LE GRAND MEKONG-PAYS D'EAU

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
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Etat de la péninsule indochinoise, le Cambodge partage ses frontières avec la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et il est bordé par le Golfe de Thaïlande. Défini comme un « pays de plaine à encadrement montagneux », le Cambodge est avant tout un don du Mékong car c'est principalement une vaste plaine alluviale formée de l'accumulation des limons du fleuve.
Le Mékong est un fleuve parmi les dix plus long du monde avec ses 4200 kms et de loin le plus important d'Asie. On ne peut pas parler du Cambodge et encore moins de Phnom Penh sans faire référence à ce fleuve véritable garde manger pour le pays et indispensable voie de communication. II occupe d'ailleurs une position assez originale puisqu'il se partage entre six pays.
II prend sa source sur le plateau du Tibet dans la province chinoise du Yunnan où les populations montagnardes l'appellent Dza Chu « l'eau des rochers» plus au sud Lancang Jiang soit « La rivière turbulente », il passe ensuite par le Myanmar, le Laos, la Thaïlande où les Thaïs l'ont surnommé Mae kon « Mère des eaux» qui est en fait son origine étymologique, arrivé au Cambodge, les khmers l'appellent Tonlé Thom « Le grand fleuve» et enfin le Vietnam pour terminer son cours en Mer de Chine, les Vietnamiens l'ont baptisé Son Cuu long « Le Dragon à neuf têtes» tout un symbole.
Au XIXème siècle, lors de la mise en place des empires coloniaux, il est considéré comme un moyen de pénétration vers les riches marchés de la Chine Centrale.
L'idée pour la France est de rallier la vallée supérieure du Mékong au Cambodge et la Cochinchine pour concurrencer commercialement la Grande Bretagne installée en Birmanie.Remonter le fleuve devient alors une obsession et les voyages d'exploration s'enchaînent ainsi que les déceptions. Nos marins explorateurs ont dû rendre compte: « Le Mékong ne peut servir de voie fluviale et commerciale avec l'Empire du milieu, ni même de lien avec les possessions françaises en Indochine.»
La navigation sur le fleuve est entravée par de multiples chutes et rapides situés presque tout du long de son cours. Le Mékong est une barrière naturelle à laquelle les navigateurs se sont heurtés, il fait d'avantage office de fleuve frontière que de fleuve lien sur plus de 50% de son parcours. Le mythe s'est effondré et le fleuve un peu oublié.
Près d'un siècle plus tard, le Mékong devient un fleuve utile,
moteur du développement de la région sous l'égide de la Commission du Bassin du Mékong et de la Banque Asiatique du Développement, le fleuve région servirait de support à une grande région économique « Le Grand Mékong»
Cette région économique, prospère et unie serait composée cette fois-ci de tous les pays riverains du fleuve, projet largement ambitieux donnant place à une coopération grâce en l'occurrence à la modernisation des moyens de communication. Ces nouveaux liens modernes devraient garantir un nouvel élan économique pour chaque voisin
A l'intérieur du Grand Mékong, les peuples sont liés par une histoire commune, des liens culturels et linguistiques étroits selon les experts; cette double diversité ethnique et culturelle est l'une des forces du Cambodge, en effet ce pays est une région de très vieille culture humaine sur le sol de laquelle se sont rencontrées et affrontées les deux grandes civilisations de l'Asie: L'Indienne et la Chinoise.
Le Mékong est à la fois bénédiction et malheur. Pendant la saison des pluies, les eaux envahissent le quotidien, terribles inondations, spectacle désastreux de cultures noyées, maisons détruites qui apportent son lot de désolation et de réfugiés vers les quartiers des villes les moins touchées.
Les paysans entourent leurs plantations et leurs cahutes de murets, de sacs de sable ou de terre. Les sans abris deviennent légions et comme partout où le malheur s'abat, ce sont les enfants les principales victimes. Les orphelinats se remplissent, les appels à l'aide internationale se font pressants et les distributions de vivres se multiplient.
Après cette saison difficile, les eaux se retirent et les semis se parent de leur vert émeraude, la campagne est alors bouillonnante de vie. Je me plais à traverser en cyclo ces paysages, voir les gens s'activer dans les plantations de riz, leur faire un geste de la main de compassion avec leur dur labeur.
Pendant la saison des pluies, j'ai l'impression de n'être entouré que d'étendues d'eau, le Mékong dépose sa fertilité sur cette terre qu'il a détrempée. Il faudra attendre l'époque des moissons pour que ce manteau passe du bleu au vert puis du vert à l'ocre.
L'eau, c'est la vie particulièrement au Cambodge puisque la population est à dominante rurale. C'est l'élément indispensable mais abondant, les gens aiment y vivre au bord, ils construisent leur maison au plus près et irriguent avec leurs champs.
Terrain de jeux favori des enfants, ils s'y baignent et y jouent quasi quotidiennement. Parmi mes entraînements, nombreuses sont les fois où je me suis plu à suivre les courbes du Dragon, que ce soit sur la RNOl vers le Vietnam ou la RN06 vers le Nord, cela reste pour moi un paysage merveilleux où mes douleurs disparaissent devant la beauté de la nature et des habitants.
Ces eaux très poissonneuses nourrissent toute une population, un simple regard à l'arrivée des pêcheurs Chams ou Vietnamiens près des rives du Bassac, non loin de l'Hôtel « Le Cambodiana » donne un aperçu des pêches miraculeuses que l'on y fait. Les étals des marchés permettent un grand choix de variétés pour satisfaire les papilles de chacun.
Les fortes pluies et les crues ont causé la mort de nombreuses personnes pendant cette mousson de l'année 2000 ;
heureusement elle se termine; malgré tout ce ne sont pas moins de 3700 hectares de rizières qui ont été détruits, un déluge méconnu depuis longtemps. Cette forte montée des eaux du Mékong a fait reprendre conscience à la population que le fleuve donne la vie mais qu'il peut également donner la mort.
La vie est paisible à la campagne, il fait bon y vivre et si la majorité des Cambodgiens y vivent ce n'est pas du tout un hasard, presque tout y pousse, les gens sont en autosuffisance alimentaire quand Dame nature ne transforme pas les vallées en Pays d'eau.
Il est tout de même dommage de voir de grandes étendues encore en friche du côté de la RN01 entre Phnom Penh et Neak loeung, chose impossible chez le voisin vietnamien. C'est peut-être dû aux problèmes d'irrigation et de démographie.
Il arrive que sur ma route je sois incommodé par quelques odeurs fortes surtout en direction du Vietnam, lieu de prédilection de mes entraînements en préparation du raid Phnom Penh-Saïgon que je m'apprête à réaliser. Ces effluves émanent de tas de petits poissons entreposés sous les maisons de bois sur pilotis que femmes et enfants s'affairent à préparer; .
Après les avoir vidés et coupé leur tête, ils les disposent en brochettes sur des lattes de bambous et les déposent sur des grands fumoirs, une fois fumé, ils seront acheminés vers les marchés de la capitale ou celui de Neak Loeung, là où le franchissement du Mékong s'opère avec un bac et permet de continuer la route vers Ho Chi Minh Ville.
Pendant les crues, les gens ne se déplacent plus qu'en barque dans la région et sous chaque maison sur pilotis, on peut en apercevoir au moins une. Décembre, janvier et février sont les mois pendant lesquels l'activité du fumage est de loin. la plus importante, le reste de l'année sur la RN 01, on plante du riz, du maïs, des joncs qui permettront de fabriquer des nattes.

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CyclobarangAuteur : Postée le 16 July 2007 par Cyclobarang
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Commentaires
keops67
keops67 le 16 July 2007 à 12:32

Bonjour
étonnant récit de voyage et sur tout quelle formidable aventure tu a du en voir de toutes les couleurs (sans jeu de mot avec ton dérnier article)j'admire ton courage et ton assiduité dans cette aventure Bravo et bon voyage

Benliver
Benliver le 27 April 2008 à 13:33

Splendide carnet de voyage...très bien commentés!

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