Page de Pierrot
Passionné de montagnes, j'aime découvrir et faire découvrir d'autres horizons, de préférence bien vallonnés.
Je suis : un homme
Visoterrien depuis le : 12 avril 2007
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Pierrot a posté un total de 7 voyages, 97 récits/albums, 1146 photos, 24 avis, 98 commentaires et 583 messages dans le forum.
Récits de Pierrot au Népal
Bardia National Park
16 novembre
Le bus, après un arrêt sur un pont-barrage pour tenter d'apercevoir des crocodiles, nous pose à un quart d'heure de marche du lodge. Paysages de jungle superbes, impression renforcée par l'ambiance brumeuse du matin. Le cadre du lodge est magnifique et bien reposant (parfait pour la matinée de sieste). On est accueillis avec la traditionnelle tikka (point de poudre rouge sur le front) et une grosse fleur, ça y est on se croirait au club med !
En début d'après-midi on part à pieds à l'accueil du parc national pour une balade à dos d'éléphants, moyen original de partir à la recherche de faune sauvage. Sacrées bestioles que ces pachydermes ! Avec le cornac et le guide on est 4 ou 5 dessus. Notre monture a 52 ans, un petit de 4 ans nous suit. Beaucoup d'oiseaux en bord de rivière, des singes et des deers (antilopes) en forêt/savane. Les herbes sont parfois plus hautes que nous, bien que nous soyons perchés à plus de 3m ! Nous trouverons enfin des traces de tigres au bord de la rivière, mais pas de tigre, ni de rhinocéros unicorne, ni d'éléphant sauvage.
17 novembre
Réveil tranquille, causette avec un couple de français (jurassiens !) qui vivent la moitié de l'année ici. Départ en jeep pour Chisapani, départ de notre descente du Karnali en raft. C'est un fleuve sacré, comme tous ceux qui se jettent dans le Gange. Le lit majeur est particulièrement large, ce qui laisse facilement imaginer la puissance des crues de mousson. Quelques arrêts pour chercher des indices, on finit par trouver des traces d'un tigre mâle et d'un rhino. Affut sans succès, sauf pour ce qui est de la sieste (décidément la traque animalière n'est pas pour moi !). Énormément d'oiseaux : ibis noirs, cormorans, martins pêcheurs et chasseurs, une cigogne noire, un tichodrome, un guêpier et même des canards comme ceux de Gokyo.
On arrive au campement au crépuscule, accueil avec une soupe et un thé. Le "bus local" (un char à bœufs !) vient nous chercher pour nous mener à Gola, petit village Tharu. Arrivée au village en grande pompe avec tambours et colliers de fleurs !). Tikka, danses traditionnelles, jar (vin de riz) à volonté, puis on nous invite à danser après nous avoir imbibés de jar... Rigolade générale ! Repas très riche et varié, c'est le repas des grandes occasions. On rentre au campement en chantant, fin de soirée autour du feu et d'une bouteille de rhum.
18 novembre
Réveil brutal avec mal au ventre et grosse commission : joyeux anniversaire... On traverse la Karnali en raft avant de partir dans la jungle à pieds, séparés en deux groupes. Un quart d'heure après le départ notre guide fait un malaise qui tourne à la crise d'épilepsie ! On le ramène à la rivière pour le confier à ses collègues qui rentrent directement au lodge et on tente de rejoindre l'autre groupe guidés par un jeune boy. Marche, affuts (sieste). Beaucoup de sables mouvants dans le lit de la rivière (et l'occasion de se rappeler les dialogues mémorables de "La chèvre" : "Perrin, il n'y a pas de sables mouvants signalés dans cette région !"). Beaucoup de traces d'éléphants et de tigres. D'ailleurs un tigre a dû passer très près vu les cris des singes autour de nous... Retour à la porte du Parc puis au lodge pour une douche.
Ce soir c'est Dhal Bath royal ! Et pour couronner le tout on voit débarquer toute l'équipe du lodge avec un gâteau (au chocolat !), tambours et bougies en chantant "Happy Birthday" ! J'ai de nouveau droit à la tikka, mais par 25 personnes à la suite, ce qui devient un tartinage de poudre rouge sur tout le visage. Je reçoit en cadeau des cacahouètes et une bouteille de Jar. Je crois que cet anniversaire peu banal va rester longtemps dans ma mémoire !
Pas de commentaireDans la vallée de Kathmandu
14 novembre
C'est une journée un peu chargée qui commence par une visite à la Kumari avec Seb et Max. On en ressort déçus, avec la vilaine impression d'être venus voir une bête curieuse au zoo... Pauvre gamine, "déesse vivante" enfermée là jusqu'à sa puberté, qu'on exhibe aux touristes plusieurs fois par jour.
Taxi pour Bodnath. Contrairement à ce que je pensais c'est encore dans l'agglomération de Kathmandu. Le site est impressionnant par la taille du stupa, les temples, le nombre de gens qui tournent autour en priant, mais un peu agaçant par tous ces commerces autour. Après tout, on est nous aussi des touristes, autant que les népalais en profitent. Gros hasard : on tombe sur 3 copains qui reviennent du tour du Daulaghiri ! Décidément, tout le Haut Doubs est au Népal !
On file ensuite à Bakhtapur, on respire enfin (presque) : ni voitures ni motos ! On mange dans des petits boui-bouis un peu douteux, on flâne, on se perd dans les ruelles, Seb dévalise encore des boutiques. La ville est très belle et bien conservée, le quartier des potiers est très chouette.
On décide au dernier moment d'aller à Swayambunath (Monkey Temple), on y arrive à la tombée du jour. Tentative ratée d'esquiver la caisse, on doit quand même payer. Belle vue sur Kathmandu, beau coucher de soleil sur la ville, la vallée et les montagnes au loin. Je redescend à pieds avec Vins et Olivier, ainsi qu'une espagnole et un sud-africain rencontrés là-haut. On retrouve les autres au Kumari's Restaurant, bière, apéro et bouffe. Surprise : mon anniversaire anticipé de 4 jours ! Merci les potos pour ce beau mandala !
15 novembre
Journée très speed : derniers achats népalais avant le départ pour Bardia. La turista déclarée dès mon réveil ne va pas du tout me faciliter les choses, je reste tard dans la chambre, ou plutôt près des WC... Vers 10h on part tous en taxi pour aller prolonger nos visas de quelques jours, puis dhal bath dans un boui-boui très local, arrosé de coca (je ne suis pas le seul malade). Après-midi shopping, j'ai besoin d'un petit sac à dos d'appoint et il faut bien honorer les commandes de la famille !
A 16h30 on se retrouve tous à l'hôtel pour récupérer nos affaires avant d'aller prendre le bus pour le Teraï et le Bardia National Park. Le Capital Bus est bien plus confortable que ceux que l'on a connu jusqu'ici, et on a même droit à 2 Bollywood avant de se "coucher". Trajet bien cahoteux comme il se doit au Népal.
1 commentaireRetour à la civilisation
11 novembre
Lever tranquille et petit déjeuner dans une backery, encore un peu de shopping pour certains. Au cours de la descente on rencontre un couple de suisses avec qui on va discuter plus d'une heure. C'est qu'ils en ont des choses à dire : ils ont quitté Yverdon (Canton de Vaud) il y a 2 ans et demi et sont venus jusqu'ici à pieds ! Un véritable voyage initiatique, chargé de rencontres.
Repas de midi vers 15h (trop mangé de pâtisseries au petit déjeuner !), juste avant d'arriver à Bengkar.
12 novembre
On vient réveiller le Foué avec des cloches de yacks achetées à Namche, il fête ses 26 ans aujourd'hui.
Chemin plus ou moins plat, avant une petite remontée sur Chheplung, bonne suée malgré le temps frais et nuageux. C'est d'ailleurs une des rares fois qu'on a des nuages dès le matin.
Montée facile sur Lukla l'après-midi, ça fini sur un gros chemin dallé très casse-pattes. Lukla est une rue crasseuse bordée de lodges, hôtels, bars, boutiques de cartes postales, agences de treks et bureaux de compagnies aériennes.
On attaque une tournée des bars pour l'anniversaire de Foué, et on constate encore qu'il y a beaucoup de bonne musique 70's. Max est content, il trouve du Ricard dans un troquet, et la magie opère : le lendemain il n'est plus malade !
13 novembre
Longue, très longue attente à l'aérodrome "Tenzing-Hillary" de Lukla : les 5 Pilatus-Porters qu'on a vu (et surtout entendu) atterrir devant les fenêtres de l'hôtel à 7h ne décolleront que 2h plus tard, pour cause de mauvais temps à Kathmandu. Enfin, vers 11h on s'enregistre, on attend encore un peu et on embarque avec 3h de retard. Grosses sensations au décollage de ce petite coucou, surtout que la piste est courte ! Pas de pot, je suis assis du mauvais côté pour la vue. On atterrit vers 13h à Kathmandu.
Apéro avec Chris, notre tiger specialist, pour organiser notre safari dans le Bardia National Park. Ça commence à bien se goupiller ! Yves nous retrouve pour aller à la Steak House à Thamel, où on se fait un gros gueuleton carnivore arrosé de bière et de vin rouge français !
Pas de commentaireThame par le Renjo La
9 novembre
Lever matinal, on compte faire une grosse étape aujourd'hui : passage du Renjo La (5300m) et descente sur Thame (3800m). Départ tranquille, j'arrive plus ou moins à suivre Olivier et Méju jusque vers 5000m, mais ils me lâchent à l'occasion d'une pause. La montée est irrégulière, une succession de pentes raides et petits plateaux, mais ça avance bien. Dans la dernière côte je me fais canarder par un crétin de porteur qui s'amuse à jeter des pierres à l'aveugle. Il s'excusera quand même en me croisant, mais j'ai du mal à retenir mon envie de le lapider à mon tour...
Au col je retrouve Olivier et Méju, et j'engloutis chocolat, biscuits et snikers tellement la côte m'a creusé. Beau point du vue sur l'Everest, le Lhotse et le Makalu, ainsi que le massif du Rolwaling de l'autre côté. Quand Seb arrive à son tour, je lui taxe une clope pour l'occasion (une clope à 5300m !), et constate qu'elle s'éteint toute seule du fait du manque d'O2...
Descente incroyable sur de véritables escaliers, que la glace rend très casse-gueule. Descente sur Lungden très belle et rapide. Je dévale la pente en slalomant entre les groupes et yacks qui montent. Dal Bath à Lungden. On continue quasiment en courant l'après-midi, pour une fois j'arrive à suivre les deux féroces ! Nous marchons à l'ombre depuis un moment quand nous arrivons à Thame, on trouve immédiatement la Sunshine Guesthouse (qu'on nous a conseillé : hot shower !) car le guide de notre pote américain nous envoie chercher ! Lodge bien confortable, WC propres et spacieux, et surtout, cette douche chaude ! Un vrai régal après 8 jours sans se laver !
10 novembre
Lever tardif (7h30), petit dèj "à la française" (toasts), le grand luxe quoi ! On monte tranquille visiter le monastère de Thame. Il y a une cérémonie, les sons de clochettes, gongs et trompes sont dignes d'un film (zut, encore oublié le mp3 pour enregistrer !). On visite rapidement le temple, c'est superbe ; et les moines viennent juste de sortir, laissant couvertures et objets de culte sur les banquettes et les tables. Une bibliothèque typique occupe le mur du fond. Dehors, une dame nous apprend que la cérémonie était en deuil d'un grand lama de Kathmandu qui vient de décéder.
Départ pour Namche, belle longue descente en pente douce puis repas à Thamo. Foué nous y rejoint, il revient comme nous d'une balade à Thame, où l'on ne s'est pourtant pas croisés. Belle forêts de sapins sur le sentier de Namche, on y arrive en passant par une sorte de carrière parsemée de nombreuses roches à mane et on revoit une dernière fois l'Ama Dablam.
Fin d'après-midi ultra-consumériste : lèche-vitrines, pâtisseries, etc. Bouffe gargantuesque à l'hôtel, puis on file boire un coup dans un bar. On en ressortira qu'à 11h, torchés (avec seulement 3 bières...) et sans un sou. Bonne ambiance dans ce troquet, que du bon vieux rock !
Pas de commentaireGokyo et le Cho La
6 novembre
Étape très courte aujourd'hui. On commence par redescendre en direction de Namche, puis un peu avant le Dukhla Pass on attaque à flanc de côteau en faux plat montant. A la première pause (environ à mi-chemin), Seb et Max sortent le réchaud avec la ferme intention de se faire thé et soupe. Un porteur me double sournoisement en courant, c'est la première fois que ça m'arrive ! Le tricheur, hé, il a un moins gros sac que moi !
Un dernier coup de raidillon et j'arrive à Dzongla bien essoufflé, car je viens de courir un 100m devant Méju qui filme... Méju, Foué et Olivier ont pu nous avoir des chambres dans le moins miteux des deux lodges, mais le prix ! 250rps/personne ! Déception à midi : l'appellation "roasti" nous a laissé espérer un bon plat de patates râpées bien moelleuses façon suisse... raté, ce sont des patates entières et bien séchées-grillées au four qui nécessitent le sacrifice de deux pots de ketchup.
Après-midi bouquinage et cartes pour passer le temps malgré le froid. Après calcul, on décide d'avancer de 2 jours l'avion de Lukla pour aller 2-3 jours dans le Teraï avant retour en Inde. Ce qui fut fait grâce au téléphone du lodge voisin. Et pour couronner le tout, on voit arriver le français "chasseur de tigres" (en photo) rencontré plus tôt, qui pourrait bien nous aider à préparer le séjour dans le Teraï.
7 novembre
Lever à 6h30, alors que beaucoup sont déjà en train de partir. Quand on part 1h plus tard, les locaux nous prennent pour des malades, car il est très tard selon eux (certains se sont levés vers 4h !). Le départ est assez cool, puis un premier raidillon me coupe le souffle, et de voir Méju déjà très loin en haut me démoralise.
A mi-chemin je fais une pause avec Vins et Yves, puis Foué qui nous rejoint, j'ai vraiment du mal à retrouver mon souffle. Dernier passage très raide et on arrive à un premier col où l'on prend pied sur un glacier très débonnaire. On double tout un groupe occupé à chausser des mini-crampons-caoutchouc. Les rares crevasses visibles sont bien loin sur l'autre rive, le seul danger est en réalité la glissade suivie d'une réception brutale sur le postérieur, ce que je réussis brillamment ! Je rejoint Vins et Yves au col (5300m), suivi de Foué.
Descente raide dans des éboulis avant d'arriver au pied d'une première moraine raide, suivie d'une autre encore plus haute. On n'a pas fini d'en baver ! La vallée est large et belle, mais on ne voit rien de Gokyo ni du glacier Ngozumba (pourtant long de 10km !). Longue descente sur Tragnag où l'on rejoint les premiers pour manger. Seb et Max arrivent assez vite aussi, ils sont d'accord pour continuer jusqu'à Gokyo.
On trouve assez rapidement le nouveau sentier, et, arrivés au sommet de la moraine, on découvre le chantier : un monstre glacier digne de celui du Khumbu, bien chaotique comme il faut, des pentes et grottes de glace, des lacs et gouilles partout, des blocs de pierre de toutes taille... Cependant, le sentier est bien marqué, il y a des cairns partout. L'arrivée sur Gokyo est superbe, le lac semble très bleu malgré les nuages. Beaucoup de perdrix autour du sentier. Traitement très inégal au lodge : certains ont une chambre de luxe, d'autres ont des carreaux cassés aux fenêtres.
8 novembre
Vins Foué et Max descendent avec Yves par la vallée vers Namche, après un petit saut au sommet du Gokyo Ri (5300m). Olivier et Méju y montent aussi puis partent voir les lacs supérieurs.
Je pars tout tranquille avec Seb faire le tour du lac de Gokyo. Ce lac est superbe, turquoise et entouré de cairns le long du sentier. On prend vraiment notre temps, un sac pour deux, pas d'horaires, pas d'objectifs ! On part ensuite vers le lac du dessus, un peu moins beau mais le coin est sympa, belle vue sur le Cho Oyu (8200m, 6° sommet du globe) et le glacier Ngozumba. On revient par le fil de la moraine. Bonne pause au milieu des yacks à l'entrée de Gokyo.
Le soir le lodge est bondé, on se fait virer de notre table par un groupe organisé malgré nos tentatives de squat. Sur-assistés ces groupes : tea time avec petits biscuits servis à table, le guide qui se précipite pour glisser la chaise sous les fesses du client, pot de gel hydro-alcoolisé sur la table, etc. Le guide d'un américain qui marche avec nous depuis 2 semaines vient causer avec nous, il est impressionné par les performances de Méju et olivier ("moutain tigers" !). Après avoir vu les autres finir leur repas, je descend en cuisine gueuler ma famine, pour constater que les guides des groupes organisés sont tous autour du cuistot, tu m'étonnes qu'ils soient vite servis !
3 commentairesEverest, nous voilà !
4 novembre
Ça caille encore bien ce matin, mais je pense que ça va être tous les jours tant qu'on ne descend pas sous les 4000m ! Départ pépère dans la côte au-dessus du lodge, puis on allonge un peu le pas sur un large plateau un peu steppique, avec vue sur le Cholatse et les Lobuche Peaks. Pause devant un tea shop, puis je repars.
Je rejoins Yves et Vins à Dughla, 2-3 lodges au pied d'un immense tas de cailloux (la moraine frontale du glacier du Khumbu ?). On avale la côte en un coup, en haut il y a plein de plaques commémoratives aux disparus en montagne, et surtout une quantité impressionnante de cairns. La suite du sentier est très sympa et on arrive assez vite à Lobuche. Nos trois rapides ont déjà trouvé un lodge pas cher, on décide d'y rester deux jours car la bouffe est acceptable et les chambres correctes. Par contre, comme on ne dormira pas à Gorak Shep personne n'est motivé pour voir le coucher de soleil sur l'Everest, ça ferait 2-3h de marche nocturne...
L'après midi on part se balader voir la "Pyramide", un centre de recherche italo-népalais sur les effets de l'altitude. La construction est vraiment étrange dans ce lieu ("le Louvre en plus moche" comme dirait Max), et le contraste est rigolo avec le Pumo Ri. Le Pumo Ri est l'autre plus belle montagne au monde (avec l'Ama Dablam), Mallory l'avait baptisée comme ça en pensant à sa fille (ça signifie "sommet de la jeune fille" en tibétain). Je reviens par la moraine avec Olivier, le glacier du Khumbu est impressionnant.
5 novembre
Très mauvaise nuit, je n'ai quasiment pas dormi. Je me réveille à 6h au moment où Olivier Foué et Méju partent, car ils veulent enchaîner le camp de base de l'Everest et le Kala Pattar. Ne pouvant me rendormir, je bouquine avant de me lever vers 8h. Départ pépère, on marche au rythme de Max jusqu'à Gorak Shep, un village de lodges à 5140m d'altitude.
Après manger on part à l'assaut du Kala Pattar, une bosse herbeuse au pied du Pumo Ri que tout trekker venu dans le Khumbu se doit de faire pour se prendre en photo devant l'Everest, à 5600m ! La montée est raide et on a le souffle court. Au bout de 100m on croise le Foué tout seul qui redescend. Ils ont perdu Méju sur le glacier en quittant le camp de base... On reprend la montée au pas, je m'arrête sans arrêt pour reprendre mon souffle. Je mettrai 1h30 pour faire les 500m de dénivelée. Au sommet il y a un vent à décorner les bœufs, Vins et Yves ne s'attardent pas. Je décide d'attendre Seb et Max, en espérant que l'Everest se découvre pour la photo.
Descente au pas de course, on arrive à 15h30 à Gorak Shep, moment où le ciel se dégage... Grrrrr ! Je pars en courant vers Lobuche, j'arrive juste à temps pour changer mon menu : il y a du steak de yack ! Et histoire de faire les riches, on se paye un paquet de Pringles, le luxe (prix proportionnel à l'altitude...) !
1 commentaireDingboche
1er novembre
Nous connaissons désormais le début du chemin, puis ça commence à descendre sous Khumjung. On passe un pont en bois qui balance beaucoup avant de remonter tout ce qu'on a descendu. Longue remontée, les yacks, non contents de soulever d'énormes nuages de poussière sont toujours difficiles à doubler, et dans les passages étroits on a toujours la crainte de se faire pousser dans le ravin ou encorner.
Tengboche est malheureusement à l'altitude donnée par la carte (chose rare), il y a un beau monastère, un des plus connus de la région. Torture mentale en commandant mon repas, en voyant un grand étalage de pâtisseries pleines de crème et chocolat, mais à 300Rps ! Nous ne passerons pas la nuit à Tengboche, car tout y est plus cher. En effet, la présence du monastère et la vue sur l'Ama Dablam font grimper les prix. De plus un festival a lieu ce jour-là car c'est la pleine lune, aucune possibilité pour 8 personnes sans réservation donc.
En fin de compte nous n'irons pas très loin, on s'arrête à Deboche où nous trouvons une loge pas trop chère. Douche glaciale à la source, ce sera ma dernière avant un moment ! Soirée cartes, entre un jeu népalais appris à Namche (le Dumla).
2 novembre
Réveil bien frisquet, la buée a gelé sur la fenêtre. On est un peu inquiets du temps, il y a des cirrus, puis des lenticulaires durs le Lhotse. Je rejoins le gros du groupe devant une loge isolé après Pangboche. On finit par commander à manger, mais Seb et Max ne sont toujours pas en vue. Ils arriveront à la fin de notre repas, Seb bien malade.
Je marche tranquillement avec eux l'après-midi, pour ne pas les laisser seuls. Les autres foncent pour être sûrs d'avoir de la place à Dingboche. Yves et Foué reviennent chercher le sac de Seb, je les suis un moment avant de m'arrêter pour une grosse session photo. Je retourne faire des photos au-dessus du village après avoir posé mon sac au lodge, la lumière est magnifique. Coucher de soleil glacial, mais magnifique au pied de l'Ama Dablam.
A la fin du repas on apprend d'un guide francophone que nous allons avoir du mal )à nous loger à Lobuche et Gorak Shep, et pire encore à Tragnag et Dzongla. La suite du trek promet d'être tendue ! En attendant, on va se faire une randonnée à Chukhung demain, toujours pour nous acclimater. Nous sommes à 4400m et nous comptons monter à 5000m demain.
3 novembre
La température a encore baissé, j'ai gardé mon T-shirt et mes chaussettes toute la nuit cette fois, malgré le duvet -15°C. Bonne marche jusqu'à Chukhung, les torrents ont du mal à dégeler. La vallée est magnifique au pied de l'Ama Dablam, la face sud du Lhotse, l'Imja Tse (Island Peak, c'est un 6000m "facile").
On se sépare à Chukhung, Foué, Olivier et Méju voulant monter au sommet du Chukhung Ri (5500m). Plus loin, le souffle devient court en grimpant sur la moraine, elle nous parait sans fin ! En arrivant au sommet de celle-ci, on réalise en sortant la carte que nous nous sommes gourés : le lac que nous voulions voir (l'Imja Tso) est de l'autre côté du glacier. Et quel glacier ! Immense, long, à plat mais chaotique au possible, et recouvert de gravats à tel point qu'on peut se demander s'il y a bien de la glace dessous.
Ne voyant à priori pas de crevasse, on décide de le traverser. Incroyable, de la végétation pousse sur ce glacier à 5000m d'altitude ! La traversée nous prend un bon bout de temps tellement il y a de creux et de bosses ! Enfin de l'autre côté, on décide de rentrer : le lac est loin, on en a marre et on a faim. Juste à côté on tombe sur une vraie plage de sable fin abritée du vent ! Il n'en faut pas plus à Yves pour nous proposer de se prendre en photo en caleçon sur fond d'Ama Dablam. Idée stupide mais marrante !
On retrouve les 3 féroces à table à Chukhung, ils ont bien fait leur sommet. Longue descente sur Dingboche, mais comme ça descend on arrive à respirer. Au loge on retrouve Mohan, le guide francophone de la veille, qui s'avère être le contact au Népal de Seb ! Du coup, il nous donne plus d'informations pratiques, très sympa.
Nos trois "summiters" ayant été un peu crevé par le Chukhung Ri, ils décident de prendre le sentier normal demain, et non pas le Kongma La (un col à 5530m) comme ils avaient prévu. Avantage pour le groupe : ça fait trois bourrins qui arriveront tôt pour réserver les loges avant tout le monde.
3 commentairesAcclimatation à Khumjung
31 octobre
Histoire d'être acclimatés au top, on passe une nuit supplémentaire à Namche, et on en profite pour aller faire une petite randonnée sans sac. Réveil très matinal (6h30) à cause du bruit dans l'hôtel. Raffut dans le restau au dessus de notre chambre, un type qui vomit ses tripes dans les WC à côté, un "Namasté" tonitruant suivi d'une conversation à voix (très) haute en français (saletés de français !)...
Vers 10h on part en rando pour Khumjung (3790m), à priori la vraie capitale du Khumbu. Très belle rando, en arrivant au sommet de la colline dominant Namche la vue s'ouvre sur l'Everest, le Lhotse (8516m, 4° sommet du globe) et l'Ama Dablam (une des plus belles montagnes au monde !). Dans la monté on a perdu Max, qui a dû prendre un autre chemin... Il doit en avoir marre de souvent marcher seul derrière... Khumjung est un beau gros village caché dans un large vallon.
On rate le chemin du retour, du coup on trace à travers champs, c'est superbe. On croise quelques beaux yacks (bien plus poilus et imposants qu'à Namche), et on traverse un champ d'edelweiss ! Dommage que je n'ai pas d'objectif macro avec moi... On rejoint le chemin (l'autoroute) qui mène à Tengboche, beaucoup de poussière, on comprend mieux les japonais et leurs masques.
De retour à Namche je m'offre un énorme part de forêt noire, du chocolat et de la crème après 8 jours de riz et noodles ! Le soir personne ne se bat pour finir les bières, je crois qu'on commence à sentir les effets de l'altitude. Pour le moment je m'en tire bien à part de légers vertiges par moments, mais je garde un gros appétit et je ne suis pas le seul : certains tapent allègrement dans les assiettes délaissées sur les tables voisines !
1 commentaireNamche Bazar
30 octobre
Départ frisquet de Bengkar. Nous sommes assez vite à Monjo, porte du Sagarmatha National Park et check point. Nous traversons une nouvelle fois la Dudh Kosi avant d'attaquer les 700m de dénivelée qui nous séparent de Namche. Grosse grimpette au soleil, et à un détour de chemin une terrasse est aménagée pour se reposer, avec la première vue sur l'Everest !
Bonne suée dans le côte, le poids du sac associé à l'altitude (on passe les 3000m) ne me facilite pas la grimpette. On va d'ailleurs manquer un peu de souffle pendant près de 10 jours que nous passerons au-dessus de 3500m. Après un check point et un mauvais escalier, nous arrivons à Namche, centre commercial du Khumbu (et non pas capitale, contrairement à ce qu'on lit généralement). Foué, Olivier et Méju nous attendent à l'entrée du marché, et partent en quête d'un hôtel dès notre arrivée.
Après le repas de midi on part se balader dans Namche, c'est vraiment un grand centre commercial, à 3440m d'altitude. Magasins de matos de montagne, cyber cafés, german backeries, hôtels, restaurants, bars, magasins de souvenirs, etc. Après avoir ingurgité gâteaux au chocolat et vrai café, Seb et Max sont envoyés négocier une caisse de bière au marché, il paraît qu'il faut beaucoup boire pour bien s'acclimater !
Namche occupe une sorte de cirque en pleine pente, le cœur de ce cirque abrite un marché permanent tenu par des tibétains. Ceux-ci arrivent à pieds chargés de gadgets en plastique et de contrefaçons chinoises, du Tibet tout proche par le Nangpa La, un col à 5800m. La tresse rouge melée à leurs cheveux trahit leur origine Khampa (originaire de la province du Kham), ce qui explique la sale réputation que leur donnent les sherpas. Nomades, brigands, voleurs de poules, mangeurs de petits enfants, les Khampas sont un peu considérés comme les gitans chez nous.
On croise par hasard Yves, un haut-doubiste que certains d'entre nous connaissent. Il passe un coup à notre hôtel le soir pour étudier l'éventualité de marcher quelques jours avec nous. A priori il pourra nous accompagner jusqu'à Gokyo, mais il a son avion deux jours avant nous. Demain se fait une petite balade du côté de Khumjung pour s'acclimater.
Pas de commentaireEn remontant la Dudh Kosi
28 octobre
Départ tranquille de Kharikhola, après avoir causé avec une française venue là pour une ONG (Amitié Kharikhola). Le porteur de Vins, malgré son jeune âge et son petit gabarit, semble avoir la patate ! Après un premier col, on attaque une longue, très longue traversée pour rejoindre l'autre versant d'une petite vallée. On mange dans un restau à porteurs ("un routier" comme dirait Seb), uniquement du Dhal Bath (riz et lentilles) ou des "noodles soup" au menu. Ça ne doit pas être une étape à touristes vu la tête que font les gens en nous voyant manger là !
Encore un petit coup de montée après le repas, puis la descente commence avec une belle vue sur les montagnes et les villages que nous traverseront le lendemain. A l'entrée de Surkhe, je croise le porteur de Vins qui s'en retourne, il va rentrer de nuit ! On s'offre quelques bières "Everest" pour se remettre de cette très grosse étape.
29 octobre
A priori une petite étape aujourd'hui. Bonne montée facile jusqu'à Chaurikharka, où il y a de beaux chörtens et murs de mane. Ce sera notre dernière marche seuls, car à Chheplung on rejoint le chemin venant de l'aérodrome de Lukla, et donc la foule ! Nombreux "troupeaux" (ils marchent souvent groupés-serrés) de touristes, très peu portent de gros sacs. On croise aussi les premières caravanes de yacks, avant il n'y avait que des ânes. A midi on constate 50 Rps d'augmentation dur la bouffe.
L'après-midi les sentiers restent noirs de monde : trekkers, yacks, porteurs. Énormément de chörtens et mani walls, et première apparitions proches de hautes montagnes enneigées. On double et surtout croise de très nombreux trekkers avec ou sans sacs, peu de gens nous doublent mais on a déjà une semaine d'entraînement, eux viennent juste d'atterrir à près de 3000m, ils ont des raisons d'en baver !
Des occidentaux sur-équipés, des japonais emmitouflés de casquettes, lunettes, foulards, pantalons, gants voire moufles, masques sur le nez (il fait dans les 25°C...), un occidental blasé juché sur un bourrin, un autre avec deux boitiers reflex et des objectifs de la valeur du budget annuel du Mali, , etc. On est à Disneyland !
On trouve un lodge sympa à Bengkar, on y est les seuls touristes. Belle vue sur le Tamserku (6618m) mais les nuages vont une fois de plus nous priver de coucher de soleil. Les conditions d'hébergement sont à la hauteur du prix, un vrai bonheur d'avoir des matelas de plus de 5cm d'épais ! Max nous plume au poker en attendant le repas, on comprend pourquoi il porte une casquette "Poker star"... Pendant le repas un français et son guide débarquent. Ils sont crevés, et pour cause : ils arrivent de Pangboche, ça fait 2 étapes en une ! C'est un passionné de photo qui voyage depuis plusieurs mois, il ne sait pas quand il rentre au pays. Il compte partir au Pakistan, en Afghanistan et en Chine. Rien que ça !
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