ESCLAVES DES TEMPS MODERNES:UN METIER?

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
A PHNOM PENH EN CYCLOPOUSSERécit/album précédent :
A PHNOM PENH EN CYCLOPOUSSE
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La population principale qui vit du cyclo est à dominante masculine mais j'ai pu apercevoir une fois ou deux une cambodgienne qui en conduisait un avec autant d'habileté que ses confrères.
Quand on sait l'état physique que demande la conduite d'un cyclo, la chose paraît étonnante même si l'on sait que la femme khmère a beaucoup de tempérament.
La machine pèse à vide de 60 à 70 kgs environ et lorsque par malchance un cyelo doit s'arrêter aux feux tricolores, reprendre son élan nécessite un effort quasi surhumain.
Si ce métier à parfois était interdit ou réglementé, jugé dégradant ou peu rémunérateur, il reste à la demande générale des usagers et des conducteurs, un agréable moyen de locomotion incontournable pour assurer une tranche de liberté.
Si les cyclos sont matinaux, il n'est pas rare de les voir s'arrêter pour se restaurer ou faire une sieste dans des lieux bien connus de la corporation: Rue N°63, quai Sisowath, marché central, place de la poste, près du musée national, autour du Wat Phnom ou des nombreux marchés « Olympique, Russe et tous les autres, c'est l'occasion pour eux de partager un verre avec des amis, se reposer à l'ombre d'un mur ou d'un arbre, allongé tant bien que mal dans leur monture de métal.
Devant les marchés, les restaurants, les hôtels, les hôpitaux, chaque cyclo a son lieu de travail habituel et à défaut il saura se placer à un endroit stratégique de la capitale, chacun travaille sur son territoire de prédilection et il arrive parfois que certaine place se monnaie.
Les cyclos travaillent tôt le matin, ménagères les bras remplies de courses, enfants désireux de se rendre à l'école à petit prix, marchandises à livrer sont le quotidien, si ce n'est par chance un touriste qui les hèle; après quelques discussions sur le tarif, il aura droit à un moment privilégié pour visiter la ville, bercé par le cahotement du cyclo, sans contrainte et en toute sécurité, à l'inverse des motos taxis, profitant de la fraîcheur occasionnée par le déplacement ou l'ombre de la capote.
Je croise souvent des cyclos qui transportent des marchandises de toute nature, dernièrement j'en ai vu un qui se déplaçait avec une table basse cambodgienne immense, au moins deux mètres sur deux mètres; celle-ci était installée à l'avant de l'engin et lui conférait un équilibre incroyable, je l'ai dépassé très rapidement pour aller me poster plus loin au bord du bd Norodom afin de photographier ce transport me paraissant totalement inédit.
Depuis deux ans, je me suis lancé dans ce mode de locomotion, c'est presque devenu un rituel quasi permanent de saluer mes amis cyelos sur mon passage, la majorité me connaît maintenant et même si je roule la tête dans la barre de diection pour manger les kilomètres et plus vite qu'eux en général.
Je ne manque pas de leur faire un signe de la tête ou de la main lorsque nous nous croisons, çà leur suffit pour qu'ils comprennent toute ma sympathie et la force qui nous unie, je souligne qu'eux glanent au travers des rues leur travail alors que je cours derrière le temps et les kilomètres pour mon plaisir personnel, ce qui ne m'empêche pas de m'arrêter pour discuter mécanique avec un cyelo ou bien de sa vie.
Ce qui m'inquiète c'est que le cyclo est en train de se faire supplanter par les motos taxis, c'est dommage car c'est une part du patrimoine du Cambodge qui risque de disparaître si personne ne prend conscience de la nécessité absolue de garder cet outil écologique, utile au tourisme grandissant au Royaume.
Je ne voudrais pas assister aux adieux de ce pan de liberté malmené par la rude concurrence des autres moyens de transport mais préservé dans cette étonnante ville grâce à la persévérance de quelques irréductibles amoureux du passé. Depuis 1992, le nombre de cyclos a chuté de 10 000 à 2500, plus de 1000 seraient encore immatriculés au service des transports de la municipalité, les autres quadrillent la ville dans l'illégalité.
Chaque jour cette couche vulnérable de la société citadine se livre à une course effrénée pour sa survie, itinérants et saisonniers le plus souvent, ils vivent parfois dans un isolement total que rien ne laisse transparaître quand ils vous sourient, leur dignité reste intacte qu'elles que soient les conditions de leur travail, que la ville soit sous une chaleur torride ou en proie à des pluies diluviennes.
La plupart des cyclos sont originaires des provinces voisines les plus pauvres de la capitale, les nouveaux venus osent se lancer dans cet emploi en passant d'abord par les loueurs de cyclos, véritables chancres pour leur gagne-pain avec l'espoir d'acquérir leur propre outil de travail.
Le métier est en perte de vitesse, sur la dernière décennie même si quelques soubresauts se font sentir depuis les dernières inondations et l'afflux de touristes. Ce moyen de locomotion est ancré dans le mode de vie, beaucoup de gens donnent encore leur préférence au cyclo en tant que véhicule vert et transporteur de marchandises.
Les cyclos qui roulent à vide sont monnaie courante, certains signes prometteurs se font sentir: création de compagnies de cyclos, reconversion en support publiciatire. Ce nouveau toilettage décoratif au blason de certaines sociétés est une nouvelle chance pour la corporation.
Etre cyclo ce n'est pas facile mais ils sont fiers de l'être, toujours dignes, ils pédalent sans oublier leur famille, là-bas en province.
Si la tendance est à l'amélioration du niveau de vie dans les provinces, ce qui engendre moins d'exode rural, il n'en demeure pas moins que la corporation attire toujours même si le métier est rude.
Leurs principaux ennemis:
Les voleurs qui anéantissent les efforts d'un dur labeur et le temps qui abîme leur santé, mais rien ne les découragent.
L'entraide est importante chez les cyclos et pour faire face aux difficultés à la nuit tombée, ils se concentrent et se rejoignent chez les loueurs ou dans des endroits bien éclairés, seulement 30% des cyclos sont propriétaires de leur engin et le reste passent obligatoirement par les loueurs, véritables sangsues, leurs maigres gains leur permettent une existence au jour le jour.

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CyclobarangAuteur : Postée le 27 June 2007 par Cyclobarang
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