De Nouakchott à Saint Louis.. 335 kms

De Cajarc à Saint Louis du SénégalUn récit/album du carnet de voyage :
De Cajarc à Saint Louis du Sénégal
De Dakhla à Nouakchott...799 kmsRécit/album précédent :
De Dakhla à Nouakchott...799 kms
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Après notre (Nes)café matinal, nous procédons au plein du réservoir à partir de notre réserve et nous quittons Nouakchott sans regret.
Cette ville semble fade et est peuplée d’un nombre impressionnant de 4x4 et de Mercedes.
La route continue, mais devient craquelée (la chaleur et les pluies ?) et le paysage change peu à peu, passant du désert au sahel plus arboré. Quelques dromadaires circulent librement mais toujours sur le coté gauche de la route : des chameaux anglophones sans doute ?
Un ultime contrôle de police à l’entrée de Rosso, nous permet de nous renseigner pour prendre la fameuse piste de Diama… que nous manquerons pour nous retrouver quasiment au port, où nous serons immédiatement assaillis par une horde de mauritaniens « facilitateurs » de formalités.
Un policier correct et très courtois nous tirera des fourches caudines de ces redoutables prédateurs à backchich.
Il poussera même l’obligeance jusqu’à nous mettre sur la fameuse piste dont l’embranchement n’est vraiment pas indiqué ; mis à part un panneau publicitaire qui n’a rien à voir.
Nous y serons seuls et nous vivrons 90 km de bonheur à l’état pur : quelques passages un peu délicats, mais le 4x4 se régalera tout le long du trajet qui longe le fleuve Sénégal.
La piste est en effet composée de plusieurs traces de part et d’autre de la digue qui protège des crues lors des pluies tropicales. Nous nous amuserons à « sauter » cette digue : un coup en devers à droite, un coup en devers à gauche. Le changement avait lieu quand on en avait marre d’être penché d’un coté.
Quelques passages « de niveau » en roulant sur le sommet de la digue et bénéficier d’un champ de vision plus étendu.
Le paysage était féerique, alternant marigots où s’ébattaient de nombreux oiseaux, lagunes et palmiers doubles, partie de brousse, mangroves…véritable éco système complet qu’il vaut mieux éviter de nuit, car ce milieu humide et eaux stagnantes est une véritable usine à moustiques.
Nous pensions que les contrôles de police étaient terminés : il y en eu 4 dont un totalement « virtuel ».
Le premier avec barrière à plusieurs km de l’entrée de la piste : certainement pour autoriser la poursuite du trajet en fonction de son état. Elle est impraticable en saison des pluies.
Nous plaindrons les braves policiers chargés de ces contrôles : ils doivent être « punis » pour être complètement isolés à ces postes. Leur baraquement est vraiment très sommaire… et leur tenue aussi.
Nous leur offrirons tee shirt et casquettes pour leur amabilité sans demande de contrepartie.
Au deuxième contrôle, nous avons failli ignorer le policier qui dormait et qui a surgi alors que nous avons stoppé de notre propre chef en apercevant tardivement la baraque de police.
Il était décontracté : carrément en « marcel ». Belle rigolade, quand il s’est renseigné pour savoir si son collègue au premier poste était vraiment présent. Nous l’avons rassuré afin qu’il se sente moins seul.
Il nous a également demandé de saluer son collègue du poste suivant… que nous avons zappé, car il n’y avait personne. Abandon de poste ?
Par contre, nous avons transmis ses salutations au policier d’après qui campait sous une tente avec sa femme, quelques km avant le barrage.
A partir de ce dernier poste, quelques km de « tôle ondulée » où il convient d’adapter la vitesse pour ne pas en sentir les effets et nous voici en vue du poste frontière.
Le poste frontière est composé de 2 baraquements : un pour le poste de police, où les gardes frontières vivent avec leurs femmes : une était couchée à coté d’un collègue, dans la même pièce qui sert de bureau et de chambre à coucher, avec des paillasses posées à même le sol.
Le tamponnage fut vite expédié : à 13h nous étions les premiers et seuls « clients ».
Entre les deux baraques, une échoppe chargée de « récolter » les dons sponsorisant le village d’à coté.
La douane a juste apuré le document de sortie de Mauritanie, toujours sans aucune fouille du véhicule.
La barrière levée, nous franchissons la frontière en roulant sur le barrage… pour y rencontrer une barrière de péage coté sénégalais.
Manu a engagé une bataille perdue d’avance pour échapper à ce péage, pourtant tout à fait réglementé et régulier. Difficile de négocier un prix fixe et officiel. Quelle rigolade !
Un peu moins de rigolade, mais toujours la bonne humeur coté police sénégalaise : le policier voulait nous faire payer le tampon d’entrée, car il prétendait être en heures supplémentaires : il était à peine 14h !... et en outre, nous étions les premiers et uniques clients, comme l’atteste son cahier de passage à la date du jour, qu’il a soigneusement rempli.
Nous nous sommes affalés dans les fauteuils en montrant ostensiblement que nous avions tout notre temps et en plaisantant avec lui. Et Manu d’enchainer en wolof…
Au bout de quelques minutes, il en a eu marre que l’on occupe son bureau et que l’on trouble sa tranquilité.
Il a donc tamponné nos passeports la mort dans l’âme en nous qualifiant de « saï saï », et en nous priant de dégager les lieux. Pas content, mais pas agressif : dégoûté plutôt de ne pas avoir obtenu son bakchich habituel.
Le parcours suivant nous a fait atterrir dans le bâtiment d’en face : LES douanes sénégalaises, où le douanier en grand uniforme nous a impressionné par son professionnalisme. Il nous a délesté de 5 Euros pour le carnet ATA… que nous n’aurions pas du payer.
Il n’a toutefois pas apprécié la demande de reçu, qu’il nous a quand même délivré. Cette demande a provoqué son irritation, et pour la première fois, nous avons commencé à subir une fouille en règle du véhicule.
Cette fouille officielle et formelle a été vite interrompue quand il est tombé sur nos vestiges de réserve alimentaire et quand nous lui avons proposé une boite d’olives d’Espagne en apéritif pour lui et sa famille.
L’affabilité et le sourire sont revenus instantanément et nous avons remballé le peu que nous avions sorti du coffre.
La voie était donc libre, mais nous nous sommes arrêtés 20m plus loin pour prendre un rafraichissement bien mérité et souscrire l’assurance sénégalaise.
Pour rejoindre Saint Louis, une dernière péripétie nous attendait : Manu, tout à la joie de décrire les endroits qu’il connaissait n’a pas pris garde à une limitation de vitesse en traversant un village : au moins 70 au lieu de 40. Un policier nous a stoppé avec une autorité certaine et a confisqué aussi sec le permis de conduire et la carte grise du véhicule. Nous avons patiemment attendu quelques minutes pour savoir à quelle sauce nous allions être mangé…
Au bout d’un certain temps, le policier est revenu avec un procès verbal dûment rempli et nous a demandé d’aller payer l’amende au Commissariat de Saint Louis et ensuite de revenir avec le reçu pour récupérer les documents, car nous n’avions pas de francs CFA.
Après quelques palabres mêlés de wolof, nous nous en sommes tirés pour la modique somme de 5 euros proposés sous forme de don aux enfants du policier… Ouf !
Nous sommes repartis, soulagés et avons fait une entrée dans Saint Louis par la corniche,où nous avons pu admirer la splendeur de la ville avec ses maisons coloniales.
On comprend le classement au patrimoine mondial de l’humanité fait par l’Unesco.
Nous franchissons le fameux pont Faidherbe, bâti par le même Gustave que celui de la Tour Eiffel, pour traverser l’île Saint Louis et accéder à la langue de barbarie et marquer notre terminus à l’hôtel Mermoz, prendre une douche bienfaitrice et piquer une tête dans la piscine, où l’eau devait avoisiner les 33 degrés !
Kilométrage : 117 448 ; 335 km parcourus
Ceci a marqué la fin de notre périple de 5 773 km effectués en 10 jours. Avec quelques 870 photos, mais surtout des images et des souvenirs qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
Quel fabuleux voyage, où malgré la différence d’âge des équipiers, la bonne humeur a toujours été présente, l’entente parfaite, ponctuée de franches parties de rigolade et malgré quelques conditions quelquefois un peu sommaires et la chaleur pénible sur la Mauritanie.
L’aventure continue…et se terminera provisoirement en Casamance.Cette partie mérite d'être racontée, mais c'est une autre histoire.
Pour les infos et autres documents nécessaires: voir la 1ère étape du voyage.

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BeerootAuteur : Postée le 20 août 2007 par Beeroot
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