Karhunkierros,la piste de l'ours,Parc d'Oulanka

Carnet de voyage en Laponie Finlandaise

Panorama sur Valtavaara

Aujourd'hui 24 juillet,nous garons voiture et caravane ,sur un parking en pleine campagne,devant un batiment de l'Office des Forêts de Finlande,à une vingtaine de mêtres de la pancarte indiquant que nous sommes exactement sur le Cercle Pôlaire.Nous préparons nos sacs à dos pour partir demain matin.Pour nous commence, en effet,une véritable aventure:rejoindre Ruka au sud ,dans la province de Kuusamo,après 95 km de marche sur la Piste de l'Ours,la fameuse "Karhunkierros" très populaire en Finlande,en autonomie totale.Notre échec de l'année dernière en Suéde sur la Kungsleden, nous était resté en travers de la gorge,et nous avions mis à profit cette année pour bien préparer notre expédition.Nous ne comptions pas trop sur les possibilités de ravitaillement en cours de route,aussi avions-nous prévu des vivres pour une bonne semaine de marche.Nous emportions également notre tente,la fameuse tente qui se monte en 2 secondes,trés utile par temps de pluie mais surtout en cas d'attaque soudaine de moustiques.Notre petite randonnée de la semaine dernière à Lemmenjoki nous ayant servi d'échauffement,c'est donc bien préparés physiquement et moralement que nous attendions le départ.Nous laissions quand même à la maison, des enfants relativement inquiets,et comme eux nous savions qu'il ne fallait pas s'égarer,sous peine de prendre le risque de s'approcher, ou même de franchir la frontière russe,très proche à certains endroits...Pas envie de "goûter à la paille humide des cachots"... pour citer un célèbre guide de voyage...Mais nous avions envie de vivre une belle histoire,traversant des paysages magnifiques dans une nature sauvage et préservée,espérant des rencontres intéressantes, et rien n'aurait pu nous arrêter.

Durée : 1 jours ( du 24/07/2006 au 24/07/2006)
Zone : Laponie Finlandaise (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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jean baptiste laurenchet
Carnet de voyage créé par jean baptiste laurenchet
Le 25 March 2007

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Tupa de Savilampi

Huit heures cinquante, nous quittons la parking où plusieurs voitures sont arrivées pendant la nuit .Sans doute des randonneurs qui chauffent déjà la piste..Je glisse mes clés de voiture et de caravane à côté de mon portable, dans la poche de ceinture de mon sac à dos.Il fait un grand soleil, mais l'air est frais et il fait bon marcher en sous-bois.La piste est facile..Si nous continuons à ce rythme,nous serons vite au refuge de Savilampi à 17 km d'ici.Nous traversons pour le moment d'immenses champs de myrtilles sauvages et tout en marchant,nous en cueillons pour nous rafraîchir.A midi ,nous étions à mi-parcours,et les difficultés commencèrent.La piste n'était qu'une suite de fortes dénivelées mettant à rude épreuve genoux et chevilles.Nous quittions quand même le sentier pour descendre jusqu'au torrent voir le rocher de Rupakivi planté au beau milieu.La vue valait bien l'effort de descendre jusque là, mais surtout d'en remonter.Après plusieurs pauses ,nous arrivions au refuge,posté au bord de l'Oulankajoki,à côté d'un pont suspendu que nous emprunterons demain pour poursuivre notre route.Dans notre "tupa" prévue pour 10 personnes,avec fourneau et gas 2 feux comme d'habitude,nous sommes seuls pour le moment.Dehors ,au bord de l'eau,il y a un feu de camp que nous allons allumer pour griller nos saucisses et chauffer notre purée pour reconstituer nos forces.A 18 heures commencent à arriver des compagnons de route:un couple avec un enfant qui s'enferment aussitôt dans leur chambrée.Nous ne les reverrons pas.Puis un groupe de cinq jeunes:trois filles et un couple.La discussion entre eux va bon train et brusquement,le couple décide de continuer,tandis que les trois jeunes filles s'installent pour la nuit dans la pièce principale.Nous essayons de nous endormir dans la nuit blanche car bien sûr,il n'y a pas de volets aux fenêtres.

Cercle pôlaire
Clairière sur la Piste de l'Ours
Le rocher de Rupakivi
Encore un petit effort
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Au refuge de Taivalkongäs

Nous quittons ce matin la Tupa de Savilampi vers 10 heures.Il fait plutôt frais ,mais nous avons quand même fait une toilette complète dans l'Oulankajoki, qui passe à quelques mêtres du refuge.Avant de continuer la Piste,nous faisons un détour de deux kilomêtres pour aller voir les canyons de l'Oulanka...Pas facile d'accès...Nous sommes un peu rouillés ce matin et qui plus est, la nuit n'a pas été formidable.Michèle a mal au pied,sans doute une ampoule qui se prépare.Au retour du canyon,nous repassons par Savilampi,il est presque midi.Nous franchissons alors le pont de singe;ça bouge pas mal et on ne peut le franchir qu'une personne à la fois.Je suis un peu gêné par la tente pendue à mon sac à dos.En forme de grand cercle ,elle entrave mon passage sur le pont qui est trés étroit.Nous prenons la direction de Taivalkongäs,à 4 kilomêtres.Nous allons alors franchir la limite sud de la Laponie.A 12 heures 30,nous sommes en vue du refuge.Les rapides voisins sont magnifiques et passent sous un nouveau pont suspendu que nous franchirons demain.Déja deux occupants dans la Tupa mais ils reprennent vite leur route.Je fais un peu de feu dehors et après avoir coupé du bois, j'allume le poële ,car il fait un peu frais.Un couple arrive et va occuper la chambre à l'étage prévue pour six personnes.Nous occupons une partie du rez-de-chaussée prévu pour quatre.Deux "lits" de deux places sont disposés de part et d'autre de la table,juste en face du poële.Le couple du dessus est redescendu vers nous pour cuire leurs patates sur le gas du refuge.Nous ,en attendant, nous étudions le parcours pour demain:8 kms..Pas trop difficiles avec au bout un camping,donc nuit sous la tente.Il ne va pas faire trop chaud avec nos duvets super légers.Je relance le poële:il fait bon dans la cambuse.19 heures,un couple de randonneurs allemands passe la porte.Ils sont vraiment très grands. Fatigués ,ils sont contents de trouver du feu, mais malgré la fraîcheur extérieure,ils ressortent bien vite pour aller se baigner dans les rapides.Quel courage..Ils viennent de parcourir 27 kms dans la journée et admettent qu'ils ont un peu présumé de leurs forces.N'ayant pas emporté de tente,la seule solution pour eux était de rallier Taivalkongäs...Mais ils sont jeunes et solides.La fille parle très bien français pour avoir séjourné un an à Angers pour ses études de droit.Ils s'installent donc avec nous au rez-de-chaussée et occupent le deuxième "lit" de l'autre coté de la table.Très sympathique,Suzanna la fille,soigne l'ampoule au pied de Michèle.Tandis qu'ils sortent pour aller manger autour du feu de camp,nous nous glissons dans nos duvets:il est 21 heures.

Le canyon de l'Oulankajoki
Limite sud de la Laponie
Amis d'une soirée
Au refuge de Taivalkongäs
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Oulangan leirintäalue

Nous voici arrivés à l'étape et il va nous falloir monter la tente:tout simple ,puisqu'il suffit de la jeter en l'air.Vraiment une belle invention pour randonneurs fatigués.Nous avons parcouru aujourd'hui,une dizaine de kilomêtres,soit une quarantaine depuis notre départ et nos jambes commencent à se rôder.Couchés tôt hier soir,du bruit nous réveillait vers 22 heures:deux randonneurs descendant les rapides en canoë faisaient halte pour la nuit et tiraient leur embarcation sur les rochers de la rive.Bras nus,ils étaient trempés comme des soupes...Brrrr...Ce matin,il faisait plutôt cru dans la chambre.Levé le premier à 7 heures,j'allumais un bon feu dans le poële à la grande satisfaction de Mattias,dont j'apercevais un oeil à peine sorti du duvet.Tous se sont levés quand il faisait bien chaud.Aprés le petit dèj sympa à quatre,ce fut le tour des photos de groupe devant la tupa,puis le départ.La piste était belle,facile et large.Les sentiers de planches sur pilotis traversaient des espaces marécageux souvent bordés de "Lakka",les mûres arctiques jaunes d'or quand elles sont bonnes à manger.Nous ne nous en privions pas pour étancher notre soif ,bien que le thermomêtre n'indique que 7 degrés.L'allure était bonne et nous étions en pleine forme,respirant l'air pur et frais à pleins poumons.De moustiques? point! trop frais, mais la situation allait certainement évoluer,vu le soleil qui commençait à chauffer à travers les arbres.Nous faisons une brève halte pour discuter avec deux Allemands francophiles,qui avaient passé la nuit sous la tente devant un grand feu de bois.A 12 heures 30,nous sommes en vue de la clôture du camping.Isolé,en pleine forêt,des installations à faire rêver le campeur le plus exigeant...Celà nous ira très bien! Des petites kitchenettes individuelles sont mises à la disposition des campeurs avec des petites salles à manger privatives.Tous les bâtiments sont construits en rondins,type chalet avec des feux de camp en divers endroits.Hélas ,l'épicerie est un peu sommaire. Nous y trouvons peu de ravitaillemnt sinon du pain noir et un sachet de quatre "makkarra",les saucisses typiquement finlandaise à griller à la flamme.Nous descendons jusqu'au sauna construit tout au bord du lac,mais à cette heure il est fermé.Dommage..Notre tente est plantée sous quelques jeunes sapins et nous accueille alors qu'il fait encore un grand soleil.Mais demain une dizaine de kilomêtres nous attendent pour être à mi-chemin et vu les courbes de niveau sur la carte,ce sera peut-être un peu plus difficile.

le camping d'Oulanka
Etape au Camping d'Oulanka
Les installations sanitaires
L'intérieur des installations
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La "tupa"de Ansakämppä

Notre quatrième jour de course arrive à sa fin et nous sommes pratiquement à mi-chemin du Karhunkierros.Nous avons marché aujourd'hui sous un soleil de plomb,mais en échange, nous avons traversé de superbes paysages,car nous longions l'Oulankajoki.Nous commencions d'ailleurs la journée par les impressionnants rapides de Kiutakongäs et cet après-midi,en arrivant au refuge,j'ai pris un super bain,plutôt froid il faut dire,dans ses eaux claires et non polluées.Pour avoir frais,c'est la nuit dernière que nous avons été servis,car sous la tente,nous avions 6 degrés.Nous avons donc peu et mal dormi;heureusement,nous avons déployé les deux couvertures de survie pour nous tenir chaud.Ce soir dans le refuge prévu pour 20 personnes,nous ne sommes que deux.Les randonneurs s'arrêtent puis repartent après une pause...C'est le début du week-end et on dirait que les marcheurs veulent en profiter au maximum, avec la complicité du soleil qui les accompagnera toute la nuit.La grande salle du refuge où trône un gros poêle central, compte deux tables et trois grandes plates formes pour poser les matelas.Nous en occupons une,la deuxième compte quatre places tandis que la troisième peut contenir une douzaine de dormeurs.Un randonneur Allemand vient de passer nous saluer.Avec sa barbichette poivre et sel, il ressemble étonnamment au Docteur Alain Bombard.Après un brin de causette,il va planter sa tente un peu plus loin.Deux jeunes Suisses-allemands de Aarau,montent aussi leur tente car ils ont un chien,ce qui leur interdit la nuitée au refuge.La soirée s'annonce paisible ,nous dormirons bien ce soir,je crois...

Tupa de Ansakämppä
La salle commune
Comme à la plage
Les rapides de Kiutakongäs
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Jussinkämppä

Le temps ce matin est magnifique.Après une excellente nuit nous quittons le refuge d'Ansakämppä,il est 9 heures.Les deux tentes dorment encore,seul le chien des Suisses -allemands qui monte la garde ,lève à peine le nez sur notre passage.Dans la nuit, vers deux heures,plusieurs canoës ont accosté sur la rive opposée pour un arrêt sous tentes.Nous les avons vus discuter autour d'un grand feu de camp sur la plage.Aussi ce matin ,personne n'est levé.Nous prenons donc la piste qui monte peu à peu, pour enfin dominer le cours de l'Oulankajoki.Un regard en arrière et nous apercevons la petite plage où je me suis baigné hier après-midi.La piste est belle,le ciel est tout bleu et un éclatant soleil nous accompagne.La température est de 15 degrés:temps idéal pour marcher,d'autant qu'il n'y a pas de moustiques.Je crois que nous allons devoir rapporter toute notre cargaison de produits répulsifs divers.Tant mieux, pourvu que celà dure.Par contre beaucoup d'énormes racines sur le sentier entravent nos pas et ralentissent notre allure,dont une qui veut ma peau et accroche mon pied.Je m'affale avec tout mon chargement sur le talon de Michèle qui amortit le choc.Néanmoins,sans être grave heureusement ,je laisse un morceau de la peau du front au km 48.Le temps de désinfecter rapidement et nous repartons vers la tupa.Nos gourdes sont vides.Un arrêt au bord du torrent nous permet de nous désaltérer et de refaire le plein d'eau fraîche.Trois randonneurs sont déjà en pause au même endroit et nous jettent un regard plus que bizarre.Nous repartons bien vite sans demander d'explications. Dans une longue montée en sous-bois,,nous croisons deux couples de jeunes, presque encore adolescents,qui marchent très vite et nous saluent gaiement..Ils descendent eux,et viennent de démarrer du refuge, ce qui explique l'allure.En effet,Jussinkämppä est devant nous au bord du lac Kulmakkajärvi...Lac bleu et sapins verts...On en prend plein les yeux,une vraie carte postale.Sur un terre plein central,deux feux de camp à côté d'un "kota"(tipi lapon)et d'un grand chalet en rondins,le même qu'hier soir.Le foyer central du Kota est déja préparé pour accueillir les prochains arrivants.Il semblerait que le lieu soit assez fréquenté.En effet,la Piste de l'Ours à Jussikämppä croise une autre piste secondaire et plus courte.Qui plus est, aujourd'hui nous sommes samedi et les amateurs de marche ici sont légions pendant le week-end.Mais pour le moment,il est treize heures et nous sommes les premiers arrivés. Nous choisissons donc nos couchages dans le chalet.Profitant du calme après le repas, nous nous laissons aller à une petite sieste réparatrice,puis cueillette des myrtilles pour le déssert de ce soir:La "kuska" est pleine à ras bord.A partir de 18-19 heures,de très nombreux randonneurs arrivent;certains repartent après le repas mais d'autres envahissent le refuge ,dont 2 sans-gêne qui virent les affaires de Michèle et s'installent pour dormir à côté de nous.Ca promet..la nuit ne va pas être terrible.

Canoés sur la berge
Le site de Jussinkämppä
Le chalet "tupa" de Jussinkämppä
Le lac de Kulmakkajärvi
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Retki-Etappi

Nous sommes arrivés à l'étape à 18 heures 30 après 18 kms de piste dont une dizaine de très difficiles, surtout la partie longeant les rapides du Kitkanjoki où roches et racines barraient une piste large de 40 centimêtres qui dominait le fleuve.Nous avons eu droit, à plusieurs occasions, à une bonne poussée d'adrénaline quand,glissant sur les rochers humides, nous avons failli basculer dans les flots.Plusieurs pauses furent donc nécessaires avant d'arriver à ce camping rudimentaire.De plus, il nous fallait une bonne douche chaude et une nuit calme ,après l'invasion d'hier soir:le dortoir était plein à craquer,tous les randonneurs et randonneuses allongés les uns à côté des autres en rangs d'oignons...et pourtant de toute la nuit,aucune odeur de sueur ou autre...à peine quelques petits ronflements discrets.Nous n'étions quand même pas habitués à une telle promiscuité.A 6 heures ce matin, nous étions levés les premiers:tous les emplacements libres autour du chalet-refuge étaient occupés par des randonneurs couchés à même le sol ,dans leur duvet.Ils étaient une bonne trentaine qui avaient bivouaqué sous les étoiles,rares il est vrai sous cette latitude et à cette saison.A 7 heures 30,nous décampions, encore seuls sur la piste.Sans bruit,nous avancions sur le passage de planches,quand sur la gauche, un mouvement en sous bois nous fit nous arrêter et observer:une femelle élan prenait également son petit déjeuner, en croquant les pousses vertes des arbres .Devinant notre présence avant de nous regarder,elle prit vite la fuite,avant même que j'aie eu le temps de sortir mon appareil photo.Il nous reste donc ce soir, environ 25 kms à parcourir jusqu'à Ruka.Nous devons donc refaire le plein de provisions ,car nous ne pensons pas pouvoir arriver avant mercredi,étant donné notre état de fatigue.Nous savons aussi que les dix derniers kilomêtres sont extrêmement difficiles,car Ruka est à environ 500 mêtres d'altitude.Suzanna et Mattias,nos amis d'un soir,rencontrés à Savilampi gardaient un très mauvais souvenir de leur départ de Ruka qui leur avait scié les jambes dès le premier jour.Pour l'heure,le temps superbe nous a quand même permis d'admirer au passage la cascade de Jyrävä,juste en face du refuge de Silastupa,aussi très fréquenté ce dimanche.Mais il nous fallait continuer malgré le site enchanteur qui aurait mérité qu'on s'y arrête pour la nuit.Un peu avant Retki-Etappi,une mignonne "tupa" à Millykoski nous aurait bien plue:ancien moulin aménagé en refuge,à côté d'une petite chute d'eau.Nus y repasserons demain car c'est sur un détour de notre route.Pour l'instant,je vais tailler une fourchette en bois pour faire un peigne à Michèle,car elle a perdu le sien,puis faire griller quelques "Makkarra" pour le souper.Ici,c'est la mode.

Les rapides de Kitkanjoki
Un sentier pas facile
Il suffit de passer le pont...
La cascade de Jyrävä
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Sous la tente à Kumpuvaara Laavu

Réveil à 5 heures 45,le camping dort encore.Nous avons eu un peu frais sous la tente mais sans plus.Hier soir nous avions eu le plaisir de la douche chaude mais dans des installations ouvertes.Personne ne s'en étonne ici...Puis nous avons eu droit à une initiation à la cuisson des "makkarra".Nous étions une dizaine autour du feu de camp,à faire rôtir nos saucisses à la flamme.Mais attention,la saucisse doit chauffer doucement, cuire mais surtout ,sans éclater.Gare aux quolibets si celà vous arrive.C'est à celà que l'on reconnaît le non-finlandais, qui lui,sait être patient.Il approche sa "makkarra" de la flamme puis la retire,avant de la remettre à chauffer à nouveau, et ainsi de suite jusqu'à cuisson complète.Celà en devient presque un jeu.Nos voisins de banc nous avaient repérés car nous parlions français,et ils nous guettaient du coin de l'oeil.Pas de chance pour eux ,car nous étions au courant de la coutume et ils en furent donc pour leurs frais.Nos "makkarra" n'avaient rien à envier aux leurs.Nous sommes seuls ce matin à reprendre le détour que nous avons fait hier soir, pour arriver au camping-étape.Il fait déjà très chaud...Nous repassons devant Millykoski et sa cascade..Tout la monde dort encore.Nous retrouvons la piste principale et précisément ,à cet endroit,deux superbes rennes nous attendaient,immobiles.A peine plus loin,un grand renne blanc traversait devant nous.Quelles belles apparitions dès le matin..de quoi vous mettre en forme pour la journée.Après une pause à Tulentekopaikka,nous faisons halte à midi à Porontimajoki,jolie petite tupa à côté du torrent.peu après arrive un couple de promeneurs finlandais de Tampere, avec qui nous lions conversation.Lui,colonel en retraite et elle,prof de français ont un fils qui étudie dans une école de commerce à Auxerre.Ils connaissent très bien la moutarde de Dijon et surtout le Kir..Amusant..quelques photos ensemble et nous reprenons notre route jusqu'à un "Laavu" en rondins,sorte d'abri couvert à trois côtés,ouvert sur un feu de camp.Hélas,il est déjà occupé.Nous montons donc la tente au bord du lac ,à côté d'un petit troupeau de rennes qui croquent des myrtilles.Il fait si beau que je m'offre un petit plongeon tandis que Michèle nous cueille le dessert de ce soir.En fait ,le ravitaillement d'hier soir était plus que sommaire.nous n'avons pu acheter que quelques "makkarra" et du pain noir qui ne rassit pas..La bouffe sera donc juste pour aller au bout de la course.

Au camping de Retki-Etappi
Le lac de Jyrävänjärvi
Rennes au repos
Le renne blanc
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Laavu de Valtavaaran Lampi

17 heures ,nous terminons notre 8 ème jour de marche .Nous sommes à 2 kms 500 de Ruka,terminus du parcours,et nous sommes fourbus après la journée casse-pattes que nous venons de passer,sous un soleil de plomb avec 30 degrés à l'ombre, pas moins .Plusieurs denivelés de 100- 150 mêtres à 80% ,en enfilades sur plusieurs kilomêtres;parfois de l'escalade à faire entre les rochers;les descentes de même à tel point que debout dans la pente,la tête est au niveau du sol et qu'on peut manger les myrtilles sans se baisser.Mais une fois en haut,quelle récompense!quelle vue! quelle splendeur !et sur 360 degrés...notemment depuis la petite tupa de Paevätupa,hélas non habitable,car sans eau...Une multitude de lacs à perte de vue ,noyés dans des écrins de forêts vert- clairn voudrait pouvoir fixer ce panorama à tout jamais car on sait qu'il est unique,que l'instant même est unique,et qu'il prendra fin dès que nous tournerons le dos pour redescendre sur la Piste.Seules nous resteront nos photos et nos notes de voyage.Impossible hélas ,de passer la nuit dans ce refuge-nid d'aigle.A regret,nous redescendons 1km plus bas:il y a un "laavu",au bord d'un lac ,plus proche encore de Ruka,car il nous reste encore pour demain,trois ou quatre "tunturi",des collines,à gravir et à redescendre.Malgré la fatigue,la journée a été extraordinaire à tous points de vue, et quelles rigolades dans les montées!a en avoir mal aux cuisses et aux zygomates...Le laavu de Valtavaara nous accueille.Nous sommes les premiers et prenons possession de l'abri.J'allume notre petit gas et prépare la soupe.Les vivres touchent à leur fin.Dernier soir en extérieur,au menuoupe, soupe,soupe et viande séchée dans la soupe.J'avais préparé l'hiver précédent un bloc de viande de boeuf,salé,fumé et séché en prévision des randonnées de l'été.Coupé en très fines lamelles,il étoffe admirablement bien une soupe trop claire ,surtout quand on a bien faim!Le tout suivi de fromage et café et nous sommes prêts pour la nuit.Michèle a préparé nos couchages dans le laavu: un vrai palace.Deux jeunes d'une petite trentaine d'années ,arrivent alors de Ruka et s'installent autour de notre feu de camp.Le garçon sort du sac une pochette de "Makkarra",mais le feu n'est pas allumé.Il va fendre un peu de bois au bûcher tout proche pour allumer le foyer, car sa belle a un peu frais.Hélas, après plusieurs tentatives,pas moyen d'allumer le feu .Michèle et moi,nous sous regardons plutôt amusés:le garçon a l'air dans une fâcheuse situation et sans feu ,il ne va pas séduire sa belle si nous ne lui venons pas en aide....Je tire donc de mon sac un allume-feu écolo et lui donne ,à la grande satisfaction de sa copine.Ils sont vraiment ravis ,que ça fait plaisir à voir.Bientôt,leurs "makkarra" rotissent doucement tandis que les tourtereaux roucoulent..Chouette,aujourd'hui,nous avons pu faire notre B.A.Un peu plus tard,ils nous quittent ,non sans nous avoir offert de partager leur nourriture mais surtout en multipliant les remerciements.20 heures 45,nous sommes dans les couvertures,bien calfeutrés dans le laavu,un peu angoissés quand même,à l'idée que demain,nous toucherons au but et retrouverons la civilisation.

Vue depuis le sommet des "tunturi"
Avant dernier jour
Paevätupa
Laavu de Valtavaaran Lampi
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Arrivée à Ruka

Nous arrivons au terme de notre course et nous sommes heureux d'en avoir terminé.Néanmoins,nous avons le coeur gros.Joie et regrets se mêlent et nous avons le sentiment que nous venons de vivre une expérience exceptionnelle.Pour moi,la nuit n'avait pas été merveilleuse,trop de douleurs au dos et aux épaules m'ont empêché de trouver le sommeil.Michèle, malgré ses douleurs était bien reposée.A 5 heures 45,j'allumais le feu de camp et préparais le café.Une légère brume flottait sur le lac devant moi ,laissant présager une journée superbe.Je buvais mon café à petites gorgées,promenant mon regard sur le pourtour du lac,profitant de cette lumière matinale particulière sous cette latitude,mais surtout essayant de fixer dans ma mémoire cet instant et ces lieux magiques.Les dernières braises du foyer se consumaient,tandis que Michèle remettait de l'ordre dans le laavu.A 9 heures, nous levons le camp.Les derniers kilomêtres sont difficiles.Nous voyons à l'horizon, le tremplin de saut de Ruka au pied duquel nous passerons avant d'arriver au terminus.Il n'a pas l'air de se rapprocher bien vite ...Le soleil est déjà chaud...Nous cueillons et dégustons les dernières myrtilles,gravissons les derniers à-pics,admirons les derniers magnifiques paysages.Enfin,nous amorçons la descente sur Ruka.La rumeur intolérable de la station estivale nous assaille après 9 jours de silence.L'air frais des sous-bois nous manque déjà..Nous nous regardons et pensons la même chose:et si nous faisions demi-tour pour retrouver la Piste?... Mais nous continuons quand même à descendre vers la ville sous une forte chaleur.Nous nous arrêtons pour une photo souvenir, sous la panneau indiquant le nom de la piste:Karhunkierros. Passe alors un piéton qui nous offre de faire état de ses dons de photographe.Ca y est, c'est dans la boîte...Nous voilà au centre-ville:du monde partout,les hauts-parleurs des télésièges de la station débitent à tue tête les "tubes" internationaux.Nous traversons la place centrale ,et les voitures nous gênent..Triste retour!Nous débarquons à l'Office du Tourisme pour attendre le bus qui doit nous ramener à la caravane,une centaine de kilomêtres au nord.Nous sommes sales, hirsutes et je ne suis pas rasé depuis plusieurs jours,ce qui ne me ressemble pas.Un brin de toilette ne serait pas superflu.L'employée de l'Office nous offre de profiter des installations du Centre Sportif qui se trouve à l'étage inférieur:douches,spas,saunas..Plutôt sympa de sa part.Une toilette à fond s'impose, nous profitons de tout et gratuitement.Retour donc à la vie civilisée,il le faut bien.Nous achetons pour le repas une quantité impressionnante de salades que nous avalons avec avidité ,ainsi qu'un litre d'eau glacée en attendant le bus.Ce dernier passe à 14 heures 50 et une heure trente plus tard ,nous arrivons à la caravane.Surprise!...Les Ponts et Chaussées sont en train de goudronner le parking .Arrivés au niveau de la voiture ,ils attendent pour pouvoir terminer leur travail et sont contents de nous voir arriver.Ils nous accueillent avec le sourire car notre petit fanion français est accroché à la caravane.Mais 24 heures de plus et je ne sais pas ce que nous aurions trouvé..Il nous faut quand même déguerpir au plus vite et laisser le champ libre.Je me rends compte alors,que la voiture n'a pas été fermée à clé depuis 9 jours.En effet,en rangeant au moment du départ, mes clés de voiture dans la poche du sac à dos,j'ai sans doute déclenché par inadvertance l'ouverture des
portes et du coffre.Un rapide coup d'oeil..Rien n'a été touché..ce qui ne m'étonne pas dans ces pays nordiques, où le recpect de la propriété d'autrui passe avant tout..Nous partons donc pour trouver un endroit isolé pour passer la nuit.Nous nous fixons à Oulangan Visitor Center et célébrons dignement notre victoire ...Que de souvenirs pour passer l'hiver ,en attendant les prochaines randonnées de l'année prochaine!

Rukatunturi
Un moment privilégié
Petit lac
Tremplin de saut à ski
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Carte du voyage
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