Sur la route de Sagarmatha
Carnet de voyage dans le Sous-continent indien
Qui n'a pas eu envie de voir Kathmandu et l'Himalaya après avoir lu Tintin au Tibet ? Deux ans après un voyage solo au Ladakh, je rêvais de repartir et de visiter le Népal, mais pas seul cette fois. C'est donc avec 6 copains (un gros troupeau !) que je finis par prendre un billet d'avion pour New Delhi.
Si notre but premier était la marche (3 semaines de trek dans le Khumbu jusqu'au pied de l'Everest, Sagarmatha de son nom népalais), nous avons voulu profiter autant que possible du pays. De plus, les prix des vols pour Kathmandu nous poussant à traverser l'Inde par voie terrestre, autant s'arrêter un peu en route...
Le 12 décembre 2009
Everest, nous voilà !
4 novembre
Ça caille encore bien ce matin, mais je pense que ça va être tous les jours tant qu'on ne descend pas sous les 4000m ! Départ pépère dans la côte au-dessus du lodge, puis on allonge un peu le pas sur un large plateau un peu steppique, avec vue sur le Cholatse et les Lobuche Peaks. Pause devant un tea shop, puis je repars.
Je rejoins Yves et Vins à Dughla, 2-3 lodges au pied d'un immense tas de cailloux (la moraine frontale du glacier du Khumbu ?). On avale la côte en un coup, en haut il y a plein de plaques commémoratives aux disparus en montagne, et surtout une quantité impressionnante de cairns. La suite du sentier est très sympa et on arrive assez vite à Lobuche. Nos trois rapides ont déjà trouvé un lodge pas cher, on décide d'y rester deux jours car la bouffe est acceptable et les chambres correctes. Par contre, comme on ne dormira pas à Gorak Shep personne n'est motivé pour voir le coucher de soleil sur l'Everest, ça ferait 2-3h de marche nocturne...
L'après midi on part se balader voir la "Pyramide", un centre de recherche italo-népalais sur les effets de l'altitude. La construction est vraiment étrange dans ce lieu ("le Louvre en plus moche" comme dirait Max), et le contraste est rigolo avec le Pumo Ri. Le Pumo Ri est l'autre plus belle montagne au monde (avec l'Ama Dablam), Mallory l'avait baptisée comme ça en pensant à sa fille (ça signifie "sommet de la jeune fille" en tibétain). Je reviens par la moraine avec Olivier, le glacier du Khumbu est impressionnant.
5 novembre
Très mauvaise nuit, je n'ai quasiment pas dormi. Je me réveille à 6h au moment où Olivier Foué et Méju partent, car ils veulent enchaîner le camp de base de l'Everest et le Kala Pattar. Ne pouvant me rendormir, je bouquine avant de me lever vers 8h. Départ pépère, on marche au rythme de Max jusqu'à Gorak Shep, un village de lodges à 5140m d'altitude.
Après manger on part à l'assaut du Kala Pattar, une bosse herbeuse au pied du Pumo Ri que tout trekker venu dans le Khumbu se doit de faire pour se prendre en photo devant l'Everest, à 5600m ! La montée est raide et on a le souffle court. Au bout de 100m on croise le Foué tout seul qui redescend. Ils ont perdu Méju sur le glacier en quittant le camp de base... On reprend la montée au pas, je m'arrête sans arrêt pour reprendre mon souffle. Je mettrai 1h30 pour faire les 500m de dénivelée. Au sommet il y a un vent à décorner les bœufs, Vins et Yves ne s'attardent pas. Je décide d'attendre Seb et Max, en espérant que l'Everest se découvre pour la photo.
Descente au pas de course, on arrive à 15h30 à Gorak Shep, moment où le ciel se dégage... Grrrrr ! Je pars en courant vers Lobuche, j'arrive juste à temps pour changer mon menu : il y a du steak de yack ! Et histoire de faire les riches, on se paye un paquet de Pringles, le luxe (prix proportionnel à l'altitude...) !
Voir le récit avec photos et commentairesGokyo et le Cho La
6 novembre
Étape très courte aujourd'hui. On commence par redescendre en direction de Namche, puis un peu avant le Dukhla Pass on attaque à flanc de côteau en faux plat montant. A la première pause (environ à mi-chemin), Seb et Max sortent le réchaud avec la ferme intention de se faire thé et soupe. Un porteur me double sournoisement en courant, c'est la première fois que ça m'arrive ! Le tricheur, hé, il a un moins gros sac que moi !
Un dernier coup de raidillon et j'arrive à Dzongla bien essoufflé, car je viens de courir un 100m devant Méju qui filme... Méju, Foué et Olivier ont pu nous avoir des chambres dans le moins miteux des deux lodges, mais le prix ! 250rps/personne ! Déception à midi : l'appellation "roasti" nous a laissé espérer un bon plat de patates râpées bien moelleuses façon suisse... raté, ce sont des patates entières et bien séchées-grillées au four qui nécessitent le sacrifice de deux pots de ketchup.
Après-midi bouquinage et cartes pour passer le temps malgré le froid. Après calcul, on décide d'avancer de 2 jours l'avion de Lukla pour aller 2-3 jours dans le Teraï avant retour en Inde. Ce qui fut fait grâce au téléphone du lodge voisin. Et pour couronner le tout, on voit arriver le français "chasseur de tigres" (en photo) rencontré plus tôt, qui pourrait bien nous aider à préparer le séjour dans le Teraï.
7 novembre
Lever à 6h30, alors que beaucoup sont déjà en train de partir. Quand on part 1h plus tard, les locaux nous prennent pour des malades, car il est très tard selon eux (certains se sont levés vers 4h !). Le départ est assez cool, puis un premier raidillon me coupe le souffle, et de voir Méju déjà très loin en haut me démoralise.
A mi-chemin je fais une pause avec Vins et Yves, puis Foué qui nous rejoint, j'ai vraiment du mal à retrouver mon souffle. Dernier passage très raide et on arrive à un premier col où l'on prend pied sur un glacier très débonnaire. On double tout un groupe occupé à chausser des mini-crampons-caoutchouc. Les rares crevasses visibles sont bien loin sur l'autre rive, le seul danger est en réalité la glissade suivie d'une réception brutale sur le postérieur, ce que je réussis brillamment ! Je rejoint Vins et Yves au col (5300m), suivi de Foué.
Descente raide dans des éboulis avant d'arriver au pied d'une première moraine raide, suivie d'une autre encore plus haute. On n'a pas fini d'en baver ! La vallée est large et belle, mais on ne voit rien de Gokyo ni du glacier Ngozumba (pourtant long de 10km !). Longue descente sur Tragnag où l'on rejoint les premiers pour manger. Seb et Max arrivent assez vite aussi, ils sont d'accord pour continuer jusqu'à Gokyo.
On trouve assez rapidement le nouveau sentier, et, arrivés au sommet de la moraine, on découvre le chantier : un monstre glacier digne de celui du Khumbu, bien chaotique comme il faut, des pentes et grottes de glace, des lacs et gouilles partout, des blocs de pierre de toutes taille... Cependant, le sentier est bien marqué, il y a des cairns partout. L'arrivée sur Gokyo est superbe, le lac semble très bleu malgré les nuages. Beaucoup de perdrix autour du sentier. Traitement très inégal au lodge : certains ont une chambre de luxe, d'autres ont des carreaux cassés aux fenêtres.
8 novembre
Vins Foué et Max descendent avec Yves par la vallée vers Namche, après un petit saut au sommet du Gokyo Ri (5300m). Olivier et Méju y montent aussi puis partent voir les lacs supérieurs.
Je pars tout tranquille avec Seb faire le tour du lac de Gokyo. Ce lac est superbe, turquoise et entouré de cairns le long du sentier. On prend vraiment notre temps, un sac pour deux, pas d'horaires, pas d'objectifs ! On part ensuite vers le lac du dessus, un peu moins beau mais le coin est sympa, belle vue sur le Cho Oyu (8200m, 6° sommet du globe) et le glacier Ngozumba. On revient par le fil de la moraine. Bonne pause au milieu des yacks à l'entrée de Gokyo.
Le soir le lodge est bondé, on se fait virer de notre table par un groupe organisé malgré nos tentatives de squat. Sur-assistés ces groupes : tea time avec petits biscuits servis à table, le guide qui se précipite pour glisser la chaise sous les fesses du client, pot de gel hydro-alcoolisé sur la table, etc. Le guide d'un américain qui marche avec nous depuis 2 semaines vient causer avec nous, il est impressionné par les performances de Méju et olivier ("moutain tigers" !). Après avoir vu les autres finir leur repas, je descend en cuisine gueuler ma famine, pour constater que les guides des groupes organisés sont tous autour du cuistot, tu m'étonnes qu'ils soient vite servis !
Voir le récit avec photos et commentairesThame par le Renjo La
9 novembre
Lever matinal, on compte faire une grosse étape aujourd'hui : passage du Renjo La (5300m) et descente sur Thame (3800m). Départ tranquille, j'arrive plus ou moins à suivre Olivier et Méju jusque vers 5000m, mais ils me lâchent à l'occasion d'une pause. La montée est irrégulière, une succession de pentes raides et petits plateaux, mais ça avance bien. Dans la dernière côte je me fais canarder par un crétin de porteur qui s'amuse à jeter des pierres à l'aveugle. Il s'excusera quand même en me croisant, mais j'ai du mal à retenir mon envie de le lapider à mon tour...
Au col je retrouve Olivier et Méju, et j'engloutis chocolat, biscuits et snikers tellement la côte m'a creusé. Beau point du vue sur l'Everest, le Lhotse et le Makalu, ainsi que le massif du Rolwaling de l'autre côté. Quand Seb arrive à son tour, je lui taxe une clope pour l'occasion (une clope à 5300m !), et constate qu'elle s'éteint toute seule du fait du manque d'O2...
Descente incroyable sur de véritables escaliers, que la glace rend très casse-gueule. Descente sur Lungden très belle et rapide. Je dévale la pente en slalomant entre les groupes et yacks qui montent. Dal Bath à Lungden. On continue quasiment en courant l'après-midi, pour une fois j'arrive à suivre les deux féroces ! Nous marchons à l'ombre depuis un moment quand nous arrivons à Thame, on trouve immédiatement la Sunshine Guesthouse (qu'on nous a conseillé : hot shower !) car le guide de notre pote américain nous envoie chercher ! Lodge bien confortable, WC propres et spacieux, et surtout, cette douche chaude ! Un vrai régal après 8 jours sans se laver !
10 novembre
Lever tardif (7h30), petit dèj "à la française" (toasts), le grand luxe quoi ! On monte tranquille visiter le monastère de Thame. Il y a une cérémonie, les sons de clochettes, gongs et trompes sont dignes d'un film (zut, encore oublié le mp3 pour enregistrer !). On visite rapidement le temple, c'est superbe ; et les moines viennent juste de sortir, laissant couvertures et objets de culte sur les banquettes et les tables. Une bibliothèque typique occupe le mur du fond. Dehors, une dame nous apprend que la cérémonie était en deuil d'un grand lama de Kathmandu qui vient de décéder.
Départ pour Namche, belle longue descente en pente douce puis repas à Thamo. Foué nous y rejoint, il revient comme nous d'une balade à Thame, où l'on ne s'est pourtant pas croisés. Belle forêts de sapins sur le sentier de Namche, on y arrive en passant par une sorte de carrière parsemée de nombreuses roches à mane et on revoit une dernière fois l'Ama Dablam.
Fin d'après-midi ultra-consumériste : lèche-vitrines, pâtisseries, etc. Bouffe gargantuesque à l'hôtel, puis on file boire un coup dans un bar. On en ressortira qu'à 11h, torchés (avec seulement 3 bières...) et sans un sou. Bonne ambiance dans ce troquet, que du bon vieux rock !
Voir le récit avec photos et commentairesRetour à la civilisation
11 novembre
Lever tranquille et petit déjeuner dans une backery, encore un peu de shopping pour certains. Au cours de la descente on rencontre un couple de suisses avec qui on va discuter plus d'une heure. C'est qu'ils en ont des choses à dire : ils ont quitté Yverdon (Canton de Vaud) il y a 2 ans et demi et sont venus jusqu'ici à pieds ! Un véritable voyage initiatique, chargé de rencontres.
Repas de midi vers 15h (trop mangé de pâtisseries au petit déjeuner !), juste avant d'arriver à Bengkar.
12 novembre
On vient réveiller le Foué avec des cloches de yacks achetées à Namche, il fête ses 26 ans aujourd'hui.
Chemin plus ou moins plat, avant une petite remontée sur Chheplung, bonne suée malgré le temps frais et nuageux. C'est d'ailleurs une des rares fois qu'on a des nuages dès le matin.
Montée facile sur Lukla l'après-midi, ça fini sur un gros chemin dallé très casse-pattes. Lukla est une rue crasseuse bordée de lodges, hôtels, bars, boutiques de cartes postales, agences de treks et bureaux de compagnies aériennes.
On attaque une tournée des bars pour l'anniversaire de Foué, et on constate encore qu'il y a beaucoup de bonne musique 70's. Max est content, il trouve du Ricard dans un troquet, et la magie opère : le lendemain il n'est plus malade !
13 novembre
Longue, très longue attente à l'aérodrome "Tenzing-Hillary" de Lukla : les 5 Pilatus-Porters qu'on a vu (et surtout entendu) atterrir devant les fenêtres de l'hôtel à 7h ne décolleront que 2h plus tard, pour cause de mauvais temps à Kathmandu. Enfin, vers 11h on s'enregistre, on attend encore un peu et on embarque avec 3h de retard. Grosses sensations au décollage de ce petite coucou, surtout que la piste est courte ! Pas de pot, je suis assis du mauvais côté pour la vue. On atterrit vers 13h à Kathmandu.
Apéro avec Chris, notre tiger specialist, pour organiser notre safari dans le Bardia National Park. Ça commence à bien se goupiller ! Yves nous retrouve pour aller à la Steak House à Thamel, où on se fait un gros gueuleton carnivore arrosé de bière et de vin rouge français !
Voir le récit avec photos et commentairesDans la vallée de Kathmandu
14 novembre
C'est une journée un peu chargée qui commence par une visite à la Kumari avec Seb et Max. On en ressort déçus, avec la vilaine impression d'être venus voir une bête curieuse au zoo... Pauvre gamine, "déesse vivante" enfermée là jusqu'à sa puberté, qu'on exhibe aux touristes plusieurs fois par jour.
Taxi pour Bodnath. Contrairement à ce que je pensais c'est encore dans l'agglomération de Kathmandu. Le site est impressionnant par la taille du stupa, les temples, le nombre de gens qui tournent autour en priant, mais un peu agaçant par tous ces commerces autour. Après tout, on est nous aussi des touristes, autant que les népalais en profitent. Gros hasard : on tombe sur 3 copains qui reviennent du tour du Daulaghiri ! Décidément, tout le Haut Doubs est au Népal !
On file ensuite à Bakhtapur, on respire enfin (presque) : ni voitures ni motos ! On mange dans des petits boui-bouis un peu douteux, on flâne, on se perd dans les ruelles, Seb dévalise encore des boutiques. La ville est très belle et bien conservée, le quartier des potiers est très chouette.
On décide au dernier moment d'aller à Swayambunath (Monkey Temple), on y arrive à la tombée du jour. Tentative ratée d'esquiver la caisse, on doit quand même payer. Belle vue sur Kathmandu, beau coucher de soleil sur la ville, la vallée et les montagnes au loin. Je redescend à pieds avec Vins et Olivier, ainsi qu'une espagnole et un sud-africain rencontrés là-haut. On retrouve les autres au Kumari's Restaurant, bière, apéro et bouffe. Surprise : mon anniversaire anticipé de 4 jours ! Merci les potos pour ce beau mandala !
15 novembre
Journée très speed : derniers achats népalais avant le départ pour Bardia. La turista déclarée dès mon réveil ne va pas du tout me faciliter les choses, je reste tard dans la chambre, ou plutôt près des WC... Vers 10h on part tous en taxi pour aller prolonger nos visas de quelques jours, puis dhal bath dans un boui-boui très local, arrosé de coca (je ne suis pas le seul malade). Après-midi shopping, j'ai besoin d'un petit sac à dos d'appoint et il faut bien honorer les commandes de la famille !
A 16h30 on se retrouve tous à l'hôtel pour récupérer nos affaires avant d'aller prendre le bus pour le Teraï et le Bardia National Park. Le Capital Bus est bien plus confortable que ceux que l'on a connu jusqu'ici, et on a même droit à 2 Bollywood avant de se "coucher". Trajet bien cahoteux comme il se doit au Népal.
Voir le récit avec photos et commentairesBardia National Park
16 novembre
Le bus, après un arrêt sur un pont-barrage pour tenter d'apercevoir des crocodiles, nous pose à un quart d'heure de marche du lodge. Paysages de jungle superbes, impression renforcée par l'ambiance brumeuse du matin. Le cadre du lodge est magnifique et bien reposant (parfait pour la matinée de sieste). On est accueillis avec la traditionnelle tikka (point de poudre rouge sur le front) et une grosse fleur, ça y est on se croirait au club med !
En début d'après-midi on part à pieds à l'accueil du parc national pour une balade à dos d'éléphants, moyen original de partir à la recherche de faune sauvage. Sacrées bestioles que ces pachydermes ! Avec le cornac et le guide on est 4 ou 5 dessus. Notre monture a 52 ans, un petit de 4 ans nous suit. Beaucoup d'oiseaux en bord de rivière, des singes et des deers (antilopes) en forêt/savane. Les herbes sont parfois plus hautes que nous, bien que nous soyons perchés à plus de 3m ! Nous trouverons enfin des traces de tigres au bord de la rivière, mais pas de tigre, ni de rhinocéros unicorne, ni d'éléphant sauvage.
17 novembre
Réveil tranquille, causette avec un couple de français (jurassiens !) qui vivent la moitié de l'année ici. Départ en jeep pour Chisapani, départ de notre descente du Karnali en raft. C'est un fleuve sacré, comme tous ceux qui se jettent dans le Gange. Le lit majeur est particulièrement large, ce qui laisse facilement imaginer la puissance des crues de mousson. Quelques arrêts pour chercher des indices, on finit par trouver des traces d'un tigre mâle et d'un rhino. Affut sans succès, sauf pour ce qui est de la sieste (décidément la traque animalière n'est pas pour moi !). Énormément d'oiseaux : ibis noirs, cormorans, martins pêcheurs et chasseurs, une cigogne noire, un tichodrome, un guêpier et même des canards comme ceux de Gokyo.
On arrive au campement au crépuscule, accueil avec une soupe et un thé. Le "bus local" (un char à bœufs !) vient nous chercher pour nous mener à Gola, petit village Tharu. Arrivée au village en grande pompe avec tambours et colliers de fleurs !). Tikka, danses traditionnelles, jar (vin de riz) à volonté, puis on nous invite à danser après nous avoir imbibés de jar... Rigolade générale ! Repas très riche et varié, c'est le repas des grandes occasions. On rentre au campement en chantant, fin de soirée autour du feu et d'une bouteille de rhum.
18 novembre
Réveil brutal avec mal au ventre et grosse commission : joyeux anniversaire... On traverse la Karnali en raft avant de partir dans la jungle à pieds, séparés en deux groupes. Un quart d'heure après le départ notre guide fait un malaise qui tourne à la crise d'épilepsie ! On le ramène à la rivière pour le confier à ses collègues qui rentrent directement au lodge et on tente de rejoindre l'autre groupe guidés par un jeune boy. Marche, affuts (sieste). Beaucoup de sables mouvants dans le lit de la rivière (et l'occasion de se rappeler les dialogues mémorables de "La chèvre" : "Perrin, il n'y a pas de sables mouvants signalés dans cette région !"). Beaucoup de traces d'éléphants et de tigres. D'ailleurs un tigre a dû passer très près vu les cris des singes autour de nous... Retour à la porte du Parc puis au lodge pour une douche.
Ce soir c'est Dhal Bath royal ! Et pour couronner le tout on voit débarquer toute l'équipe du lodge avec un gâteau (au chocolat !), tambours et bougies en chantant "Happy Birthday" ! J'ai de nouveau droit à la tikka, mais par 25 personnes à la suite, ce qui devient un tartinage de poudre rouge sur tout le visage. Je reçoit en cadeau des cacahouètes et une bouteille de Jar. Je crois que cet anniversaire peu banal va rester longtemps dans ma mémoire !
Voir le récit avec photos et commentairesVaranasi
Réveil à 6h, petit déjeuner abrégé car le bus arrive pour nous mener à Népalganj. Nous sommes assez inquiets à cause d'un bruit depuis un moment, d'abord imputé aux freins, puis à l'embrayage ou à la boite de vitesses, mais on finit par être mis d'accord brutalement au moment où l'arbre de transmission du bus tombe au milieu de la route ! Le voyage commence bien ! Coup de pot, un autre bus passant par là nous charge. On arrive à Nepalganj vers 10h, pour n'en repartir que 3h plus tard après plusieurs allers-retours d'un check point à l'autre. Les autorités indiennes ne plaisantent pas avec la grippe A ! On a même droit au coup du tampon manquant (ah, les joies de l'administration !).
On trouve rapidement une jeep qui nous annonce 6h de trajet pour Varanasi, et on s'y entasse tous les 7 plus les deux chauffeurs. En fin de compte ils semblent connaitre la route aussi bien que nous et ont totalement sous-estimé les distances (on s'y attendait un peu) : 12h de trajet ! Il est 1h30 du matin et on n'est pas très regardants sur le standing de l'hôtel...
20 novembre
Petit-déjeuner dans une backery, puis Méju nous dégotte une guesthouse sympa avec vue sur le Gange. On est dans un dortoir commun sur le toit de l'hôtel, beaucoup de coréens plutôt tranquilles. Beaucoup de singes sur ces toits, il y a d'ailleurs de grilles à toutes les fenêtres. Dans la rue Vins sympathise avec un népalais qui travaille dans le "design" sur soie, il nous propose après quelques emplettes une visite de la ville en fin de journée.
On retrouve Camille et Catherine à l'hôtel (un mois qu'on se suit !!!), ils viennent avec nous faire un tour de barque sur le Gange. Du fleuve la vue est belle sur les ghâts, et Baba (notre guide) nous apprend pas mal de choses sur la ville et l'Inde en général. On s'arrête un moment près d'un site de crémations, très vite rejoints par d'autres barques. Nous ne faisons pas de photos comme promis à Baba (c'est un brahmane assez pieux), mais je commence vite à m'énerver devant le comportement des autres touristes : déjà l'attroupement me donne l'impression d'être au zoo, mais ces (autocensure) n'ont aucun scrupule à mitrailler, et au flash en plus ! (tout à fait débile d'ailleurs : la porté d'un flash intégré n'excède pas 5m, on devait être à au moins 10m) Et si un jour des hordes d'indiens venaient par bus entiers photographier les enterrements de nos grand-mères ?
21 novembre
Réveillé à 5h30 par le chant des muezzins, je monte me poser sur la terrasse avec l'appareil voir le lever du jour sur le Gange. Les coréens qui occupent le dortoir avec nous y sont déjà, ils avaient mis leur réveil ! Les lève-tard seront rapidement réveillés par le raffut incroyable des singes... L'aube est magnifique, la lumière incroyable. Plein de bateaux sur le Gange, des gens font leurs ablutions. Matinée shopping (surtout pour Seb, qui a du dévaliser la moitié des commerces de la ville...)
Repas coréen à la Guesthouse (la patronne est coréenne). A 15h on part tous en rickshaws pour la gare où l'on attend assez longtemps, le train a pas mal de retard.
Voir le récit avec photos et commentairesAgra
Je passe une sale nuit car j'ai pris la couchette à l'étage dans le couloir du wagon, l'espace est réduit par la courbure du plafond. En plus on est réveillés à minuit par une montée massive de passagers, et il a fait plus frais que je pensais. Après un trajet en auto-rickshaw on se trouve un hôtel calme avec un beau jardin tout près du Taj Mahal.
Pas trop d'attente à l'entrée du monument le plus visité d'Inde (à midi les files d'attente seront démesurées !). La visite est belle malgré la foule, le site et le mausolée sont vraiment superbes et méritent bien leur réputation ! Je mitraille beaucoup et je ne suis pas seul à le faire ! On retrouve Julien, le français croisé dans un lodge à Bengkar, il vient manger avec nous. Il s'apprête à partir visiter la Chine puis... l'Afghanistan !
L'après-midi nous traversons Agra à pieds pour aller visiter le Red Fort. Chose étonnante, il y a en ville beaucoup de dromadaires attelés à des charrettes, je croyais que c'était un animal africain ? Des chameaux m'auraient semblé plus à leur place en Asie... Si quelqu'un a une explication ? Plus sobre que le Taj, le Red Fort est très beau aussi, et on a une belle vue sur le Taj Mahal.
Le soir on se fait une bouffe dans un petit restau qui paye pas de mine, mais super bon. Les produits sont frais (on a vu le serveur aller acheter les bananes à mesure des commandes !) et les gens sympa. Dommage que j'ai oublié le nom...
Voir le récit avec photos et commentairesRetour au pays
La journée commence par une longue attente à la gare : notre train, prévu à 8h38, est repoussé régulièrement pour n'arriver finalement que vers 10h30. Naïvement, j'espère toujours arriver à Delhi vers 13h ou 14h... Quel optimisme ! On va rester 7h dans ce train pour n'arriver à Delhi que vers 18h ! On oublie notre Routard dans le train, ce qui va occasionner quelques quelques âpres et amères discussions quand au choix du restau avant l'avion. La fatigue et la fin du voyage se font bien sentir...
On débarque à Connaught Place, on est quelques uns à vouloir finir par un restau un peu plus chic que d'habitude mais tout le monde n'est pas de cet avis. Olivier croise des amis qui repartent par le même avion que nous, ils nous indiquent un bar à l'anglaise (kitchissime !) où l'on peut boire des vraies pressions ! Ça a le mérite de mettre tout le monde d'accord : on va pouvoir se poser un moment et réfléchir au calme à l'endroit où l'on mangera. Tout se termine par une bonne bouffe dans un restau de Connaught Place.
On trouve non sans mal 3 auto-rickshaws qui acceptent de nous emmener à l'aéroport. Mais là, des flics trop zélés (et butés) nous refusent l'accès au terminal, car nos billets électroniques ne correspondent pas (il y a eu un changement d'horaires mais on a oublié de ré-imprimer ces foutus billets). ils nous disent de revenir 3h plus tard, mais d'ici là l'avion aura décollé ! Au moment où je commence à m'énerver, un employé de la British arrive et tout s'arrange. Ouf ! On va pouvoir rentrer à la maison ! Comme en inde rien est à l'heure, nous décollerons avec 1h30 de retard...
24 novembre
Mes crises intestinales continuent pendant le vol... A Londres j'ai de plus en plus mal au ventre mais j'arrive quand même à dormir un peu sur des banquettes. Heureusement qu'on a beaucoup de temps d'escale, car en quittant l'avion on a quitté la zone internationale sans faire attention, et Olivier, qui a gardé nos précieux billets, a disparu ! Heureusement, le personnel de la British intervient encore une fois au moment où je commence à engueuler une employée des douanes, et tout rentre de nouveau dans l'ordre. Je crois que la fatigue et ce mal au ventre que je traine depuis 10 jours me rend très nerveux...
Embarquement avec du retard, décollage itou (on commence à s'habituer), car le mauvais temps rend les manœuvres dangereuses, il y a pas mal de vent. Finalement, on arrive à Lyon vers 18h30 et c'est là qu'on va tous partir chacun de notre côté... Le voyage est terminé, mais j'ai déjà envie de repartir...
14 février 2010 : Épilogue en forme de leçon
Au moment où j'écris ces lignes, je commence seulement à me débarrasser des amibes qui m'ont pourri la fin du voyage. J'ai pas mal maigri, j'ai dû annuler une course de ski de fond et arrêter momentanément l'entraînement. Alors ne faites pas comme moi, n'attendez pas 2 mois après le voyage pour faire des analyses médicales si vous ramenez des passagers clandestins dans les boyaux...
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