STUNG(KAMPONG KOLEÏ) Abandon et délivrance

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
DEPART DE LA CITE ROYALE D'ANGKOR THOMRécit/album précédent :
DEPART DE LA CITE ROYALE D'ANGKOR THOM
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Le soleil est à son zénith, nous approchons de 13H00, je me sens au plus mal, les premières crampes arrivent, j'espère inconsciemment pédaler plus vite mais j'épuise mon potentiel, les camions dégagent des nuages de poussière; avec la chaleur cela m'asphyxie sur leur passage et ralentis ma vitesse, je me traîne lamentablement.
Je suis malade, je commence à avoir des vomissements, Philippe me ravitaille mais je n'arrive pas à avaler le moindre aliment et dès que je bois, je rejette le liquide. Je suis très inquiet, j'ai peur de faire un coup de chaleur. Je remonte tant bien que mal sur le cyclo. Je pédale quelques mètres mais les crampes reviennent. J'essaie de maîtriser ma douleur, rien à faire. Je commence à craquer, j'ai des vertiges, je n'arrêtes pas de vomir, pourtant il faut que j'atteigne le prochain village.
Je n'ai pas envie de crever sur cette route. Stung (kampong kolei) n'est qu'à six kilomètres, je me traîne tant bien que mal jusqu'à l'entrée du village, une petite montée et me voilà sur un pont vieux de sept siècles. Une petite descente et j'aperçois un jardin public sur la gauche avec des bancs en pierre. Je m'arrêtes et descends avec peine ma monture. Je suis fourbu, mes jambes me font mal. Je m'allonge sur un banc alors que l'équipe de journalistes filme mon abandon.
Je me rend à l'évidence que c'est bel et bien fini, Je n'irai pas plus loin, je décide d'arrêter, je suis à bout de force, dêshydraté, couvert de crampes. Je ne peux plus rien avaler, je vomis ma bile. Je crois que j'ai fait une intoxication alimentaire suivie d'une hypoglycémie dû à une déshydratation, je suis anéanti, désabusé d'annoncer mon abandon. J'essaie de récupérer un peu mes esprits afin de pouvoir téléphoner à la voiture qui m'attend à Kompong Thom.
Heureusement, j'ai emmené mon portable pour rester en contact avec l'équipe de secours, j'arrive à parler tant bien que mal à Claire, fer de lance de l'équipe du Centre des cyclos, elle est accompagnée du Directeur du Centre, je lui explique que c'est fini, je suis à bout de forces. Philippe, mon fidèle accompagnateur se met en quête d'un pick-up pour ramener le cyclo pousse à Phnom-Penh.
Nous attendrons quatre interminables heures, ponctuées de vomissements, je commence à sommeiller, je me sens si faible et malade, je n'ai rien mangé de la journée et la nuit tombe sur le petit village traversé par la piste de terre battue. Je ne vois pas le véhicule 4x4 Toyota arriver et pourtant Kompong Thom n'est qu'à 80 kms. Je comprendrais plus tard pourquoi. J'essaie d'avaler un coca qui me reste sur l'estomac, l'équipe de secours arrive alors que je recommence à vomir. Je suis très mal en point lors de cette jonction.
Nous prenons le chemin du retour, Claire est inquiète et parle de me conduire dès notre arrivée dans la capitale à l'hôpital, ici pas de docteur, pas de service d'urgence. Je fais stopper une bonne dizaine de fois la voiture pour vomir le peu de bile qu'il me reste. En atteignant Kompong Thom, nous quittons enfin la piste de terre, je comprend mieux maintenant la longue attente de 4 heures, cette piste n'est pas une route, on dirait plutôt le lit d'une rivière asséchée.
Nous cherchons en vain sur notre passage une station essence ouverte, il nous faudra attendre la sortie de la ville" pour frapper à un poste de police et nous faire ravitailler. Mes yeux se ferment et la route bitumée m'endort, je pique un petit sommeil entre Kompong Thom et Phnom Penh. Il n'est pas loin de lHOO du matin quand nous apercevons de Preak Lep les lumières des faubourgs de la capitale du Cambodge.
Nous passons le pont de Changvar et nous arrivons enfin près de l'enceinte de l'Ambassade de France, après quelques discussions sur mon état, je rassure les membres de l'équipe et je rentre dans mon logement. Là, je me jette sous la douche pour apaiser mes crampes, les douleurs musculaires et retrouver la réalité, je veux aussi laver cet échec. Je me prépare un sachet de plâtre pour recoller mon estomac, je recommence enfin à vivre. "
Je suis déçu de ne pas avoir réussi ce raid, pour les gens qui m'ont aidé dans l'organisation mais surtout pour les nombreux cyclos qui m'attendaient à l'arrivée devant le Palais Royal. Néanmoins, je suis fier d'avoir donné une autre dimension au Centre des cyclos, et à ce moyen de locomotion peu ordinaire, loin de l'étrange euphorie qui s'empare des voyageurs qui découvrent l'érotique et mystérieuse Cité des temples d'Angkor, symbole du Cambodge.
Empruntant l'ancienne voie royale, mon geste aura peut-être sensibilisé à l'urgence de la protection que nécessite ces joyaux oubliés et martyrisés, richesse du patrimoine mondial, ou peut-être aura-t-il fait prendre conscience que le cyclopousse fait aussi partie intégrante de l'héritage khmer, qu'il faut le sauver et le préserver aussi bien que les temples angkoriens.

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  • LE ROI SISOWATH A ANGKOR VERS 1900
CyclobarangAuteur : Postée le 29 November 2007 par Cyclobarang
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CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
DEPART DE LA CITE ROYALE D'ANGKOR THOMRécit/album précédent :
DEPART DE LA CITE ROYALE D'ANGKOR THOM
Commentaires
Tivainui le 15 March 2008 à 15:07

Merci pour tes comentaire sur se monde magnifique...
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Benliver
Benliver le 08 May 2008 à 21:23

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