Entre Grèce et Turquie

Carnet de voyage en Grèce

Monastère Aghios Paraskevi: Icône

Voyage aux confins de l'Europe, entre Grèce et Turquie, au travers d'un pays qui a failli en sortir à l’autre qui a failli y entrer. Un itinéraire sud-balkanique pour flâner le long des frontières albanaise, macédonienne et bulgare, jusqu’à Byzance la Grecque, Constantinople la Romaine ou Istanbul l’Ottomane, pour effleurer la mer Noire avant de passer en Asie Mineure et de faire le tour de la mer de Marmara jusqu'à Troie et les Dardanelles, puis pour retrouver la Grèce, continentale et égéenne. Deux pays où il n’y a pas un lieu qui n’ait un nom évocateur d’une Histoire chargée de sens, comme aucun autre pays au monde.

Durée : 20 jours ( du 20/09/2010 au 09/10/2010)
Zone : Grèce (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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rdut
Carnet de voyage créé par rdut
Le 20 septembre 2010

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1 De Six-Fours à Venise de 20 au 24-09-2010

Allez! Quittons "l'eau d'ici" pour la Grèce où "il y a de" bons bains à prendre et de belles opportunités d’aventures homériques. Pour commencer, passage à Porquerolles et au Mas du Langoustier avant de "faire la route" jusqu’à Venise: et c'est un plaisir que de renouer avec les routes italiennes et ce bon sens qui tient lieu de code de la route. Quant à aller vite... non, partir le lundi permet juste d'arriver le vendredi, pour le bateau du samedi vers Igoumenitsa, au nord-ouest de la Grèce, à la frontière albanaise.

A Venise, où, avant de franchir les quatre kilomètres du pont de la liberté, le matériel à gondole et à vaporetto s'apprécie au soleil dans une ambiance encore calme.

Porquerolles
Matériel à gondole
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5 De Venise à Igoumenitsa le 25-09-2010

A Venise, beaucoup d'eau, des ponts et du Saint-Marc: un paradis pour les mousses ! La population de Venise change au rythme des arrivées de paquebots de croisière. Ce samedi, Venise était japonaise et la place Saint-Marc noire de monde. Mais soyons honnêtes, 2 heures pour visiter Venise en attendant le bateau, c’est un peu court et il a fallu beaucoup courir pour longer tout le grand canal aller-retour !

Venise
Venise
Venise, Place St Marc
Venise
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6 De Igoumenitsa à Ionnina le 26-09-2010

22 heures de bateau pour traverser l'Adriatique, en formule Open Deck, c'est à dire que le camping-car sert de cabine, pour rejoindre Igoumenitsa, où l'alphabet change et les indications de direction perdent leur sens. Par exemple, pour rejoindre le site de DODONI et son amphithéâtre, il faut viser ΔΩΔΩNH. Heureusement, l'autoroute est bien neuve et bien déserte, ponctuée de cinq ou six panneaux émanant de la Communauté Européenne et indiquant le montant des coûts de construction: de 100 à 110 millions d'euros par panneau! Crisis? What crisis?

La région des Zagoria, dans le massif du Pinde, l’un des plus importants des Balkans, sera notre porte d’entrée en Epire, à 2000 mètres d’altitude, et bien loin de l’image conventionnelle d’une Grèce chaude et pelée. La montagne est dentelée, comme une feuille de fougère encore bien verte et un peu froissée, découpée par de multiples vallons parallèles rejoignant leur vallée qui finit en gorge aux parois vertigineuses abritant parfois, en encorbellement, un des monastères lilliputiens dont la région est féconde ou un village, maisons grises et toits gris, aux ruelles pavées de pierres grises, sous un ciel presque noir.
Ambiance garantie !
Les turcs sont restés longtemps par ici, comme en témoignent les nombreux ponts qu’ils ont laissés derrière eux.

En tout cas et pour ce premier jour, temps de chien, pluie et froid ! Qu’importe, puisque le moral est au beau fixe et que le mauvais temps ne durera pas plus de 3jours !

Zagorias: Pont Turc à Kipi
Les Zagorias: Maisons grises et toits gris à Monodendri
Les Zagorias: ruelles pavées de pierres grises
Les Zagorias: Sous un ciel presque noir
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7 De Ionnina à Kastoria le 27-09-2010

Kastoria, en Macédoine, est située sur une péninsule, au bord d’un lac aux eaux un peu verdâtres en y regardant d’un peu près. Mais quelle petite ville agréable, avec ses sentes et ses ruelles qui permettent de passer d’un bord du lac à l’autre, en croisant à chaque instant de magnifiques petites églises de style byzantin aux briques savamment entrecroisées, de splendides villas de maîtres anciennes avec le balcon , voire tout l’étage en encorbellement, soutenu par des support en bois, et bien sûr, au hasard des balades, l’inévitable monastère.

Assemblage bois
Kastoria: Panaghia Koumbélidiki
Kastoria et le lac Orestiada: Villa de maître ancienne
Kastoria: Monastère
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8 De Kastoria à Psarades le 28-09-2010

La spécialité de Psaradès, au bout d’une route en cul de sac et au bord des lacs Prespa, frontières avec l’Albanie et la Macédoine, ce sont les gros haricots blancs, réputés dans toute la Grèce et dont l’utilisation principale est en soupe, la fasolada. Un kilo d’haricots plus loin, un petit tour dans le village laisse apparaitre les stigmates d’une désertification peut-être encore en cours, malgré des eaux fortement poissonneuses, surtout appréciées par les pélicans dont quelques uns étaient encore là, en attendant de migrer.

Les champs de gros cocos !

Pour les ours, on n’a pas compris le grec. Vous croyez que c’était sérieux ?

Lacs Prespa: les haricots de Psaradès
Lacs Prespa: la faune
Lac Prespa: poissons et piments à Psaradès
Les lacs Prespa
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9 De Psadares à Edirne du 29-09-2010 au 31-09-2010

Oh, le sale temps qui dure et dure encore ! Autant rouler vers la Turquie, et comme seule une route parcourt la Thrace, celle-ci attendra bien notre retour. Alors chemin faisant, Edessa, toute en eaux avec ses ruisseaux et cascades au milieu de la ville, et en pleine restauration, et Kavala pour son aqueduc et ses ruelles. Mais il est tombé tellement d’eau que le plus étanche des systèmes ne saurait marquer le coup en ménageant quelques fuites… nuit humide en perspective…

Cascades au milieu de la ville, à Edessa
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10 De Edirne à Istanbul le 01-10-2010

La frontière gréco-turc se franchit à l’obscur poste de frontière de Kastanies, à l’extrémité nord-est de la Grèce, là où les opérateurs bulgares, grecques et turques pratiquent l’œcuménisme cellulaire en s’arrachant la préséance sur le téléphone portable et où nos cartes d’identité estampillées République Française laissent perplexe le douanier pendant au moins trois quarts d’heure, que Grecs et Turcs attendant leur passage mettent à profit pour se réconcilier sur notre dos. Quelle idée aussi de ne pas avoir un passeport comme tout le monde et d’avoir cru un instant que les accords pris par les fonctionnaires de nos ministères des Affaires Etrangères respectifs se transformeraient en consignes données à ce minuscule poste frontière ! Fort heureusement, les dites cartes sont riches en noms et numéros de tous genres dont quelques-uns semblent convenir et satisfaire le gabelou, alors que derrière l’émeute s’organise à mesure que la file d’attente s’allonge…

Et puis, une fois l’obstacle passé, il y a ces dix minutes sur ces dix kilomètres de route pavée avant Edirne où tout bascule, dix minutes d’un tressautement obligatoire pour se débarrasser des scories occidentales avant de pénétrer en Orient alors que nous croisons ou doublons des carrioles tirées par un cheval famélique et d’improbables engins que l’on sait motorisés puisque, hormis les sièges et le moteur il n’y a plus ni capot, ni carrosserie, dix minutes en pointillé pour bien marquer un changement complet de civilisation auquel autrement rien ne préparerait alors que déjà la ville est là et qu’un irrésistible flot de véhicules hurlants et klaxonnants aspire tout sur son passage, prend et laisse qui veut ou qui peut, éjectant çà et là de son courant les égarés avant qu’ils n’aient compris qu’un autre monde est là et qu’il faut penser autrement. Indescriptible, et aucun voyage, aussi loin et long qu’il puisse être, ne peut délivrer autant de contraste en aussi peu de temps que le passage de la frontière gréco-turc de Kastanies!

Edirne peut ressembler à un petit village tranquille, au bout d’un des nombreux ponts pavés… ne vous y fiez pas !
Le lendemain matin, à Edirne, le coq a chanté à 6 heures moins 10 et le muezzin à 6 heures. Avec un peu de retard, nous répondons à l’appel de la visite des deux magnifiques mosquées, espaces immenses couverts de tapis de prière, sans chaises ni mobilier, une coupole centrale impressionnante de 31m de diamètre reposant sur 8 piliers sans besoin de contrefort (mieux que Ste Sophie)… pour un effet finalement lumineux et enthousiasmant!

Au milieu de tout ça, nous avons dégusté un fameux kébab !

Edirne peut ressembler à un petit village tranquille
Mosquée Selimiye
La mosquée Selimiye
Moquée Üç Serefeli
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11 De Istanbul à Bursa le 02-10-2010

L’arrivée sur Istanbul, en arrivant d’Edirne, est saisissante ! Une ville immense, 100 kilomètres sur 40, et qui se voit de loin, en commençant abruptement par des kyrielles de tours de 10 à 15 étages plutôt peintes en rose qui lui donne un air de bonbon anglais et d’autres bien plus hautes, toutes en verre , et … rien d’autre ! Pas de zone industrielle, pas d’espace vert, rien ! Des tours et des tours et encore des tours, croissant et se multipliant dans la plus grande anarchie, et, au milieu de cette mer de tours, près du Bosphore, sur un mouchoir de poche, la corne d’or et 99% du patrimoine touristique qui se concentre là.
Pour cette nuit, camping à dix kilomètres du centre, c'est-à-dire en pleine ville, dans le quartier des fourreurs, près d’anciens entrepôts où des piles de pauvres bêtes à poils regardent toutes aplaties au travers des vitrines la ligne de chemin de fer sur laquelle passait l’Orient Express et dont les mêmes rails servent maintenant de guide au TER Express, à 0,75 cent le jeton quelque soit la distance parcourue, pour une arrivée au cœur d’Istanbul, au pied du Palais de Topkapi!
Et là, il faut choisir, quand on ne dispose ni d’un temps adéquat, ni du temps ad’ hoc, pour tant et tant de merveilles à voir et à visiter : le Topkapi, 50 euros à deux, faut pas pousser, Ste Sophie, très moche de l’extérieur, est en réfection et sous plastique en dedans, mais la voilà, un peu relookée, avec sa coupole palmier….
Et puis la cathédrale citerne, les mosaïques de la mosquée bleue venues d’Iznir, près de Bursa, et…

… les bazars, dont celui aux épices, le pont et la tour Galata, et un peu plus loin, l’autre côté du Bosphore, où bientôt, bientôt….

Mais en dehors de ce périmètre consacré, Istanbul se reconstruit, sans préserver son patrimoine, témoins ces traditionnelles maisons de bois stambouliotes, très peu sauvegardées, ou les remparts dont les nombreuses brèches servent à la circulation automobile (très dense par ailleurs et assez risquée, compte tenu de la façon de conduire en Turquie). Dommage !

La mosquée bleue
Istanbul: la cathédrale citerne
Gare mythique
Pont et Tour de Galata
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12 De Bursa à Erdek le 03-10-2010

« Il suffit de passer le pont et c’est tout de suite l’aventure… » et l’Asie Mineure… ! Même si Istanbul n’en finit pas de s’étaler après le Bosphore sous un ciel désespérément gris qui laisse à peine entrevoir la Corne d’Or et les minarets de Ste Sophie et de la Mosquée Bleue.

L’hospitalité turque, qui n’est pas un vain mot, nous a offert une nuit dans un jardin près de Bursa, précédente capitale de la Turquie. Nos hôtes nous ont très gentiment fourni en raisin de leur treille, quoiqu’un peu en cours de fermentation, et nous en vin blanc, déjà fermenté. Au matin, à voir la bouteille vide, il semble qu’ils aient pris quelques libertés avec le Coran, quoi qu’en ait dit l’Archange au Prophète.
Bursa, où les mosaïques d’Iznik, qui ont fait la réputation de la Mosquée Bleue, se retrouvent sur tous les principaux monuments de la ville, dont la mosquée et le mausolée (Mehmet I).
Et les pickles de tomate verte, tête d’ail entière, prune verte, cornichon, concombre farci au chou et piment en tous genres !
Un délice !

Le Bosphore
Mosaïque
Les mosaïques d’Iznik
Les mosaïques d’Iznik: La mosquée verte
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13 De Erdek à Feres le 04-10-2010

Après Bursa, ni une ni deux, voilà Troie ! Et debout sur les remparts ceignant la ville, dominant la plaine fermée sur la mer avec au-delà la Grèce et l’île de Samothrace, comment ne pas imaginer les achéens en ordre de bataille, les campements, les navires échoués sur la grève et les dix années de batailles relatées dans LE document fondateur de la culture Occidentale : l’Iliade !

En tout cas, à peine rentré, mise en téléchargement hadopiquement correct du film !

Cheval de Troie
La plaine, devant Troie
Les murs de Troie
Cheval de Troie
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