Ciné-Rêve

Carnet de voyage dans la Corne de l'Afrique

Désert à Djibouti.

A cinq amis nous avons créé l'association Ciné-Rêve, pour faire du cinéma ambulant dans les villages reculés d'Afrique. Nous souhaitons par ce biais offrir un peu de rêve et de magie aux spectateurs d’un soir.
Le 2 avril prochain nous retrouverons notre matériel préalablement envoyé à Djibouti et prendrons la route en direction du Cap en Afrique du Sud ; ceci après notre première séance de cinéma dans un hôpital, de Dijibouti.
Pendant ce périple, nous nous déplacerons en 4x4 (Toyota HDJ80, modèle retenu pour sa renommée) et en moto (Honda 400XR, modèle retenu pour sa légèreté, sa simplicité et sa fiabilité).
Pour les projections, nous disposons d'un petit groupe électrogène, d'un vidéoprojecteur et d'un ordinateur portable.
Nous prévoyons un retour en France le 6 juin après plus de 60 jours passés sur le continent Africain, des dizaines de projections et 10 000 km parcourus.

Durée : 66 jours ( du 01/04/2010 au 05/06/2010)
Zone : Corne de l'Afrique (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
Partager / Envoyer : Sur Facebook Sur Google+ Sur Twitter Par E-mail
edhautefeuille
Carnet de voyage créé par edhautefeuille
Le 17 mars 2010

Vu 585 fois
1 2 >

Préparations

Ce genre de projet, ne se décide pas du jour au lendemain.
Il a fallu un peu moins d'un an pour que l'équipe de ciné-rêve puisse organiser et monter de toute pièce cette aventure.

Nous avons passé beaucoup d'énergie sur la préparation des véhicules.
En effet, le Toyota ainsi que la Honda ont du subir des préparations grand raid. Préparations obligatoires pour éviter le maximum de soucis mécaniques lors de notre périple. Nous avons été particulièrement aider par de nombreux sponsors.
Objectif des préparations…être en autonomie totale.
C'est pourquoi, le coffre de toit, avec ces différents sous-coffres peut accueillir de nombreux accessoires et ainsi nous servir de plate-forme pour pouvoir y dormir.

Équipe et Toyota & Honda
Construction de la structure de toit
Courrier picard
Montage du support
Voir le récit avec photos et commentaires

Djibouti

Après presqu'un an de préparation nous commençons à réaliser vraiment ce qu'il nous arrive.
Nous passons quelques jours à Djibouti pour prendre nos marques et nous préparer. Assurances, ravitaillement en nouriture, visas....
Nous récuperons la voiture et l'ensemble du materiel le samedi, soit 2 jours apres notre arrivée. En effet, le vendredi est un jour off pour le monde musulmam.
Après de longues formalités aux douanes et au port de Djibouti nous récuperons le matériel (voiture et moto) sans aucune anomalie majeure. Notre seul malheur est de nous apercevoir que les gardiens de l'entrepôt ont laissé la radio allumée.... donc plus de batterie pour démarrer le Toyota. Il nous faudra tirer la voiture pour la voir démarrer.
Nous profitons d'être à Djibouti pour faire une première projection pour les enfants des militaires.
Cette première projection nous permet de tester tout le matériel. Car malheureusement nous n'avions pas reçu tout le matériel suffisement tôt pour le tester avant notre départ de France ! Tout fonctionne à merveille ! Nous sommes parés pour l'aventure !

Arrivée à l'aéroport de Djibouti
Désert à Djibouti.
Voir le récit avec photos et commentaires

Ethiopie

Nous avions beaucoup d'appréhension sur la découverte de ce pays : en effet l'Ethiopie est l'un des seuls pays d Afrique à n'avoir pas été colonisé et nous avions entendu dire que les étrangers n'étaient pas particulièrement les bienvenus.... certains nous ont même raconté qu'on leur avait lancé des cailloux...

Les paysages traversés sont rééllement magnifiques. Nous rencontrons au nord du pays un climat sec et aride. A notre grande étonnenement, nous sommes bien reçus par la population locale. Cependant, sans cesse, on nous demande de l'argent et des bouteilles d'eau. Cela est de plus en plus pesant. En effet nous ne pouvons pas tout donner en permanance. Que devons nous faire ? donner sans compter et sans aucune raison (ce qui est différent de donner en contrepartie d'un service...) ou alors résister à notre conscience ? La pauvrete est rééllement presente. Principalement dans les petites villes.

Nous faisons en Ethiopie notre deuxieme projection dans un village. L explication de notre action est particulierement difficile. Par chance, il y a dans le village un jeune homme parlant un peu anglais. Il sera notre interprete avec le chef du village. Ici nous devons obligatoirement demander au chef du village et ainsi avoir son accord.
Apres de longues heures de pourparlers nous installons notre bivouac et notre materiel de projection.
Le village s'installe en face de l'ecran de façon très hiérarchique : le chefs et les hommes importants a gauche puis les hommes puis les femmes, puis les adolescent et enfin les enfants a droite. Peu a peu, environ 100 personnes scrutent chacun de nos mouvements.
La projection commence par un cartoon puis suit le livre de la jungle. Les enfants adorent et rigolent...
A la fin de la soirée nous avons à notre disposition cinq personnes qui veilleront sur nous toute la nuit.
Nous ponvons ainsi discuter avec eux sur leur culture et impression de la soiree.
Meme si nous sommes leurs invites, comme ils nous le répètent, ils nous demandent quelques birs (monnaie locale) pour acheter leur drogue locale... le khatt : feuillage qui se mastique et qui leur permet de rester eveillés.
Nous partons le lendemain tôt pour continuer notre piste. Nous ferons deux jours après une autre projection dans un village de bucherons. L hilarite sera au rendez vous grâce à Charlie Chaplin !!!!!

Première projection
La piste en Ethiopie.
Pose pique nique
Voir le récit avec photos et commentaires

Kenya

Le 13 Avril, nous passons la frontière Ethiopie/Kenya sans aucun problème.
Le Kenya semble à première vue un pays beaucoup développé et organisé que l'Ethiopie.
Nous apprenons que les 600 kms devant nous sont très durs. La piste est principalement faite de tôles ondulées, de boue et de pierres tranchantes. Le matériel sera mis à rude épreuve.
Par ailleurs, nous décidons de prendre avec nous un garde armée pour nous escorter entre Moyale et Isiolo, section réputée pour ses attaques. En effet, dans ces régions, il y a beaucoup de nomades et les vols de bétail sont monnaie courante. Quelques bandits rôdent aussi et n'hésitent pas à attaquer les touristes.
Nous ferons ces 600km en 2 jours. : nous roulons nuit et jour et dormons très peu. Nous sommes tous épuisés.
C'est d'ailleurs sur cette piste où nous rencontrons notre première avarie technique : un de nos amortisseurs nous lache ; après de nombreux essais pour le réparer, nous décidons de poursuive la route sans celui-là. Il nous faudra attendre Marsabit pour trouver un garage où nous pourrone le faire resouder.

A l'approche de Nairobi (200km avant) nous posons nos roues dans une bananeraie. Le payasage est totalement différent de ce que nous avons vu auparavant. La terre est rouge, et la végétation est luxuriante.
Nous obtenons l'accord de la responsable des lieux. Cette dame fait vivre l'ensemble de la population locale, elle emploie près de 6000 personnes.
Nous décidons de projeter devant 250 personnes, un Charlie Chaplin. Ce film provoque en quelques minutes l'euphorie des grands comme des petits. Nous sommes heureux de voir que nos projections marchent et procurent à ces habitants de la joie. Nous apprendrons par la suite qu'aucun blanc n'était jamais venu auparavant dans ces lieux.
Malheureusement, la projection sera stoppée à cause d'une pluie torentielle. Nous sauvons le matériel. Cependant, nos tentes, au préalable montées, font office de piscine. Nous sommes tous trempés. Nous ferons séchés nos affaires le lendemain entre deux averses.
La dame nous offre des régimes de bananes ainsi que des avocats. Elle nous reçoit chez elle, ce sera notre première invitation chez l'habitant.

Pour le retour, la route est très grasse mais notre matériel passe sans problème.
nous reprenons le macadam pour filer en direction de Nairobi,notre objectif étant d'y dormir le soir. Un expatrié français nous y attend et très gentillement nous ouvrira sa maison. Lorsque l'on voyage, la solidarité française est réellement présente.
Apres un bon repos, une nuit dans de bons lits !!!! nous sommes le 16 avril et décidons de partir de Nairobi pour reprendre la piste et nos projections.
Nous prenons la direction du sud vers le parc Amboseli (à la frontière du la Tanzanie )

Apres Nairobi, de fil en aiguille nous avons effectué une projection dans un village maissai.
Le choc des cultures fut particulièrement enrichissant. En effet, nous rencontrons des personnes qui n'ont généralement vu aucun Blancs de leurs vies. L'étonnement est de taille. Les enfants pleurent en nous voyant... les parents s'amusent de voir leur progéniture nous prendre pour des animaux effrayants !!!!

Passage delicat
Nos spectateurs,Kenya
Une installation de projection
Notre garde armé
Voir le récit avec photos et commentaires

Tanzanie

Passage de la frontière et arrivée Moshi

Nous avons passé la frontière Kenya/Tanzanie à Oloitokitok, au pied du Kilimanjaro. Notre plus grande surprise a été de retrouver en Tanzanie un peu de modernité : le poste de frontière est propre, organisé et ici, les officiers portent même un uniforme, ce qui n'a pas été toujours le cas, loin s'en faut ! Mais cela ne veut pas dire que le temps d'attente est moins long : 5 heures pour avoir enfin un tampon sur notre visa et les carnets de passages en douanes remplis!!!! Les formalités sont longues et les Tanzaniens ont le temps... Ici on vit « Pole Pole » ce qui veut dire « Doucement Doucement »... D'ailleurs, le long des routes, régulièrement des panneaux vous rappellent de rouler « Pole Pole » !!!!

Nous avons passé la frontière avec un peu de difficulté. Le douanier nous demande de payer une taxe de 40 dollars car nous avons utilisé les routes. Nous ne savons pas trop si cela est réglementaire ou si le douanier nous demande ça pour ensuite se le mettre dans la poche ; nous décidons donc d'appeler l'ambassade de France. Il s'avère que cette taxe est normale et obligatoire.

Le nord de la Tanzanie nous offre un paysage très luxuriant et réellement magnifique.
Notre première projection se fera aux abords de Moshi, dans un tout petit village de quelques habitants ne parlant pas un mot d'anglais..... dans ces cas-là , les gestes et les mimiques restent la langue internationale !!!!

Le Kilimanjaro

Et oui ! le nouveau défi de l'équipe Ciné- Rêve est de planter le drapeau français et le drapeau Ciné-Rêve au sommet du Kili qui nous nargue depuis plusieurs jours !!!!

Au petit matin, les randonneurs essayent l'équipement nécessaire pour l'ascension : gants, pantalons de pluie, doudounes, cagoules, collants : eh oui, nos shorts et nos chemises ne suffiront pas à affronter le froid et la neige du sommet où la température peut descendre jusqu'à -20°.... Enfin équipés pour résister à toutes les intempéries, nous embarquons dans un mini bus local, le "dala-dala" (véritable fusée ambulante) qui nous emmène au pied du Kili.

Nous roulons une bonne heure avant d'entrer dans le parc national du Kili où nous faisons des réserves d'eau et.... ça y est.... enfin !!!! le moment tant attendu.... nous commençons l'ascension de cette montagne mythique « pole pole » nous répètent constamment les guides.... Effectivement, la clé pour réussir l'ascension est de monter le plus lentement possible afin que nos corps s'habituent progressivement à l'altitude. Les médecins conseillent de ne pas dépasser 300 mètres de dénivelé par jour. Les trois premiers jours nous ferons au total 2000 mètres de dénivelé. Autant vous dire que le défi sportif est bien là !
Le soir, nous dormons dans des refuges (sortes de cahutes en bois) sans grand confort mais au moins nous y sommes au sec. Chaque soir, à notre arrivée au refuge, du thé et des popcorns tout chauds nous attendent.

Le troisième jour nous arrivons au refuge de Kibo, dernier refuge, un peu humide, à 4700 mètres d'altitude avant le sommet tant attendu.

Nous nous levons à minuit pour commencer l'ultime ascension. Dès la première heure, Marie-Astrid et Etienne ont les symptômes du mal des montagnes : nausées, terribles maux de tête, vertiges, essoufflement, étourdissements... Marie-Astrid manque de « s'évanouir » à chaque pas. Heureusement Jehan est derrière et veille à ce qu'elle ne tombe pas. Etienne, le sportif du groupe s'affale sur le flanc tel un cheval qui a raté une haie ! Personne ne dit mot mais toute l'équipe est consternée ! Va-t-on y arriver ? Il fait nuit noire, la lune éclaire nos petits pas, la pente est ardue et le courage commence à flancher. Ça commence mal. A partir de 5200 mètres c'est au tour de CG d'avoir le mal des montagnes. Il souffle, râle, rugit, peste, souffle, souffle et souffle ! Au moins nous l'entendons et savons qu'il est toujours en vie... A environ 5500 mètres, Jehan le « Grand Montagnard » est lui aussi touché par le mal des montagnes. Nous souffrons tous du manque d'oxygène et surtout de la pression due à l'altitude, mais rien n'arrête l'équipe Ciné-Rêve.

L'envie est grande de faire demi-tour et de redescendre pour que s'arrête ce mal de tête horrible et tous ces symptômes... mais on tient bon ! Vive l'esprit d'équipe, l'un entraînant l'autre.... chacun puisant au plus profond de lui encore un peu de courage et de volonté pour avancer et pour mettre un pied devant l'autre.... surtout ne pas flancher.... ne pas penser qu'on pourrait s'arrêter... toujours avancer... toujours monter.... ne pas réfléchir.... tenir bon coûte que coûte, le jeu en vaut la chandelle ; si l'un de nous s'arrête, c'est le moral de tout le monde qui va en prendre un coup.... le présence de l'autre, devant et derrière, aide à tenir bon et à avancer !!!! Ensemble, on peut tout ;-)

Finalement à 5h30, nous atteignons le Gilman's Point à 5681 mètres.

Nous assistons à un lever de soleil magnifique, mais nous n'avons pas vraiment le courage de prendre des photos ; chaque mouvement représente un véritable effort... Nous continuons vers le pic le plus élevé : le pic Uhuru qui culmine à 5892 mètres (pour info, le Mont Blanc culmine à 4810 mètres et l'Everest à 8848 mètres.... peut-être notre prochain défi quand Ciné-rêve sera au Tibet....)

Chaque pas en avant est une victoire. Nous atteignons enfin Uhuru après 7h30 d'ascension acharnée.

Nous sommes tellement épuisés que nous profitons à peine de ce moment magique. Le temps de prendre quelques photos, d'avoir une petite pensée pour tous ceux qu'on aime et toutes les personnes qui nous soutiennent dans notre projet et nous voilà repartis pour 3 heures de descente. Nos jambes flageolent.

A 11h30 nous arrivons enfin au refuge de Kibo où nous dormons une heure avant de reprendre la descente. Le lendemain matin, pas tout à fait remis de notre ascension de la veille, nous reprenons la marche et cahin-caha, arrivons au pied du Kili, notre point de départ. Nous sommes « cuits, rôtis, épuisés » mais heureux d'avoir relevé ce défi sportif ! Longtemps nous nous souviendrons de cette ascension, fiers d'avoir atteint le plus haut sommet de l'Afrique, mais pas vraiment prêts à le refaire …en tout cas pas tout de suite

Dar-El-Salam

Après l'ascension du Kili, nous quittons Moshi, le 27 avril, direction Dar-El-Salam. Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un petit village situé au beau milieu d'un paysage magnifique.
Personne ici ne parle un mot d'anglais, pas même hello, ni yes ou no! Pas un mot. C'est la première fois que cela nous arrive et cela donne lieu à de nombreux fous rires. La communication ne passe que par des gestes et des mimiques... nous devenons des pros des mimes... comme Charlot, notre héros ! Ceci étant, ça n'est pas si simple de faire comprendre notre intention d'offrir une séance de cinéma ! Heureusement, nous avons des photos des précédentes représentations.... et les photos parlent d'elles même ; au large sourire qu'affiche le chef du village, nous sommes ravis, le message semble reçu !
Après de chaleureuses tapes dans le dos, poignées de mains, et nombreux « Karibu » (bienvenue) l'équipe Ciné Rêve accomplit avec joie une énième fois sa mission...

Le lendemain, nous arrivons à Dar-El-Salam où nous sommes hebergé par un expatrié français qui travaille pour Sogea Satom (Vinci). Nous profitons de notre présence à Dar pour emmener la voiture chez un garagiste qui va nous ressouder la carrosserie de la voiture qui a bien souffert des trous et des bosses de certaines pistes pourries et qui menaçait de nous jouer un sale tour !
Nous en profitons aussi pour faire un peu de lessive et retrouver un peu de confort (lits et douches) ce qui n'est pas désagréable !!!!!!

Zanzibar

Après y avoir passé deux jours, nous quittons Dar-El-Salam pour Zanzibar ; la traversée se fera en ferry, histoire de nous rappeler qu'il existe d'autres moyens de locomotion que la voiture ou la moto....!!! Nous y passons le week-end afin de nous « reposer » un peu du Kili et de profiter des plages mythiques de cette petite île.
C'est de Zanzibar que nous quittera une de nos coéquipières, rapatriée en France pour une sciatique sévère.

Mbeya

Après cette petite pause à Zanzibar, nous reprenons la route vers Mboya. Le soir nous nous arrêtons dans un village massaï où nous proposons une projection. Le village est envahi par les mouches. Nous ne voyons même plus les yeux des enfants tellement il y a des mouches sur leurs visages. Mis à part ce petit détail, l'endroit est sympathique. Les habitants sont chaleureux : ils nous offrent une natte pour que l'on s'assoient et nous apportent du lait de vache tout chaud! Pour les Parisiens que nous sommes, cela change de Lactel et a un peu le goût de bouse de vache mais cela va sans dire, nous le buvons jusqu'à la dernière goutte!

Tanzanie
Tanzanie
Tanzanie
Tanzanie
Voir le récit avec photos et commentaires

Malawi

Le Nord du Malawi

Nous avons passé la frontière du Malawi tard dans l'après-midi. A la nuit tombée, nous demandons l'hospitalité dans un village. Nous sommes tellement fatigués que, pour la première fois, nous ne parlons même pas de cinéma. Le propriétaire des lieux nous offre spontanément et très gentillement un bout de terrain. Devant l'accueil chaleureux des habitants et leurs sourires « colgate » l'équipe Ciné-Rêve craque et sa fatigue retombe.... Ce soir, nous avons décidé d'innover car ici, tous ont l'air de parler et de bien comprendre l'anglais. Nous projetons donc "Pirates des Caraïbes" au pied d'un magnifique baobab. C'est un succès total ! Petits et grands sont suspendus au film. Charlie est détrôné. On nous offre des bananes.... c'est de bonne augure pour la suite de notre voyage au Malawi.

Le lendemain, dès 6h, nous entendons les enfants rôder autour du 4x4... curieux devant une telle installation. On nous explique qu'ils sont censés aller à l'école mais qu'ils n'iront pas car ils préfèrent regarder le réveil des « Msungu » (nom que l'on donne aux Blancs). Bel exemple d'éducation de la part de Ciné-Rêve !

Nous reprenons la route en direction de Livigsontonia. Nous entraînons le 4x4 et la moto sur une superbe piste : des cultures verdoyantes habillent de petites collines ; ici et là on peut admirer des enfants jouant avec un cerceau, des femmes faisant la lessive, des hommes jouant aux dames. Tout est super paisible. Plus on s'enfonce dans la brousse et plus les acclamations redoublent. On se prendrait facilement pour Jacques Chirac au salon de l'Agriculture !

Le soir nous bivouaquons dans un endroit désert. Il est 17h : c'est la première fois que nous nous arrêtons si tôt. Nous dînons aux chandelles sur la structure : le soleil se couche, une petite brise nous chatouille le visage, ce moment de calme nous fait le plus grand bien. Si nous aprécions beaucoup le contact avec les habitants et la population locale (nous sommes d'ailleurs venus en Afrique pour ça !) nous savourons aussi de temps à autre nos rares moments d'intimité.

Le lendemain, frais et dispos, nous poursuivons la piste en direction du lac Malawi. Le paysage est vraiment magnifique !!!!

Le long du lac Malawi

La nuit tombant, nous cherchons un petit village sur la route bordant le lac Malawi. Nous discutons avec un pêcheur assis au bord du chemin et en profitons pour lui proposer une projection. Il est très intéressé mais l'étroitesse de l'accès à son village nous inquiète. En effet, pour atteindre le rivage, il nous faut emprunter un petit passage bordé de plants de pommes de terre. Avant de nous lancer, nous demandons l'accord du propriétaire et nous nous assurons de ne pas avoir de reproches si nous endommagions ses cultures. Nous passons finalement sans rien abimer.

C'est l'un de nos meilleurs spots. Les 4 roues dans le sable et les pieds dans l'eau nous regardons "Pirates des Caraïbes". Il y a au moins 200 personnes. Ils sont tellement ravis qu'ils nous demandent de projeter des films toute la nuit !

Le lendemain nous essayons de quitter relativement tôt ce lieu de rêve mais des petits ennuis commencent. Le mari de la propriétaire du champ de pommes de terre nous réclame de l'argent pour être passés dans son champ. Pour nous amadouer, il nous fait croire que sa femme est en pleurs à cause de nous. Peinés, nous allons la rencontrer et sommes surpris de la trouver très souriante, encore émerveillée par le film d'hier soir... Ah la la la.... ces hommes....!!!!!! si on les croyait, il faudrait presque les payer pour les écouter parler !!!!!!

Le Sud du Malawi

Nous continuons à longer le lac jusqu'à Lilongwe, la capitale du Malawi. Nous nous arrêtons au camping où nous faisons connaissance avec des congénères baroudeurs. Nous discutons avec un couple d'Allemands et leurs deux enfants : ils font un voyage d'un an avec un énorme truck de pompier actuellement en panne.... intérieurement, nous nous félicitons d'avoir acheté Titine qui, pour l'instant, ne nous a pas fait défaut !

Le lendemain « on the road again » direction Blantyre.

Le soir nous nous arrêtons dans un petite village pour une projection. On propose une nouvelle fois Charlie.

La frontière avec le Mozambique

Nous nous levons à l'aube car nous espérons passer la frontière dans la journée. Nous mettons le 4x4 à l'épreuve sur des pistes sinueuses. A peine le temps de s'arrêter pour déjeuner : pas le temps de faire cuire des pâtes... nous mangerons des Corn Flakes sans lait ! Un régal ! Après 80 kms de piste, nous apprenons que le pont que nous devions emprunter s'est effondré.... nos espoirs de passer la frontière aujourd'hui s'effondrent avec.... nous devons donc faire demi-tour et remonter vers le Nord : productivité 0, une journée de perdue, 200 kms de détour ! Super ! Pour couronner le tout, Etienne casse son embrayage de moto. Heureusement, sa voiture d'assistance est là.....

Une demi heure plus tard nous reprenons la route. Mais la journée n'est pas terminée... notre motard préféré glisse sur une dalle de béton et chute dans une flaque d'eau. Résultats : un bel hématome, des égratignures un peu partout, la poignée de frein cassée et le repose-pied tordu..... La casse est limitée, il n'allait pas trop vite.... il a beaucoup de chance car il aurait pu se faire vraiment mal. Grâce à ses deux assistants techniques et son infirmière, Etienne repart d'un bon pied.

Le soir nous trouvons l'hospitalité dans une explotation de canne à sucre. Nous sommes épuisés mais ne pouvons nous empêcher de proposer une projection. Ce sera "Pirates des Caraïbes". C'est à nouveau un succès, plus de 200 personnes sont scotchées à l'écran.... Le film terminé, les spectateurs restent, trop curieux d'observer nos faits et gestes.... nous rangeons le matériel, sortons nos tentes, préparons notre diner, dinons.... tout ça sous leurs yeux ébahis ! C'est très impresssionant pour nous aussi ! Ils ne se lassent pas de nous regarder et de discuter entre eux : ce qu'ils observent là est bien mieux qu'un film !!!!! L'équipe Ciné-Rêve est fière de vous annoncer qu'elle est devenue, à son insue, producteur, réalisateur et acteur !

Le matin, nous reprenons la route pour passer la frontière à Villa Nova dei Fronteira. Le village ressemble à Tchernobyl, les bâtiments sont désaffectés, les maisons sont sans toit et les rues sont vides. RAS pour la frontière, nous passons comme une lettre à la poste.

Nous quittons le Malawi avec un petit pincement au cœur. C'est notre pays coup de cœur, la pépite de Ciné-Rêve. C'est un petit pays qui regorge de charmes, de richesses et de gentillesse. Nous avons beaucoup apprécié le contact avec la population toujours prête à nous accueillir et à échanger. Nous sommes aussi ravis car nous avons pu à nouveau faire de nombreuses projections et ainsi apporter un peu de rêve et de magie, comme nous l'avions tant espéré !

Malawi
Malawi
Malawi
Malawi
Voir le récit avec photos et commentaires

Mozambique

Nous entrons dans ce pays par la "Villa de la Fronteria", un petit poste frontalier qui voit passer très peu d'étrangers : le dernier 4x4 de touristes nous précède de 15 jours. C'est un pays colonisé par les Portuguais et qui n'est indépendant que depuis 1992.

Avec le "clac" du tampon de l'officier de douane sur nos passeports, d'autres sonorités nous laissent perplexes.... eh oui.. le portugais est ici la langue officielle et nationale !!!! Aïe, aïe, aïe.... pas l'un d'entre nous ne baragouine le moindre petit mot portugais ! Amélie s'en serait sans doute mieux sorti que nous... Pas le temps de s'y mettre en douceur : aucun douanier ne parle un mot d'anglais ! Ca promet d'être épique !!!!! Heureusement, Etienne connait encore quelques rudiments d'espagnol.... Et là, sous les yeux ébahis de ses copilotes, s'instaure un drôle de dialogue : - question du douanier en portugais, - réponse d'Etienne en franco-anglo-espagnol, - question en portugais, - réponse en hispano-anglo-français, - question en portugais, - réponse en anglo-franco-espagnol et ainsi de suite.... !!!!!!! Etienne ne se laisse pas démonter, le douanier non plus.... lorsque ça coince d'un côté ou de l'autre, on complète par des gestes, des mimes et des grimaçes.... Le reste de l'équipe observe avec une pointe de suspicion ce semblant de communication.... qui porte ses fruits : la frontière nous est enfin ouverte, et nos papiers ont été remplis dans les règles de l'art !!!!!

Et voilà à quoi va ressembler notre communication avec les Mozambiquiens, gens charmants et très accueillants mais ne pipant pas un mot d'anglais !!!!

Premières difficultés...

Après avoir roulé quelques kilomètres au Mozambique, nous comprenons que ce pays nous réserve bien des surprises.... Nous nous dirigons vers le fleuve Zambezi, que nous devrions traverser d'ici peu.... Nous atteignons l'endroit où, d'après nos cartes, nous trouverons le pont qui nous permettra de passer de l'autre côté. Et là, misère... auncune trace de pont...

Les roues avant du 4x4 dans le petit fleuve, Jehan est prêt à tenter la traversée du fleuve comme ça.... ben oui ! si on a installé un schnorkel, il faut bien qu'il serve à quelque chose !!!!! Les autres, bizarement, sont moins enthousiastes !

Dès lors, deux options s'offrent à nous : la première est de revenir sur nos pas et de faire un détour de 300 km (environ 8h de route). Et la seconde est de traverser le fleuve en barque !!!!! Ce transport a été créé tout spécialement pour les véhicules des touristes, comme nous, non-avertis de la non-existence de ce pont !!!!! Les 3 F (no Fuel, no Fric, no Food) choisissent pour nous. Nous devons traverser le fleuve coûte que coûte. Mais c'était sans compter sur la loi d'emmm.... maximum : la barque qui fait les transferts est cassée et doit être remise en état d'ici peu !!!! D'ici peu, d'ici peu.... nous sommes tout de même en Afrique... d'ici peu, ça peut aussi bien vouloir dire dans deux semaines !!!!! Pour avoir des renseignements plus précis, Etienne se fait transporter sur l'autre berge. Après une longue attente, la voix grésillante d'Etienne sort enfin des talki-walkis et nous apporte une bonne nouvelle : la barque sera prête d'ici une heure ! C'est inespéré.... L'équipage embarque finalement tant bien que mal, et finit par traverser "l'infranchissable" fleuve, large d'une petite centaine de mètres seulement !

La nuit tombe, emportant avec elle l'écrasante chaleur de la journée qu'elle remplace par des armées de moustiques. Les phares du 4x4 éclairent notre motard pour qu'il puisse progresser sur la piste sinueuse qui nous fait face. Nul village à l'horizon pour se poser et nous permettre d'offrir une projection ce soir. Nous avançons ; de longues herbes de part et d'autre de la piste nous entrainent vers l'inconnu. D'un coup surgissent 3 pick-up, chargés d'une quinzaine d'hommes chacun ; aucun des véhicules ne s'arrêtent à notre hauteur. Surprenant ! Puis vient ensuite un convoi de 5 autres véhicules. Le premier est un camion de l'armée ; il nous barre la piste étroite et nous ordonne de nous ranger sur le bas coté. Nous nous exécutons, pas très rassurés et laissons passer les autres véhicules. Les installations fixées sur le toit des voitures, les combinaisons de certains membres de ce convoi et les masques à respirer que tiennent les passagés nous laissent perplexes... Peut-ête avons-nous rêvé, sans doute étions-nous bien fatigués mais nous n'avons jusqu'à ce jour trouvé aucune explication plausible à cet étrange convoi !!!! Si vous avez des idées pour éclairer nos lanternes, n'hésitez pas !!!!

Nous atteignons finalement Caia, une ville qui mettra fin à nos inquiétudes de la journée : Cyril-Gonzague est soulagé de remplir le réservoir du 4x4, Marie-Astrid est heureuse de se laver, Etienne est satisfait de refaire le plein de nourriture (spaggethi, riz et cie), et Jehan peut enfin donner signe de vie aux âmes stressées en France.

Le soir, morts de fatigue, nous ne prenons même pas la peine de monter nos tentes sur la structure, nous dormons sur le sol du parking d'un hôtel.... pensant que si un scorpion passe alentours, il aura pitié de nous et ne rajoutera pas d'autres émotions à une journée déjà bien remplie !!!!!

La route vers Maputo

Nous décidons d'emprunter les "routes vertes" afin de profiter pleinement du paysage. Dans les endroits reculés, nous escaladons sur le toit de la voiture (enfin, seulement pour ceux qui y arrivent, n'est-ce-pas Marie- Astrid !). La vue y est souvent imprenable (quand ce n'est pas la branche d'arbre, un peu trop basse, qui vient vous égratiner le visage) ! Tantôt, nous doublons un homme avec son vélo sur lequel il attache sa chèvre, tantôt c'est notre motard Etienne et sa belle qui nous doublent (en fait, seulement le temps d'une photo car les fesses de Marie-Astrid ne se sont pas remises de sa précédente dégringolade.....) En tout cas, les paysages sont magnifiques et nous nous en mettons plein les yeux....

La descente vers Maputo permet à chaque membre de l'équipage de retrouver ses activités quotidiennes favorites : Marie-Astrid dévore son quatrième bouquin sur la banquette arrière, Cyril-Gonzague pilote avec concentration en évitant les nombreux nids de poules parsemés sur les routes, et Jehan préfère à l'activité de co-pilote l'étude de l'architecture des villages et des habitations : au nord du pays nous rencontrons des cases de forme cylindrique en bois ou en torchis avec une toiture de chaume alors qu'au sud du pays, les maisons sont en béton ou en pierre avec une toiture terrasse ou en tôle. Ces dernières sont plus raffinées et solides, semblent plus confortables et gardent une empreinte coloniale.

Les projections au Mozambique

Les villages que nous rencontrons sont assez importants ; la majorités d'entre eux ont l'électricité et il n'est pas aisé de trouver des petits villages reculés et isolés où nous pouvons proposer des projections. Un soir notre route nous mène à un très petit village puisqu'il n'y a que deux cases ! Nous commencons la projection avec 5 personnes mais au fur et à mesure, des habitants venant de toutes parts arrivent. Nous finissons la projection avec une bonne soixantaine de personnes ! A noter que lors de cette projection Jehan a eu l'immense honneur de s'asseoir sur le fauteuil du chef tressé à la main. Le seul du village ! Et oui, il y en a qui savent s'attirer les bonnes faveurs des villageois !

Au Mozambique encore, c'est Charlot qui rencontre le plus de succès ! C'est d'ailleurs ce qui nous a étonné et nous étonne encore maintenant : en partant nous pensions projeter des dessins animés et des Walt Disney : il y en a plus d'une centaine dans notre disque dur ! Et finalement, si nous n'avions pris que Charlot, cela aurait été largement suffisant pour faire le bonheur de tous : celui des Africains qui s'esclaffent à chaque fois et le nôtre, d'entendre leurs rires fuser de toute part ! Nous connaissons maintenant le film par coeur et pourrions même vous le jouer à notre retour en France !!!!! D'ailleurs nous savons à la seconde près quand les gens vont rire, quand ils vont se rouler par terre, etc....

Une soeur que nous avions rencontrée en Ethiopie nous a expliqué pourquoi les films marchent mieux que les desssins animés en Afrique : en effet, les adultes et les enfants ont très peu l'occasion de lire ou de voir des livres d'images ; leur imagination n'est donc pas du tout sollicitée de la même façon que la nôtre et ils ont beaucoup de mal à s'identifier à un héros de dessin animé.... ils ont besoin de voir du concret, du réel et donc des vrais personnages auxquels ils peuvent s'identifier... c'est de là que vient le véritable succès de Charlot !

En tout cas pour nous c'est une véritable récompense et un vrai bonheur de voir les Africains apprécier ce divertissement peu coutumier pour eux et encore plus quand on les voit le lendemain mimer et imiter Charlot !!!!!

Le petit train-train quotidien

Cela fait un moment que nous n'avons pas donné des nouvelles de chacun. En voici quelques-unes:

Jehan et Cyril-Gonzague en grands gentlemen se sont mis à la cuisine et à la vaisselle pour soulager Marie-Astrid. Jehan prépare à merveille les "gâteaux de pâtes", (ça vous fait rêver, hein!) tandis que Cyril-Gonzague sait maintenant couper une tomate en quartier ! Beau début ! Ne riez pas.... ça n'est pas si simple !!!!!

Pendant que certains s'abaissent aux tâches ménagères, Etienne préfère arpenter les magasins à la recherche DU morceau de viande. Cela peut durer une bonne demie-heure ! Eh oui... mais quand on aime, on ne compte pas. Il faut dire qu'au Mozambique la viande est importée d'Afrique du Sud et elle est excellente. Cela agrémente bien les pâtes et le riz.

Jehan se remet doucement d'une grosse frayeur. Pour la première fois au Mozambique, nous avons pu nous baigner dans la mer.... impatients, nous laissons nos affaires sur la plage le temps de faire un petit plongeon. Jehan remarque un groupe d'enfants s'approcher de nos affaires. Prudent, le Jeannot préfère revenir vers la berge. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que ces enfants sont en réalité des adolescentes en top less ! Et quelle ne fut pas sa frayeur de les voir courir droit sur lui ! Imaginez-vous la scène : Jehan courant avec, à ses trousses, une dizaine d'adolescentes en furie. Un vrai remix de la pub pour le déodorant Axe ! Finalement le propriétaire du camping vient à son aide. Il houspille les ados et nous expliquera plus tard qu'elles voulaient simplement le toucher, juste pour voir.... parce que nous sommes "blancs".... le coeur de Jehan bat encore la chamade !!!!!!

CG continue laborieusement et studieusement ses mots croisés... et il progresse ! Il ne regarde (presque) plus les réponses et ne demande plus à ses compagnons de route de l'aider. Cela ne l'empêche pas de ronchonner toute la journée ("il va pleuvoir"... "la voiture penche à gauche"..." il va faire nuit" ... "vous ne pensez qu'à la bouffe" ... etc....) Mais s'il râle, c'est plus par principe, parce qu'en vrai, c'est un super compagnon de route ! Personne ne s'y connait mieux que lui pour surveiller la voiture : le gonflage des pneus, le niveau d'huile... tout ça, il maitrise !

Etienne quant à lui est le plus heureux des hommes. Il peut maintenant manger de la viande à volonté, avoir du pain à chaque repas et déguster les vins d'Afrique du Sud. Sa moto fonctionne à merveille et attire toujours autant les foules. Depuis le début du voyage, environ 30 personnes ont voulu acheter sa moto. Son prorétaire n'est pas peu fier !

Marie-Astrid prépare son retour en France : non, non, détrompez-vous elle ne s'entraine pas pour ses futurs entretiens, elle pense plutôt à ses sorties à la plage : à force d'être entourée d'ogres elle a finit par manger autant qu'eux..... en oubliant qu'elle était deux fois moins corpulente ! Résultat, pour être au top cet été, elle entamme une longue période de "restriction de portions" à la grande joie de ses compagnons de route !

Amélie, allongée sur son canapé français, relit les billets, corrige les quelques fautes d'orthographe et les met sur le site internet !!!!! Elle s'essaye aux montages vidéos et attend avec impatience les coups de fil presque quotidiens de la fine équipe africaine !!!!

Comme vous le voyez, tout va pour le mieux ! Nous vous remercions pour vos messages et vos remarques ! A très bientôt pour la suite de nos aventures !

.
Passage de la frontière  Malawi Mozambique
Passage du Zambèze
.
Voir le récit avec photos et commentaires

Afrique du Sud

L'entrée en Afrique du Sud nous ramène un peu plus en Europe. A peine la frontière passée, une fois de plus comme une lettre à la poste, nous trouvons une station service, un bureau de change, un supermarché bien achalandé... une première ! C'est l'occasion de refaire nos stocks : en effet, nous étions à sec depuis quelques jours ...
Nous profitons de notre passage à proximité du parc Kruger pour le visiter. Malgré les nombreuses pistes empruntées, nous n'avons vu que très peu d'animaux sauvages. La végétation abondante à cette époque ne nous permet pas d'admirer autant d'espèces que prévu... Mais nous ne nous laissons pas abattre. Nous célébrons dignement l'anniversaire de Jehan avec un bonne entrecôte au barbecue. La viande est ici trois fois moins chère qu'en France et excellente... Pour l'occasion, nous avons invité nos amis Jim, Jack et Overmeer, rencontrés en Afrique du Sud et avons passé avec eux une très bonne soirée !

Plus nous avançons dans le pays, plus nous nous rendons compte que la majorité des villages est alimentée en électricité. L'organisation des projections devient donc plus délicate. Ceci ne nous empêche pas de passer de mémorables soirées et même de réaliser l'une de nos plus belles projections : une séance en petit comité dans un hameau du KwaZuluNatal.
Une famille Zulu, vingt personnes environ, nous accueille à bras ouverts, ravie d'avoir du cinéma à domicile. Ils nous offrent du bois pour faire une petite flambée et des nattes pour nous installer. Le lendemain, tout le monde revient autour de notre campement le sourire aux lèvres pour nous remercier : leur reconnaissance nous fait vraiment très plaisir ! Quelle bonheur pour nous de leur avoir apporté un peu de joie ! Nous avons tous été très touchés ; Jehan en particulier. C'est d'ailleurs dans ce village qu'il a décidé d'offrir son maillot de foot du PSG réservé pour son « village coup de cœur » !

Après les adieux chaleureux, le départ est aussi épique que la soirée fut bonne. En effet, notre beau 4x4, qui connaissait des petits problèmes de batterie, refuse de démarrer. Les jours précédents, nous avions pris soin de nous garer en haut d'une pente pour pouvoir repartir le lendemain mais cette fois-ci, impossible..... Toute la famille nous aide donc à pousser notre « légère » monture frisant les 3 tonnes... une fois.... deux fois... trois fois.... avant de réussir enfin à faire rugir le moteur...!!!

Après avoir remplacé la batterie, nous nous élançons dans la direction du fameux « Sani Pass ». Ce col, connu pour ses difficultés de franchissement, est le seul point d'accès à l'est du Lesotho et il n'est accessible qu'en 4x4. Avant de l'atteindre, il nous faut emprunter une petite route goudronnée, une bonne piste puis un chemin pentu coupé de guets... tout ceci dans un paysage de montagne magnifique... Que du bonheur ! et quel spectacle !
Au poste frontalier, une vue imprenable sur le la vallée s'offre à nous. Nous poursuivrons notre route dans ces paysages hors du temps, bordés de huttes et de troupeaux de bétail. Les chèvres et les moutons sont gardés par des bergers vêtus de chaudes couvertures hautement symboliques : ces étoffes sont portées selon le rang social ; par exemple, les motifs représentant des épis de maïs (symbole de fécondité et de prospérité) sont réservés aux chefs... Devant le froid hivernal, nous nous sommes équipés de couvertures mais qui n'avaient d'autre motif que quelques bandes grises clair sur un fond gris foncé... rien de très glorieux !!!

En sortant du Lesotho, nous nous dirigeons vers la région du Cap. Les paysages de prairies montagneuses laissent place aux côteaux plantés de vignobles. Mais, avant de goûter les fameux vins du « Western Cape », nous avons traversé le « Petit Karoo » : désert parsemé de fermes d'autruches. Nous nous sommes d'ailleurs arrêtés dans l'une d'elles pour y acheter des steaks. Eh oui.... si Etienne n'a pas son morceau de viande quotidien, rien ne va, la journée est foutue et son moral en prend un coup !!!!
C'est dans cette ferme que nous avons pu faire une petite séance de rodéo.... c'était juste à mourir de rire... Oui, oui, vous avez bien compris : nous sommes montés à dos d'autruche !!!! Un court instant certes.... mais ce fut mémorable !!!! En fait, une fois que nous sommes installés sur le dos de l'"oiseau", l'éleveur enlève le sac que l'autruche a sur la tête (qui fait qu'elle se tient tranquille...) et là, elle part dans tous les sens, courant, zigue-zaguant.... ou stoppant net pour essayer de se débarraser de nous ! Nous, nous n'avons que ses ailes pour nous tenir et ça ne fait pas beaucoup. Le temps de tenue en "selle" est très court.... surtout pour Marie-Astrid... la vilaine bestiole l'a projetée dans un mur ! Plus de peur que de mal pour elle mais que de rires pour nous !

C'est à Stellenboch que nous faisons notre dernière projection. Une séance particulière dans une salle d'étude dédiée aux enfants du personnel d'un domaine viticole. En Afrique du Sud, les écoles sont fermées pendant un mois pour la coupe du monde ! L'équipe Ciné-Rêve arrive donc à point nommé pour distraire un peu les écoliers forcés à faire l'école buissonnière...

Nous rendons ensuite une petite visite au "Cap of Goog Hope" où nous en profitons pour faire quelques dernières photos, rendre visite aux pingouins et déguster une bonne dernière entrecôte !

Nous savourons tout particulièrement ces moments avant d'aller conduire, le cœur gros, notre voiture et tout le matériel au port du Cap.
D'ici peu nous serons de retour en France et même si l'idée de vous retrouver nous réjouit, c'est avec un gros pincement au coeur que nous monterons dans l'avion...

Au kruger park
Le buffle...le " big five " le plus meurtrier d'Afrique
Une grosse bête
Dans une reserve naturelle au Swaziland
Voir le récit avec photos et commentaires

Sponsors & Partenariats

Un grand merci à nos sponsors qui nous soutiennent dans cette aventure humaine :

- Yamaha Musique ( fr.yamaha.com)
- Outback Import ( outback-import.com)
- Sériprime ( seriprime.fr)
- Euro4*4parts ( euro4*4parts.com)
- Ecotec ( ecotec.fr)
- Visoterra.com
- Motoland Amiens ( motoland.eu)
- RDT (groupe-rdt.eu/fr/marseille.html)

Voir le récit avec photos et commentaires

Découvrez aussi tous les autres carnets de voyage dans la Corne de l'Afrique proposés par les Visoterriens.

1 2 >
Carte du voyage
Chercher dans Visoterra