En Corse par les GR

Carnet de voyage en Corse

Au bord du lac de Goria

A la fin de mon stage d'accompagnateur en montagne, Fabrice, mon conseiller de stage, m'a proposé de venir avec lui encadrer les jeunes du club de ski de fond qu'il entraine l'hiver. En effet, il leur propose tous les ans de faire un trek d'une semaine à la fin de l'été. Cette année ce sera la Corse, car Fabrice y a travaillé pendant 15 ans et il voulait nous faire découvrir cette région tellement contrastée. Ce carnet débute à Marseille, car le trajet en train qui précède est sans intérêt.

Durée : 1 jours ( du 22/08/2005 au 22/08/2005)
Zone : Corse (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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Pierrot
Carnet de voyage créé par Pierrot
Le 13 December 2007

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Départ pour la Corse

Après avoir fait connaissance avec tous les protagonistes (une douzaine de jeunes fondeurs, deux parents, deux stagiaires accompagnateurs dont moi et deux accompagnateurs diplômés), voyage en train jusqu'à Marseille, traversée à pieds de la ville avec 15kg de sac à dos chacun, puis on embarque dans le ferry direction Ajaccio.
C'est dans le ferry que je ferais un peu mieux connaissance avec les jeunes, qui sont, ma foi, bien sympatiques, et moins obsédés de sport que m'en a laissé ma première impression. Il faut dire que trois d'entre eux ont emmené des skis-roues, pour s'entraîner sur des cols pendant que les autres marchent. L'un d'entre eux est quand même deuxième junior français...

Sortie du port de Marseille
Crépuscule sur le Frioul
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Ajaccio - Vizzavona - Capanelle

Le ferry "Girolata" nous laisse au port d’Ajaccio à 7h, nous prenons le train pour Vizzavona vers 9h, pour une heure et quart de trajet. A 10h30 nous partons enfin sur le GR20 sud, qui s’élève sur un bon chemin au dessus de la gare. Nous nous séparons assez rapidement en deux groupes, les cadets n’arrivant pas à suivre la cadence des plus âgés. Je prends le groupe de tête avec Gilles (un collègue accompagnateur à Fabrice).
Nous quittons notre chemin pour un sentier en même temps que l’on passe de la pinède à la hêtraie montagnarde. Un peu plus haut nous quittons la forêt pour une lande couverte d’aulnes odorants de Corse, avant d’arriver rapidement à une source. Nous sommes presque à la Bocca (col) Palmente, où nous attendons les cadets et les juniors pour manger. Le contraste entre le Monte d’Oro au nord et la Méditerranée à l’ouest est assez saisissant.
De l’autre côté du col le sentier est à peu près plat, nous passons par une bergerie avant de redescendre dans la pinède : il n’y a pas de hêtraie sur le versant sud, trop chaud et sec. Nous traversons ensuite quelques ruisseaux avant d’arriver aux bergeries de Capanelle.
Le premier contact est assez rude, car Fabrice n'est pas encore là pour nous guider vers le bon gîte : on se fait engueuler par le patron, qui part ensuite dans un grand éclat de rire... Humour corse ? Il s'excusera à sa manière le soir, en nous faisant goûter une spécialité locale : l'alcool de myrte. Délicieux.

A la fontaine de Palmente
Les bergeries de Capanelle
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Le Monte Renosu

Comme la veille, nous nous séparons assez rapidement, et nous gardons les mêmes groupes. La montée commence sous le téléski, puis nous arrivons assez rapidement au lac de Bastani. L’ascension du Renosu est raide mais rapide, et nous nous arrêtons un instant au sommet pour souffler et se restaurer. D’ici nous pouvons apercevoir les Pozzi, petits lacs de tourbières où nous devons descendre (les cadets, eux, s’arrêtent au sommet).
Malheureusement, en descendant sur la Punta Orlandini une douleur au genou que j’avais senti en arrivant la veille se réveille et me force à abandonner Gilles et les jeunes, qui descendent aux Pozzi sans moi. Bêtement et méchament, je décide de ne pas attendre les cadets et passer par un autre itinéraire. Je n'aime pas revenir sur mes pas, mais cette fois j'ai failli le regretter : une demi-journée à lutter dans les aulnes, franchir des falaises et chercher mon chemin dans le brouillard et sans carte. Ca me vaudra une bonne engueulade de Fabrice à mon retour...
Le soir, Fabrice nous explique les "transhumances" à Capanelle : ces bergeries n’étaient occupées que l’été. Les gens habitaient la plupart du temps à Ghisoni, et prenaient leurs quartiers d’hivers à Ghisonacce, qui signifie « le mauvais Ghisoni », car ce village était installé dans une plaine marécageuse propice aux moustiques et aux maladies.

Le lac de Bastani
Derrière le Renosu, les Pozzi
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Capanelle - Tattone - Refuge de l'Onda

Blessé au genou la veille, je suis obligé de me ménager et de rejoindre le groupe en voiture à Tattone. En attendant qu’ils rejoignent le lieu de rendez-vous, j’aide Fabrice à faire les courses pour les jours à venir. L’après-midi nous partons pour le refuge de l’Onda. Un des parents m’a prêté une genouillère qu’il avait dans son sac, ce qui m’aide beaucoup.
Après avoir contourné l’hôpital de Tattone par un petit sentier, nous rejoignons le GR de Mare à Mare qui remonte la vallée du Manganellu. La pente est faible et régulière, le sentier est large mais très caillouteux. Nous nous arrêtons une petite demi-heure pour nous baigner dans les eaux fraîches du torrent, puis nous repartons.
Au bout d’un moment nous retrouvons le GR 20 et nous poursuivons sur un petit sentier qui remonte un affluant du Manganellu. Juste avant le refuge, nous sortons de la hêtraie pour finir dans une lande à qui la brume donne des airs écossais. Nous plantons nos tentes sur l’aire de bivouac en contrebas du refuge de l’Onda.

Cascade dans la vallée du Manganellu
Sous le refuge de l'Onda
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Refuge de l'Onda - Vallée de la Restonica

Ce matin-là nous nous levons tôt, car une grosse journée nous attend. Une fois les tentes pliées, nous montons juste au dessus du refuge sur une crête que nous suivrons jusqu’au refuge de Petra Piana. Le point culminant de la crête est la Punta di Pinzi Corbini (2021m), d’où l’on peut voir les deux mers, à l’est et à l’ouest.
Nous nous arrêtons pour manger au refuge de Petra Piana, pendant que les juniors montent en courant au lac de Bellebone, le plus grand lac de Corse. L’après-midi nous voit monter en plein soleil au col de Bocca Muzzella, derrière lequel nous quittons le GR 20 pour éviter un gros détour.
Nous descendons dans la Restonica par le cirque des cascades, dont l’itinéraire a été balisé pour les besoins de la course de l’Interlacs, trail montagnard de deux jours. La descente est très raide, mais ce cirque glaciaire est grandiose, tout comme la vallée de la Restonica où nous arrivons juste avant que les nombreux touristes venus voir les lacs de Melu et Capitellu repartent.
Le soir, après la douche froide dans la Restonica, nous sommes accueillis aux bergeries de Grotelle par Théo, qui nous prépare une soupe corse et une omelette au Brocciu, plats bien typiques de l’île. Nous plantons les tentes autour de sa bergerie.

Crête de la Serra Blanca
Descente dans le cirque des cascades
La Restonica
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Restonica - Bergerie de Vaccaghia

Peu après le lever du soleil (magnifique dans la Restonica), nous prenons le petit déjeuner à l’auberge de Théo, qui nous a préparé des beignets au brocciu.
Aujourd’hui encore je reste avec les cadets, d’autant plus que les juniors comptent faire un détour. Nous montons au lac Melu par le sentier facile, qui a été ouvert récemment, car l’ancien était un peu technique pour le grand public, puis nous poursuivons vers le lac Capitellu où nous restons un bon moment à observer les choucas (de leur vrai nom chocards à bec jaune) et les grimpeurs qui escaladent la falaise surplombant le lac.
Nous continuons par la brèche de Goria, qui permet le passage entre la Restonica et la vallée du Tavignanu. La brèche, raide et engagée, nous oblige à monter un par un, de même pour la descente, en prenant bien garde aux pierres, qui ont ici tendance à beaucoup voler… Toute la descente se fait avec une vue surplombante sur le lac de Goria et sa plage herbeuse, où nous nous arrêtons pour manger.
La sieste se poursuit longuement, au risque d’attraper des coups de soleil, puis nous finissons la descente très tranquillement. Le paysage en dessous des bergeries de Vaccaghia est magnifique : vaches, chevaux, pozzines : un petit coin de paradis ! Le soir, quelques jeunes vont pêcher (à la main !), ils ramèneront une truite pour Noël, le gardien des lieux. Plus tard dans la soirée nous buvons un verre avec quelques amis du berger, venus profiter du week-end pour déguster quelques autres "spécialités" corses : myrthe, limoncellu, grappa, pastis et whisky !

Lac Mellu
Lac Capitellu
En marche vers la brêche de Goria
Lac de Goria
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Vaccaghia - Lac Nino - Refuge de la Sega

Le matin nous montons au lac Nino sans sacs (ni appareil photo !), presque en courant. Un peu avant le lac, Fabrice retrouve des sources qu’il connaissait, nous y trouvons des tritons légèrement différents du triton alpestre continental.
Le lac Nino, source du Tavignanu, s’est formé dans une jolie vallée glaciaire et est entouré de pozzines où pâturent des chevaux en liberté. Du col on peut voir le nord de la Corse et le massif du Monte Cinto, point culminant de l’île. On redescend rapidement à Vaccaghia pour manger avant de repartir en début d’après midi.
Avant de descendre au refuge de la Sega, il nous faut d’abord passer à la Bocca a Croce, où nous attend une voiture avec le ravitaillement. A l’embranchement des deux chemins, alors que l’orage menace, je descend directement au refuge avec les trois plus jeunes qui sont un peu fatigués. La descente se fait entre gorges et vallée alluviale, ce qui motive les trois jeunes pour arriver avant le gros de l’orage… Les autres arriveront au refuge sous la pluie.

Arrivée sous la pluie
Le Refuge de la Sega
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La Sega - Corte - Bastia

Nous quittons le refuge vers 9h, pour descendre à Corte par les gorges du Tavignanu. Cette descente est très belle, nous marchons la plupart du temps sur un bon chemin, parfois pavé et creusé à flanc de falaise au milieu de gorges impressionnantes.
Par endroits, la forêt est très jeune et parsemée de souches carbonisées, bien que la Corse soit une des régions méditerranéennes les moins touchées par les incendies (hé si !).
De temps en temps, une vache broute quelques épines au milieu du chemin, rencontre peu étonnante dans l’Île de Beauté. A mesure que l’on descend, les odeurs de végétation méditerranéenne se font plus prenantes, nous croisons les premiers châtaigniers vers 700m d’altitude, et juste avant d’entrer dans Corte le sentier traverse d’anciennes terrasses abandonnées.
C’est à Corte que notre périple pédestre va se terminer : le train va nous emmener à Bastia, d’où nous prendrons le bateau pour Marseille, puis le train pour Bellegarde.

Gorges du Tavignanu
A flanc de falaise
Dans le train Corte - Bastia
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Bastia - Marseille - Bellegarde s/Valserine

En montant dans le train pour Bastia, on a tous pensé que le voyage était fini... hé non ! Il nous restait encore quelques péripéties à vivre ! Ca a commencé avec le retard du ferry, qu'on a attendu quatre heures, et l'équipage a eu beau faire chauffer les moteurs à bloc, notre TGV avait quitté Marseille depuis 15min quand on a accosté. La SNCF, dans sa grande bonté, nous a trouvé un train de remplacement avec changement à Lyon. Mais une fuite de gaz sur la voie nous fit arriver à Lyon avec deux heures de retard... correspondance ratée. Et des trains pour Bellegarde sur Valserine, il n'y en a pas tous les quart-d'heures ! Dire que huit jours de trek sont plus prévisibles que 24h en bateau et en train...

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