ARTA PLAGE -ARTA VILLE 45 KMS EN 02H30

DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREIDUn récit/album du carnet de voyage :
DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREID
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07h00: petit déjeuner, un peu de rangement, une toilette de chat et nous partons voir si Raoul ne s'est pas rendormi entre les bras de sa naya. Nous constatons qu'il démonte la tente. Nous revenons tous trois vers le bivouac, discutons de sa nuit et le remercions de nous avoir laissé dans cette inquiétude. Hussein, qui a brouté le qat et fumé le narguilé toute la nuit, est fatigué. Nous lui demandons de rester veiller au matériel.
Nous enfourchons nos VTT vers 08h00, escortés par le fidèle Ali et Raoul. Ce matin est très très dur. En plus de la fatigue accumulée, cette nuit d'insomnie. La piste qui monte d'Arta Plage à Arta Ville a 800 mètres de dénivelé, encaissé dans un oued. Les premiers kilomètres sont difficiles, déjà il faut trouver son rythme. La piste n'arrête pas de monter pendant 1 5 kilomètres. Nous progressons sur le sable, les cailloux et les rochers qui en dépassent. A chaque instant, nous pouvons chuter, nous sommes en équilibre constant. Nous roulons petit plateau en jouant avec les pignons arrières. Je souffre terriblement ce matin. Vers le 6ème kilomètre, je commence à sentir mes cuisses et mes mollets en pleine contraction, mon coeur bat à exploser, je transpire à grosses gouttes, je suis trempé. Je ralentis mon allure alors que ça monte sans cesse. Nous arrivons au 9ème kilomètre, j'ai l'impression que mes muscles vont éclater. La respiration haletante, j'ai mal aux poignets, des fourmis dans les mains. Je n'arrête pas de boire. Je fais deux poses car j'ai un mai de ventre terrible. Un kilomètre pius loin, je commence à avoir des renvois de petit déjeuner. C'est lui qui a du mal à passer. Nous commençons à distinguer la colline sur laquelle est planté Arta. Florent est en super forme, et moi à la ramasse.Le Toyota se porte à ma hauteur. Raoul me demande d'arrêter. Rien de tel pour me donner la rage et repartir comme un fou.
Enfin nous arrivons à la moyenne de 9 à 10 km/h au pied de la piste escarpée des Mariés. Le Land cruiser a du mal à monter. Ali descend du véhicule actionner les verrous des 4 roues motrices puis remonte dans sa machine, alors que nous mettons pied à terre pour pousser nos vélos dans cette terrible montée. Le Toyota grimpe cette côte défoncée sans mal alors que nous transpirons à grosses gouttes. Heureusement que nos Energy 50 T Peugeot ne pèsent pas une tonne! Ce sont des Vtt hors pair. Nous n'avons eu aucun incident mécanique avec eux durant tout le raid. Le seul problème majeur que nous ayons résolu était celui des sacoches qui se baladaient et se prenaient dans les rayons, tordant d'ailleurs certains de ma roue arrière. Cette anomalie a occasionné des chutes et de nombreux arrêts, nous obligeant à enlever les sacoches. Le 4X4 a réussi à passer le col malgré les trous et les gravats sur lesquels nous glissons à plusieurs reprises. Le véhicule a roulé sur deux ou trois roues en total déséquilibre, Raoul n'était pas fier à l'intérieur.
Nous arrivons enfin en haut de la colline qui domine le golfe de Tadjoura, après deux heures et demi d'efforts. En traversant une décharge à ciel ouvert, je perds mon bouchon de camelback. Impossible de le retrouver dans ce tas de détritus. Nous nous dirigeons vers le centre d'Arta. Raoul et Ali ont fait une halte à la superette de la Tour Eiffel acheter 4 coca bien frais que nous buvons goulûment. Ils prennent aussi des boîtes de lentilles et d'ananas en complément de ce qu'il nous reste. Les baraques et le bidon-ville d'Arta que j'avais connus ont disparus. A la place, de belles villas s'élèvent. Le climat est plus frais que celui des autres villes de Djibouti. Nous dominons le golfe de Tadjoura, superbe par la couleur et la profondeur de ses eaux, face aux monts Goda où se situe la forêt du Day.
Ali et Raoul repartent rapidement faire le plein et rejoindre Hussein à Arta Plage. Florent et moi nous dirigeons vers la base des Commandos Marine. Sur le chemin, les souvenirs affluent à mon esprit. La boude est bouclée, me revoilà au départ de cette aventure, voici 22 ans, lorsque je posais les pieds pour la première fois sur Djibouti comme jeune Commando Marine, à j'époque trouble de l'indépendance. J'ai vu arriver Hassan Gouled Aptidon au pouvoir, et maintenant je vois l'accession de son successeur. L'entrée du camp a totalement changé. Les blasons des différents Commandos oment les grilles vertes d'un beau portail. Deux plaques en bois teinté revêtues de lettres en cuivre indiquent "COMMANDOS MARINE". L'aubette est un petit bungalow en dur avec radio, téléphone et tableau synoptique. La place d'honneur est décorée de stèles aux couleurs des différents çommandos. Au centre le mat d'honneur, en haut duquel flottent les drapeaux Djiboutien et Français côte à côte.
Nous nous présentons au Second Maître de faction, moi comme ancien commando. Après quelques minutes il fait appeler l'ancien Maître Principal Michel, que j'ai vu entrer dans cette unité. Il me reconnaît et présente un visage toujours aussi jovial et souriant. Il n'a pas changé. Un peu épaissi, 22 ans ont passé. Nous évoquons la bonne époque, l'amélioration de l'hébergement au camp d'Arta, les budgets enfin débloqués, l'armement moderne, les installations et ies missions qui incombent aujourd'hui à ce corps d'élite. Le commando actuellement en tournante est le Commando de Penfentonyo. Je suis fier d'y avoir fait un passage de six ans. Michel nous offre un verre au mess en discutant de nos situations familiales,de connaissances communes... comme le temps passe... Je lui expose le but de mon retour à Djibouti, lui raconte le raid, Il nous fait visiter les lieux. Tout a changé. Ce ne sont plus les mêmes conditions de vie, c'est un peu normal, les choses ont évolué et la présence des Commandos Marine à Djibouti date de plus de 25 ans. Mon époque était celle du campement de tentes, de la barrique d'eau pour nous laver et du trou creusé dans la terre pour chier. Temps rude mais bon.
Michel nous montre où nous pouvons nettoyer nos VTT puis part avec d'autres collègues à la piscine du centre d'Estivage d'Arta. Nous nous quittons heureux de nous être revus après tout ce temps. La solidarité et l'esprit de confrérie sont toujours présents. Nos VTT lavés, nous remplissons nos gourdes avec de l'eau froide qu'un jeune Second Martre est allé nous chercher. Je quitte le camp d'Arta avec un peu de nostalgie,
Nous descendons la côte d'Arta par la route à plus de 50 km/ho Avec la vitesse il fait frais, c'est agréable. Nous arrivons sur la route du Roi Fadh, déjà trop chaude à 10h30. Nous passons Wea où deux camions se sont télescopés. La route est défoncée, les côtes difficiles à monter. Nous parvenons enfin sur la piste d'Arta Plage après 8 kilomètres de route déformée. Nous entamons alors une descente de 1 5 kms sur de la piste en forme de tôle ondulée, caillouteuse et sableuse. Ce matin la montée fut terrible, mais tout compte fait, je préfère monter que descendre. J'arrive en bas de la piste le dos en vrac, les bras explosés et des fourmis plein les mains. Je suis crevé. J'ai trop mal aux lombaires.
Au bivouac nous nous réhydratons, mangeons et faisons une bonne sieste. Le reste de l'après-midi se passe à se relaxer, écrire et se baigner. Je vais au camp d'entraînement commando tenu par la Légion Etrangère téléphoner à J-p à J'Ambassade de France pour lui donner notre position et le rassurer. Je n'arrive pas à le joindre, j'essaierais demain. Je suis reçu par un sympathique Capitaine très hospitalier que me présente le Caporal avec qui j'ai pris contact le jour de notre arrivée. Il me demande si nous avons besoin de quelque chose. Je lui demande s'il serait possible d'avoir deux lits picots, car nous avons mal au dos et couchons par terre. Je les obtiens sans problème.
Il m'offre une bière bien fraîche et je pars en compagnie du Caporal récupérer les lits. En passant dans les cuisines, je chef cuisinier me donne des morceaux de lapin congelé et un magnum de choucroute. Je n'y crois pas ! Le Caporal se propose pour me conduire en véhicule à notre bungalow avec mes cadeaux. Le sourire aux lèvres, j'appelle mes camarades d'aventure. Florent est heureux et Raoul n'en revient pas. lis m'aident à décharger nourriture et matériel. C'est la fête. Je n'ai pas mangé de lapin depuis des années. Demain, quand il sera décongelé, nous nous lécherons les babines. En attendant au menu du dîner: lentilles et ravÎoIis. Nous installons les lits picots et les moustiquaires. Je me couche très tôt, mort de fatigue, après que Raoul m'ait massé le dos, la douleur devenant insupportable. Je crois que cette nuit, enfin, je vais bien dormir.

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raidsextremesAuteur : Postée le 20 mars 2008 par raidsextremes
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