MA PREMIÈRE VISITE A TUNIS en 1965 : UN LONG SÉJOUR INOPINÉ

Voyages de TivonUn récit/album du carnet de voyage :
Voyages de Tivon
Récit/album précédent :
Voyage à BALI
Partager / Envoyer : Sur Facebook Sur Google+ Sur Twitter Par E-mail


NOTE AU LECTEUR INTERNAUTE


Ce récit/reportage se veut une sorte de journal de bord décrivant un long séjour vécu au quotidien, et non pas dans une ambiance de passe-temps touristique. Ses visions et observations, tirées d'un vécu prolongé dans le cours d'une vie normale, ne sont ni embellies, ni déformées; au contraire, elles reflètent généralement la réalité du citoyen dédié à une population autochtone qu'il veut servir par le biais de ses compétences professionnelles.

> Nous vous souhaitons un bon séjour en notre compagnie.

> TIVON

> Remarque: Bien vouloir lire l'avis complet de l'auteur dans la rubrique SÉJOUR en TUNISIE durant 4 ans comme coopérant canadien.


_

04 SEPTEMBRE 1967

Après plusieurs mois de préparation (lectures, séminaires, animation) et quelques semaines de préparatifs (entreposage des effets personnels,expédition de biens et équipements par bateau vers les pays d'affectation), un groupe de 40 familles canadiennes quittent Montréal avec un sentiment ambivalent d'enthousiasme et d'appréhension. De folie d'abord, devant la perspective de découvrir le monde, plus particulièrement un nouveau pays, le MAROC, durant 2 ans. D'inquiétude aussi, originant d'une indicible peur de faire face à l'inconnu culturel (arabe), religieux (islamiste) et géographique (climat,désert etc).
En plus, tout ce beau monde vient de quitter un pays, une maison, des familles et un confort avec femmes et enfants. Un défi d'autant plus harassant que le/la coopérant(e) affecté(e)et, généralement chef de famille, n'a pu se rendre préalablement en éclaireur(e)dans la nouvelle patrie imposéepour connaître le terrain, pour explorer en vue de faire les premiers choix.

PREMIÈRE MÉSAVENTURE

Mais, surtout, cette insidieuse crainte avait augmenté de façon exponentielle depuis les 3 dernières semaines précédant notre départ annoncé. En effet, l'ACDI (Agence canadienne de développement international) qui nous avait engagés, venait tout juste de nous muter de pays: car, nous étions initialement assignés à un mandat au Maroc, pays alors indépendant depuis 15-20 ans, bien connu de tous et toutes, par la culture, les nouvelles et par de nombreuses lectures et séminaires préparatoires durant les précédentes semaines. Or, des difficultés de négociation de dernière heure avait conduit à un arrêt inopiné des procédures. Ce qui avait provoqué notre permutation d'affectation en Tunisie plutôt qu'au Maroc. Pour clore le tout, tous les biens et équipements des familles, enfermés dans d'immenses containers, étaient en route pour le Maroc...

On peut imaginer, d'ici, l'instabilité morale de tous et chacun. Presqu'à la veille du départ pour le Maroc, il nous fallait, soudain, reformater notre vision des prochains lendemains, sinon culturellement (les 2 pays étant de mêmes souches arabe et islamique), du moins géographiquement et économiquement distincts, le Maroc étant plus moderne et économiquement bien lié à l'Europe.

Nous voilà donc en route pour la Tunisie!



NOTRE NOUVELLE PATRIE

Après une correspondance épuisante d'un jour à Paris, tous s'envolent vers TUNIS, capitale de Tunisie, qu'on nous disait intéressante et vivante. C'était déjà rassurant pour les nouveaux citoyens que nous allions devenir.
Après deux heures et demie de vol, nous voilà survolant une ville toute blanche sur les bords d'une immense baie, elle-même donnant sur le bleu méditerranéen. Premier coup d'oeil superbe, je dois dire!

Une colline avec de larges et nombreux édifices qu'il me sera bientôt donné de connaître, les ministères de l'éducation, de l'habitation et des affaires étrangères. Puis, plus loin vers le sud, mais à une vingtaine de kilomètres, une montagne, près de laquelle j'allais habiter, le BOUHKORNINE, près du village d'EZ ZAHRA, quelques années plus tard, lors de ma seconde affectation en 1970-72.


NOTRE ARRIVÉE DANS LA CAPITALE et IMPRESSIONS PREMIÈRES

Notre débarquement sur le sol tunisien se fit calmement et assez rapidement, compte tenu de la fatigue cumulée, des bagages multiples à contrôler et du nombre d'enfants à surveiller. D'ailleurs, des officiers canadiens venus expressément de l'Ambassade de BERNE en Suisse (il n'y avait pas encore d'ambassade canadienne à l'époque à Tunis!) étaient là pour nous recevoir. Accueil rassurant tout à fait bienvenu, je me rappelle, pour le groupe soudain immergé dans un décors aussi étrange (costumes, langue, musique tonitruante de l'aérogare etc).
Clopin-clopant, un car fatigué nous conduisit vers la capitale de Tunis, située à 37km de là.

Je nous revois encore tous et toutes rivés sur les fenêtres salies du bus qui filait rondement sur l'autoroute à 2 voies. Nos yeux gobaient pour ainsi dire les paysages qui défilaient à l'extérieur, ici les maisons blanchies à la chaux, là les ateliers et commerces délabrés. Surtout, cette nature nouveau format que nous avaient seuls présentée quelques pages dessinées de notre enfance ou encore le cinéma d'action.
Puis, ô consternation, nous ne pûmes empêcher l'embarras et l'inconfort nous envahir en voyant des silhouettes blanches et légères déambuler sur les routes, et, bientôt, dans les rues achalandées de la ville dont nous approchions. Ces silhouettes blanches, parfois noires, flottaient presque au-dessus du sol; on voyait tout au plus des pieds de chair sautiller sur le bitume, parfois des mains nues s'agiter à mi-hauteur, puis un bout de nez et des yeux de marbre noir surgir d'une fente à travers le voile... Étrange spectacle de fantômes se faufilant les uns au milieu des autres, vite devenu une obsession pour nous au cours des jours d'intégration qui allaient suivre...durant des semaines.

ÉTABLISSEMENT PROVISOIRE À L'HÔTEL TRANSATLANTIQUE

La circulation se faisait de plus en plus dense et lente, les autos plus nombreuses et particulièrement vieilles. Les files d'autos s'emmêlaient dans les groupuscules innombrables de piétons indisciplinés qui tentaient de se faufiler pour traverser une rue, un boulevard, une place etc. Si peu de feux de circulation à travers cela, ce qui provoquait évidemment embouteillages, ralentissements et confusions.

Avec des boules dans l'estomac, nous sommes finalement arrivés en plein centre-ville où l'Hôtel Transatlantique se trouvait, au carrefour des Avenues de Paris et du Boulevard de Habib Bourguiba (qui allait devenir pour ainsi dire le terrain de jeu et des rencontres pour les membres du régiment canadien nouvellement établi).

Disons-le tout de suite, notre hôtel Transatlantique, nous a surpris et remués avec son apparence typique (colonnades en arabesques, arcades aux fenêtres), son immense salon avec boiseries aux coloris exhubérants; mais, nous allions vite constaté en plus que son confort était modeste avec ses 3*** de 1964, douteuses quant à moi! Les chambres, ou plutôt des alcôves, pouvaient accueillir à peine 2 personnes avec peu de bagages. On entendait les enfants pleurnicher à tous moments du jour et de la nuit, et souventes fois les couples discuter intensément de leurs problèmes d'intégration et d'établissement. Un vrai confessionnal, je vous dis, que cet hôtel aussi bruyant que les boulevards d'à côté!

Nous comprîmes vite qu'il serait urgent de nous établir dans notre chez-nous rapidement pour nous éviter les ennuis d'une telle exiguité et promiscuité avec la foule dont nous faisions partie...

LOISIRS INTÉRIMAIRES

Le quotidien des premiers jours et des 2 premières semaines furent, bien sûr, consacrées à la connaissance du milieu, à l'adaptation socio-culturelle, tout cela à travers des visites ou excursions qu'il nous était donné de réaliser particulièrement lors de weekends prolongés. Me viennent encore à l'esprit des visites mémorables que nous avons trop rapidement faites, mais que nous nous promettions de reprendre dans les mois suivants:
1.VISITES de TUNIS

* Le Cente-Ville et l'Avenue Habib BOURGUIBA *La MEDINA la ville emmurée avec ses ruelles et boutiques;

La MOSQUÉE de Tunis et son impressionnant minaret
Le Musée du BARDO et ses collections de vestiges romains ou carthaginois

1.BANLIEUES de TUNIS
UNE COMMUNAUTÉ CLOITRÉE

Imaginons le tableau en 1965! Des Québécois ou Canadiens d'éducation traditionnelle qui venaient tout juste de sortir de la période de la grande noirceur et réalisaient un premier voyage à l'étranger. Dans un monde étrange insoupçonné jusqu'alors! Plus encore, imaginons-les avec femmes et enfants, empêtrés dans les premiers dédales administratifs pour assurer une implantation à la fois professionnelle pour eux-mêmes et domestique pour leur famille! Pensons enfin aux défis innombrables qu'ils allaient devoir franchir bientôt pour l'adaptation accélérée de leurs enfants, leurs activités quotidiennes dans leur lieu de résidence!

Déjà confrontés dès ce premier jour aux apprentissages innombrables et aux inconnus du quotidien, tous les membres du groupe saisirent l'envergure insoupçonnée des défis du lendemain. En même temps, ils sentirent rapidement la nécessité de serrer les coudes, de s'agglutiner pour ainsi dire les uns aux autres, histoire de s'entraider, de s'épauler mutuellement.

Tout se faisait en communauté. Tous et toutes s'agglutinèrent dans un clan indéfectible. On partageait tout! A court d'argent? on se prêtait spontanément les sommes requises, même si l'on se connaissait à peine. Les autos disponibles pour les uns, l'étaient pour tous. Les repas se prenaient ensemble dans le même restaurant à 100 pas de l'hôtel, au Café de Paris au coin des avenues de Carthage et boulevard de Bourguibajustement!

Hélas, ce partage à priori ouvert et généreux n'allait pas faire des heureux parmi tous, car les affectations scolaires et établissements domestiques dans des régions et villes différentes allaient séparer et isoler les uns les autres de tout ce beau monde communautaire.

TÂCHES,RESPONSABILITÉS et LOISIRS INTÉRIMAIRES

Le quotidien des premiers jours et des 2 premières semaines furent, bien sûr, consacrées à la connaissance du milieu, à l'adaptation socio-culturelle, tout cela à travers des visites ou excursions qu'il nous était donné de réaliser particulièrement lors de weekends prolongés. Me viennent encore à l'esprit des visites mémorables que nous avons trop rapidement faites, mais que nous nous promettions de reprendre dans les mois suivants:

  1. VISITES de TUNIS


*Le Cente-Ville et l'Avenue Habib BOURGUIBA *La MEDINA la ville emmurée avec ses ruelles et boutiques;

  • La MOSQUÉE de Tunis et son impressionnant minaret
  • Le Musée du BARDO et ses collections de vestiges romains ou carthaginois
  1. BANLIEUES de TUNIS


*Au NORD: Villes de SIDI BOU SAID, CARTHAGE, BIZERTE

  • Au SUD: Plages d'EZ-ZAHRA, Mont BOUHKORNINE , Aqueduc romain THUBURBUS MAJUS etc
TivonAuteur : Postée le 24 novembre 2009 par Tivon
Vu 31 fois
Voyages de TivonUn récit/album du carnet de voyage :
Voyages de Tivon
Récit/album précédent :
Voyage à BALI
Commentaires
Votre commentaire pour ce récit/album(*) [?]

Enregistrer

(*) Ces champs doivent obligatoirement être renseignés.

Chercher dans Visoterra
87 visiteurs connectés
Comparez les prix des voyages
  • Vols
  • Voiture
Fermer [x]Recommandations