ALI SABIEH-DIKHIL 75 KMS EN 4HEURES

DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREIDUn récit/album du carnet de voyage :
DJIBOUTI "SUR LES TRACES D'HENRY DE MONFREID
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DJIBOUTI-ALI SABIEH 95 KMS EN 8 HEURES
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Mardi:04h45
Un chat m'a réveillé. J'ai les yeux gonflés de fatigue,la gorge sèche. il faut que je m'hydrate, mais je ne veux pas sortir de ma moustiquaire de peur d'être dévoré. Je demande à Florent s'il se sent d'attaque pour cette journée après l'enfer rouge d'hier. Raoul aussi est fatigué, il n'arrête pas de se plaindre des fourmis, des mouches, des moustiques. Nous avalons un petit déjeuner de biscuits, pain d'épice et thé au lait concentré. Nous enfiions nos cuissards encore humides de sel et de transpiration avec l'odeur de notre effort de la veille. Nous n'avons eu ni le temps ni la possibilité de les laver. Nous rangeons le matériel à la lampe de poche et l'embarquons dans le Toyota.
Départ 06h00. Nous sortons du centre touristique pleins d'entrain, traversons Ali Sabieh en prévenant le poste de l'AND. Nous repassons sur la voie ferrée qui part de Djibouti vers Addis Abeba pour la 10ème fois, seule voie reliant par le train Djibouti au reste de l'Afrique. Nous passons la porte de la ville puis nous entamons une portion de route de 20 kms qui nous mène au Grand Bara. Descente à 55 kms/h, puis nous moulinons sur le grand plateau aux environ de 40 kms/h. 07h30, 08h45, nos muscles tendus s'imprègnent du rythme,seule la vitesse siffle à nos oreilles. Nous posons nos roues sur le Grand Bara, grand désert d'argile brun cendré entre les montagnes qui l'encerclent de leur noire dentelure. Nous roulons à 26 kms/h. Le soleil monte. Nous pédalons 16 kms sur cette étendue, puis prenons une piste caillouteuse qui devient vite sablonneuse.Nos VTT chassent de l'arrière, nous avons du mal à avancer en tenant l'équilibre. Nous évitons autant que faire ce peut les chutes que nous comptons déjà en nombre. Nous sortons de cette piste sous le regard doux d'un petit troupeau de gazelles fauves.
Nous retrouvons un semblant de route goudronnée dans les radiers des oueds emplis de sable, gravier et nids de poule. Les camions ont défoncé la route, ils circulent des deux côtés sans se soucier du contresens. Quelques kilomètres avant Dikhil, deux camions se sont télescopés, ça sent le gasoil. Nous parvenons en haut de la colline qui surplombe la "ville de l'unité", toutes les ethnies de la région y vivent en paix et en harmonie. Nous dévalons l'autre versant de la colline à près de 45 kms/h. Il est 09h30 heures. Le 4X4 nous attend devant la porte de la ville, dont l'accès est contrôlé par un garde.
Au camp de l'AND de Dikhil, nous demandons le lieutenant Abdoul qui nous a été recommandé par Denis, le coopérant milftaire AMT. Nous sommes accueillis à bras ouverts par un petit bonhomme noir vêtu d'un survêtement, un grand sourire illuminant son visage moustachu. Le lieutenant a été avisé de notre venue par sa hiérarchie, contacté également par Denis, notre rencontre de la dernière chance. Merci mon ange gardien. L'officier nous indique que des lits picots neufs sont à notre disposition et vont être acheminés à la palmeraie, notre camp de villégiature.
Située à l'entrée de la ville, cette palmeraie est un petit paradis malheureusement presque à l'abandon faute de moyens financiers. Palmiers, manguiers, dattiers, acacias, citronniers,orangers forment une oasis de verdure, d'ombre et de tranquillité.Une piscine à l'abandon, des puits d'eau et des dizaines de canaux d'irrigation apportent de la fraîcheur à notre camp de base. Dans la palmeraie vivent une autruche aux blanches plumes et un singe d'Ethiopie. Des dizaines de tisserands, des tourterelles et des oiseaux exotiques y nichent. Les lits picots sont apportés par le lieutenant Abdoul et ses hommes, 5 lits flambant neuf! Nous nous installons sous un gigantesque manguier. Muni d'argent, Hussein va nous chercher de la nourriture. Je m'assoupis.
A mon réveil, Hussein et Ali nous proposent de venir manger avec eux chez des cousins. Nous nous réjouissons de cette aubaine. Dans une maison traditionnelle en torchis, nous voilà assis en tailleur sur des coussins autour d'un repas familial: entrée de petits pois, tomates et oeufs, plat de mouton et riz à la sauce tomate, le tout bien épicé, et ananas en dessert. Malgré la gentillesse de nos hôtes nous mangeons peu car l'aspect du plat n'est pas très appétissant. Revenus à la palmeraie, nous nous affalons sur nos lits picots. Le petit singe tourne d'arbre en arbre autour de nous. Il a déjà essayé en notre absence de chaparder quelques biscuits. Il veille dans le manguier juste au-dessus de nos têtes.
Après la sieste nous allons nous baigner dans un puits à l'ombre des grands palmiers. L'eau est chaude. Le gardien de la palmeraie nous raconte que cette source est née avant 1900. Un cheik se promenait à cheval dans le désert de Dikhil. Il fit sauter sa monture par dessus un obstacle et lorsque celle-ci retomba de tout son poids, son sabot s'enfonça dans le sable et une source d'eau pure jaillit... Dommage que l'Etat Djiboutien ne réalise pas le potentiel touristique de cette palmeraie perdue au milieu de cette terre aride.
La fraîcheur accompagne le vent qui souffle, le soleil descend. Nous installons notre camp sur l'ancien terrain de tennis, sous les palmiers qui le bordent. Nous accrochons nos moustiquaires sur les branches qui tombent à hauteur d'homme. Elles descendent jusqu'à nos lits picots et les enveloppent soigneusement. Notre repas du soir se compose de galettes de riz, spaghettis bolonaises et biscuits aux figues.
19h30, couchés à l'abri sous nos moustiquaires, le vent souffle et chasse les moustiques. Nous avons tous trois les yeux rivés sur un ciel magnifiquement étoilé. Des satellites et des étoiles filantes l'éclairent d'un éclat fugitif. La nuit est douce à Dikhil en comparaison de la fraîcheur d'Ali Sabieh. Je m'endors, heureux de notre journée. Mais la quiétude est de courte durée.
Le vent tombé, les moustiques par essaims nous attaquent. Heureusement que nos moustiquaires sont positionnées, ils se fracassent contre les mailles serrées. Bourdonnement guerrier. Raoul se bat contre eux toute la nuit en vociférant, nous empêchant de dormir paisiblement. Encore une sale nuit trop courte.

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raidsextremesAuteur : Postée le 11 février 2008 par raidsextremes
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