Le Danube, de la Forêt-Noire à la mer Noire, souvent beau, rarement bleu

Carnet de voyage en Europe Centrale

Tête de taureau
Marmites L\'église peinte de Horezu Le berger

Un voyage au long cours de presque 3000 kilomètres le long du cours du Danube, au travers d'une dizaine de pays, depuis une source contestée en Forêt-Noire, présentée aristocratiquement dans un bassin situé dans le parc du château de Fürstenberg, à Donaueschingen en Allemagne, jusqu'au delta en mer Noire, en Roumanie, dans une région naturelle protégée et classée au patrimoine mondial par l’Unesco, avec entre les deux, l'Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, la Serbie et la Bulgarie ainsi que quatre capitales européennes arrosées, Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade.

C'est un voyage en Europe centrale, sur la frontière nord des empires Grec puis Romain, au delà des marches sud du Saint Empire Romain Germanique, sur le terrain de jeu d'un Bonaparte alors très en forme...

Tant à voir et tant à faire, un long voyage... qui coule de source!

Durée : 60 jours ( du 04/04/2013 au 02/06/2013)
Zone : Europe Centrale (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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rdut
Carnet de voyage créé par rdut
Le 02 avril 2013

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Cachez cette Hongrie que je … km 1718

L’essentiel du Danube se retrouve canalisé côté slovaque, après Bratislava, entre de hautes digues qui encadrent un fleuve large maintenant de 500 mètres, dompté et calmé par de puissants barrages dotés d’écluses atteignant 20 mètres de haut, alors qu’en Hongrie ce qu’il en reste se disperse en de multiples bras qui serpentent très à leur aise dans la vaste plaine magyar, les quelques morceaux de routes encadrant les innombrables trous serpentant eux aussi d’un village à l’autre, suréquipé en prévision d’un développement touristique qui n’est jamais venu, hallucinants champs de lampadaires sur des terrains vagues mais parcellisés, un château d’eau par village, le même pour tous, c'est-à-dire une boule sur un pylône surmontée des nécessaires équipements de communications, un rêve dans une réalité faite de friches industrielles, d’usines déglinguées et de maisons au crépi… décrépit ! Un genre de pays en ruines !

Les Fiat sont encore 500, ou 124 rebaptisées Lada et … tiens, une Trabant et un camion Mercédès qui surement m’a vu naître…. et là, une carriole tirée par un petit cheval, un de ceux que l’on n’a pas encore mangé ! (L’interdiction des carrioles en ville en Hongrie est antérieure à celle de la Roumanie : on a du tout manger sans le savoir !)

Esztergom, ancienne capitale de la Hongrie, est doté d’une basilique, Saint-Etienne, qui au moins a le mérite d’être ce que doit être un tel monument : monumental ! Heureusement, après 150 kilomètres le relief est revenu, et c’est autour de la forteresse de Visegrad que le Danube s’apprête à virer plein sud, et nous avec , une partie du Danube appelée le « genou » du Danube, ou le coude selon certain!

Esztergom
Le Danube, depuis Esztergom
Le Danube
C'est où?
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Szentendre km 1657

L’influence de Budapest se fait maintenant sentir et le pays en est tout redimé…. enfin, sauf la route qui elle reste à trous. Le Danube, lui, ne sait plus très bien quoi faire de toute cette eau reçue de ses divers affluents, aussi en colle t’il un peu partout en débordant allègrement de-ci de-là, rien que très habituel et encore contenu semble t’il.

La ville ? Elle a des airs de souks, un peu d’Orient et un peu de Méditerranée, pas forcément hyper intéressant, mais elle est équipée d’un fabuleux camping, sur une île du Danube, une fameuse base de départ pour visiter Budapest !

Szentendre
Le Danube à Szentendre
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Une perle sur le Danube km 1648

Le pont qui enjambe le Danube avant Budapest mesure 2 kilomètres, le premier pour passer les deux bras du fleuve qui prend ses aises, et le deuxième sur l’île de Szentendre, qui doit être sous l’eau plus souvent qu’à son tour.

Budapest, une de ces perles qui s’enfile volontiers sur le chapelet des plus belles capitales d’Europe, a su intégrer le Danube au sein de ses architectures, de Pest, plate sur la rive gauche, à Buda, escarpée sur la rive droite, solidement maintenues l’une à l’autre par le pont des Chaînes, chacune sa culture, mais unies par le Danube. De la vie, il y en a partout, dans une ville qui bouge au rythme de ses tramways brinquebalants, une ville où le chahut est pré-oriental avec une grande Halle qui tient du souk, mais aussi une ville tellement européenne avec un Parlement so british, une avenue mode et mythique, mais encore une ville pourquoi pas royale, un somptueux palais en est le témoin, une ville balnéaire, avec des bains publics magnifiques et nombreux, spécialité l’arthrose, et aussi des toits bariolés aux tuiles vernissées qui ne se comptent plus, et… en fait, un régal !

Le métro, le plus vieux d’Europe, est à l’intérieur en formica, c’est original, griffé, gratté et graffé, grinçant et grouillant de monde, mais un moment de fraicheur bienvenu car dehors il fait 30°.

Pont de Chaines
Colline de Buda
Eglise Matthias, Buda
Parlement hongrois
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La Puszta km 1560

Depuis Budapest, route au sud, dans l’époustouflante Puszta, une vaste plaine que seule la rotondité de la terre empêche de voir dans son entier et dans laquelle le Danube se la coule douce, autrefois une immense forêt vite rasée par les turcs, puis une espèce de pampa magyare, bétail et cow-boys, et enfin, mal ou bienfait de la collectivisation, un grenier à blé de l’URSS, maintenant celui de la Hongrie, quelque chose aussi moche qu’un rêve de tracteur….

Un peu hors Danube, mais il faut bien le laisser tranquille de temps en temps, quelques reliefs barrent enfin l’horizon, et au pied desquels se situe Pécs, capitale européenne de la culture en 2010, une ville très intéressante, cathédrale et mosquée, ruines romaines et ottomanes et une spécialité de céramiques et porcelaines de réputation mondiale.

Dunaföldvár
Une église bizarre
Eglise hongroise en bois
Cathédrale de Pécs
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Une ville d’eau sur la route des vins, Harkány km 1447

Une riche idée, tout au sud de la Hongrie, d’avoir su installer une ville d’eau, à Harkány, sur la route des vins, en l’occurrence ceux de Villány. Pour le bain, pas de problème, 32 à 35 degrés, le temps est au beau fixe avec un peu d’air, et la matinée à faire trempette dans les piscines de plein air est vite passée dans une eau un peu soufrée. Pour le vin, c’est plus compliqué, barrière de la langue oblige, même si elle claque à peu près pareil. Le résultat? Globalement moyen, mais les gens sont si gentils, alors comment résister à l’achat d’une bouteille, 75 cl en verre ou 2 l en bouteille plastique, au même prix et avec sur l’une comme sur l’autre une belle étiquette !

Là où nous dormons
Frontière Serbo-Croate
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Hongrie, Serbie et Croatie, km 1425

Kilomètres 1425, c’est un demi Danube, passé de Duna en Hongrie à Dunav en Croatie et Serbie et le passage des frontières, distantes de 20 kilomètres les unes des autres s’est soldé par une bardée de tampons apposés par une douane nonchalante, 4 fois la serbe et 4 fois la croate, les journées sont parfois compliquées quand le Danube est parti dans une série de méandres !

Les villages du nord de la Serbie sont tout en longueur, bordées de maisons dans des états seconds, le premier n’étant jamais terminé, et celles des extrémités sont en général vacantes et à l’abandon, soit que les habitants en sont partis pour éviter la guerre, soit qu’ils y ont été et n’en sont pas revenus, soit encore qu’ils ont été « déplacés » et ceux qui restent se regroupent plutôt vers le centre, une maison en vaut bien une autre. Et devant chaque, l’inévitable voiture nationale, la Yugo et souvent, la charrette tirée par un cheval qui ici a encore droit de cité.

Sombor
Eglise de Sombor
Ilok
Le Danube à Ilok
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D’une plaine, l’autre km 1296

Ou plutôt la même, puisque la hongroise Puszta a laissé sa place à celle du nord de la Serbie, dans la région de la Voïvodine, la Pannonie romaine, plate, riche et fertile, dont rien ne vient troubler aucun des kilomètres qui la parcourent, sauf le massif de la Fruśka Gora, planté en son centre sur la rive droite du Danube comme un Ayers Rock dans son désert, une montagne sacrée couverte de forêts et qui servit de refuge aux moines orthodoxes poursuivis par les turcs au XVe siècle, et qui y fondèrent maints monastères, dont 16 encore actifs.

Pendant ce temps, le Danube se méandre et se ramasse sur lui-même entre Serbie et Croatie, comme les spirales bandées d’un ressort prêt à le propulser, un peu après Belgrade, entre les Carpates et les Balkans, entre les Portes de fer, comme si déjà il préparait sa sortie de Serbie.

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Ma nuit chez les nonnes km 1255

Au monastère de moniales de Petkovica, Lŭba, qui parle français, se présente comme le seul homme et nous offre l’hospitalité pour la nuit, avec l’accord de Mother Antonina et fait visiter l’église dont les peintures du XVe siècle sont dans un état de conservation remarquable, sans restauration particulière. Il est arrivé ici depuis deux mois suite à une bonne déprime, et la présentation des 10 moniales permet de mieux comprendre l’importance de la dépression. Il propose de prendre de l’eau à la source, Holy water dit-il, eau dont lui-même n’abuse que les jours saints, apparemment, parce que pardon, mais l’odeur n’est pas que de sainteté…

Mother Antonina, Mamma comme chacune l’appelle ici, offre un canon, du vin de l’abbaye, ce qui ne peut se refuser…. Merlot et Cabernet franc professe Mother Antonina. Bon comme un bordeaux, c’est dit ! Du coup, bouteille cadeau avec la belle étiquette de l’abbaye, que l’offrande déposée le lendemain élève tout de suite au niveau d’un Saint-Emilion Grand Cru !

Monastère de Petkovica
Le monastère de Petkovica
Mother Antonina
Monastère de la Fruska gora
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Novi Sad km1246

Et voilà ! Entre Mother Antonina et Belgrade, c’est de nouveau la plaine, à parcourir sans passion, juste un coup d’œil en passant sur la forteresse de Petrovaradin, à Novi Sad, et sur le village de Sremski Karlovci, un agréable centre ville –petit–, dans un reste plus que moyen !

Forteresse de Petrovaradin
Petrovaradin
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Belgrade km 1170

Je sais bien que « le plus pire », ça ne se dit pas ! Mais il faut bien dire un mot de Belgrade, une ville refaite à neuf, de droite et gauche du Danube, reliée par des systèmes de ponts et d’échangeurs, Méduse à son tour pétrifiée dont les tentacules de béton enjambent allègrement qui le Danube, qui la Save en proposant d’absconses destinations, comme « Block 45 », un ensemble de tours d’habitation en béton brut, alignées comme à la parade, ou pas de direction du tout, et pour nous c’est deux heures à tourner en rond.

La forteresse de Kalemegdan et les rives de la Save, aménagées sur 5 kilomètres en Paris-Plage, sont la fraicheur et la verdure de la ville, et par les chaleurs qu’il fait en ce moment, des lieux hyper-fréquentés.

Belgrade
Forteresse de Kalemegdan
Forteresse de Kalemegdan
Tramway de Belgrade
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