A PHNOM PENH EN CYCLOPOUSSE

CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
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Dans Phnom Penh, c'est une ambiance continue, j'aime y rouler le matin de bonne heure, à la fraîche lorsque la douceur de la nuit s'estompe et que ses rues commencent à s'animer. J'enfourche mon cyclo pour aller humer l'air du quai Sisowath et regarder la communauté chinoise faire son taï chi quotidien.
C'est aussi bon à ce moment de la journée qu'en fin d'après midi, si rouler sur les grands axes est agréable, il n'en demeure pas moins que j'aime emprunter les rues adjacentes même si celles-ci sont très souvent dans un état déplorable comme certaines autour de l'hôtel Le Royal, de l'avenue de France, du Quai Sisowath ou près de la poste.
Une légende raconte que la ville fut fondée par une certaine Dame Penh après qu'elle eu fait la découverte miraculeuse de statuettes sacrées dans un tronc d'arbre flottant sur le fleuve. La colline de Dame Penh est devenue par la suite la nouvelle capitale de l'Empire khmer.
A l'époque coloniale, elle était considérée comme la plus belle Ville de la péninsule indochinoise, grâce à ses pagodes (pagode d'argent), son palais royal, ses belles rues larges et ombragées, ses berges des fleuves Mékong et Tonlé Sap, ses jolies villas, grandes spacieuses, verdoyantes où il régnait un charme particulier, une sérénité et une certaine quiétude. La ville a gardé de cette période des avenues larges et aérées ainsi que sa division en quartiers résidentiels(français au Nord, Khmers au Sud du palais royal et quartiers commerciaux chinois au centre ville.
Phnom Penh est magnifiquement située au confluent de deux fleuves qui forment quatre bras appelés les quatre faces (chaktomuk) rappelant les quatre visages du Bodhisattva d'Angkor Thom « première capitale de l'Empire Khmer» Ville-jardin pleine de charme, Phnom Penh la frénétique est marquée par plusieurs styles d'architecture après sa période coloniale.
Jusqu'à la décolonisation, l'influence du mouvement moderne de l'école française de Hanoï se fait sentir et un des plus étonnants monuments construit à cette époque vers1937 demeure le Psar Thmey marché central, véritable vaisseau de style art déco, lieu de rendez-vous des cyclos mais aussi des touristes en quête de bonnes affaires.
Marché animé et coloré, on ne peut pas le manquer, il reste pour moi un passage obligé à chacune de mes sorties, j'aime en faire le tour, il me donne la température de l'ambiance qui règne dans la ville et surtout j'aime y passer pour dire un petit bonjour à mes amis les cyclos.
La troisième période architecturale de la ville se situe lorsque le Prince Sihanouk affirma l'indépendance du pays, selon une synthèse des différentes architectures khmères et occidentales: pilotis, claustras ajourées, patios, auvents, loggias et balcons sont très prônés par les constructeu rs.
Depuis peu les maisons individuelles tendent vers le genre « Beverly hills » villas surdimensionnées à plusieurs étages, grandes portes en bois sculptées, portails aux ferronneries surchargées, chromage des rampes de balcons et d'escaliers, colonnades, miroiteries et climatisation à outrance qui donnent un air de Thaïlande, caprice de la nouvelle bourgeoisie phnompennoise.
La ville reste néanmoins bien structurée malgré son étendue et ses grands axes deviennent un plaisir pour y circuler en cyclo. Lorsque j'ai peu de temps à consacrer à mon entraînement je fais un parcours de 10 kms à travers la ville, qui me permet de rentrer rapidement en cas d'urgence pour mon travail, en empruntant les principaux boulevards de la capitale.
Mon point de départ est toujours le même ainsi que mon point d'arrivée, c'est à dire le boulevard Monivong sur sa partie Nord, petit coin de France avec l'Ambassade, l'hôpital Calmette, l'institut du cœur, l'institut Pasteur, la faculté de médecine et de pharmacie.
Nous arrivons ensuite dans le secteur de la gare ferroviaire avant d'atteindre la partie où l'on compte un bon nombre de restaurants et hôtels chinois, vietnamiens, aux enseignes et lumières dignes de la ville de Hongkong ou de China Town.
Si je pars vers le sud, je vais souvent jusqu'au bout du boulevard Monivong et je prend la direction de Takmau, la route est super bonne, l'implantation de nombreuses usines de confection apporte lors des relèves des ouvriers et des ouvrières plein de vie et d'animation sur mon passage. J'aime rejoindre ce petit coin de campagne aux portes de la ville surtout après avoir passé le pont où je ne manque pas de jeter un regard sur les embarcations de pêcheurs amarrées aux abords.
Après ce passage obligé, je prends la direction de la frontière vietnamienne en traversant la province de Kandal ou bien je vais vers la province de Takeo jusqu'au Tonlé Bati. Je roule en général quelques heures pour revenir à hauteur du pont vietnamien qui dessert la route nationale N°l vers Ho Chi Minh ville puis je me lance sur le boulevard Norodom plus à l'ouest près du monument de l'Indépendance, c'est un boulevard bordé de belles villas où l'on peut voir en retrait des ONG, des ministères et des sociétés qui ont pignon sur rue.
J'emprunte ensuite le boulevard Sihanouk en passant devant le Lucky market très fréquenté par les occidentaux et la bourgeoisie phnompennoise. Je rejoins ensuite le boulevard Sothearos pour passer devant le palais royal, la plupart du temps, je préfère suivre le Tonlé Sap et prendre le quai Sisowath devant les jardins de Hun Sen et de l'Hôtel Cambodiana, véritable promenade des anglais, le long du fleuve avec sa multitude de restaurants, cafés et bars animés en soirée, il y en a pour tous les goûts, un lieu de rendez-vous qui se prête aux rencontres.
Après cette première partie qui m'emmène près du rond point où se trouve le siège du parti royaliste « Funcinpec » le vieux stade et l'ambassade de France, je me dirige vers la rue des petites fleurs, haut lieu de la prostitution de la ville où avant les travaux de réfection de la route circulaire, on pouvait avoir un aperçu réaliste du fléau de cette misère qui touche les bidonvilles.
J'arrive ensuite sur le quartier de Tuol Kork près de la rue N°592, de véritables châteaux s'y construisent contraste effarant après la pauvreté que j'ai vu Rue des petites fleurs, je me pose des questions que tout le monde se pose mais personne ne veut en parler. D'où vient cet argent qui fait tant défaut à la majorité de la population?
Je continue ma route écoeuré vers le Boulevard Pochentong celui qui mène à l'aéroport international puis empruntant le boulevard Kampuchéa Krom je rejoins le marché central enfin j'atteint le jardin du Wat Phnom avec sa pendule, sa pagode(lieu fondateur de Phnom Penh) et son célèbre éléphant Sambo spécialisé dans les promenades pour touristes.
Sur l'avenue de France, je passe devant l'Hôtel "Sheraton, l'hôpital militaire et je parviens près de l'Hôtel Bayon situé à quelques centaines de mètres que toutes les familles françaises qui viennent au Cambodge pour une adoption connaissent.
Le tour me prend une bonne heure environ, il m'est arrivé de le faire quatre ou cinq fois, j'y ajoute parfois des variantes pour le rendre moins monotone. Je roule de cette façon quand il m'est impossible de quitter la ville, les routes deviennent de plus en plus carrossables et depuis mon arrivée, je suis heureux de constater les progrès réalisés sur les boulevards Monivong, Pochentong, Norodom, Charles de Gaulle, autour du Wat Phnom et bien d'autres rues. Ces travaux de réfection terminés Phnom Penh devrait retrouver son faste d'antan et le rang qui est le sien.
J'ai mes endroits et mes supporters, un passage près du grand vaisseau (marché central) est quasi une obligation, j'aime me fondre dans ce brouhaha, cette ambiance typique et hétéroclite où les couleurs et les genres se marient sans contraste choquant.
Commerçants, ménagères, cyclos, motocyclettes convergent vers ce centre d'affaires, chacun à sa manière s'attèle à y donner de la vie, non loin de là, les voitures taxis, les pick-up et les minibus font le plein de passagers, leurs toits se chargent de colis en tout genre: sacs de riz, ananas, noix de coco, poulets vivants, canards, porcs ficelés dans des nacelles d'osier, télévisions, cartons de cigarettes, motos, vélos enfin villageois et paysans qui ramènent des marchandises de toute origine, tout cela dans un tohu bohu bien orchestré par la police et les vigiles.
Traverser la ville en cyelo reste toujours une découverte de chaque instant, j'en prend plain les yeux, petit à petit Phnom Penh se remet des années de guerre et d'incurie, les choses ont l'air de vouloir changer, la reconstruction a repris, des bâtiments neufs voient le jour et les anciens sont rénovés ou démolis pour laisser place à de nouveaux projets immobiliers.
Impossible e concevoir Phnom Penh sans cyclos, ce serait imaginer Paris sans bateaux mouches, Londres sans bus impériaux, la capitale reste un fief pour ce moyen de transport vert, traditionnel, la ville d'Ho Chi Minh connaît aussi cette chance mais pour combien de temps? des mesures restrictives ont été prises et les dernières usines de Cholon fermées. .
Si les routes ont été par le passé dangereuses, elles ne le sont pratiquement plus, je m'en réjouis également, les Cambodgiens peuvent aujourd'hui circuler librement même si les transports doivent lâcher des « batchichs » aux forces de l'ordre aux entrées et aux sorties de la ville, pratique qui devrait un jour disparaître pour le bien de tous et si l'on veut véritablement croire à un état de droit.

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CyclobarangAuteur : Postée le 19 June 2007 par Cyclobarang
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CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"Un récit/album du carnet de voyage :
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