celui-ci et aucun emplacement où mettre une tente, aussi petite que soit la mienne. Par chance, la gérante de ce camping m’en signale un autre, 3 km plus loin, à Flüelen, au bord du lac.
Le cadre aurait été idéal si le temps avait été meilleur... Là aussi, il n’y a que des caravanes et mobil-homes, hormis une toute petite parcelle réservée aux tentes. Je profite d’une accalmie pour monter la mienne. Je passe la soirée dedans, sans connaître mes voisins, ni même presque les entendre, bien qu’à moins de 2 mètres d’eux, puisque le tonnerre gronde et la pluie claque violemment sur la toile de la tente. Je fais juste deux fois l’aller-retour en vitesse jusqu’aux sanitaires. L’imperméabilité de la tente est mise à rude épreuve mais je reste à peu près au sec tout de même! Le plus dur est de faire la popote puisque je peux à peine me tenir assis et que le réchaud n’est pas en position très stable et il ne vaut mieux pas qu’il tombe... J’arrive à manger plus ou moins proprement mon ragoût d’un goût jamais encore trouvé en France, plutôt spécial mais j’ai faim donc je le finis! La malchance étant de mise ce soir-là, je me prends le réchaud encore chaud (trop chaud en tout cas) sur la cuisse, ce qui me vaudra une belle brûlure...
Je terminerai ma soirée bien tôt ce soir-là, en repérant l’étape du lendemain, en espérant qu’elle s’effectuera sous de meilleures conditions climatiques. La fatigue accumulée pendant la journée n’aura aucun de mal à l’emporter sur le bruit de la pluie et je m’endormirai sans aucun problème.

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BillouAuteur : Postée le 09 février 2007 par Billou
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Tour de Suisse à véloUn récit/album du carnet de voyage :
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