SORTIE EN COULEURS PENDANT LA FÊTE DES EAUX

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
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Après les dernières ondées le boulevard Monivong s'est recouvert d'une poussière rougeâtre qui s'infiltre partout, sous les portes, sur les façades et sur les arbres, elle imprègne les visages et les vêtements. L'artère principale de Phnom Penh où les véhicules slaloment entre les nids de poules devrait connaître d'ici peu une cure de jouvence.
Les vieilles demeures coloniales qui abritaient des squats, de vieux bâtiments publics, écoles, cinémas sont réhabilités, la ville est en effervescence.Les marchandises circulent à foison, j'ai pu constater depuis mon arrivée un renouveau, Phnom Penh revit, c'est certainement dû à une certaine stabilité politique même si celle-ci ne satisfait pas tout le monde. Les touristes reviennent en nombre.
J'ai déjà fait quelques longues sorties qui ont fait couler la sueur sur mon front, seul ou en transportant ma famille, j'ai endurci mon corps, mes muscles et mon mental. Je sais qu'un trajet de 100 kms en cyclo est l'équivalent du double en vélo, je peux réussir à me surpasser pour atteindre Saïgon, je dois souffrir à l'entraînement dans mon fort intérieur je me dis que je vais réussir.
La machine est quasiment prête, j'avais entrepris de faire alléger mon cyclo par un vieux vietnamien, ancien conducteur de cyclo, mais cette personne trop âgée et fatiguée, a dû renoncer à cette tâche.
En fait, ce n'est pas un mal, j'avais l'impression de tricher sur les origines de mon engin, il reste à renforcer quelques soudures litigieuses, faire les demandes administratives et je pourrais prendre la route du Vietnam, en attendant place à l'entraînement et aux belles sorties.
Parmi mes souvenirs sur cette préparation, j'aime me remémorer certaines sorties pleines de couleurs, en l'occurrence celle que j'ai réalisée pendant la fête des eaux, juste après les inondations du siècle. Comme souvent, lorsque je suis de repos, j'enfourche mon cyclo pour m'évader du bunker, boulevard Monivong.
J'aime me fondre dans le flot de circulation composé de toutes sortes d'engins, intégrer la vie locale, partir sur la route afin de voir la ville en effervescence, à la recherche des senteurs, du soleil et de la brise dès que j'atteins la périphérie de la ville aux environs de Preak leap sur la route de Kompong Cham.
Aujourd'hui je suis particulièrement gâté, nous sommes au mois de novembre, les eaux du Tonlé Sap sont le théâtre de courses d pirogues multicolores, elles me rappellent un peu l'euphorie rencontrée lors des joutes navales de Sète.
La fête des eaux commence à Phnom Penh, elle est célébrée le jour de la pleine lune de novembre, au mois du Kattik. Pendant ces jours de festivités, les Cambodgiens célèbrent l'adoration de la lune, la récolte du riz et le renversement du cours des eaux du Tonlé Sap, un des quatre bras du fleuve Mékong. Les trois jours de courses de pirogues en face du palais royal restent le principal rendez-vous de ces fêtes et de l'année.
En 1434, Phnom Penh s'appelait alors Chaktomuk (les quatre rivières)car les quatre bras du fleuve s'y rejoignent: le Tonlé Sap, venant du lac du même nom situé dans le Nord, par ce fleuve et en traversant son lac, on se rend en bateau sur le site des temples khmers dont le plus connu reste sans contexte Angkor. Ce fleuve se jette dans le Mékong qui se divise à nouveau en deux, le bas Mékong et le Tonlé Bassac.
Situé sur ce magnifique carrefour fluvial, à la jonction des quatre bras, poumon économique de la vallée du Mékong, la ville de Phnom Penh s'étend le long des rives qui commencent à être aménagées de promenades, berges, quais et nouveaux embarcadères comme à l'époque de sa splendeur.
Perché sur ma selle, je pars en direction du pont japonais, mon corps commence à peine à s'échauffer, la côte tire sur mes bras et sur mes jambes, tout doucement j'effectue l'ascension, la brise souffle du Tonlé Sap vers le Sud, c'est trop bon, la température oscille entre 30 et 33° en ce mois de novembre.
Je m'arrête au sommet du pont en prenant garde aux motos qui passent à ma droite et aux véhicules qui me doublent sur ma gauche, je jette un regard furtif sur le fleuve, j'aperçois des jacinthes d'eau dans les remous, des bateaux montent et descendent le courant
Plusieurs semaines avant le début des courses, les pirogues sont sorties des pagodes où elles sont conservées pendant l'année et mises à l'eau. A cette occasion, les statues de Bouddha sont nettoyées dans les lieux saints et des processions ont lieu à travers le pays. Les pirogues sont ensuite acheminées sur Phnom Penh, ce sont des barques longues et étroites, richement décorées de sculptures, dont l'extrémité se prolongent par une tête de serpent, le naga sacré.
Certains équipages ne comptent pas moins de 50 hommes assis les uns derrière les autres, dans des barques avoisinant parfois les 40 mètres de long. Parmi l'équipage on compte des joueurs de gongs et de tambourins, des hommes donnent le rythme aux rameurs, tout cela dans un brouhaha d'eau, de musique et de cris qui donnent à tous force et courage pour affronter les autres équipages.
Ce spectacle est certainement le plus haut en couleurs du pays. Ces trois jours de festivités rassemblent les Cambodgiens qui affluent de toutes les provinces vers la ville royale pour assister aux courses, au feu d'artifices, améliorer leur quotidien en se transformant pour certains en marchand ambulant ou pour d'autres simplement rendre visite à la famille pour honorer les serpents sacrés et les remercier pour leur protection.
Toutes sortes d'embarcations se croisent près des docks qui longent le Quai Sisowath, point de départ vers la Mer de Chine en passant par le delta du Mékong au Vietnam. Sur les eaux, à bord de maisons flottantes ou autour des maisons en bois construites sur pilotis, les gens vivent et font vivre la population cambodgienne, cette économie rurale reste le socle de l'économie du Cambodge.
Partout, que ce soit sur la presqu11e des Chams "CChrui Changvar) en face du palais royal, sur les bords du Mékong, au bord du grand lac où à l'intérieur des terres, la population tire les principales denrées des eaux et des terres limoneuses.
Les couleurs dominantes restent la terre sienne des eaux, le vert des rizières ou celui des palmiers. Ces couleurs sont en harmonie avec la peau des habitants, pour certains elle s'approche de l'ébène, pour d'autres elle s'apparente au café, certains métissages sino-khmers ou eurasiens donnent à certains des teintes plus claires.
J'ai croisé sur ma route des tas d'enfants, tous plus beaux les uns que les autres, je ne peux penser à cette vague démographique s'en m'interroger sur leur devenir. Quelle richesse mais aussi quelle tristesse si les choses n'évoluent pas dans le bon sens pour ce magnifique pays qui reste encore un lieu à découvrir, propice à l'aventure.
Si pour certains ce pays où a régné la terreur demeure une destination à risque, il reste néanmoins un pays où le sourire fait partie de l'accueil, premier signe d'hospitalité. Le Royaume Khmer est incroyablement fascinant malgré les plaies béantes du passé.
Comment ne pas tomber sous le charme de sa beauté et de ces gens aussi attachants? Le pays vous invite autant à la douceur qu'à la découverte, il entraîne des réactions passionnantes où se mêlent des sentiments écoeurement, d'amour, de solidarité ou simplement l'envie de se confronter à soi-même pour découvrir une terre imprégnée d'humanisme.

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CyclobarangAuteur : Postée le 03 July 2007 par Cyclobarang
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