SEMAINE PRESIDENTIELLE A DJIBOUTI

DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREIDUn récit/album du carnet de voyage :
DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREID
Partager / Envoyer : Sur Facebook Sur Google+ Sur Twitter Par E-mail

Lundi 5 avril
05h40: J'ai peu dormi, mais profondément. C'est le cas depuis que je suis arrivé. La situation me pèse, mais il est hors de question que j'abandonne. Si tout s'était déroulé comme prévu, nous aurions déjà attaqué la deuxième étape. Tiens bon, mon gars, te laisse pas aller! J'ai le sentiment que les autres ne sont pas satisfaits. L'ambiance de l'équipe est tendue. Ils ne se rendent pas compte du travail de préparation effectué et des sacrifices imposés. Je dois garder mon calme.
06h00: Petit déjeuner, puis nous prenons la route pour rejoindre la piste d'Ali Sabieh afin de commencer notre film. Nous roulons 20 kms. Raoul, qui a enfourché le VTT de J-P, ne se rend pas compte qu'ici, à cause de la chaleur, plus rien n'est pareil. Le moindre effort physique se paie, l'organisme est mis à rude épreuve. Il le constatera sur le retour et l'apprendra à ses dépens. Dès que je dis quelque chose de sensé par rapport à mon expérience de ce pays, j'ai l'impression que cela dérange. De toute façon, quelque remarque que je fasse, les susceptibilités de chacun ressortent. J'ai les boules, je n'ose plus rien dire ni rien proposer de peur d'exploser. Si nous sommes venus là, c'est dans un but précis. Nous savions que rien ne serait facile, qu'il faudrait s'adapter aux imprévus. Ce n'est pas du tourisme, mais un raid avec tout ce que cela comporte comme difficultés.
Nous rentrons doucement à Djibouti. Raoul ne comprend pas qu'il n'a pas le même entraînement que nous. L'autre soir, il s'est braqué lorsque j'ai dit que faire l'aller retour Djibouti-Arta, soit 82 kms, serait trop dur pour lui et que je ne voulais pas risquer un accident. Je comprends qu'il veuille participer, mais il n'est pas question de mettre en péril l'opération pour un problème de susceptibilité. Ce n'est pas raisonnable. D'ailleurs ce matin, il a pris conscience de l'épreuve. Nous arrivons à la résidence. Il avoue que ce sera très dur pour nous, mais parfois, je me demande s'il s'aperçoit de ses réactions. L'orgueil est bête s'il met en danger sa propre vie ou celle des autres.
Je pars seul, afin d'évacuer la tension, poster mes cartes et celles de Florent. Près du Ministère de la Justice, j'aperçois deux cynocéphales, babouins au museau allongé comme celui d'un chien, qui se sont introduits dans Djibouti. Tous les enfants que je croise me demandent de l'argent. Les femmes vendent cacahuètes, chewing- gum, bombons, les hommes s'affairent près de l'Etat Major de l'Armée, les bus sont bondés, ils n'ont plus de vitres. Je prends la direction du centre de Djibouti et je pense encore à mon ange gardien. j'essaie de lui montrer des signes d'impatience.Je veux acheter du pain, mais le Sémiramis est fermé à cause d'une panne d'électricité.Je m'adresse au gardien qui m'envoie de l'autre côté de la rue, vers l'escalier en bois où il y a une boulangerie ouverte. A la sortie, je me fais assaillir par des enfants. Je distribue quelques pièces à des minots de 3 à 6 ans. Toute cette misère m'emplit d'une rage d'impuissance. Sur la route, je remarque la discothèque aujourd'hui baptisée Restaurant Scotch, rue Clochette, face à l'Ambassade d'Ethiopie.
Des souvenirs vieux de 20 ans resurgissent à la surface de ma mémoire. C'est bien là que je me suis fait tabasser pour être volé, je me suis retrouvé à l'hôpital militaire avec triple fracture du maxillaire. Il est midi, le soleil cogne. Une naya avec deux enfants en bas âge est assise par terre. Ils sont couverts de mouches. Je lui donne une pièce de 50 FD, l'équivalent de l ,60 francs. Pendant 5 minutes elle me dira au revoir. Quel malheur de laisser ce peuple crever. Je repars entre tristesse, dégoût et haine de notre richesse, de tous ces gens qui se plaignent dans l'opulence de notre société occidentale.Nous déjeunons avec Cécile, J-P est au travail. Nous décidons de faire une sieste. A 16h35, Cécile frappe à la porte pour nous réveiller. Je ne dors pas, je suis énervéintérieurement. J'essaie de ne rien laisser transparaître. Nous prenons la direction du PPI,magasin militaire où l'on trouve de tout à bas prix. Ce qui nous intéresse rincipalement, c'est d'acheter des rations et de l'eau pour assurer l'autonomie du raid. C'est fermé. Nous nous arrêtons à une pâtisserie. Je fais des photos discrètement. Un jeune nous parle, il dit être au chômage avec bac + 2, nous présente la situation de son pays et 22 ans de dictature. Certains n'ont pas de salaire depuis plus d'un an. Nous discutons des possibilités non exploitées de Djibouti pour prendre son essor économique et de la mentalité djiboutienne bien particulière, entre nonchalance et esprit guerrier. Les élections sont importantes pour beaucoup qui espèrent. Hassan Gouled Aptidon règne sans partage au pouvoir depuis l'indépendance en 1977 et va enfin passer la main, à 83 ans. Je comprends que la situation soit explosive. Chez Frattucci, vers le port, nous achetons les cartons d'eau dont nous avons besoin. La vendeuse n'est pas aimable, monopole oblige.
A l'approche de la nuit, nous montons sur le toit du Palmier en zinc par le seul ascenseur de Djibouti. C'est un superbe coucher de soleil auquel nous assistons. Il est 18h30, l'heure de la prière. Dans l'air limpide encore baigné de la fournaise du jour, le soleil tombe et disparaît en quelques secondes dans la mer, sans qu'aucun rougeoiement n'enflamme la pureté du ciel. Les ombres s'allongent. Nous filmons depuis ce point de vue le port, les mosquées, la place Ménélik, la Présidence.
De retour à la résidence Marco Polo, nous faisons connaissance avec Damien, l'époux de Maryline. Ils restent dîner. Nous discutons jusqu'à 22h00 de la situation politico-économique de Djibouti, les détoumements de fonds de l'aide intemationale et la corruption administrative.
Damien nous relate ses accidents de pêche, les requins qui sillonnent la mer Rouge.
Mardi 6 avril
Levés à 06h00, nous prenons la direction de Kor Ambâdo en VTT. Raoul est fatigué mais courageux, il décide de nous suivre pour nous filmer. Il s'est bien fait la main hier, les images seront meilleures. Je ressens une certaine morosité ce matin due à l'attente de notre départ en raid et aussi à la question de savoir si nous pourrons avoir l'avion de retour en France le 18 ou le 21 au lieu du 23.
Après quelques prises de vues et quelques chutes, nous arrivons à Kor Ambâdo à 09h30. Il fait très chaud, étouffant. La baignade est plus que bénéfique, elle nous rafraîchit et nous fait retrouver le sourire. Nous nous autorisons une demi heure de détente après avoir bu un coca bien frais. Nous profitons pour la deuxième fois de la mer Rouge. L'eau est turquoise transparente, chaude et salée. Le basalte s'y jette en bloc. Raoul et Florent aperçoivent deux jeunes barracudas qui chassent au bord les petits poissons.
Nous renfilons nos cuissards et remontons sur nos bolides. Nous marquons le pas au pied de la terrible montée de Kor Ambâdo, puis nous nous y lançons en suivant la trace d'une petite caravane de dromadaires. Raoul filme, nous l'attendons en haut de cette maudite côte, il a mis pied à terre. C'est vrai que c'est dur pour lui qui n'est pas entraîné spécifiquement, mais surtout sa machine est loin de valoir la nôtre. Il a les fesses en marmelade, qui le feront souffrir jusqu'à l'arrivée, nous obligeant à le tracter. Nous lui disons que ce n'est pas grave, que ce n'est pas honteux de souffrir ainsi, que n'importe quelle personne qui serait à sa place aurait déjà abandonné. Sur la route qui mène d'Arta au port de Djibouti, nous faisons des pointes à 25 kms/h. Nous avons placé Raoul au milieu, Florent et moi le tirons. Il admire notre excellente condition physique.
Nous arrivons à la résidence explosés mais heureux. Nous prenons soin de laver les VTT pour enlever la fine poussière qui entre dans les pédales automatiques et tout le mécanisme. Après une douche réparatrice, je passe aux soins pour ma blessure. Depuis que j'ai enlevé la croûte, désinfecté de nouveau et mis une compresse de mescaréine, elle a meilleure allure et semble en voie de guérison. Tant mieux, c'est un souci de moins avant que ne commencent les choses sérieuses.
J-P est arrivé, il nous propose de boire quelque chose de frais. Nous nous asseyons au salon, sirotant notre tonic krest et visionnant les films tournés de la veille et du jour. J-P est très étonné et content de la qualité de nos prises de vues. C'est un super chic type, sérieux au travail et le coeur sur la main. Il a plein de points communs avec Raoul, ils s'entendent à merveille. J-P nous rassure sur la gêne que suscite notre présence et nous explique pourquoi il fait le geste de nous aider. Son père était myopathe. Il en a beaucoup souffert ainsi que sa famille. De plus il était parrain d'Amandine, la fille d'un collègue qui est décédée à l'âge de 5 ans d'une maladie provoquant une dégénérescence des neurones. Il nous parle de tout cela avec tristesse et nous présente un poème de sa composition qui lui est dédié.
"Amandine,
Je lui ai fait une promesse, sur le bord de son lit, juste avant son voyage, juste avant la nuit,sa main dans la mienne, elle pleurait ses yeux noirs, remplis de larmes me suppliaient de rester encore un peu, avec les femmes blanches avant le noir de sa chambre, sans branche.
Oui! Je lui ai promis de combattre, de lutter, mais ce soir, elfe nous a laissés, fatigués !! Amandine avait cinq ans, le regard franc
malgré sa peur, sa douleur, malgré le vent.Elle est partie, là-bas, seule, sans vie, sans savoir pourquoi, ses parents disent, pour Lui. "
Nous comprenons mieux maintenant pourquoi ils nous ont ouvert leur porte. Je les en remercie de tout mon coeur et me sens redevable de leur geste. Non pas côté matériel, mais par conscience. Nous nous devons d'aller au bout, souiigne J-P, nous n'avons pas à nous arrêter en si bon chemin.
A 16h30 nous nous réveillons d'une bonne sieste plein de forces. Nous allons à la BNP locale qui se trouve à 500 mètres, faire du change. Nous en ressortons à 17h30. C'est comme ça, en Afrique, il ne faut pas être pressé. j'ai pris mon appareil photo, je mitraille à tout va. j'espère que sur le nombre, il y aura de belles photos exploitables. A l'entrée du centre ville, nous sommes encore une fois assaillis par les vendeurs ambulants, les mendiants de tout âge, handicapés, enfants, vieillards. J'essaie de prendre un maximum de clichés, mais ils sont très agressifs s'ils se voient filmés ou pris en photo. A tout moment on risque l'incident. Je m'efforce de le faire discrètement.
Arrivés à l'agence d'Air France, place Ménélik, nous avons cette fois-ci un accueil chaleureux. Le directeur Monsieur Molaro nous reçoit dans son bureau. Il nous félicite de notre action et paraît intéressé par le projet. Il nous accorde le fret gratuit et nous permet de prendre le vol retour qui nous arrange. En contre-partie, nous lui proposons de faire des photos avec drapeau, tee-shirt, autocollants et casquette Air France sur les lieux bien connus de notre raid, par exemple le désert du Grand Bara, le lac Assal. Il nous laisse sa carte et nous dit de ne pas hésiter à le contacter en cas de problème.
Sur la place, nous sommes vite encerclés par la foule dépenaillée. Nous prenons la direction des Caisses, le quartier du marché près de la mosquée, place Mahamoud Harbi. Je demande au policier Djiboutien que je vois si je peux prendre des photos. La misère bigarrée remplie la rue. Nous faisons un tour au Centre culturel français Arthur Rimbaud, flambant neuf. Des gamins jouent au foot dans la poussière de la rue. Certains n'ont qu'une chaussure, celle du pied qui frappe le ballon.
Nous voulons offrir à Cécile un dessous de plat naturel tissé par les nayas. Près du Sémiramis un gamin de la rue, Momo, propose ses services. Cet enfant d'environ 12 ans parle très bien français car il a été à l'école. Des yeux noirs pétillants de vivacité, de grandes dents blanches du bonheur éclairant son visage chocolat, un petit bonhomme fluet mais alerte, vêtu d'une chemise et d'un short d'un blanc douteux, les pieds nus dans la poussière. Intelligent, débrouillard, il a des dons de business man. Il fait la loi dans sa rue et joue un peu au caïd. C'est lui qui dorénavant négocie nos achats dans la rue, moyennant une pièce. Il est très gentil et nous nous en faisons un copain. Il trouve ce que nous cherchons. Florent lui glisse une pièce après l'avoir photographié en notre compagnie. Sur le chemin vers la résidence, pas d'éclairage public. Nous profitons des phares des véhicules qui circulent en nombre pour ne pas mettre les pieds dans un trou. Les trottoirs sont défoncés, des tas d'ordures jonchent le sol.
Il est 20h30. Journée positive pour tout le monde. Départ pour la France prévu pour le 21 avril au pire et le 18 au mieux. Nous en saurons plus le 10 avril, date fatidique pour la suite des événements. j'ai les papilles qui s'énervent et les narines agrandies par l'odeur du dîner qui envahie l'appartement. Je pense à mon ange gardien que je sollicite sans cesse, et à ma famille dont je n'ai aucune nouvelle.
Mercredi 7 avril
07h45: Cela fait plus d'un quart d'heure que nous attendons devant la résidence Marco Polo. Ce matin nous avons rendez-vous avec Madame Acina, docteur pédiatre à Djibouti, contact que m'a donné un Djiboutien de Rennes rencontré lors du prologue alors qu'il visitait l'exposition. Je lui ai téléphoné hier, l'accueil a été chaleureux et spontané. Nous devons nous faire à l'heure africaine, aux nombreux retards. Elle passe nous prendre avec son 4X4 et nous conduft à son cabinet médical sftué devant le Sémiramis. Puis nous allons au restaurant les Sables Blancs prendre un petit déjeuner djiboutien tout en discutant: omelette somalienne, chai (thé), jus pressé pour moi; salade djiboutienne au foie de veau pour le docteur Acina; petit déjeuner complet à l'européenne pour Florent, qui ne veut pas prendre de risque alimentaire. j'expose les buts de notre venue à Djibouti, ce qu'il reste à faire. Nous parlons des contacts qu'elle peut nous obtenir et des problèmes locaux: enfance, eau, santé, condition féminine, hygiène, politique. 42 % de la population est au chômage, 51 % infectée par le SIDA, la moitié de la population a moins de 20 ans. Le tableau brossé par le docteur Acina est très alarmant. Voilà déjà 16 ans qu'elle habite Djibouti. Elle a fait ses études à Rennes, a un frère à Rennes que je connais et un autre à la Vicomté sur Rance où réside mon frère, comme par hasard. A l'autre bout du monde, des rencontres de ce type vous donnent chaud au coeur. Rendez- vous est pris à midi par téléphone, elle pourra nous en dire plus sur les contacts possibles, entre autres un ophtalmologiste afin de savoir si des enfants sont atteints ici d'albinisme.
Nous nous rendons rue d'Ethiopie à Planet Gym. Cet immeuble domine la place Mahamoud Harbi et le marché aux Caisses, du nom des caisses qui servent d'étals aux marchands. Nous avons un point de vue sensationnel pour filmer toutes ces couleurs, le brouhaha de la rue, la foule bigarrée, la station des minibus. Ce club n'est ni plus ni moins que l'endroit où je suis venu en bordée, un soir, lors de mon passage à Djibouti avec les Commandos Marine. Nous appelions ce lieu "l'Escalier en bois", en raison de l'escalier qui permet d'y accéder. Les souvenirs sont présents, le temps a passé. Redescendus dans la rue, ce n'est plus le fleuron de la mer Rouge que j'ai connu voilà 20 ans. La ville est devenue une poubelle à ciel ouvert, une cour des miracles. Qui est responsable de cette situation? Le laisser aller des Djiboutiens, la fin du colonialisme?
Nous nous arrêtons au poste de Police central. Les locaux sont sales, vieillots, les vitres brisées, les plafonds tombent. Paradoxe, la radio crépite à tout va, période électorale oblige. Les trottoirs fourmillent de vendeurs à la sauvette entre le cinéma Odéon et la gare. Nous avons failli déclencher une bagarre, car c'est à celui qui pourra nous vendre un objet. Nous faisons une halte devant l'Etat Major des Forces Armées Djiboutiennes. Interpellés par un militaire en tenue kaki qui nous sourit à pleines dents, nous discutons de leur armement et de la situation dans le nord. II nous confirme que celle-ci n'est pas bonne pour le moment et qu'un véhicule a sauté sur une mine anti-char du côté de Randa. Ce n'est pas rassurant pour nous.
Nous le quittons pour nous rendre à la Mission évangélique où nous sommes accueillis par des jeunes parlant très bien français. Ils reçoivent une éducation dispensée par les ecclésiastiques. Nous visitons la cathédrale, puis l'atelier d'artisanat des jeunes de Djibouti qui réalisent des broderies et des photophores au profit de la jeunesse démunie. Le travail est minutieusement fait à la main par de jeunes enfants recueillis par les prêtres, la mission servant également d'orphelinat.
Ce soir J-P nous quitte à 20H30 pour escorter à l'aéroport la valise diplomatique. Cécile nous met dans la confidence pour organiser son accueil à son retour. C'est aujourd'hui son anniversaire. Elle a invité tous ses amis de l'Ambassade, du Consulat et de la Mission de coopération, c'est à dire des Français expatriés travaillant à Djibouti. L'ambiance est sympathique, mais nous nous sentons mal à l'aise, malgré la nuée de questions que tous nous posent sur le raid, qui suscite étonnements, critiques et encouragements. Nous nous couchons à minuit passé, je suis fatigué par une gastro.
Jeudi 8 avril
Déjà réveillé à 07h00. Mon mal de tête s'est estompé ainsi que ma gastro. J'ai rendez-vous à 09h00 avec l'ophtalmologiste, le docteur Dell' Aquila. Enfourchant nos vélos, nous faisons un crochet par le centre islamique de Djibouti. Le cabinet médical est climatisé, quel bonheur! "Nous revoilà à la civilisation", s'exclame Florent. Nous lui exposons notre projet, Génespoir, la maladie de l'albinisme et le sensibilisons sur l'information qu'il peut diffuser. Depuis qu'il est à Djibouti, il n'a le souvenir que d'un cas venu d'Ethiopie. Je souligne l'importance à disposer de toutes les possibilités de prélèvements sanguins par des donneurs de tout horizon. Nous lui remettons une plaquette Génespoir avant de repartir. Face au cinéma Odéon deux cynocéphales provoquent la panique sur le trottoir.
Nous prenons la direction d'Ambouli pour nous rendre au rendez-vous pris avec l'ISERST. Devant l'entrée, un homme dans un véhicule nous aborde et se présente: Ali Li aqat , responsable du Char à voile et du Tourisme d'aventure. II est au courant de notre projet et nous fait part de son étonnement que nous n'ayons pas pris contact avec lui. Je lui réponds que le contact a été pris auprès de l'ONTA et que je n'avais pas l'honneur de le connaître auparavant. j'ai du mal à cerner le personnage. Tantôt il nous complimente et tantôt nous démoralise en nous faisant des remarques sur notre trajet, les risques et le besoin d'assistance. Il se met en avant en nous expliquant qu'il connaît bien le terrain, fait des raids en 4X4 et se dit également aventurier. Peut-être est-il disposé à nous aider, mais je sens un réel intérêt commercial. Je dirai même qu'un sentiment de jalousie ressort par rapport à notre projet. L'inédit de notre raid le trouble, il aurait certainement voulu être de la partie. Il nous accompagne jusqu'à l'ISERST, pose des questions sur notre organisation, nous fait savoir qu'en tant que responsable du Centre de char à voile au Grand Bara il est disposé à nous en faire profiter gratuitement. j'ai vraiment le sentiment que cet homme n'est pas clair, d'ailleurs mes coéquipiers me font part de la même impression. Il s'incruste dans notre entretien avec Monsieur Anis Abdallah, mais il est apparemment déjà connu.
Le directeur de l'ISERST est une figure incontournable de Djibouti. Homme érudit, scientifique reconnu, éminent spécialiste auteur de plusieurs thèses sur les sujets qui nous intéressent: tectonique des plaques, géophysique, géologie, géothermie, ressources énergétiques, recyclage des déchets, déforestation, hydrographie. Il nous présente l'ISERST, son organigramme, nous parle d'Yves Coppens, conseiller scientifique, et des différents secteurs que traite cet institut. Il nous fait un cours magistral sur la tectonique des plaques à l'aide de transparents. Cet entretien est très enrichissant et nous permet d'aborder quelques sujets utiles à notre reportage.
Nous rentrons déjeuner à 13h30 en passant par le plateau du Serpent. Au réveil de la sieste, mon pied est douloureux. L'infection perdure malgré des soins quotidiens. Ici toute plaie s'infecte, en raison de l'humidité étouffante du climat. Je décide d'aller faire un tour boulevard de la République prendre la température de la rue avant le grand jour, à la veille de l'élection présidentielle. Il y a peu de gens dans la rue, les bus ne circulent pus, les militaires et les policiers ont regagné leurs casernes, les administrations ferment de bonne heure car demain les bureaux de vote ouvrent à 06h00 pour quelque 1 70 000 électeurs, et à 21 hOO tout sera joué. Je rentre sur la base et discute avec le chouf Yéménite de la situation. Pour lui tout est joué d'avance, le pouvoir restera à l'ethnie Afar en place depuis 22 ans. Le neveu du Président, Ismaël Omar Guelleh, brigue la succession appuyé par son oncle. L'opposition djiboutienne s'est ralliée à l'ancien chef indépendantiste, Moussa Ahmed Adriss, également de l'ethnie Afar.
Vendredi 9 avril 1999
Jour important de l'élection présidentielle à Djibouti. Au petit déjeuner, nous discutons de la guerre du Kosovo, des forces de l'OTAN et de la logique de guerre. Il n'yen a aucune à s'envoyer des pruneaux sur la tête à la veille du 21 ème siècle. Notre discussion porte ensuite sur le procès Papon et la dernière guerre mondiale. Comment juger hors contexte, plus de cinquante ans après? Comment apprécier le poids insupportable de l'occupant, la pression des ordres et la menace qui pèse directement sur soi et les siens? Evidemment, les actions de l'ombre ne laissent pas de traces. Quelle prétention à donner des leçons sans avoir été confronté à la réalité ambigue de l'époque. Si Maurice Papon n'avait pas fait de carrière politique, personne n'aurait parlé de lui après que de Gaulle l'ait nommé Prefet à la Libération.
Je me souviens avoir questionné Amélie sur l'amitié qu'Henry manifestait envers Mussolini.
- "Mon père s'était lié d'amitié avec Mussolini bien avant que la guerre n'éclate et que l'Italie fasciste ne devienne l'alliée de l'Allemagne nazie. Les Français possédaient la Côte Française des Somalis, les Anglais le Yémen et l'Inde. Pourquoi l'Italie, alors qu'elle avait déjà effectué auparavant un travail incroyable en Erythrée, n'aurait-elle pas eu le droit d'annexer l'Ethiopie où régnait encore une féodalité excessive? Mon père était à l'époque reporter au "Petit Parisien". Mussolini lui avait demandé des conseils sur l'Ethiopie qu'il connaissait parfaitement, et c'est ainsi qu'il devinrent amis."
Florent est malade toute la journée avec une baisse de tension. Je pense qu'il a attrapé froid entre fournaise et climatisation. Changement de climat, d'alimentation, de cycle horaire, entraînement sous le soleiL.. l'acclimatation est courte et très dure. Les températures sont élevées, nous consommons un maximum de sels minéraux et de vitamines. Il faut absolument compenser par une alimentation riche de ces éléments.
A 16h00, nous allons avec J-p et Cécile au port voir une barque à vendre et l'essayer. Sur le chemin qui mène au petit centre nautique de la caserne Sabatier, nous n'apercevons pas âme qui vive. Tous les européens sont chez eux, sauf ceux de cette caserne qui se dorent au soleil et profitent des jeux nautiques. C'est le couvre-feu pour cause d'élection présidentielle, on nous a déconseillé de nous rendre en ville.
Nous embarquons dans la barque mise à l'eau par ses propriétaires, deux militaires qui terminent leur séjour. Il fait chaud, il est agréable de mettre les pieds dans l'eau. Nous nous retrouvons à sept personnes à bord, la plage s'éloigne peu à peu lorsque la puissance du moteur Mercuy 75 cv se développe. Cécile ne paraît pas rassurée, l'eau pénétrant presque dans la barque à chaque virage. Des dauphins nous accompagnent. L'envie me revient de naviguer comme au bon vieux temps, les souvenirs émergent de ma mémoire. j'étais motoriste zodiac sur Yamaha 40 cv lors des missions que j'ai effectuées à Djibouti en 1976, 78 et 80. Les mêmes sensations reviennent à la surface, de cette eau, de cette mer que je sublime. De retour au centre nautique, j'enlève sans hésiter mon short et me jette à l'eau. Elle est un peu sale, le port de commerce se trouvant à quelques encablures, les bateaux vidangent certainement au large et les déchets viennent s'échouer sur cette côte.
A 21 hOO, les résultats des élections présidentielles sont annoncés. Ismaël Omar Guelleh est élu avec 74,09 % des suffrages contre 25,78 % au candidat de l'opposition. C'est la continuité à la tête du pouvoir.
Le soir au coucher, j'écoute mon baladeur, une douce mélodie berce mon écriture. Mes filles m'ont téléphoné me donnant quelques nouvelles. C'est bon pour le moral, elles me manquent mes puces. Je les aime si fort. j'ai tant de choses à leur dire et à leur montrer. Je pense à mon ange gardien, pourra-t-il me protéger sur ma route? Ne m'abandonnera-t-il pas ? Je doute de moi, malgré l'énergie qui est en moi et la rage de vaincre les éléments en ce lieu où la planète nous fait comprendre que nous sommes si petits et si vulnérables.
Dans quelques milliers d'années naîtra ici l'océan Afar, de la séparation de la Corne de l'Afrique du reste du continent. Rien n'est acquis, rien n'est fixe, tout bouge, puissante nature.
Samedi 10 avril
Réveil à 07h00. Je suis anxieux, Florent est malade, Raoul fatigué d'être ici et je me demande si j'ai bien fait de me lancer dans cette aventure. Nous déjeunons et prenons la route en direction d'une cité dénommée Arrhiba, quartier à forte majorité d'émigrés et de réfugiés des pays de la Corne de l'Afrique. Cécile nous a invités à venir voir l'Ecole Bienvenue où elle donne des cours de soutien scolaire. Nous entrons dans ce bidonville situé près du stade de football flambant neuf. Les eaux usées se déversent dans la rue, des nuages de mouches et d'enfants nous encerclent, les gens vivent à même le sol. ce contraste m'interroge sur la répartition des richesses dans ce pays et les choix politiques. Le sport est-il prioritaire par rapport au développement économique? La classe de Cécile est située dans une petite casemate comprenant deux classes pour une douzaine d'élèves. Les yeux des enfants sont grands ouverts sur notre passage, rythmé par leurs cris et leurs commentaires. Nous présentons notre raid VIT à la classe de six élèves et leurs posons quelques questions. Ils sont stupéfaits de se voir sur l'écran du camescope. A notre sortie, nous sommes escortés par une multitude d'enfants excités et rieurs jusqu'à nos vélos gardés par un chouf. Je donne 100 FD au gardien et distribue des barres de céréales à cette flopée de gamins affamés. Cela tourne rapidement à la bagarre. Je leur fait comprendre qu'il ne me reste plus rien. Nous laissons Cécile poursuivre son cours et rentrons à Djibouti.
Nous arrivons à l'ONTA à 09h30. Nous avions rendez-vous à 09h00. Nous nous faÎsons à l'heure africaine! Notre interlocuteur Monsieur Mohamed Abdellahi n'est pas là, il a fait la fête toute la nuit après la victoire d'Ismaël Omar Guelleh. Nous patientons jusqu'à 10h30, Raoul s'énerve contre la lenteur africaine, puis nous décidons de nous rendre à l'agence d'Air France pour avoir des nouvelle du vol prévu le 21 avril. Nous sommes reçus au guichet par Monsieur Abdallah qui nous confirme que nos places sont acquises. Nous retournons à l'ONTA. Une demi-heure d'attente, mais il ne viendra pas. Rendez-vous est pris pour 17h00. Je peste. j'espère qu'il sera là cette fois et que tout va se régler.
Nous déjeunons d'un rosbif éthiopien et de patates. A 15h30, après une bonne sieste, nous prenons en VTT la directÎon du plateau du Héron afin de nous rendre à Cash center, filiale de Leader price. Nous achetons notre complément alimentaire, des bOITes de ravÎolis Buitoni et de spaghettis bolonaises, sucres lents pour le raid qui nous attend. Nous n'avons pas emporté de nourriture lyophilisée comme prévu initialement par crainte de manquer d'eau sur le parcours. Florent a vu le médecin ce matin, qui lui a donné des vitamines. Il va mieux, mais ce n'est pas le top niveau.
Le rendez-vous à l'ONTA est encore reporté à demain matin 10h00. Nous serons le dimanche 11 avril, déjà Il jours et nous n'avons pas encore pris la route de la première étape. J'ai des regrets de ne pas avoir anticipé cet imprévu, il aurait fallu décaler notre arrivée de 8 jours. Il est tout de même étrange que le courrier de l'ONT A ne me soit jamais parvenu. Nous sommes tous trois en ébullition. Dans une des régions les plus volcaniques de la planète, nousmême sommes en train de nous transformer en volcan. Nous rentrons une fois de plus déçus à la résidence. J-p et Cécile le sont également, je les comprends. Ils voudraient faire plus. Je ne sais comment les remercier.
Je vais faire un tour boulevard de la République en pensant à mon ange gardien. M'a-t-il abandonné? Je suis en sueur, la nuit tombe, des odeurs exotiques et d'encens effleurent mes narines, la vente du qat vient de commencer dans la rue, le peuple se prépare à l'euphorique abrutissement. La foule a de nouveau envahit la rue, tous recommencent leur business. Nous nous couchons de bonne heure, car demain tout se décide. Je l'espère de tout mon coeur.
Dimanche 11 avril
Réveil à 07h00, petit déjeuner et douche très agréable. Je me rends à l'ONTA en VTT. Il fait déjà très chaud. Il y a du monde aujourd'hui, les gens sont nonchalants, la vie reprend petit à petit son cours normal. J'arrive à 09h45 à l'Office du Tourisme et patiente jusqu'à 12h00, certaÎn que nous allons enfin prendre le départ. Le directeur adjoint Monsieur Mohamed Abdellahi m'en fait la promesse, il a l'accord verbal de son directeur, le Ministre est prévenu. Il me présente le chauffeur du 4X4 et le guide qui nous accompagneront. Ali le chauffeur a plus de 40 ans de brousse, il connaît bien le terrain. Un peu enrobé, les yeux étonnament bleus dans un visage noir souriant, il est fort sympathique. Hussein le guide, plus jeune, parle Afar, Somali, Arabe et Français. Il connait bien la région sud où il était gérant d'un gîte à As'Eyla. J'ai d'emblée confiance en eux, nous verrons bien. Nous attendons l'accord écrit du directeur de l'ONTA, Monsieur Farah Badar. Rendez-vous est pris pour 16h30 afin de montrer à Ali la résidence pour qu'il vienne chercher Raoul et le matériel logistique demain matin à 06h45.
Je rentre heureux, nous tenons le bon bout. Nous commençons à y croire en préparant nos affaires. Alima, la domestique djiboutienne de Cécile et J-P a lavé et repassé notre linge. Le stress du départ me dope, il est temps. Je termine quelques notes sur le Road book, dont je laisse un double à J-P, à l'ONTA et à Raoul.
A 15h30, nous essayons de voir si la correspondante de RFI (Radio France International), venue pour l'élection présidentielle, est encore présente au Sheraton Hôtel ou à l'Hôtel Plein Ciel, sans succès. Raoul et moi nous rendons à la Banque du Commerce et de l'Industrie de la mer Rouge afin de retirer des devises pour le circuit. Sur le boulevard de la République des chèvres en liberté broutent quelques branchages, des enfants accompagnent leur "bonjour" d'un "bakchich", des hommes nous saluent au passage. Les affiches de la campagne électorale sont encore partout placardées, mais la population est enfin apaisée.
Place Lagarde, nous remarquons quelques cynocéphales dans le parc. Une femme avec des enfants assis sur un banc veut les chasser. Soudain l'un des babouins les attaque et mord une petite fille. Nous nous approchons pour voir si ce n'est pas grave. Heureusement, elle s'est simplement fait pincer. Mais ces singes ont les dents longues, sans compter les maladies qu'ils peuvent transmettre.
Nous avons soif. il fait une chaleur lourde et moite, nos tee-shirts sont trempés. A 200 mètres au supermarché un coca nous désaltère. Sur le chemin, un troupeau de vaches bloque la circulation quelques instants. Passant par le quartier aux Caisses, nous sommes les seuls blancs au milieu d'une marée humaine d'Africains. Légumes, fruits, agrumes, épices sont posés sur des cagettes ou des nattes à même le sol, subtile combinaison des parfums africains, arabes et européens. Tout se vend dans ces ruelles. j'aimerais acheter des chèches pour nous protéger du soleil, mais n'en trouve pas dans ce dédale de souk. On se croirait aux puces de Saint Ouen ou de Clignancourt, avec plus de couleurs et d'odeurs, parmi les vaches et les chèvres, les femmes allaitant leurs bébés sur la terre battue au milieu de groupes éthérogènes, dans un brouhaha de cris, d'appels, un vacarme de klaxons. Dans une boutique nous achetons deux paires de samaras, sandales en caoutchouc, dont certaines sont fabriquées avec des morceaux de pneus. Nous négocions le prix, 2500 FD, mais au moment de payer le vendeur nous en réclame 2700 FD. Je suis mécontent de ce revirement, mais afin d'éviter un problème dans ce quartier populaire proche de la mosquée Mahamoud Harbi, j'allonge 2600 FD.
A 17h30 l'ONT A est à nouveau ouvert après une coupure de courant, C'est très fréquent à Djibouti car les besoins sont plus nombreux que l'offre. Le chauffeur, le guide et le directeur adjoint sont enfin tous trois présents. Monsieur Mohamed Abdellahi nous confirme notre départ pour demain matin. Après que le chauffeur ait ramené la femme du Ministre qui voulait se promener avec le 4X4, nous partons en sa compagnie en direction de la résidence Marco Polo. Il doit y être à 06h45 demain matin pour charger le matériel avec Raoul, désormais responsable de la logistique et du reportage photo-vidéo. Je ne garde avec moi que l'appareil Canon Sure Shot WP-I Pens 32mm 1 :3,5. Satisfait, enfin le départ approche. Florent a retrouvé le sourire et la santé. Nous nous avisons de ne rien oublier, car nous partons en VTT à 05h00, avant Raoul: préparation de nos camelback avec 4 litres d'eau de source en bouteille, ajouté de fructose, sel ou athlon et boisson isotonique; vérification de la pharmacie, des bagages, du matériel photo vidéo, des cartes. Nous avons pris soin de remplir d'eau tous nos bidons, afin de nous rincer s'il n'y a pas de douche. Je répartis les devises en trois par sécurité. j'ai avisé Denis Le Blevec, coopérant militaire en relation avec l'Armée Nationale Djiboutienne, de nos points de bivouac. J-p viendra chercher Raoul et le matériel à Dankalelo le 20 avril. Si tout se passe bien.
Je suis passé à la Radio Télévision Djiboutienne (RTD), où j'ai rencontré le directeur général et un réalisateur. Très bon accueil. Ils sont disposés à nous interviewer à notre arrivée et à nous foumir des documentaires vidéo sur le nord. Je m'aperçois que les élections finies, les Djiboutiens redeviennent tels que je les ai connus. La tension qui a régné ces jours-ci a disparu, tout continue.
Je me remémore une anecdote que nous a racontée Amélie sur la générosité des Djiboutiens aux Monts Mabla. " Personne, pas même un soldat, ne s'y est jamais aventuré. Nous étions les seuls blancs autorisés à y séjourner. Je vais vous dire pourquoi. Mon père était considéré comme un fou par les occidentaux, mais il était très apprécié des tribus du pays. Les Monts Mabla sont derrière Obock. Nous y cherchions la fraÎcheur. Le chef de tribu, Cheik Issa, nous attendait. Il appela ma mère Armgart et lui dit: 'Vous êtes Allemande". "Comment le savez-vous?",dit-elle. "Mes amis les Turcs, expliqua-t-il, sont les amis des Allemands, donc vous êtes mes amis". Il sortit d'un coffret en bois de santal un drapeau allemand qui datait de la première guerre mondiale, alors que l'Empire Germanique était l'ailié de l'Empire Ottoman. Ma mère s'écroula en larmes. Cheik Issa autorisa notre famille à séjourner à sa guise dans les Monts Mabla sous sa protection, et devint un ami d'Henry. Mon père était méprisé des Européens, des fonctionnaires du Gouvemement à Djibouti. Il possédait pourtant le savoir-faire et la psychologie nécessaires pour mettre dans sa poche toutes les peuplades de la Come de l'Afrique. Grâce à cela, ceux qui cherchaient les traces d'Henry de Monfreid pour le capturer ne le trouvaient jamais. Mon père les effacait au fur et à mesure derrière lui.

Photos du récit/album

Lancer le diaporama

raidsextremesAuteur : Postée le 24 janvier 2008 par raidsextremes
Vu 1077 fois
DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREIDUn récit/album du carnet de voyage :
DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREID
Commentaires
raidsextremes
raidsextremes le 24 janvier 2008 à 11:55

les photos arrivent

SOUVENIRS le 13 juin 2008 à 17:00

Votre récit me fait rêver et me ramène en 1974/1977 époque où je vivais avec mes parents sur le Plateau du serpent à Djibouti. Je retrouve à travers vos photos et récits la nostalgie que j'ai gardé de ce pays et de son peuple
merci beaucoup
philippe lescure

Votre commentaire pour ce récit/album(*) [?]

Enregistrer

(*) Ces champs doivent obligatoirement être renseignés.

Chercher dans Visoterra
62 visiteurs connectés
Comparez les prix des voyages
  • Vols
  • Voiture
Fermer [x]Recommandations