Sur la route de Sagarmatha

Carnet de voyage dans le Sous-continent indien

Soleil couchant sur le Taj

Qui n'a pas eu envie de voir Kathmandu et l'Himalaya après avoir lu Tintin au Tibet ? Deux ans après un voyage solo au Ladakh, je rêvais de repartir et de visiter le Népal, mais pas seul cette fois. C'est donc avec 6 copains (un gros troupeau !) que je finis par prendre un billet d'avion pour New Delhi.

Si notre but premier était la marche (3 semaines de trek dans le Khumbu jusqu'au pied de l'Everest, Sagarmatha de son nom népalais), nous avons voulu profiter autant que possible du pays. De plus, les prix des vols pour Kathmandu nous poussant à traverser l'Inde par voie terrestre, autant s'arrêter un peu en route...

Durée : 41 jours ( du 15/10/2009 au 25/11/2009)
Zone : Sous-continent indien (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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Pierrot
Carnet de voyage créé par Pierrot
Le 12 December 2009

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Sur la route de Kathmandu

Et voilà, on se retrouve tous les sept (Seb, Max, Foué, Vins, Méju, Olivier et moi) à l'aéroport St Exupéry à Lyon. Depuis plusieurs mois qu'on en parle, qu'on s'échange des mails, qu'on cherche les bons plans de vols pas chers, qu'on cherche les dernières infos sur internet, j'ai du mal à y croire. Mais c'est bien vrai, on vient tout juste d'enregistrer nos bagages. Hier soir on s'est presque tous retrouvés à la Brasserie Georges pour se faire une bouffe gargantuesque : choucroute et bière, histoire d'en profiter avant plusieurs semaines de riz, lentilles et thé !

Escale à Heathrow, recherche de nourriture (hmmm la bouffe anglaise...), certains cherchent vainement un endroit où il est autorisé de fumer, puis c'est l'attente, l'ennui, on en a pour 3h avant notre avion. Pour moi ce vol Londres - Delhi sera une nuit sans sommeil, je n'arrive toujours pas à dormir assis. Heureusement les programmes vidéos et audio sont copieux dans cet avion !

En atterrissant à Delhi c'est le premier choc pour la plupart, seul Max et moi connaissons déjà l'Inde, alors forcément, l'aéroport de Delhi comparé à Heathrow... On trouve un bus pour 50 Rps chacun, deuxième choc : aucun de nous n'a déjà vu un bus rouler à une telle allure, et en pleine ville ! Mais nous arrivons entiers dans le centre ville, et là commence la vraie Inde : c'est le bazar ! Il y a des gros travaux près de la gare, ce qui fait que je ne reconnais rien, tout le monde veut nous renseigner, se contredit, nous presse, nous pousse... Avec le décalage horaire et culturel, on est un poil hébétés. On finit non sans mal à retrouver l'hôtel que je connaissais, histoire de prendre une douche et faire une sieste avant le train ce soir. Le soir, notre train arrive avec 10minutes de retard et ne partira qu'une demi-heure plus tard. Rien à cirer, on est dedans, et dans la direction du Népal, c'est l'essentiel !

L'arrivée à Gorakhpur est comme il se doit bien en retard, et on crève de faim : il est 11h et on n'a rien avalé depuis la veille au soir. On trouve rapidement un bus pour la frontière et un boui-boui pour manger en attendant. La bouffe va occuper nos penser pendant 2 jours, car notre repas est écourté par le gars du bus qui nous annonce le départ imminent ! En fin de compte on va patienter 30mn dans ce bus à l'arrêt, mais au moins on a des sièges, ce qui n'est pas le cas de tous les passagers. 3h de trajet jusqu'au poste frontière de Sunauli.
Vu la beauté du patelin et les moustiques, on se décide à prendre le bus de nuit malgré sa vétusté. Était-ce une bonne idée ? 8 heures de tape-cul terrible, ponctué d'arrêts pour prendre des passagers qui vont voyager debout et de pauses pipi et bouffe. Bouffe une fois de plus écourtée, cette fois par ce c.. de chauffeur trop pressé. Le chauffeur est un authentique psychopathe, roulant à tombeau ouvert de nuit, sur des routes de montagne défoncées. Autant dire qu'on ne dort pas beaucoup. On arrive à Kathmandu à 3h du matin, heure idéale pour trouver taxi, hôtel et restos ouverts... Par contre ce sera une des rares fois qu'on verra les rues vides de monde !

En route pour l'Inde !
Le bus pour Sunauli
Danse traditionnelle du Nepal
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Kathmandu

Enfin Kathmandu ! On va pouvoir se reposer un peu, préparer notre trek et découvrir un peu cette ville que j'ai déjà visité 100 fois en rêve ! On partage deux taxis avec un couple de français rencontrés dans le bus (donc 9 personnes + chauffeurs et bagages dans 2 voitures format Twingo) pour rejoindre Freak Street, l'ancien quartier des hippies. On préfère ce coin proche de Durbar Square (le centre historique) à Thamel, quartier beaucoup plus touristique. A 5h du matin, les rues sont vides, mais les hôtels pleins ! On finit par trouver 3 chambres au Century Lodge, survivant de l'époque hippie.

Petite balade dans Kathmandu pour chercher quelque chose à manger, pas évident en ce moment car Diwali, l'équivalent de notre nouvel an, bat son plein et tout est fermé. Les rues se remplissent peu à peu et on commence à réaliser à quel point les motards de Kathmandu sont de grands malades ! On assiste de très près à un accident : une moto finit sa glissade devant mes pieds tandis que Max sauve de justesse une mamie qui se trouvait dans la trajectoire.

Nous errerons jusqu'à Thamel toujours dans notre recherche de nourriture, bredouilles nous nous contenterons de bière jusqu'au soir, pour finir dans le restau à côté de l'hôtel. Le soir certains retourneront vers Thamel (bière !!!) pendant que les autres retourneront se coucher. Les couche-tard auront droit à une bonne course de rickshaws, leurs chauffeurs avaient bien picolé avant !

Le lendemain, journée à Thamel consacrée à la préparation du trek, on décide de partir demain, soit un jour plus tôt. On navigue entre agences de voyages, treks, safaris, magasins de souvenirs, boutiques de matériel de montagne et de photo, restaurants, hôtels, bars, marchands ambulants... ça nous change de Freak St !

On finit par gérer nos préparatifs assez facilement. Par contre, pas le temps d'aller faire un tour à Swayambunath (Monkey Temple), le gros stupa qui domine la ville. Le midi on mange sur une terrasse qui domine la rue, et on passe le temps en observant deux charmantes fliquettes qui tentent (vaguement) de gérer la circulation. Tellement jolies qu'elles nous réconcilient avec l'ordre ! Par contre, la note du restaurant nous fait apprécier le choix de Freak St pour le logement...
Soirée à faire les sacs, on prend le bus pour Jiri demain à 6h.

Prière du matin
Temple sur Durbar Square
Toit de la Kumari house
Déïté
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Jiri, au bout de la route

Grand moment de solitude au City Bus Stand, car nous ne trouvons pas le "Super Express Bus" pour Jiri. Finalement, c'est simplement parce qu'il n'était pas arrivé, mais cette demi-heure à demander et courir partout nous a un peu flippés. Aussi pourri que nos précédents bus, il a cette particularité qui fait tout son charme : il manque la moitié du pare-brise, celle côté chauffeur ! Ce qui explique que celui-ci soit particulièrement couvert : doudoune, cagoule et lunettes.

Le début du trajet se fait dans la poussière et la pollution de Kathmandu, puis l'air devient plus respirable à mesure qu'on s'en éloigne, traversant petits bourgs et rizières, toujours à un rythme que châssis et carrosserie ne devraient techniquement pas supporter. Seb se fait engueuler par le contrôleur pendant une pause car il voulait photographier le pare-brise (ça donnerait une mauvaise image du pays !).

Nouvelle pause vers 10h car on a crevé un pneu, ça nous laisse un peu le temps d'admirer le paysage. On reprend la montée, avant de plonger sur une autre vallée, le saute-montagne va durer toute la journée. Au bout d'un moment, supportant sans doute mal la conduite sportive du pilote, la voisine de Seb lui vomit sur les pieds, éclaboussant copieusement au passage les sacs qui se trouvaient là. S'ensuit un petit accrochage avec un camion lors d'une énième manœuvre de croisement, avant d'arriver à un check point à 2km de Jiri. Ça laisse le temps aux aux rabatteurs des lodges d'investir le bus, l'assaut s'intensifie en traversant le village ("des mouettes derrière un bateau !"). Les prix, très élevés, fondent à une vitesse spectaculaire, on est passé de 1000 Rps (10€) à gratis (contre promesse de manger au lodge) en moins de 10 minutes !

Une fois les sacs posés, on part se balader au temple qui domine Jiri, que deux papys nous font visiter. L'un d'eux aime particulièrement se faire prendre en photo, il se costume même pour l'occasion ! Retour au lodge, on réalise aux rires bêtes du bonhomme qu'il a un peu picolé et que c'est en fait sa sœur qui tient la boutique. Comme elle n'est pas anglophone, on aura droit à quelques erreurs dans les menus. En ce qui concerne la suite des évènements, on décide de modifier un peu les étapes prévues, ça doit pouvoir passer question dénivelée.

Courant d'air
Sur la route de Jiri
Encore un bus
Crevaison
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Début du trek

22 octobre au matin, nous voilà enfin partis à marcher, en direction de l'Everest ! Nous avons décidé hier soir d'être à midi à Shivalaya, étape à l'origine prévue pour le soir. Comme tout le monde est en forme on devrait sans problème pousser à Deurali, un col à 2700m. bon pour l'acclimatation ça !

Dès la sortie de Jiri, un maoïste nous demande une donation, soit-disant pour financer l'éducation. Étant en supériorité numérique (la révolution est finie, il est seul et sans armes) on commence à discuter un peu négocier, car c'est 500Rps/personnes qu'il nous demande, et on a peur d'être un peu juste pour finir le trek... Il finit vite par changer de discours, et nous avoue que c'est pour financer son parti et reprendre la révolution. Pas question de lui payer des armes ! On finit par lui lâcher 200Rps pour tout le groupe car il nous explique qu'on risque de croiser des maos régulièrement et seul le reçu prouvera qu'on a déjà donné. Notre radinerie le vexe un peu mais on ne lui laisse pas le choix. En fin de compte, ce sera le seul mao qu'on croisera...

Un peu plus loin, on s'aperçoit qu'on perdu Max, qui marche à un rythme beaucoup moins rapide que le reste du groupe. Après une heure à l'attendre et le chercher, on reprend le chemin en se séparant, après tout c'est lui qui a la carte. Toujours sans nouvelles de lui en arrivant au col, on repart après avoir attendu au cas où. En traversant un village plus bas, un porteur nous arrête pour nous dire que notre copain est devant nous, puis un trekker nous répète l'info plus loin ! Effectivement, Max nous attend à Shivalaya, on se fait une bonne bouffe.

L'après-midi, montée sans histoire dans une belle vallée. La fin est assez hard, le temps s'est rafraichi avec le soir et pourtant on transpire énormément, car il fait humide. J'arrive à Deurali au coucher du soleil. Cette première étape était peut-être un peu longue... Le soir tout le monde parle des porteurs, ils sont impressionnants avec parfois 80kg portés avec la tête (voir dans "Tintin au Tibet").

En montant au-dessus de Jiri
Mât de prières
La petite maison dans les terrasses
Pont suspendu
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Chemin de croix

23 octobre
Réveil difficile, on est tous courbaturés et on tousse sans arrêt à cause de la fumée dans le lodge. La descente commence assez raide au début, puis beaucoup de traversées, c'est long et je ne me sens pas bien. D'ailleurs, je suis pris d'une grosse nausée un quart d'heure avant le village de Kinja et y laisse mon petit déjeuner. Du coup, grosse pause avec Seb et Max dont j'ai finalement adopté le rythme, puis on repart.

On retrouve olivier, puis Foué en train de faire la sieste au bord du chemin, puis le reste du groupe devant un lodge pour manger. On décide d'y rester pour la nuit, deux autres sont aussi malades et tout le monde tousse et est fatigué.

24 octobre
Presque tout le monde va un peu mieux, mais c'est pas encore la grande forme. On attaque la montée au rythme lent des porteurs, ça change du premier jour ! On arrive à Sete peu après-midi, on décide donc de trouver un lodge plus haut pour gagner un peu de temps. On trouve un lodge pas cher dans un petit village à 2900m.

Nos illusions de trekkers responsables volent en éclats pendant le repas. Pas de maman dans cette petite famille où personne ne comprend bien l'anglais, tout les enfants sont mis à contribution pour nous préparer notre repas. Et c'est long, car nous avons tous commandé des choses différentes ! Sans nous en apercevoir nous nous somme comportés en consommateurs aveugles, les voir s'activer pour nous (on mange dans la cuisine) nous met une bonne claque... Du coup on ne dit rien quand ils nous amènent des plats différents de ceux commandés (le mien n'arrivera jamais).

25 octobre
Belle montée matinale vers le Lamjura La ("la" signifie "col" en tibétain). Jusqu'à Goyam nous montons dans une magnifique forêt de rhododendrons arborescents et de sapins, puis la végétation devient plus clairsemée. Nous mangeons au col (3600m) sous le ballet incessant des avions qui transportent les trekkers à l'aérodrome de Lukla. Incroyable ce trafic, et probablement que des trekkers !

Belle descente dans les rhodos et les sapins, je marche tout tranquille avec Seb et Max. La vallée est très chouette, tout comme le village de Junbesi, qui marque l'entrée en pays sherpa. Le lodge est cher mais très confortable, la bouffe est bonne et abondante et la douche est très chaude, il nous fallait au moins ça !

Maison à Bhandar
Kinja
Lodge à Kinja
Massif du Rolwaling
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Arrivée dans le Khumbu

26 octobre
Départ un peu matinal car l'étape s'annonce longue. La montée au premier col est assez rapide, la descente sur Ringmo est tranquille. Heureusement qu'on a avancé, car le repas met 1h pour arriver !

Le deuxième col est lui aussi rapide, mais un peu raide, il y a un joli petit temple couvert de mousse à mi-chemin. Beau chörten au col, quelques lodges et une belle porte avec des moulins à prières. La descente se fait sur un chemin dallé, c'est assez casse-pattes et Vins commence à avoir mal aux genoux.

On fait une pause devant une maison où ça semble faire la fête, des gamins en sortent et se précipitent sur Max pour se faire photographier ! Je repars malgré l'ambiance, car j'ai envie d'arriver à Nuntala avant la nuit. Les nuages me gâchent le coucher de soleil, une fois de plus.

27 octobre
Belle descente au milieu des terrasses, je reste avec Max et Vins. Au fond de la vallée nous découvrons enfin la Dudh Kosi, la rivière qui draine le massif de l'Everest. Nous la traversons sur un grand pont suspendu orné d'une porte aux couleurs du parti communiste !

Montée pépère jusqu'à une croupe donnant sur le vallon de Kharikhola. Beaux chörten et temple au-dessus du passage. On s'arrête dans un lodge tenu par une vraie sherpani en habit traditionnel. Vins négocie un porteur pour la journée du lendemain, afin de soulager son genou.

Portage d'herbe
Descente sur la Dudh Kosi
Portage
Pont sur la Dudh Kosi
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En remontant la Dudh Kosi

28 octobre
Départ tranquille de Kharikhola, après avoir causé avec une française venue là pour une ONG (Amitié Kharikhola). Le porteur de Vins, malgré son jeune âge et son petit gabarit, semble avoir la patate ! Après un premier col, on attaque une longue, très longue traversée pour rejoindre l'autre versant d'une petite vallée. On mange dans un restau à porteurs ("un routier" comme dirait Seb), uniquement du Dhal Bath (riz et lentilles) ou des "noodles soup" au menu. Ça ne doit pas être une étape à touristes vu la tête que font les gens en nous voyant manger là !

Encore un petit coup de montée après le repas, puis la descente commence avec une belle vue sur les montagnes et les villages que nous traverseront le lendemain. A l'entrée de Surkhe, je croise le porteur de Vins qui s'en retourne, il va rentrer de nuit ! On s'offre quelques bières "Everest" pour se remettre de cette très grosse étape.

29 octobre
A priori une petite étape aujourd'hui. Bonne montée facile jusqu'à Chaurikharka, où il y a de beaux chörtens et murs de mane. Ce sera notre dernière marche seuls, car à Chheplung on rejoint le chemin venant de l'aérodrome de Lukla, et donc la foule ! Nombreux "troupeaux" (ils marchent souvent groupés-serrés) de touristes, très peu portent de gros sacs. On croise aussi les premières caravanes de yacks, avant il n'y avait que des ânes. A midi on constate 50 Rps d'augmentation dur la bouffe.

L'après-midi les sentiers restent noirs de monde : trekkers, yacks, porteurs. Énormément de chörtens et mani walls, et première apparitions proches de hautes montagnes enneigées. On double et surtout croise de très nombreux trekkers avec ou sans sacs, peu de gens nous doublent mais on a déjà une semaine d'entraînement, eux viennent juste d'atterrir à près de 3000m, ils ont des raisons d'en baver !

Des occidentaux sur-équipés, des japonais emmitouflés de casquettes, lunettes, foulards, pantalons, gants voire moufles, masques sur le nez (il fait dans les 25°C...), un occidental blasé juché sur un bourrin, un autre avec deux boitiers reflex et des objectifs de la valeur du budget annuel du Mali, , etc. On est à Disneyland !

On trouve un lodge sympa à Bengkar, on y est les seuls touristes. Belle vue sur le Tamserku (6618m) mais les nuages vont une fois de plus nous priver de coucher de soleil. Les conditions d'hébergement sont à la hauteur du prix, un vrai bonheur d'avoir des matelas de plus de 5cm d'épais ! Max nous plume au poker en attendant le repas, on comprend pourquoi il porte une casquette "Poker star"... Pendant le repas un français et son guide débarquent. Ils sont crevés, et pour cause : ils arrivent de Pangboche, ça fait 2 étapes en une ! C'est un passionné de photo qui voyage depuis plusieurs mois, il ne sait pas quand il rentre au pays. Il compte partir au Pakistan, en Afghanistan et en Chine. Rien que ça !

Monastère de Bupsa
Moinillons à Bupsa
Bupsa
Moines de Bupsa
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Namche Bazar

30 octobre
Départ frisquet de Bengkar. Nous sommes assez vite à Monjo, porte du Sagarmatha National Park et check point. Nous traversons une nouvelle fois la Dudh Kosi avant d'attaquer les 700m de dénivelée qui nous séparent de Namche. Grosse grimpette au soleil, et à un détour de chemin une terrasse est aménagée pour se reposer, avec la première vue sur l'Everest !

Bonne suée dans le côte, le poids du sac associé à l'altitude (on passe les 3000m) ne me facilite pas la grimpette. On va d'ailleurs manquer un peu de souffle pendant près de 10 jours que nous passerons au-dessus de 3500m. Après un check point et un mauvais escalier, nous arrivons à Namche, centre commercial du Khumbu (et non pas capitale, contrairement à ce qu'on lit généralement). Foué, Olivier et Méju nous attendent à l'entrée du marché, et partent en quête d'un hôtel dès notre arrivée.

Après le repas de midi on part se balader dans Namche, c'est vraiment un grand centre commercial, à 3440m d'altitude. Magasins de matos de montagne, cyber cafés, german backeries, hôtels, restaurants, bars, magasins de souvenirs, etc. Après avoir ingurgité gâteaux au chocolat et vrai café, Seb et Max sont envoyés négocier une caisse de bière au marché, il paraît qu'il faut beaucoup boire pour bien s'acclimater !

Namche occupe une sorte de cirque en pleine pente, le cœur de ce cirque abrite un marché permanent tenu par des tibétains. Ceux-ci arrivent à pieds chargés de gadgets en plastique et de contrefaçons chinoises, du Tibet tout proche par le Nangpa La, un col à 5800m. La tresse rouge melée à leurs cheveux trahit leur origine Khampa (originaire de la province du Kham), ce qui explique la sale réputation que leur donnent les sherpas. Nomades, brigands, voleurs de poules, mangeurs de petits enfants, les Khampas sont un peu considérés comme les gitans chez nous.

On croise par hasard Yves, un haut-doubiste que certains d'entre nous connaissent. Il passe un coup à notre hôtel le soir pour étudier l'éventualité de marcher quelques jours avec nous. A priori il pourra nous accompagner jusqu'à Gokyo, mais il a son avion deux jours avant nous. Demain se fait une petite balade du côté de Khumjung pour s'acclimater.

Marché tibétain à Namche
Namche et le Tamserku
Puces et trek
Marchand tibétain
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Acclimatation à Khumjung

31 octobre
Histoire d'être acclimatés au top, on passe une nuit supplémentaire à Namche, et on en profite pour aller faire une petite randonnée sans sac. Réveil très matinal (6h30) à cause du bruit dans l'hôtel. Raffut dans le restau au dessus de notre chambre, un type qui vomit ses tripes dans les WC à côté, un "Namasté" tonitruant suivi d'une conversation à voix (très) haute en français (saletés de français !)...

Vers 10h on part en rando pour Khumjung (3790m), à priori la vraie capitale du Khumbu. Très belle rando, en arrivant au sommet de la colline dominant Namche la vue s'ouvre sur l'Everest, le Lhotse (8516m, 4° sommet du globe) et l'Ama Dablam (une des plus belles montagnes au monde !). Dans la monté on a perdu Max, qui a dû prendre un autre chemin... Il doit en avoir marre de souvent marcher seul derrière... Khumjung est un beau gros village caché dans un large vallon.

On rate le chemin du retour, du coup on trace à travers champs, c'est superbe. On croise quelques beaux yacks (bien plus poilus et imposants qu'à Namche), et on traverse un champ d'edelweiss ! Dommage que je n'ai pas d'objectif macro avec moi... On rejoint le chemin (l'autoroute) qui mène à Tengboche, beaucoup de poussière, on comprend mieux les japonais et leurs masques.

De retour à Namche je m'offre un énorme part de forêt noire, du chocolat et de la crème après 8 jours de riz et noodles ! Le soir personne ne se bat pour finir les bières, je crois qu'on commence à sentir les effets de l'altitude. Pour le moment je m'en tire bien à part de légers vertiges par moments, mais je garde un gros appétit et je ne suis pas le seul : certains tapent allègrement dans les assiettes délaissées sur les tables voisines !

Le Kongde Ri
Vers Thame
Chörten vers Khumjung
Le Kangtega
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Dingboche

1er novembre
Nous connaissons désormais le début du chemin, puis ça commence à descendre sous Khumjung. On passe un pont en bois qui balance beaucoup avant de remonter tout ce qu'on a descendu. Longue remontée, les yacks, non contents de soulever d'énormes nuages de poussière sont toujours difficiles à doubler, et dans les passages étroits on a toujours la crainte de se faire pousser dans le ravin ou encorner.
Tengboche est malheureusement à l'altitude donnée par la carte (chose rare), il y a un beau monastère, un des plus connus de la région. Torture mentale en commandant mon repas, en voyant un grand étalage de pâtisseries pleines de crème et chocolat, mais à 300Rps ! Nous ne passerons pas la nuit à Tengboche, car tout y est plus cher. En effet, la présence du monastère et la vue sur l'Ama Dablam font grimper les prix. De plus un festival a lieu ce jour-là car c'est la pleine lune, aucune possibilité pour 8 personnes sans réservation donc.
En fin de compte nous n'irons pas très loin, on s'arrête à Deboche où nous trouvons une loge pas trop chère. Douche glaciale à la source, ce sera ma dernière avant un moment ! Soirée cartes, entre un jeu népalais appris à Namche (le Dumla).
2 novembre
Réveil bien frisquet, la buée a gelé sur la fenêtre. On est un peu inquiets du temps, il y a des cirrus, puis des lenticulaires durs le Lhotse. Je rejoins le gros du groupe devant une loge isolé après Pangboche. On finit par commander à manger, mais Seb et Max ne sont toujours pas en vue. Ils arriveront à la fin de notre repas, Seb bien malade.
Je marche tranquillement avec eux l'après-midi, pour ne pas les laisser seuls. Les autres foncent pour être sûrs d'avoir de la place à Dingboche. Yves et Foué reviennent chercher le sac de Seb, je les suis un moment avant de m'arrêter pour une grosse session photo. Je retourne faire des photos au-dessus du village après avoir posé mon sac au lodge, la lumière est magnifique. Coucher de soleil glacial, mais magnifique au pied de l'Ama Dablam.
A la fin du repas on apprend d'un guide francophone que nous allons avoir du mal )à nous loger à Lobuche et Gorak Shep, et pire encore à Tragnag et Dzongla. La suite du trek promet d'être tendue ! En attendant, on va se faire une randonnée à Chukhung demain, toujours pour nous acclimater. Nous sommes à 4400m et nous comptons monter à 5000m demain.
3 novembre
La température a encore baissé, j'ai gardé mon T-shirt et mes chaussettes toute la nuit cette fois, malgré le duvet -15°C. Bonne marche jusqu'à Chukhung, les torrents ont du mal à dégeler. La vallée est magnifique au pied de l'Ama Dablam, la face sud du Lhotse, l'Imja Tse (Island Peak, c'est un 6000m "facile").

On se sépare à Chukhung, Foué, Olivier et Méju voulant monter au sommet du Chukhung Ri (5500m). Plus loin, le souffle devient court en grimpant sur la moraine, elle nous parait sans fin ! En arrivant au sommet de celle-ci, on réalise en sortant la carte que nous nous sommes gourés : le lac que nous voulions voir (l'Imja Tso) est de l'autre côté du glacier. Et quel glacier ! Immense, long, à plat mais chaotique au possible, et recouvert de gravats à tel point qu'on peut se demander s'il y a bien de la glace dessous.

Ne voyant à priori pas de crevasse, on décide de le traverser. Incroyable, de la végétation pousse sur ce glacier à 5000m d'altitude ! La traversée nous prend un bon bout de temps tellement il y a de creux et de bosses ! Enfin de l'autre côté, on décide de rentrer : le lac est loin, on en a marre et on a faim. Juste à côté on tombe sur une vraie plage de sable fin abritée du vent ! Il n'en faut pas plus à Yves pour nous proposer de se prendre en photo en caleçon sur fond d'Ama Dablam. Idée stupide mais marrante !

On retrouve les 3 féroces à table à Chukhung, ils ont bien fait leur sommet. Longue descente sur Dingboche, mais comme ça descend on arrive à respirer. Au loge on retrouve Mohan, le guide francophone de la veille, qui s'avère être le contact au Népal de Seb ! Du coup, il nous donne plus d'informations pratiques, très sympa.

Nos trois "summiters" ayant été un peu crevé par le Chukhung Ri, ils décident de prendre le sentier normal demain, et non pas le Kongma La (un col à 5530m) comme ils avaient prévu. Avantage pour le groupe : ça fait trois bourrins qui arriveront tôt pour réserver les loges avant tout le monde.

Le Kangtega
Tengboche
Ama Dablam
Tengboche Gompa
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