De Dakhla à Nouakchott...799 kms

De Cajarc à Saint Louis du SénégalUn récit/album du carnet de voyage :
De Cajarc à Saint Louis du Sénégal
De El Ouiatia à Dakhla...819 kmsRécit/album précédent :
De El Ouiatia à Dakhla...819 kms
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Départ à 7h30, après avoir avalé notre Nescafé habituel. Nous laissons les routards « roots » encore profondément endormis, et quittons le camp les premiers.
En sortant de Dakhla, nous apercevons d’immenses serres qui doivent approvisionner cette ville perdue en légumes.
Nous subissons notre xième contrôle de police, vite expédié.(j'ai fini par en perdre le décompte...).
Toujours ce paysage aride, où se mêlent rocailles, herbes rares et sable. Nous continuons de suivre le bord de mer et les falaises.
Personne sur la route qui nous appartient.
De temps en temps, une station service moderne surgit au milieu de nulle part. Nous profitons de la dernière station service, 80 Km avant la frontière pour faire le plein en gas oil et bénéficier du prix détaxé.
Notre « logistique » d’approvisionnement en gas oil s’est révélée judicieuse, car depuis la France, nous avons toujours saisi les meilleures opportunités de prix en gas oil détaxé, que ce soit en Andorre, à Ceuta ou après Tan Tan.
Ce dernier plein ainsi que notre réserve nous permettrons de rallier Saint Louis sans problème, avec une marge relativement confortable.
En approchant vers midi du poste frontière marocain, nous procédons à notre propre ravitaillement en vol pour se sustenter : confection de sandwichs en roulant arrosés de bière (celle achetée à Marrakech). On ne connaît pas le temps d’attente surtout en cette période de Ramadan…
Là encore, nous avons eu le nez creux, et cela nous a permis de « tenir » le coup sans trop souffrir : bien qu’il y avait peu de monde au poste frontière, les formalités ont relevé d’un folklore rare. Des voitures arrêtés, portières ouvertes et chauffeurs dormant à même le macadam jalonnaient les derniers mètres jusqu’au poste frontière. Nous avons soigneusement doublé ces véhicules pour ne pas troubler le repos de ces gens fatalistes.
La douane fut rapidement expédiée, mais pour la police ce fut une autre histoire où nous avons eu du mal à comprendre le processus :
Nous avons remis nos passeports aux policiers qui se sont enfermés dans leurs bureaux, et au bout d’un certain temps – voire un temps certain- ils nous ont rendus l’ensemble avec… des fiches carbonnées à remplir !
Une fois ces fiches remplies, il a fallu leur rendre, et au bout d’un autre certain temps, on a réussi à récupérer le tout dans une pagaille monstre.
Comme nous l’avons appris plus tard, ils envoyaient les renseignements individuels par internet ou par radio à Dakhla et attendaient le quitus en retour !
En outre, le Ramadan et la chaleur n’incitaient pas au zèle.
Enfin, exit le Maroc et direction la Mauritanie via un no man’sland de plusieurs km (certains disent 3, d’autres 6). Cette terre n’appartient à personne. Elle est sillonnée de plusieurs traces de piste où ils convient de ne pas s’écarter et de choisir la bonne, car elle est parsemée de mines anti personnel.
Des carcasses de voitures jonchent le parcours ici et là : épaves ou voitures explosées ?
Nous découvrons un baraquement au détour d’un virage : il s’agit du premier contrôle de gendarmerie mauritanienne.
Quelques mètres plus loin, une autre baraque rustique, équipée d’une manière spartiate, avec lit de camp où officient deux gardes frontières qui nous délivrent les visas d’entrée avec rapidité et sans tracasserie : pas de queue, car nous étions les seuls impétrants.
Encore quelques mètres plus loin, la baraque des douanes, où Manu fait viser son carnet ATA du 4x4, et nous voilà partis pour rejoindre l’axe routier Nouadibou-Nouakchott.
Jusque maintenant nous avons eu une chance inouie : aucune fouille du véhicule depuis Cajarc !
Au carrefour, nouveau contrôle de police, vite expédié : nos fiches préremplies d’état civil marocaines servent ici aussi !
Nous sommes surpris par l’incroyable jeunesse et la gentillesse des policiers mauritaniens.
Nous nous arrêtons juste après pour souscrire l’assurance mauritanienne du véhicule, dans une caravane/ bureau : judicieusement placée, elle permet d’éviter le détour par Nouadibou.
Nous sommes enfin engagés sur la toute nouvelle route qui relie Nouadibou à Nouakchott : un vrai billard. Dire qu’il y a encore quelques mois ce trajet devait être effectué en convoi avec guide par une piste !
Quelle performance que cette route neuve qui traverse le désert ! Quelle maintenance aussi pour la conserver dégagée du sable qui la recouvre sans cesse.
Des filets de protection anti sable ponctuent le parcours et sont placés sur les dunes sensibles. La protection reste toutefois assez dérisoire : le vent fait fi de ces filets.
La chaleur devient accablante et nous subissons un nouveau contrôle : un policier en treillis militaire, enveloppé dans un cheich kaki assorti où l’on ne voit que les verres de lunettes de soleil –c’est assez impressionnant- demande nos passeports et intime à Manu de le suivre sous une tente de couleur également militaire.
Dans cette tente, un lit de camp sur lequel se repose un de ses collègue. Le policier engage un palabre en arabe et lui jette nos passeports. Le « reposé » y jette à peine un coup d’œil et redonne les passeports aussi sec d’un air fatigué en signifiant que le « contrôle » était ok. En conclusion, nous avons pu comprendre que la discussion entre eux était assez légère, du style : « debout, à ton tour de bosser, moi je suis mort avec cette chaleur »
Et l’autre de répondre : « j’ai trop chaud aussi, basta » et de balancer les passeports.
Nous continuons sur cette route dont on ne voit pas la fin : à l’horizon, elle disparaît sous l’effet des vagues de chaleur. On dirait que l’on déroule un ruban noir au fur et à mesure de notre avancée.
Nous sommes complètement enveloppés dans nos cheichs,et les paresoleils scotchés sur les vitres latérales nous assurent une relative protection contre les feux ardents du soleil. En passant la main par le toit ouvrant, l’air est franchement brûlant.
On apprendra par d’autres voyageurs rencontrés à l’auberge de Nouakchott que la température était de 47° …
Les km défilent…et les litres d’eau aussi, ponctués de quelques bières que nous devons boire rapidement si l’on veut leur conserver une certaine fraicheur une fois sorties de la glacière.
Et la route continue de dérouler son ruban noir en traversant des paysages magiques où alternent des dunes de sable variant du blond doré au jaune bouton d’or.
Quelques arbres rabrougris surgissent ici et là. Quelques campements maures et les inévitables dromadaires qui semblent livrés à eux même aussi…
Ce désert là a l’air plus peuplé –si l’on peut dire- que du coté marocain en tous cas.
Au détour d’une dune, nous croisons un immense tracto pelle, seul au milieu de nulle part, qui dégage le sable de la route à grand coups de godet.
Enfin, nous arrivons à Nouakchott à l’auberge Menata, la nuit vient de tomber. Kilométrage : 117 113 ; 799 km parcourus.
Cette « auberge » est assez rustique. Les différents voyageurs –roots et moins roots- s’y mêlent dans une joyeuse convivialité bon enfant. Un frigo commun permettra d’y stocker 2 bouteilles d’eau en prévision du lendemain…mais ces bouteilles auront été bues au cours de la nuit. Grr !
Deux jeunes avaient pour véhicule une R12 break « relookée », avec amortisseur surelevés et renforcés qu’ils avaient fait bricoler au Maroc.
L’intérieur était en vrac, un vrai foutoir. La galerie était bordée de deux planches de sapin pour servir de plaques de désensablage !
Manifestement, ils voyageaient « à minima »…
Pour le diner, nous nous sommes rendus dans un café tenu par un tunisien où nous avons mangé des crèpes au fromage, arrosées de Fanta. Nous avons appris que c’était la seule « crêperie » de Nouakchott.
Le paiement a été fait en euros. Ainsi, nous n’avons pas eu besoin de changer des Ouguyas mauritaniens…
Nous avons très mal dormis, car la chambre était un vrai four et le ventilateur ne brassait que de l’air chaud. La chaleur, malgré la nuit, était toujours aussi accablante.

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BeerootAuteur : Postée le 20 août 2007 par Beeroot
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