Amandine la petite vagabonde des mers

Amandine, 4 ans 1/2, embarque avec sa maman sur l’Arlekino, un voilier de 16 m. Direction les Canaries, le Cap Vert et le Sénégal avant d’arriver au Brésil. Un voyage fabuleux, où la petite Amandine découvrira, outre les joies de la navigation et de splendides paysages, quelques vérités sur la nature humaine !

Durée : 1 jours ( du 14/10/2000 au 14/10/2000)
Zone : Tour du monde (+ de carnets de voyage) (Carnet sélectionné)[?]
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Carnet de voyage créé par twinnings
Le 07 février 2007

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Arrivée aux Canaries

14 octobre 2000, 5 heure du matin
Des amis nous déposent à l'aéroport Paris Charles de Gaulle. Nous, c'est Amandine, ma petite moussaillonne de 4 ans ½ et moi, Pascale. Amandine est encore tout endormie dans les bras de ma soeur. Il faut dire que la veille, elle était bien trop excitée par les derniers préparatifs du voyage pour pouvoir s'endormir tôt. A minuit, elle courrait encore au milieu des derniers cartons qui encombraient l'appartement et apprenait le français à l'étudiante indonésienne qui allait occuper notre appartement pendant notre absence.
Nous partons, toutes les deux, pour six mois de voyage en mer. La bateau sur lequel nous devons embarquer, l'Arlekino, un Super Maramu 2000, est déjà aux Canaries. Nous prenons l'avion pour le rejoindre. Nous avons rencontré ses propriétaires grâce à la bourse aux équipiers de Sail the World.
Le programme de navigation qu'ils nous ont proposé est alléchant : Canaries - Cap vert- Sénégal - Brésil - Antilles. Je serai équipière à bord. C'est à dire que je devrais participer à toutes les tâches du bord (manoeuvre, quart, cuisine, vaisselle.) et à la caisse de bord (nourriture, gasoil, éventuellement frais de port). J'ai déjà beaucoup navigué mais jamais aussi longtemps ni aussi loin.
14h
Nous arrivons enfin au port de Santa Cruz de Tenerife. Il fait très chaud et nous croulons sous les bagages. Heureusement, Jacques, notre futur cap'tain, surveille notre arrivée et nous aide à monter à bord avec tout notre barda. Sur l'Arlekino, nous faisons connaissance de Christophe, un autre équipier, embarqué une semaine auparavant et nous installons dans le triangle avant.
Le départ pour le Cap-Vert est prévu le 24 octobre. Cela nous laisse dix jours pour préparer le bateau, faire l'avitaillement, visiter Tenerife, profiter de la plage. Notamment, de celle de San Andre, qui contrairement à toutes les plages du nord de l'île, n'a pas de sable noir mais du sable doré.
20 octobre
Nous prenons le téléphérique pour monter au sommet du Teide, le volcan qui domine l'île (3.718 m). Il se dresse au milieu d'un cratère de 20 km de diamètre, à 2000 m d'altitude. Tout là haut, il n'y a que des pierres. Les paysages désertiques semblent avoir été sculptés par les différentes coulées de laves multicolores. On se croirait sur la lune !

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Découverte du Cap-Vert

24 octobre
Nous levons l'ancre vers 10h. La mer est belle et un vent arrière bien établit nous permet d'envoyer le spi sitôt sorti du port. Nous le garderons à poste pendant les six jours de traversée jusqu'à Sao Vincente, la première des îles du cap Vert que nous visiterons. Un vent, d'une moyenne de 15 noeuds, nous permettra d'avancer régulièrement à 6/8 noeuds.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« A chaque fois que Maman était de premier quart, la nuit, je veillais avec elle. J'aimais beaucoup rester seule avec elle, quand tout le monde était couché. C'était calme. Nous nous allongions dans le cockpit et elle me racontait des histoires. Et puis, nous regardions les étoiles. Elle m'a montré la Grande Ourse et l'Etoile polaire. J'avais un peu de mal à les reconnaître dans le ciel au milieu de toutes les autres. C'était beau. Quelquefois, nous écoutions de la musique, quelquefois, nous écoutions la mer et le vent. Derrière le bateau, il y avait souvent des petites lumières qui s'allumaient dans l'eau. Ca brillait. C'était du plancton, de la nourriture pour les baleines. Alors, je regardais la mer pour essayer de voir des baleines, malheureusement, je n'en ai pas vues. »
1er novembre
En fin de matinée, la terre apparaît à l'horizon. Sao Vicente, l'une des dix îles qui constituent l'archipel du Cap Vert, est là devant nous ! Après six jours de mer, nous avons hâte d'aller nous dégourdir les jambes sur la terre ferme et de découvrir un nouveau continent, l'Afrique !
A notre grande surprise, les rues de Mindelo, la capitale de Sao Vicente, sont désertes et toutes les boutiques fermées. C'est la Toussaint ! Lorsque nous arrivons, presque tout le monde est à la messe. Seul le marché est ouvert. Nous voudrions bien acheter des fruits, mais nous n'avons pas d'escudos capverdiens et bien sur, toutes les banques sont fermées, elles aussi.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« Le lendemain matin, toutes les boutiques de la ville étaient ouvertes. Elles ne ressemblaient pas aux magasins de Paris. Elles étaient petites, sombres et à l'intérieur, on ne trouvait pas grand chose : des légumes, des fruits, des boites de conserves, du poisson, de la viande. Tout était un peu mélangé. Sur les trottoirs, des gens étaient assis par terre et vendaient aussi différentes choses : toujours des légumes et des fruits, des bouquets de persils, des oignons, des épices. Parfois du poisson, qui était exposé dans des bassines en plein soleil. Quand on passait devant, ça sentait très mauvais. Heureusement que ni Maman ni Christophe n'ont eu l'idée d'en acheter ! »
5 novembre
Pour aller visiter Santo Antao, nous prenons un ferry, tout rouillé et voyageons au milieu des poules et des cochons, car y aller en voilier serait risqué, les mouillages étant peu surs.
Nous débarquons à Porto Novo, la principale ville portuaire où se font tous les échanges de marchandises agricoles avec les autres îles et en particulier avec Mindelo, situé seulement à quelques miles. L'essentiel de l'économie de Santo Antao repose sur sa production agricole, et notamment son « grogue », l'eau de vie capverdienne, fabriquée à partir de la canne à sucre.
Santo Antao est une belle île, très montagneuse. Tout le côté sud de la montagne est très sec, très aride. Un vrai désert. On a l'impression qu'il n'y pleut jamais. Et puis, plus on se rapproche du sommet, plus on voit la végétation apparaître. Sur l'autre versant, on a la surprise de découvrir des paysages luxuriants. Les montagnes sont vertes et cultivées partout où c'est possible. Le maïs pousse sur des terrasses très étroites d'à peine un mètre de large par endroit.
6 novembre
Nous quittons Mindelo pour Sao Nicolau. Un vent d'est nous oblige à naviguer au près serré du début à la fin de la traversée, ce qui n'est pas une allure très agréable. Le bateau gîte et Amandine est obligée de rester assise ou allongée dans le cockpit. Elle n'apprécie pas beaucoup cette immobilité forcée.
Nous arrivons, en fin d'après midi, à Sao Nicolau et nous mouillons devant Tarrafal, dans une baie magnifique. Le mouillage est très beau mais très rouleur. Des rafales, jusqu'à 35 noeuds, descendent des montagnes. Jacques, très inquiet pour le bateau, décide de rester à bord tant que le vent ne se calmerait pas pour pouvoir intervenir rapidement au cas où l'ancre déraperait.
Ce n'est que le lendemain matin que nous pouvons enfin quitter l'Arlekino. Nous débarquons sur une plage de sable noir, occupée par de nombreux enfants qui se précipitent à notre rencontre pour nous proposer de garder l'annexe en échange de quelques escudos. L'île a l'air très pauvre, plus pauvre encore que Sao Vicente. Tarrafal est un village entièrement consacré à la pêche. En dehors d'une petite conserverie de thon et de barques de pêcheurs éparpillées sur la plage, il n'y a pas grand chose. Les magasins ne sont que des petites échoppes sombres où toutes les marchandises sont entassées pêle-mêle sur des étagères en bois. Nous achetons quelques fruits et du pain puis nous retournons au bateau.
8 novembre
Un peu après la tombée de la nuit, nous appareillons pour Boavista, située à 90 miles à l'est de Sao Nicolau. Nous naviguons au près serré toute la nuit, à une vitesse moyenne de 7 noeuds, ce qui nous fait arrivés à Sal Rei, au petit matin.
Bien que principale ville et centre administratif de l'île, Sal Rei est surtout un gros village de pêcheurs. Il semble, cependant, être beaucoup moins pauvre que les bourgades des trois îles que nous avons visitées précédemment. Nous faisons le tour de l'île en minibus et nous découvrons des paysages merveilleux. Toute l'île est bordée de plages de sable fin et de dunes. Nous nous baignons sur la plage de Santa Monica, une très grande plage de sable blanc, bordée de palmiers. Absolument paradisiaque !
A quelques centaines de mètres de la plage, le désert commence. Des collines ocres et rouges ondulent à perte de vue. C'est vraiment très beau. Sur la route, nous croisons des paysans qui circulent à dos d'âne et d'autres qui marchent à côté de leur âne chargé de diverses marchandises. Tous nous font de grands sourires et de grands signes en nous voyant passer.
Extrait du journal de bord d'Amandine :« Le lendemain matin, Maman est allée plonger avec Christophe au club du village. Les fonds étaient très beaux et les poissons très nombreux. Elle a vu plusieurs langoustes, cachées sous les rochers. Elle nous a dit qu'elle aurait bien aimé en ramener quelques-unes pour notre dîner !!! Pendant qu'ils plongeaient, je suis allée avec Perrine, Isabelle et Jean (des amis rencontrés aux Canaries, qui naviguent sur un catamaran) au marché acheter des fruits. Je ne sais pas pourquoi, Perrine et moi étions affamées. Alors, nous avons mangé toutes les bananes qu'Isabelle avait achetées, soit quatre chacune !!! »

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Etape à Dakar au Sénégal

13 novembre 2000
Nous levons l'ancre, ce matin, pour Dakar, situé à 320 miles de Boavista. Des dauphins croisent notre route sans beaucoup s'intéresser à nous. Ils ne jouent pas autours du bateau comme ceux que nous avons rencontrés précédemment.
Dès le 2ème jour de traversée, tout le monde se dispute avec tout le monde, à bord...
Cela faisait un petit moment que l'ambiance au sein de l'équipage s'était dégradée mais tant que nous avions la possibilité d'aller à terre régulièrement, les choses restaient acceptables mais en mer, obligés de rester confinés tous ensemble dans un espace finalement assez restreint, les choses dégénèrent jusqu'à un point de non retour. Si bien qu'après une dispute plus violente que les autres, j'annonce que je débarquerai sitôt arrivés à Dakar. Aussitôt, Christophe prend la même décision. Lui non plus ne supporte plus les propriétaires du bateau qui ont tendance à confondre équipiers et esclaves.
16 novembre 2000
Arrivés à Dakar, nous annonçons notre décision à Claudia et Jacques. Ils sont furieux. Ils s'excusent et nous demandent de rester. Ils ne veulent pas se retrouver seuls pour la traversée de l'Atlantique. Nous décidons de rester encore un peu et, en gage de réconciliation, nous allons tous ensemble, visiter Dakar. Sur la Place de l'Indépendance, nous sommes littéralement assaillis par des «banas-banas» (vendeurs ambulants). Ils veulent nous vendre de tout et n'importe quoi : des poupées africaines, des colliers, des bracelets, des pantalons, des tee-shirts, des rasoirs, des piles, des montres.
Extrait du journal de bord d'Amandine : « Au souk, les marchands qui tiennent une boutique ont pris le relais des « bana-banas ». L'un d'eux m'a demandé :
- Alors, Princesse, ça te plait l'Afrique ? Comment tu trouves le Sénégal ? Et les Africains, comment tu les trouves les Africains ???
- Noirs, ai-je répondu. Ce qui a fait rire tout le monde. »us ensemble, d'un seul coup d'aile.
Vers midi, nous arrivons à Foundioune, une petite ville de six mille habitants, située à 30 miles de Sally, sur la rive droite du fleuve.
Extrait du journal de bord d'Amandine : « Dans les rues, les chèvres, les cochons et les poules circulaient librement. Quelques enfants jouaient avec un vieux pneu. Nous n'avons jamais vu d'enfants jouer avec des vrais jouets. Nous en avons croisé qui roulaient à deux sur un vieux vélo sans pneu. Tout le monde nous disait bonjour. Les enfants venaient nous serrer la main et nous demandaient comment nous allions ».
30 novembre
Rien ne va plus à bord ! Christophe a quitté le bateau, ce matin, très tôt. Il rentre en France. Amandine et moi allons partir aussi. Nous ne voulons pas rester seules avec Claudia et Jacques, qui se montrent chaque jour de plus en plus désagréables à notre égard. Jean et Isabelle, parent d'une petite Perrine, que nous avons rencontrés dès les Canaries nous ont proposé d'embarquer pour la Traversée de l'Atlantique sur leur catamaran, lorsque nous leur avons annoncé que nous ne continuions pas le voyage sur l'Arlekino.
Extrait du journal de bord d'Amandine : « Notre première journée et première nuit sur Tubi se sont très bien passées. L'ambiance à bord était beaucoup plus agréable que sur l'Arlekino. Personne ne me disait rien si je mettais des miettes par terre quand je mangeais. De toute façon, Perrine en faisait tout autant et Isabelle disait que ce n'était pas grave. Quand nous rentrions au bateau, nous n'étions pas obligées de retirer nos chaussures pour monter dans l'annexe. La première fois, Maman et moi, nous sommes déchaussées avant de monter et Jean s'est moqué de nous. Nous leur avons, alors, raconté comment ça se passait sur l'Arlekino et ils ont bien rigolé. J'étais vraiment contente que nous soyons parties. »

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Traversée de l'Atlantique

2 décembre
C'est parti pour la Grande Traversée ! Prochaine étape : Salvador do Bahia, au Brésil. Nous en avons pour une quinzaine de jours avant de revoir la terre ferme.
Jean organise les quarts et nous nous répartissons les différentes tâches ménagères. Isabelle, excellente cuisinière, se réserve la préparation des repas. Je ferai la vaisselle et Jean s'occupera de vider le poisson que nous ne manquerons pas de pêcher. Amandine et Perrine s'occupent presque toutes seules tout le temps. C'est une chance pour l'une comme pour l'autre d'être ensemble pour cette traversée, qui aurait risquée de leur sembler longue si elles avaient été seule, chacune sur un bateau.
Extrait du journal de bord d'Amandine :
« Notre jeu préféré, c'était de faire semblant d'être sur un bateau et de faire une course. Nous faisions toutes les manoeuvres. Nous mettions toutes les voiles : la grandvoile, le génois et le spi pour avancer plus vite et arriver les premiers et avoir la coupe du monde. On jouait aussi à pêcher. Les poissons, c'étaient nos poupées. On les attachait avec des bouts et on disait qu'ils avaient mordu à l'hameçon. On pêchait des dorades coryphènes, du marlin, du thon, de la bonite. On jouait aussi beaucoup sur le trampoline. Nous y allions à chaque fois que Maman, Isabelle ou Jean voulait bien venir nous surveiller devant car nous n'avions pas le droit de sortir du cockpit toutes seules et encore moins d'aller à l'avant sans être accompagnées. »
Nous rencontrons souvent des dauphins. Ils sautent tout autours du bateau, se frottent le ventre contre les coques et font parfois de telles cabrioles qu'on a l'impression qu'ils nous offrent un vrai ballet nautique.
Après environ une semaine de navigation, nous entrons dans le « pot au noir » et sommes obligés de naviguer au moteur pendant presque toute la traversée de cette zone (3 jours) car les vents sont complètement tombés... en même que la température. Il nous faut ressortir les pantalons et les fourrures polaires pour les quarts de nuit.
Extrait du journal de bord d'Amandine :
« Une nuit, j'ai vu un bateau pirate. Je n'ai pas vu les pirates, ni le drapeau noir avec la tête de mort, mais je sais que c'était un bateau pirate parce qu'il naviguait tous feux éteints. Normalement, la nuit, quand on navigue, il faut allumer ses feux de route pour être vu de loin par les autres bateaux et éviter de se faire rentrer dedans. Et bien lui, il naviguait sans lumière, exprès pour qu'on ne le voit pas. C'est pour ça que je sais que c'était un bateau de pirates. Ils ne voulaient pas se faire repérer. Les pirates nous ont doublés et ont disparu dans la nuit. Ils ne nous ont pas vus. Heureusement, sinon, ils nous auraient peut-être attaqués. Leur bateau était beaucoup plus gros que le nôtre. C'était un gros cargo de pirates. »
16 décembre
Nous arrivons à Salvador sous un ciel couvert. Il nous aura fallu 14 jours exactement pour traverser l’Atlantique. Après avoir correctement amarré le bateau, nous allons déjeuner au restaurant du Centre nautique : « picanha » (délicieux pavé de boeuf brésilien) et frites pour tout le monde, histoire de changer de régime après 14 jours de menus composés exclusivement de poisson, frais et excellent, mais finalement peu varié à la longue !
Nous restons jusqu’à Noël à bord de Tubi et puis, il nous faut encore changer de bateau… C’était prévu, au départ du Sénégal. Isabelle et Jean nous avaient prévenues qu’ils auraient besoin de notre cabine pour recevoir des amis après Noël.

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A Recife avec le Tiramissu

26 décembre
Nous embarquons à bord de Tiramissu, un OVNI de 14 m, amarré juste en face Tubi. Bertrand, le skipper a besoin d’équipiers pour remonter le bateau jusqu’à Bélem. En l’occurrence, puisqu’il a le choix, il décidera de n’embarquer que des équipières… Isabelle et Juliette viendront rapidement compléter l’équipage.
Le départ pour Fortalezza est prévu pour la fin du mois seulement. Ca nous laisse pas mal de temps pour explorer Salvador et les alentours : Maragojipé, Sao Francisco, Cachoera, le long du fleuve Paraguassu et les îles de la Baies de tous les Saints : Itaparica, Moro de Sao Paulo… et de profiter des magnifiques plages de sable blanc, à Barra ou dans les îles. La température de l’eau à Itaparica s’élève à 31° ! Se baigner n’est même pas rafraîchissant !
Extrait du journal de bord d’Amandine :
« A Salvador, les petites filles étaient toutes habillées comme les femmes. Elles portaient des petits shorts et tee-shirts à petites bretelles au-dessus du nombril et des jolies sandales, avec des petits talons. J’aurais bien aimé que Maman m’achètent des chaussures à talon mais elle ne voulait pas, elle disait que j’allais me tordre les pieds en marchant sur le ponton et tomber à l’eau. »
Isabelle, Juliette et moi nous entendons très bien. Par contre, très rapidement, nous nous accrochons avec Bertrand qui estime que puisque nous sommes sur son bateau, nous lui appartenons… Ils ne supportent pas que nous ayons des amis sur d’autres bateaux et que nous sortions sans lui. Evidemment, ça pose quelques problèmes, que nous prenons à la rigolade au début mais qui ne feront que s’aggraver au fil des semaines que nous passerons avec lui.
Nous profitons de notre séjour à Salvador pour participer à toutes les fêtes : vêtus tout de blanc, nous allons nous purifier lors du traditionnel bain de minuit, le soir du nouvel an. Nous suivons (des yeux seulement !) la procession des fidèles qui se rendent à l’église de Bonfim, le jour du grand lavage des marches (11 janvier). Nous allons faire une offrande à Yemanja, la déesse de la mer, à Rio Vermelhio, le jour de sa fête (2 février)…
Extrait du journal de bord d’Amandine :
« La fête de Yemanja, la déesse de la mer est très importante à Salvador parce qu’ici tout le monde adore cette déesse. Elle est très belle. Elle ressemble à une sirène. Elle vit dans la mer mais elle a aussi une maison, en haut des rochers au dessus de la plage de Rio Vermelho. Le jour de sa fête, il faut lui faire des offrandes. Maman, Juliette et Isabelle ont acheté des roses pour elle. Moi, je n’ai pas voulu lui donner ma rose… Elle était trop belle, je voulais la garder pour mon mariage avec Maximilien. »
3 février 2001
Nous partons pour Recife, situé à 420 miles au nord de Salvador avec un fort vent de face. Nous commençons par tirer des bords au large pour essayer d’avancer contre le vent, mais un fort courrant de face, lui aussi, de deux noeuds rend tous nos efforts inutiles. Nous tirons des bords carrés. Bernard se résout à contre-coeur à affaler les voiles et à mettre le moteur.
7 février 2001
Nous arrivons finalement à Recife, après avoir fait 500 miles au loch, à cause de tous les bords que nous avons tirés pour essayer de naviguer à la voile, contre le vent et le courant. Pour nous remettre de cette très désagréable traversée durant laquelle Amandine a été malade, presque tout le temps, nous passons la fin de la journée à la piscine du Cabanga Yacht Club, où nous serons conviés le lendemain matin à prendre un succulent petit déjeuner : Omelette à la saucisse, bananes cuites, patates douces, ignames. ainsi que toutes sortes de fruits : mangues, ananas, papayes, goyaves, pastèques, melons, avocats (avec du sucre !)… Et des gâteaux à la banane, à la noix de coco, à la noix de cajou…, le tout accompagné de jus de fruits divers et variés. Délicieux !

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En plein carnaval brésilien!

11 février 2001
Nous quittons Recife pour Fernando de Noronha. Nous mettrons 2 jours 1/2 pour parvenir à destination, avec en permanence plus de 25 noeuds de vent de face, ce qui nous obligera à naviguer tout le temps au pré serré, une allure qu’Amandine a beaucoup de mal à supporter.
Extrait du journal de bord d’Amandine :
« Dès que j’avalais quelque chose (nourriture ou boisson), je vomissais. J’étais beaucoup plus malade que pendant le parcours Salvador-Recife. Maman ne savait plus quoi faire. Je suis restée allongée dans le cockpit durant les deux jours 1/2 de navigation. La nuit, ça allait mieux. Maman me couchait dans la cabine et restait avec moi jusqu’à ce que je m’endorme. Je dormais bien mais le lendemain matin, dès que j’étais réveillée, j’étais de nouveau très mal. »
Nous restons 6 jours à Fernando do Noronha, que nous passons à parcourir l’île en tous sens, en buggy à pied ou en stop. Nous nous baignons sur les plages du sud de l’île, calmes et tranquilles. Nous jouons dans les vagues des plages du nord, exposées à tous les vent. A Praia de Sueste, je nage avec une tortue, aussi surprise que moi par la rencontre ! Sur la plage des dauphins, des dizaines de mammifères marins nous offrent un fantastique spectacle de sauts et de cabrioles, pour le plus grand plaisir d’Amandine.
19 février
Nous quittons avec regret Fernando de Noronha pour Fortaleza, une traversée de 420 miles, effectuée sans problème, en 3 jours et 3 nuits, tout en vent arrière et nous arrivons en pleine période de Carnaval ! Dans les rues, des groupes de gens déguisés répètent pour le Grand Défilé qui aura lieu le 27 février. Les rues sont animées. La caïpirinha coule à flot, de la musique endiablée s’échappe de tous les bars, le spectacle est partout… C’est la fête !
Pour continuer la fête après le Carnaval, je confie Amandine à un ami et je vais, avec tout l’équipage de Tiramissu, danser au « Pirata », la plus grande boite brésilienne, réputée dans tout le pays pour sa musique et son ambiance d’enfer.
Extrait du journal de bord d’Amandine :
« Nous avons goûté à la boisson des Indiens d’Amazonie : le Guarana. C’est une boisson épaisse, comme un milk-shake, au goût de noisette. Dedans, il y a toutes sortes d’ingrédients et notamment des oeufs de cailles entiers, mixés avec la coquille ! »

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Retour sur le Tubi

1er mars
Sur Tiramissu, rien ne va plus ! Bertrand devient violent et menace de nous passer par dessus bord, si nous ne lui obéissons pas ! Nous décidons toutes de partir. Isabelle et Juliette trouvent chacune un nouvel embarquement et Amandine et moi retournons sur Tubi.
Deux jours plus tard, nous levons l’ancre pour Soure, où nous ferons escale avant d’atteindre Belem. Nous mettrons 5 jours pour parcourir les 660 miles qui nous séparent de l’île Marajo.
La navigation est assez difficile. A partir du troisième jour en mer, nous essuyons plusieurs grains très violents. Perrine et Amandine sont obligées de rester enfermées dans le bateau. Nous ressortons les cirés… A 100 miles de l’embouchure de l’Amazone, l’influence du fleuve se fait déjà sentir. L’eau est marron. La dernière nuit, nous entrons sur le Rio Para, à marée montante. Deux nœuds de courrant nous aide à avancer. La nuit est complètement noire. Aucune lumière le long des côtes ne brille pour nous permettre de nous repérer et dans le ciel, la lune est absente. Jean est très inquiet. Il craint de s’échouer sur les nombreux bancs de sable qui parsèment le fleuve ou de rentrer dans un tronc d’arbre flottant sur l’eau. Nous naviguons au GPS et nous relayons, Isabelle et moi, pour scruter l’eau noire et essayer de repérer les bouées du chenal, qui bien sur, ne sont pas éclairées…
7 mars
Nous arrivons à Soure, la principale bourgade de l’île Marajo, l’une des plus grandes îles fluviales du monde. 250 000 habitants y vivent en compagnie de 3 500 000 buffles !
Extrait du journal de bord d’Amandine :
« Je suis montée sur un buffle avec Maman et on s’est baladé dans la fazenda. Je n’ai pas eu peur, pourtant il était très gros. Dans un champ, nous avons vu un bébé buffle qui était né le jour même. Il était mignon, il tétait sa maman. Il avait encore un peu de mal à se tenir sur ses pattes. »
Pendant que nous visitons une fazenda, un orage très violent éclate soudain. En un rien de temps, le ciel devient gris, puis noir. La pluie se met à tomber brutalement, très drue. Nous réfugions dans la maison, de la propriétaire de la fazenda, qui nous offre un goûter à base de produits locaux : fromage de lait de bufflonne, gâteaux…
Lorsque nous rentrons au port, mauvaise surprise : plus de Tubi ! A-t-il été volé ? Jean et Isabelle sont très inquiets. Nous le retrouverons, finalement, 800 mètres plus loin... Son ancre avait dérapé sous la poussée des vents violents (35 noeuds) et du courant très puissant au moment de la marée montante. Elle avait fini par se ré-accrochée toute seule au fond, à la fin du grain…
14 mars 2001
C’est encore sous la pluie que nous quittons l’Ilha Marajo. Il nous faudra 7 heures pour parcourir les 60 miles qui nous sépare de l’autre rive du fleuve. La navigation est délicate… le fleuve charrie toutes sortes d’obstacles, beaucoup de branches d’arbres mais également des troncs !
Il pleut également pendant les quelques jours qui suivent notre arrivée. Le ciel est gris et bas. Nous profitons d’une accalmie pour aller au marché Ver-o-peso, le plus vieux et le plus typique des marchés de Belem, pour faire quelques derniers achats avant de quitter le Brésil. Construit au début du XIXe siècle, le marché, composé d’un inextricable dédale de baraques en bois, recouvertes de bâches en plastique ou de tôle ondulée, a sans doute très peu changé depuis l’époque de son édification. Il abrite des dizaines de petites échoppes, où s’entassent des fruits, des légumes, des épices, de la viande, des vêtements, des ustensiles de cuisines, des outils, des flacons d’huile, des statues des Saints et de la Vierge.. Je tiens fermement Amandine par la main car j’ai peur de la perdre dans ce labyrinthe !
25 mars 2001
Nous quittons Tubi et nous prenons l’avion pour Cayenne, où nous passerons une petite semaine (à l’hôtel !), avant de rentrer en France. Amandine va retrouver son papa qu’elle n’a pas vu depuis six mois.
Pour en savoir plus, découvrez le livre relatant ce voyage :
Amandine, la petite vagbonde des mers
Pascale Hamon, Editions Publibook, 2004, 275 pages, 25,5 €

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Carte du voyage
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