Mozambique

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Nous entrons dans ce pays par la "Villa de la Fronteria", un petit poste frontalier qui voit passer très peu d'étrangers : le dernier 4x4 de touristes nous précède de 15 jours. C'est un pays colonisé par les Portuguais et qui n'est indépendant que depuis 1992.

Avec le "clac" du tampon de l'officier de douane sur nos passeports, d'autres sonorités nous laissent perplexes.... eh oui.. le portugais est ici la langue officielle et nationale !!!! Aïe, aïe, aïe.... pas l'un d'entre nous ne baragouine le moindre petit mot portugais ! Amélie s'en serait sans doute mieux sorti que nous... Pas le temps de s'y mettre en douceur : aucun douanier ne parle un mot d'anglais ! Ca promet d'être épique !!!!! Heureusement, Etienne connait encore quelques rudiments d'espagnol.... Et là, sous les yeux ébahis de ses copilotes, s'instaure un drôle de dialogue : - question du douanier en portugais, - réponse d'Etienne en franco-anglo-espagnol, - question en portugais, - réponse en hispano-anglo-français, - question en portugais, - réponse en anglo-franco-espagnol et ainsi de suite.... !!!!!!! Etienne ne se laisse pas démonter, le douanier non plus.... lorsque ça coince d'un côté ou de l'autre, on complète par des gestes, des mimes et des grimaçes.... Le reste de l'équipe observe avec une pointe de suspicion ce semblant de communication.... qui porte ses fruits : la frontière nous est enfin ouverte, et nos papiers ont été remplis dans les règles de l'art !!!!!

Et voilà à quoi va ressembler notre communication avec les Mozambiquiens, gens charmants et très accueillants mais ne pipant pas un mot d'anglais !!!!

Premières difficultés...

Après avoir roulé quelques kilomètres au Mozambique, nous comprenons que ce pays nous réserve bien des surprises.... Nous nous dirigons vers le fleuve Zambezi, que nous devrions traverser d'ici peu.... Nous atteignons l'endroit où, d'après nos cartes, nous trouverons le pont qui nous permettra de passer de l'autre côté. Et là, misère... auncune trace de pont...

Les roues avant du 4x4 dans le petit fleuve, Jehan est prêt à tenter la traversée du fleuve comme ça.... ben oui ! si on a installé un schnorkel, il faut bien qu'il serve à quelque chose !!!!! Les autres, bizarement, sont moins enthousiastes !

Dès lors, deux options s'offrent à nous : la première est de revenir sur nos pas et de faire un détour de 300 km (environ 8h de route). Et la seconde est de traverser le fleuve en barque !!!!! Ce transport a été créé tout spécialement pour les véhicules des touristes, comme nous, non-avertis de la non-existence de ce pont !!!!! Les 3 F (no Fuel, no Fric, no Food) choisissent pour nous. Nous devons traverser le fleuve coûte que coûte. Mais c'était sans compter sur la loi d'emmm.... maximum : la barque qui fait les transferts est cassée et doit être remise en état d'ici peu !!!! D'ici peu, d'ici peu.... nous sommes tout de même en Afrique... d'ici peu, ça peut aussi bien vouloir dire dans deux semaines !!!!! Pour avoir des renseignements plus précis, Etienne se fait transporter sur l'autre berge. Après une longue attente, la voix grésillante d'Etienne sort enfin des talki-walkis et nous apporte une bonne nouvelle : la barque sera prête d'ici une heure ! C'est inespéré.... L'équipage embarque finalement tant bien que mal, et finit par traverser "l'infranchissable" fleuve, large d'une petite centaine de mètres seulement !

La nuit tombe, emportant avec elle l'écrasante chaleur de la journée qu'elle remplace par des armées de moustiques. Les phares du 4x4 éclairent notre motard pour qu'il puisse progresser sur la piste sinueuse qui nous fait face. Nul village à l'horizon pour se poser et nous permettre d'offrir une projection ce soir. Nous avançons ; de longues herbes de part et d'autre de la piste nous entrainent vers l'inconnu. D'un coup surgissent 3 pick-up, chargés d'une quinzaine d'hommes chacun ; aucun des véhicules ne s'arrêtent à notre hauteur. Surprenant ! Puis vient ensuite un convoi de 5 autres véhicules. Le premier est un camion de l'armée ; il nous barre la piste étroite et nous ordonne de nous ranger sur le bas coté. Nous nous exécutons, pas très rassurés et laissons passer les autres véhicules. Les installations fixées sur le toit des voitures, les combinaisons de certains membres de ce convoi et les masques à respirer que tiennent les passagés nous laissent perplexes... Peut-ête avons-nous rêvé, sans doute étions-nous bien fatigués mais nous n'avons jusqu'à ce jour trouvé aucune explication plausible à cet étrange convoi !!!! Si vous avez des idées pour éclairer nos lanternes, n'hésitez pas !!!!

Nous atteignons finalement Caia, une ville qui mettra fin à nos inquiétudes de la journée : Cyril-Gonzague est soulagé de remplir le réservoir du 4x4, Marie-Astrid est heureuse de se laver, Etienne est satisfait de refaire le plein de nourriture (spaggethi, riz et cie), et Jehan peut enfin donner signe de vie aux âmes stressées en France.

Le soir, morts de fatigue, nous ne prenons même pas la peine de monter nos tentes sur la structure, nous dormons sur le sol du parking d'un hôtel.... pensant que si un scorpion passe alentours, il aura pitié de nous et ne rajoutera pas d'autres émotions à une journée déjà bien remplie !!!!!

La route vers Maputo

Nous décidons d'emprunter les "routes vertes" afin de profiter pleinement du paysage. Dans les endroits reculés, nous escaladons sur le toit de la voiture (enfin, seulement pour ceux qui y arrivent, n'est-ce-pas Marie- Astrid !). La vue y est souvent imprenable (quand ce n'est pas la branche d'arbre, un peu trop basse, qui vient vous égratiner le visage) ! Tantôt, nous doublons un homme avec son vélo sur lequel il attache sa chèvre, tantôt c'est notre motard Etienne et sa belle qui nous doublent (en fait, seulement le temps d'une photo car les fesses de Marie-Astrid ne se sont pas remises de sa précédente dégringolade.....) En tout cas, les paysages sont magnifiques et nous nous en mettons plein les yeux....

La descente vers Maputo permet à chaque membre de l'équipage de retrouver ses activités quotidiennes favorites : Marie-Astrid dévore son quatrième bouquin sur la banquette arrière, Cyril-Gonzague pilote avec concentration en évitant les nombreux nids de poules parsemés sur les routes, et Jehan préfère à l'activité de co-pilote l'étude de l'architecture des villages et des habitations : au nord du pays nous rencontrons des cases de forme cylindrique en bois ou en torchis avec une toiture de chaume alors qu'au sud du pays, les maisons sont en béton ou en pierre avec une toiture terrasse ou en tôle. Ces dernières sont plus raffinées et solides, semblent plus confortables et gardent une empreinte coloniale.

Les projections au Mozambique

Les villages que nous rencontrons sont assez importants ; la majorités d'entre eux ont l'électricité et il n'est pas aisé de trouver des petits villages reculés et isolés où nous pouvons proposer des projections. Un soir notre route nous mène à un très petit village puisqu'il n'y a que deux cases ! Nous commencons la projection avec 5 personnes mais au fur et à mesure, des habitants venant de toutes parts arrivent. Nous finissons la projection avec une bonne soixantaine de personnes ! A noter que lors de cette projection Jehan a eu l'immense honneur de s'asseoir sur le fauteuil du chef tressé à la main. Le seul du village ! Et oui, il y en a qui savent s'attirer les bonnes faveurs des villageois !

Au Mozambique encore, c'est Charlot qui rencontre le plus de succès ! C'est d'ailleurs ce qui nous a étonné et nous étonne encore maintenant : en partant nous pensions projeter des dessins animés et des Walt Disney : il y en a plus d'une centaine dans notre disque dur ! Et finalement, si nous n'avions pris que Charlot, cela aurait été largement suffisant pour faire le bonheur de tous : celui des Africains qui s'esclaffent à chaque fois et le nôtre, d'entendre leurs rires fuser de toute part ! Nous connaissons maintenant le film par coeur et pourrions même vous le jouer à notre retour en France !!!!! D'ailleurs nous savons à la seconde près quand les gens vont rire, quand ils vont se rouler par terre, etc....

Une soeur que nous avions rencontrée en Ethiopie nous a expliqué pourquoi les films marchent mieux que les desssins animés en Afrique : en effet, les adultes et les enfants ont très peu l'occasion de lire ou de voir des livres d'images ; leur imagination n'est donc pas du tout sollicitée de la même façon que la nôtre et ils ont beaucoup de mal à s'identifier à un héros de dessin animé.... ils ont besoin de voir du concret, du réel et donc des vrais personnages auxquels ils peuvent s'identifier... c'est de là que vient le véritable succès de Charlot !

En tout cas pour nous c'est une véritable récompense et un vrai bonheur de voir les Africains apprécier ce divertissement peu coutumier pour eux et encore plus quand on les voit le lendemain mimer et imiter Charlot !!!!!

Le petit train-train quotidien

Cela fait un moment que nous n'avons pas donné des nouvelles de chacun. En voici quelques-unes:

Jehan et Cyril-Gonzague en grands gentlemen se sont mis à la cuisine et à la vaisselle pour soulager Marie-Astrid. Jehan prépare à merveille les "gâteaux de pâtes", (ça vous fait rêver, hein!) tandis que Cyril-Gonzague sait maintenant couper une tomate en quartier ! Beau début ! Ne riez pas.... ça n'est pas si simple !!!!!

Pendant que certains s'abaissent aux tâches ménagères, Etienne préfère arpenter les magasins à la recherche DU morceau de viande. Cela peut durer une bonne demie-heure ! Eh oui... mais quand on aime, on ne compte pas. Il faut dire qu'au Mozambique la viande est importée d'Afrique du Sud et elle est excellente. Cela agrémente bien les pâtes et le riz.

Jehan se remet doucement d'une grosse frayeur. Pour la première fois au Mozambique, nous avons pu nous baigner dans la mer.... impatients, nous laissons nos affaires sur la plage le temps de faire un petit plongeon. Jehan remarque un groupe d'enfants s'approcher de nos affaires. Prudent, le Jeannot préfère revenir vers la berge. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que ces enfants sont en réalité des adolescentes en top less ! Et quelle ne fut pas sa frayeur de les voir courir droit sur lui ! Imaginez-vous la scène : Jehan courant avec, à ses trousses, une dizaine d'adolescentes en furie. Un vrai remix de la pub pour le déodorant Axe ! Finalement le propriétaire du camping vient à son aide. Il houspille les ados et nous expliquera plus tard qu'elles voulaient simplement le toucher, juste pour voir.... parce que nous sommes "blancs".... le coeur de Jehan bat encore la chamade !!!!!!

CG continue laborieusement et studieusement ses mots croisés... et il progresse ! Il ne regarde (presque) plus les réponses et ne demande plus à ses compagnons de route de l'aider. Cela ne l'empêche pas de ronchonner toute la journée ("il va pleuvoir"... "la voiture penche à gauche"..." il va faire nuit" ... "vous ne pensez qu'à la bouffe" ... etc....) Mais s'il râle, c'est plus par principe, parce qu'en vrai, c'est un super compagnon de route ! Personne ne s'y connait mieux que lui pour surveiller la voiture : le gonflage des pneus, le niveau d'huile... tout ça, il maitrise !

Etienne quant à lui est le plus heureux des hommes. Il peut maintenant manger de la viande à volonté, avoir du pain à chaque repas et déguster les vins d'Afrique du Sud. Sa moto fonctionne à merveille et attire toujours autant les foules. Depuis le début du voyage, environ 30 personnes ont voulu acheter sa moto. Son prorétaire n'est pas peu fier !

Marie-Astrid prépare son retour en France : non, non, détrompez-vous elle ne s'entraine pas pour ses futurs entretiens, elle pense plutôt à ses sorties à la plage : à force d'être entourée d'ogres elle a finit par manger autant qu'eux..... en oubliant qu'elle était deux fois moins corpulente ! Résultat, pour être au top cet été, elle entamme une longue période de "restriction de portions" à la grande joie de ses compagnons de route !

Amélie, allongée sur son canapé français, relit les billets, corrige les quelques fautes d'orthographe et les met sur le site internet !!!!! Elle s'essaye aux montages vidéos et attend avec impatience les coups de fil presque quotidiens de la fine équipe africaine !!!!

Comme vous le voyez, tout va pour le mieux ! Nous vous remercions pour vos messages et vos remarques ! A très bientôt pour la suite de nos aventures !

Photos du récit/album

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  • Passage de la frontière  Malawi Mozambique
  • Passage du Zambèze
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  • Pause déjeuner
  • Une projection pour une famille
  • Un petit paradis sur terre
edhautefeuilleAuteur : Postée le 25 March 2010 par edhautefeuille
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