PERCHE SUR MON CYCLOPOUSSE

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
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L'AVENEMENT DU CYCLOPOUSSE
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Il ya bien longtemps avant mon arrivée au Cambodge, je rêvais d'acquérir un cyclo-pousse, j'avais réfléchi à un moyen de locomotion mécanique proche de la bicyclette, qui me permettrait de transporter un minimum de matériel, l'expérience en vélo tout terrain d'un Raid extrême à Djibouti m'a appris combien il est vital d'avoir tout à portée de main.
L'adoption du cyclo-pousse comme moyen de transport favori n'a pas été sans peine, bien au contraire, et dès mon arrivée à Phnom Penh, ma première démarche a été de rechercher un engin. Je me promenais à motocyclette boulevard Monivong avec ma fille Bélinda quand elle me désigna un cyclo sur un trottoir. .
Son propriétaire était assoupi dans la chaise de transport, je m'empressais de le réveiller. Ce cyclo était magnifique en comparaison de tous ceux que nous avions déjà vus auparavant.
Nous nous décidions sans attendre à marchander le prix tout en inspectant la mécanique, aidés d'un badaud qui parlait l'anglais et semblait intéressé à nous servir d'interprète pour quelques riels.
Nous avons marchandé comme des chiffonniers et nous avons réussi à nous entendre sur le prix de la transaction 50 usd cadenas et clefs compris. Le conducteur du cyclo n'était autre qu'un pauvre paysan venu tenter sa chance en ville, usé par la vie citadine, des kilomètres à transporter vivres, clients et le tout venant pour un misérable salaire, il vendait sa machine pour rejoindre sa campagne.
Le rêve de devenir riche s'est vite envolé, il a préféré assurer sa subsistance à la campagne et vivre avec sa famille, c'est en définitive ce qui l'a décidé à vendre si vite son gagne pain à trois roues.
J'étais heureux, je venais enfin de réaliser un rêve, je me voyais au milieu de cette circulation typique d'Asie du sud-est, essayant de me frayer un chemin pour atteindre la campagne.
Maintenant, j'ai un besoin vital de m'évader loin de la ville bruyante, polluée, agressive par moment. J'ai apporté quelques modifications à mon engin, changement de selle, rajout de pédales avec cales pieds, emplacement du frein manuel entre mes jambes et non derrière la selle comme la majorité des cyclos de la capitale.
J'ai fait graisser tous les moyeux et roulements, changer les vieilles lattes du repose-pieds par du bois rouge exotique, les tubes qui entourent la chaise de transport par des tubulures chromées, ce qui donne plus de cachet à ce vieil engin.
J'ai peint le cyclo aux couleurs de notre drapeau, fier de savoir que cette invention est française et je l'ai orné de cuivres qui représentent le Bayon, Hanuman et des Apsaras pour ne pas être en reste avec la culture khmère et conjurer de fait le mauvais sort.
Pendant les six premiers mois de mon séjour, j'ai pu aiguiser ma condition avec mon fidèle compagnon, mon VTT de marque Peugeot energy qui a souffert comme moi lors de notre périple à Djibouti dans la corne de l'Afrique.
J'ai fait de très belles sorties vers le Kirirom, magnifique montagne couverte de pins, le Bokor, ancienne station balnéaire coloniale, des virées sur les bords du Mékong et ceux du Tonlé Sap, des endroits magiques où l'on se réconcilie avec la nature, d'une beauté à vous couper les jambes à sortir de Phnom Penh, des moments inoubliables plein d'exotisme et de charme.
J'ai avalé des kilomètres sur la toile qui s'étend autour de la capitale, j'ai fait quelques chutes mais rien n'a enlevé cette .envie qui me prend au ventre de quitter la ville pour aller chercher la bonne humeur, les rires, les sourires, la chaleur des cambodgiens sur les routes de campagne.
Une autre dimension où tous mes efforts sont récompensés, peu m'importe de souffrir de la poussière, des courbatures, des crampes et autres désagréments liés au soleil implacable sur ma tête, peu importe, ce qui compte c'est d'être en osmose avec mon environnement, de m'intégrer au pays pour m'y sentir bien, d'être en harmonie avec moimême et les cambodgiens en plongeant dans la vie locale.
Du haut de ma monture délaissant mon Vtt pour mon cyclo fin prêt, je sillonne dorénavant tous les chemins et toutes les routes du Royaume. Je suis heureux d'apporter de la joie aux khmers, ils me la rendent bien.
Sur mon passage, les yeux s'écarquillent, les visages s'illuminent, l'étonnement laisse place à l'admiration, les exclamations animent mon passage, « des hellos, des sok sobaï (çà va), des signes de main amicaux qui me donnent encore plus de conviction et de force pour aller encore plus loin.
Après mettre documenté sur le trajet Phnom Penh-Saïgon effectué par l'inventeur du cyclo pousse en 1936, c'est devenu pour moi une véritable obsession que d'arriver au même challenge à la différence importante que ce défi, je serais seul à le relever, seul à rouler pendant 260 kms.
y croire c'est bien mais se donner les moyens c'est mieux, avoir une mécanique éprouvée, vérifiée et connue de mes muscles mais surtout me tester par un entraînement assidu. Ma condition physique est parfaite mais les paramètres sont complètement différents d'un raid en vélo ou de toute épreuve d'endurance.
Le cyclo demande une certaine résistance que l'on acquiert au fil des mois passés sur la selle, position et maniement différents, poids de l'engin aux environs de 70 kgs qui ne permettent pas une vitesse importante sauf en descente, très rare au Cambodge.
Dans tous les cas, j'ai très peu dépassé les 30 kms/h, j'ai eu des douleurs lombaires, aux genoux et aux cuisses jusqu'au moment où tous les réglages ont été terminés, je peux dire maintenant, je suis aussi bien réglé et huilé que ma machine.
Je crois qu'après l'étonnement que suscite auprès des cambodgiens un « Barang » (français) perché sur un cyclo, prend place un certain respect.

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CyclobarangAuteur : Postée le 18 June 2007 par Cyclobarang
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