Tanzanie

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Passage de la frontière et arrivée Moshi

Nous avons passé la frontière Kenya/Tanzanie à Oloitokitok, au pied du Kilimanjaro. Notre plus grande surprise a été de retrouver en Tanzanie un peu de modernité : le poste de frontière est propre, organisé et ici, les officiers portent même un uniforme, ce qui n'a pas été toujours le cas, loin s'en faut ! Mais cela ne veut pas dire que le temps d'attente est moins long : 5 heures pour avoir enfin un tampon sur notre visa et les carnets de passages en douanes remplis!!!! Les formalités sont longues et les Tanzaniens ont le temps... Ici on vit « Pole Pole » ce qui veut dire « Doucement Doucement »... D'ailleurs, le long des routes, régulièrement des panneaux vous rappellent de rouler « Pole Pole » !!!!

Nous avons passé la frontière avec un peu de difficulté. Le douanier nous demande de payer une taxe de 40 dollars car nous avons utilisé les routes. Nous ne savons pas trop si cela est réglementaire ou si le douanier nous demande ça pour ensuite se le mettre dans la poche ; nous décidons donc d'appeler l'ambassade de France. Il s'avère que cette taxe est normale et obligatoire.

Le nord de la Tanzanie nous offre un paysage très luxuriant et réellement magnifique.
Notre première projection se fera aux abords de Moshi, dans un tout petit village de quelques habitants ne parlant pas un mot d'anglais..... dans ces cas-là , les gestes et les mimiques restent la langue internationale !!!!

Le Kilimanjaro

Et oui ! le nouveau défi de l'équipe Ciné- Rêve est de planter le drapeau français et le drapeau Ciné-Rêve au sommet du Kili qui nous nargue depuis plusieurs jours !!!!

Au petit matin, les randonneurs essayent l'équipement nécessaire pour l'ascension : gants, pantalons de pluie, doudounes, cagoules, collants : eh oui, nos shorts et nos chemises ne suffiront pas à affronter le froid et la neige du sommet où la température peut descendre jusqu'à -20°.... Enfin équipés pour résister à toutes les intempéries, nous embarquons dans un mini bus local, le "dala-dala" (véritable fusée ambulante) qui nous emmène au pied du Kili.

Nous roulons une bonne heure avant d'entrer dans le parc national du Kili où nous faisons des réserves d'eau et.... ça y est.... enfin !!!! le moment tant attendu.... nous commençons l'ascension de cette montagne mythique « pole pole » nous répètent constamment les guides.... Effectivement, la clé pour réussir l'ascension est de monter le plus lentement possible afin que nos corps s'habituent progressivement à l'altitude. Les médecins conseillent de ne pas dépasser 300 mètres de dénivelé par jour. Les trois premiers jours nous ferons au total 2000 mètres de dénivelé. Autant vous dire que le défi sportif est bien là !
Le soir, nous dormons dans des refuges (sortes de cahutes en bois) sans grand confort mais au moins nous y sommes au sec. Chaque soir, à notre arrivée au refuge, du thé et des popcorns tout chauds nous attendent.

Le troisième jour nous arrivons au refuge de Kibo, dernier refuge, un peu humide, à 4700 mètres d'altitude avant le sommet tant attendu.

Nous nous levons à minuit pour commencer l'ultime ascension. Dès la première heure, Marie-Astrid et Etienne ont les symptômes du mal des montagnes : nausées, terribles maux de tête, vertiges, essoufflement, étourdissements... Marie-Astrid manque de « s'évanouir » à chaque pas. Heureusement Jehan est derrière et veille à ce qu'elle ne tombe pas. Etienne, le sportif du groupe s'affale sur le flanc tel un cheval qui a raté une haie ! Personne ne dit mot mais toute l'équipe est consternée ! Va-t-on y arriver ? Il fait nuit noire, la lune éclaire nos petits pas, la pente est ardue et le courage commence à flancher. Ça commence mal. A partir de 5200 mètres c'est au tour de CG d'avoir le mal des montagnes. Il souffle, râle, rugit, peste, souffle, souffle et souffle ! Au moins nous l'entendons et savons qu'il est toujours en vie... A environ 5500 mètres, Jehan le « Grand Montagnard » est lui aussi touché par le mal des montagnes. Nous souffrons tous du manque d'oxygène et surtout de la pression due à l'altitude, mais rien n'arrête l'équipe Ciné-Rêve.

L'envie est grande de faire demi-tour et de redescendre pour que s'arrête ce mal de tête horrible et tous ces symptômes... mais on tient bon ! Vive l'esprit d'équipe, l'un entraînant l'autre.... chacun puisant au plus profond de lui encore un peu de courage et de volonté pour avancer et pour mettre un pied devant l'autre.... surtout ne pas flancher.... ne pas penser qu'on pourrait s'arrêter... toujours avancer... toujours monter.... ne pas réfléchir.... tenir bon coûte que coûte, le jeu en vaut la chandelle ; si l'un de nous s'arrête, c'est le moral de tout le monde qui va en prendre un coup.... le présence de l'autre, devant et derrière, aide à tenir bon et à avancer !!!! Ensemble, on peut tout ;-)

Finalement à 5h30, nous atteignons le Gilman's Point à 5681 mètres.

Nous assistons à un lever de soleil magnifique, mais nous n'avons pas vraiment le courage de prendre des photos ; chaque mouvement représente un véritable effort... Nous continuons vers le pic le plus élevé : le pic Uhuru qui culmine à 5892 mètres (pour info, le Mont Blanc culmine à 4810 mètres et l'Everest à 8848 mètres.... peut-être notre prochain défi quand Ciné-rêve sera au Tibet....)

Chaque pas en avant est une victoire. Nous atteignons enfin Uhuru après 7h30 d'ascension acharnée.

Nous sommes tellement épuisés que nous profitons à peine de ce moment magique. Le temps de prendre quelques photos, d'avoir une petite pensée pour tous ceux qu'on aime et toutes les personnes qui nous soutiennent dans notre projet et nous voilà repartis pour 3 heures de descente. Nos jambes flageolent.

A 11h30 nous arrivons enfin au refuge de Kibo où nous dormons une heure avant de reprendre la descente. Le lendemain matin, pas tout à fait remis de notre ascension de la veille, nous reprenons la marche et cahin-caha, arrivons au pied du Kili, notre point de départ. Nous sommes « cuits, rôtis, épuisés » mais heureux d'avoir relevé ce défi sportif ! Longtemps nous nous souviendrons de cette ascension, fiers d'avoir atteint le plus haut sommet de l'Afrique, mais pas vraiment prêts à le refaire …en tout cas pas tout de suite

Dar-El-Salam

Après l'ascension du Kili, nous quittons Moshi, le 27 avril, direction Dar-El-Salam. Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un petit village situé au beau milieu d'un paysage magnifique.
Personne ici ne parle un mot d'anglais, pas même hello, ni yes ou no! Pas un mot. C'est la première fois que cela nous arrive et cela donne lieu à de nombreux fous rires. La communication ne passe que par des gestes et des mimiques... nous devenons des pros des mimes... comme Charlot, notre héros ! Ceci étant, ça n'est pas si simple de faire comprendre notre intention d'offrir une séance de cinéma ! Heureusement, nous avons des photos des précédentes représentations.... et les photos parlent d'elles même ; au large sourire qu'affiche le chef du village, nous sommes ravis, le message semble reçu !
Après de chaleureuses tapes dans le dos, poignées de mains, et nombreux « Karibu » (bienvenue) l'équipe Ciné Rêve accomplit avec joie une énième fois sa mission...

Le lendemain, nous arrivons à Dar-El-Salam où nous sommes hebergé par un expatrié français qui travaille pour Sogea Satom (Vinci). Nous profitons de notre présence à Dar pour emmener la voiture chez un garagiste qui va nous ressouder la carrosserie de la voiture qui a bien souffert des trous et des bosses de certaines pistes pourries et qui menaçait de nous jouer un sale tour !
Nous en profitons aussi pour faire un peu de lessive et retrouver un peu de confort (lits et douches) ce qui n'est pas désagréable !!!!!!

Zanzibar

Après y avoir passé deux jours, nous quittons Dar-El-Salam pour Zanzibar ; la traversée se fera en ferry, histoire de nous rappeler qu'il existe d'autres moyens de locomotion que la voiture ou la moto....!!! Nous y passons le week-end afin de nous « reposer » un peu du Kili et de profiter des plages mythiques de cette petite île.
C'est de Zanzibar que nous quittera une de nos coéquipières, rapatriée en France pour une sciatique sévère.

Mbeya

Après cette petite pause à Zanzibar, nous reprenons la route vers Mboya. Le soir nous nous arrêtons dans un village massaï où nous proposons une projection. Le village est envahi par les mouches. Nous ne voyons même plus les yeux des enfants tellement il y a des mouches sur leurs visages. Mis à part ce petit détail, l'endroit est sympathique. Les habitants sont chaleureux : ils nous offrent une natte pour que l'on s'assoient et nous apportent du lait de vache tout chaud! Pour les Parisiens que nous sommes, cela change de Lactel et a un peu le goût de bouse de vache mais cela va sans dire, nous le buvons jusqu'à la dernière goutte!

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edhautefeuilleAuteur : Postée le 25 mars 2010 par edhautefeuille
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