Funambulisme sur le cercle polaire arctique
Carnet de voyage en Norvège
Tout est dans le titre, la route jusqu'au cercle polaire en Norvège, puis celle qui le longe, de soleil de minuit en soleil de minuit, jusqu'en Suède et Finlande, avec un retour par les îles Aland et le Danemark.
Un grand beau voyage, en camping car, en tout début de printemps, dans la neige et, il faut bien l'avouer, un peu dans le froid!
Bien entendu, et pour ceux qui le souhaiteraient, je dispose d'une mine de renseignements pratiques sur l'état des routes, les péages, les bateaux et moyens d'accès, ainsi que d'itinéraires alternatifs pas forcément détaillés dans ce carnet.
Le 22 juin 2009
014 DU LYSEFJORD A ARDAL (PREIKESTOLEN) LE 08-05
Aujourd’hui, promenade « facile » vers la chaire, ce grand promontoire de granit plat surplombant de 600 mètres le Lysefjord. Chemin pas trop cool quand même, au milieu des rochers et ce pendant deux petites heures pour la montée.
C’est vrai que le temps n’a pas été avec nous, la pluie passant très vite de petites tombées sporadiques aux bien connues « showers » écossaises. Comme la pluie, la température déjà faiblarde au départ n’a cessé de chuter pour se stabiliser à 0° en haut, voire moins ; a tel point que les éclaboussures d’eau prises par le vent se transformaient illico en petites plaques de glace voltigeant de-ci de-là.
Bien sûr, en haut, spectacle vertigineux, hautement venté, avec passage au bord de ce précipice de 600 mètres que nous n’avons pas approché, même à plat ventre. Des fjords à l’infini, parfois un lac entre deux, des bouleaux et une herbe tout juste sortis de l’hiver et d’un vert bien tendre
La descente nous a gratifiée d’un rayon de soleil ! Entendez rayon au sens norvégien du terme : c'est-à-dire une espèce de flash lumineux, dont la durée varie de une à deux minutes, vous laissant juste le temps de retirer quelques épaisseurs et de les remettre aussitôt ! Bien agréable quand même !
015 DE ARDAL A ODDA LE 09-05
Journée tranquille placée sous le signe de l’eau ! D’abord celle qui tombe du ciel et semble ne devoir jamais s’arrêter, quand elle ne se transforme pas en neige en altitude, sur les hauteurs de Røldal. Et puis celle qui jaillit des cascades de droite et gauche de la route, gonflées à bloc par la fonte des neiges d’un hiver tout juste finissant. Ou encore cette eau des innombrables lacs ou fjords, sans qu’on sache à coup sûr qui est qui et finalement qu’importe tant les uns et les autres sont alimentés par les mêmes torrents qui courent de partout.
Quelle journée et quelle éclaboussure !
Enfin, tout ceci ne nous empêche pas de monter vers le nord, toujours plus haut et nous venons aujourd’hui de franchir les 60° Nord, sur la route nous conduisant vers Odda et le glacier du Folgefonn. Paysages toujours enchanteurs, encore beaucoup de neige et de vent.
Pour ne rien vous cacher, ça caille vraiment, même si un trop rare soleil nous offre ses rayons jusque tard dans la soirée.
Et deux petites curiosités pour clore cette journée : l’église en bois debout de Røldal, pas très belle, mais, n’est-ce pas, c’est la première et une belle façon d’envisager la toiture végétale, dont les norvégiens font une forte consommation, avec réserve de bois incorporée.
Il faut dire aussi que face à ces éléments déchaînés, les norvégiens restent absolument imperturbables, en grande partie parce qu’ILS SAVENT ! Ils savent qu’il ne pleut guère plus de dix minutes d’affilé et qu’il ne se passe pas dix minutes sans qu’il pleuve. Alors, en attendant, ils vaquent, indifférents : ILS SAVENT !
016 DE ODDA A EIDFJORD LE 10-05
En norvégien, glacier se dit glacier, et il se trouve que c’est bien commode. Départ donc pour le glacier, vous le prononcez comme vous pouvez ! Encore un chemin très bien balisé, un peu sportif mais bien aménagé.
Et, inespéré, non seulement il ne pleut pas, mais il se pourrait bien que le soleil se mette de la partie. Alors fonçons !
Et nous y sommes arrivés, même si avant il a fallu en passer par là :
017 DE EIDFJORD A BERGEN LE 11-05
Au travers du hublot, ce matin, il y avait du bleu, du vrai bleu, du bleu partout ! Une véritable journée de carte postale, avec un chaud soleil dès 8 heures.
Il faut bien dire qu’à cette époque de l’année et à 60° Nord, les tulipes s’ouvrent tout juste et les arbres fruitiers commencent leur floraison. Et pourtant le soleil est bien bien chaud, et reste présent déjà 12 heures par jour.
Pourvu que ce temps se maintienne et que les statistiques nous soient favorables :
• 274 jours de pluie par an, et le capital est bien entamé, nous y avons aidé.
• Il pleut plus près des côtes et nous en sommes loin
• Plus on va vers le nord et moins il pleut
• La Finlande est 4 fois moins pluvieuse que la Norvège
Si avec de bonnes nouvelles comme celles là on ne peut pas se promener, alors c’est à désespérer ! En route vers la cascade de Voringfossen. Non, rassurez-vous, je ne vais pas vous infliger toutes les photos de cascades de Norvège : ça ferait trop ! Juste celle là, pour le bel arc-en-ciel
Le soir, nous sommes arrivés à Bergen, et, à peine installés pour la nuit, nous avons couru jusqu’au port pour ne pas rater le coucher de soleil sur les entrepôts de la ligue hanséatique. Un grand classique de Bergen.
La suite…. Demain, le soleil se couche tard ici !
018 DE BERGEN A BERGEN LE 12-05
Bergen, c’est une ville à entrée payante, façon grand Londres : souriez, vous êtes filmés, mais surtout ne vous arrêtez pas. La facture arrive chez vous, sans frais supplémentaires si vous payez sous trois semaines. Sinon, il vous faut trouver un endroit où payer et c’est un peu galère. Bon en cherchant, on trouve, sauf que pour une journée passée à Bergen, il faut bien compter 1h30 pour payer l’entrée de la ville.
Le temps s’est mis au beau fixe, et tout Bergen est dehors, les norvégiens sont aimables et affables et vous rendent même service. Autant ils sont fermés quand il pleut, autant le premier soleil après l’hiver les met au beau fixe.
Et le soir, Bergen se transforme en immense barbecue, dont l’organisation laisse pantois : les barbecues sont individuels et jetables (nous sommes en Norvège tout de même), en barquettes aluminium prêtes à brûler de petits boulets, et sont récupérés après dans des containers grillagés, les chauds à gauche, les froids à droite. A 22 heures, sans qu’il soit besoin de rien dire, les parcs et squares sont de nouveau nets et prêts à accueillir l’humeur maussade des habitants si le temps se remettait à la pluie. Qu’y grille-t-on ? Des saucisses, rien que des saucisses façon cervelas, de celles que l’on trouve dans tous les magasins (où on ne trouve pas grand-chose d’autre du reste !).
Gonflés : nous avons dormis en plein centre ville, juste à côté de l’aquarium de Bergen. Pourtant pas facile de trouver une place dans cette ville, si ouverte sur la mer et pourtant totalement fermée côté terre !
Mais Aziz (Aziz, c’est notre marchand de poissons, rencontré au marché de Bergen) nous a dit de nous méfier, car ici on ne voit pas les policiers : il y a la police secrète, et elle est partout, le caftage étant une activé appréciée des habitants.
Quant au marché aux poissons, où il n’y a pas de poissons frais, il ressemble à un supermarché Petrossian de plein air : tout y est fumé, salé ou en boîte. Eh ! oui, excellent !
Reste de Bergen l’image d’une ville où il fait bon flâner, le long des quais de Bryggen, ou dans les petites rues de l’arrière port avec leurs maisons blanches en bois.
019 DE BERGEN A FLAM LE 13-05
A Flåm, il y a un drôle de petit train qui escalade la montagne sur 20kms, pour desservir Myrdal, ville sans route mais 900m plus haut ! J’aurais pu choisir de vous montrer des paysages vus du train, mais voici plutôt le train vu des paysages. Lui nous a accompagnés tout au long d’une agréable petite randonnée, sur la route dite des cheminots.
Beaucoup de tunnels ont été nécessaire pour faire passer ce train, et il a même fallu « tunneliser » le cours du torrent, chacun sa place !
A Flåm, nous avons dormi entre une Stavkirke et une cascade : le calme et la tempête.
020 DE FLAM A BORGUND LE 14-05
Aléas du voyage hors saison ! Nous passons trop tôt et la route de l’Aurlandsvegen n’est pas encore ouverte. Qu’à cela ne tienne, un petit bout semble ouvert et le point de vue vaut parait- il le coup. Je vous laisse juge !
Et dire qu’après ça nous attendait le tunnel le plus long du monde : 25kms. Il faut dire que les norvégiens ont une forte expérience du tunnel. Tous sont taillés à même la roche, sans autre forme de fioriture ; et chaque tunnel devient une sorte de caverne d’Ali Baba, une invite à un voyage Vernesque au centre de la terre, qu’il soit long ou court, droit ou en courbe, voire parfois hélicoïdal. Pour le tunnel le plus long du monde, le décor est soigné : non pas sur les parois qui restent de pierre brute, mais au niveau de l’ambiance. Après 5 ou 6 kms de tunnel, et afin de vous épargner stress ou claustrophobie, le tunnel s’évase et enfle, doublant puis triplant de taille pour donner une impression d’immensité, un peu comme une cathédrale souterraine, nimbée d’une lumière violette, ou comme si vous étiez dehors par une nuit un peu claire et qu’il n’y avait plus de tunnel.
Et tout au bout, l’œil à peine réacclimaté à la lumière, Borgund avec une magnifique église en bois debout. Existe-t-il un meilleur endroit où passer la nuit ?
021 DE BORGUND A JOSTADALEN LE 15-05
En fonction des routes ouvertes ou fermées, l’itinéraire est remanié. Le prochain arrêt sera le glacier du Nigardsbreem ( ?). En attendant le bac, car par ici il y en a pas mal, petite visite de Laerdal, village resté relativement dans son jus.
Sur le faîte du toit, pousse un lilas, bientôt en fleurs !
Une arrivée sur un glacier se prépare : au loin, le massif concerné, le Jostedalen
Plus près encore, le glacier, mais avant d’y randonner, il faut préparer le campement et faire la lessive !
022 DE JOSTADALEN A SKJOLDEN LE 16-05
N’y allons pas par quatre chemins : c’est celui-là et tout droit au travers de la moraine, dans laquelle il est parfois difficile d’avancer. Sans surprise, les pierres roulées par le glacier ont eu le temps, en quelques millénaires, d’amasser lichens et mousses ! Mais avant qu’il soit tard, tout de même 2 bonnes heures plus loin, nous voici plongé dans les glaces bleues…. Enfin, vue de près, à le toucher, autrement l’ensemble fait un peu gris !
Ce que vous ne pouvez entendre, ce sont les craquements sourds du glacier qui bouge, bien qu’on ne le voit pas. En tout cas ça coupe l’envie d’aller faire le zouave dessus.
Nous sommes à un peu moins de mille mètres, le temps est au beau depuis presqu’une semaine et la Norvège par 60,5°Nord au mois de mai est un enchantement permanent.
Pourvu que ça dure !
023 DE SKJOLDEN A HELLESYLT LE 17-05
Aujourd’hui, il fait beau et c’en est presque incroyable ! Jusqu’où peut-on pousser la chance ? Enfin, profitons en pendant qu’il est temps et essayons la « route 63 », qui vient de ré-ouvrir et nous conduit dans le massif du Jotunheimen encore tout enneigé !
La route en elle-même est impressionnante, de part les hauteurs de neige qu’il a fallu dégager.
Mais une fois tout en haut, sur ce plateau qui n’en fini pas, quel spectacle !
Il ne faudrait quand même pas oublier qu’aujourd’hui, c’est fête nationale. Alors en avant les fanfares, les majorettes et les costumes traditionnels dont tout le monde s’est revêtu. Et que manque-t-il pout finir cette journée ? Allez, une stavkirke et un arc en ciel sur la cascade de Hellesylt.
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