Découverte du Cap-Vert

Un récit/album du carnet de voyage :
Amandine la petite vagabonde des mers
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24 octobre
Nous levons l'ancre vers 10h. La mer est belle et un vent arrière bien établit nous permet d'envoyer le spi sitôt sorti du port. Nous le garderons à poste pendant les six jours de traversée jusqu'à Sao Vincente, la première des îles du cap Vert que nous visiterons. Un vent, d'une moyenne de 15 noeuds, nous permettra d'avancer régulièrement à 6/8 noeuds.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« A chaque fois que Maman était de premier quart, la nuit, je veillais avec elle. J'aimais beaucoup rester seule avec elle, quand tout le monde était couché. C'était calme. Nous nous allongions dans le cockpit et elle me racontait des histoires. Et puis, nous regardions les étoiles. Elle m'a montré la Grande Ourse et l'Etoile polaire. J'avais un peu de mal à les reconnaître dans le ciel au milieu de toutes les autres. C'était beau. Quelquefois, nous écoutions de la musique, quelquefois, nous écoutions la mer et le vent. Derrière le bateau, il y avait souvent des petites lumières qui s'allumaient dans l'eau. Ca brillait. C'était du plancton, de la nourriture pour les baleines. Alors, je regardais la mer pour essayer de voir des baleines, malheureusement, je n'en ai pas vues. »
1er novembre
En fin de matinée, la terre apparaît à l'horizon. Sao Vicente, l'une des dix îles qui constituent l'archipel du Cap Vert, est là devant nous ! Après six jours de mer, nous avons hâte d'aller nous dégourdir les jambes sur la terre ferme et de découvrir un nouveau continent, l'Afrique !
A notre grande surprise, les rues de Mindelo, la capitale de Sao Vicente, sont désertes et toutes les boutiques fermées. C'est la Toussaint ! Lorsque nous arrivons, presque tout le monde est à la messe. Seul le marché est ouvert. Nous voudrions bien acheter des fruits, mais nous n'avons pas d'escudos capverdiens et bien sur, toutes les banques sont fermées, elles aussi.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« Le lendemain matin, toutes les boutiques de la ville étaient ouvertes. Elles ne ressemblaient pas aux magasins de Paris. Elles étaient petites, sombres et à l'intérieur, on ne trouvait pas grand chose : des légumes, des fruits, des boites de conserves, du poisson, de la viande. Tout était un peu mélangé. Sur les trottoirs, des gens étaient assis par terre et vendaient aussi différentes choses : toujours des légumes et des fruits, des bouquets de persils, des oignons, des épices. Parfois du poisson, qui était exposé dans des bassines en plein soleil. Quand on passait devant, ça sentait très mauvais. Heureusement que ni Maman ni Christophe n'ont eu l'idée d'en acheter ! »
5 novembre
Pour aller visiter Santo Antao, nous prenons un ferry, tout rouillé et voyageons au milieu des poules et des cochons, car y aller en voilier serait risqué, les mouillages étant peu surs.
Nous débarquons à Porto Novo, la principale ville portuaire où se font tous les échanges de marchandises agricoles avec les autres îles et en particulier avec Mindelo, situé seulement à quelques miles. L'essentiel de l'économie de Santo Antao repose sur sa production agricole, et notamment son « grogue », l'eau de vie capverdienne, fabriquée à partir de la canne à sucre.
Santo Antao est une belle île, très montagneuse. Tout le côté sud de la montagne est très sec, très aride. Un vrai désert. On a l'impression qu'il n'y pleut jamais. Et puis, plus on se rapproche du sommet, plus on voit la végétation apparaître. Sur l'autre versant, on a la surprise de découvrir des paysages luxuriants. Les montagnes sont vertes et cultivées partout où c'est possible. Le maïs pousse sur des terrasses très étroites d'à peine un mètre de large par endroit.
6 novembre
Nous quittons Mindelo pour Sao Nicolau. Un vent d'est nous oblige à naviguer au près serré du début à la fin de la traversée, ce qui n'est pas une allure très agréable. Le bateau gîte et Amandine est obligée de rester assise ou allongée dans le cockpit. Elle n'apprécie pas beaucoup cette immobilité forcée.
Nous arrivons, en fin d'après midi, à Sao Nicolau et nous mouillons devant Tarrafal, dans une baie magnifique. Le mouillage est très beau mais très rouleur. Des rafales, jusqu'à 35 noeuds, descendent des montagnes. Jacques, très inquiet pour le bateau, décide de rester à bord tant que le vent ne se calmerait pas pour pouvoir intervenir rapidement au cas où l'ancre déraperait.
Ce n'est que le lendemain matin que nous pouvons enfin quitter l'Arlekino. Nous débarquons sur une plage de sable noir, occupée par de nombreux enfants qui se précipitent à notre rencontre pour nous proposer de garder l'annexe en échange de quelques escudos. L'île a l'air très pauvre, plus pauvre encore que Sao Vicente. Tarrafal est un village entièrement consacré à la pêche. En dehors d'une petite conserverie de thon et de barques de pêcheurs éparpillées sur la plage, il n'y a pas grand chose. Les magasins ne sont que des petites échoppes sombres où toutes les marchandises sont entassées pêle-mêle sur des étagères en bois. Nous achetons quelques fruits et du pain puis nous retournons au bateau.
8 novembre
Un peu après la tombée de la nuit, nous appareillons pour Boavista, située à 90 miles à l'est de Sao Nicolau. Nous naviguons au près serré toute la nuit, à une vitesse moyenne de 7 noeuds, ce qui nous fait arrivés à Sal Rei, au petit matin.
Bien que principale ville et centre administratif de l'île, Sal Rei est surtout un gros village de pêcheurs. Il semble, cependant, être beaucoup moins pauvre que les bourgades des trois îles que nous avons visitées précédemment. Nous faisons le tour de l'île en minibus et nous découvrons des paysages merveilleux. Toute l'île est bordée de plages de sable fin et de dunes. Nous nous baignons sur la plage de Santa Monica, une très grande plage de sable blanc, bordée de palmiers. Absolument paradisiaque !
A quelques centaines de mètres de la plage, le désert commence. Des collines ocres et rouges ondulent à perte de vue. C'est vraiment très beau. Sur la route, nous croisons des paysans qui circulent à dos d'âne et d'autres qui marchent à côté de leur âne chargé de diverses marchandises. Tous nous font de grands sourires et de grands signes en nous voyant passer.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« Le lendemain matin, Maman est allée plonger avec Christophe au club du village. Les fonds étaient très beaux et les poissons très nombreux. Elle a vu plusieurs langoustes, cachées sous les rochers. Elle nous a dit qu'elle aurait bien aimé en ramener quelques-unes pour notre dîner !!! Pendant qu'ils plongeaient, je suis allée avec Perrine, Isabelle et Jean (des amis rencontrés aux Canaries, qui naviguent sur un catamaran) au marché acheter des fruits. Je ne sais pas pourquoi, Perrine et moi étions affamées. Alors, nous avons mangé toutes les bananes qu'Isabelle avait achetées, soit quatre chacune !!! »

Auteur : Postée le 07 février 2007 par twinnings
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