Histoire de Franche-Comté

Si les premières traces d’activité humaine en Franche Comté remontent à 15 000 ans avant JC, les montagnes ne commenceront à être colonisées que vers l’an 400 (création de Condat en 435, qui deviendra St Oyen puis St Claude). Cette colonisation verra s’alterner des périodes de prospérité et des moments tragiques, comme lors de la guerre de 10 ans.

La Franche-Comté dans la Grande Histoire

Les premiers témoignages d’activité sont matérialisés par des bois de rennes travaillés, des objets en os et en corne ainsi que des silex taillés, retrouvés dans les régions de plaine (Montbéliard et Haute-Saône) et datant du Paléolithique supérieur (entre 15 000 et 10 000 ans avant JC). Au Néolithique (8000 à 5000 ans avant JC), les hommes sont attirés par le gibier abondant dans les forêts du premier plateau.
L’âge du bronze (2000 à 800 ans avant JC) voit la création des premières cités lacustres que l’on a retrouvé à Châlain et Clairvaux.

Au IV° siècle avant JC, un peuple gaulois, les Séquanes, s’installe dans la région. Leur territoire étant envié par de nombreux et menaçants voisins, ils passent des alliances parfois malheureuses, jusqu’à l’arrivée des romains en 58 avant JC. Commence alors 500 ans d’occupation romaine à laquelle les Séquanes s’adaptent très bien.

Cette période de prospérité prend fin avec les invasions barbares : la Franche-Comté est dévastée. C’est à cette époque que deux moines, Romain et Lupicin, arrivent et fondent Condat (St Claude), vers l’an 435. Les Séquanes se tournent vers les Burgondes qui leur assurent une paix relative pour quelques temps, mais qui sera de nouveau brisée, cette fois-ci par les Francs.

En 857, Boson, un seigneur d’origine lorraine s’affranchit de l’autorité franque et se fait couronner Roi de Bourgogne, réunissant ainsi le Duché de Bourgogne (avec Dijon comme capitale) et le Comté de Bourgogne (Dôle en est la capitale). En 937 le Comté devient indépendant avec Otton à sa tête.

Selon certaines sources, c’est Renaud III, au XII° siècle, qui s’affranchit de ses liens de vassalités, ce qui lui vaudra le surnom de franc-comte, dont héritera le Comté.

En 1495 Philippe I° le Beau, Archiduc d’Autriche et fils de Marie de Bourgogne, devient souverain de la Franche-Comté, sa sœur Marguerite d’Autriche lui succède en 1506. C’est ainsi que commence une nouvelle ère de paix pour la région.

En 1519, le neveu de Marguerite d’Autriche, Charles Quint, roi de "toutes les Espagnes", est élu empereur d’Allemagne et continue la politique de sa tante. La Franche-Comté restera ainsi espagnole jusqu’en 1678 et vivra ses heures les plus prospères.

C’est à cette époque qu’ont été posées les nombreuses bornes frontières délimitant le Royaume de France et la Franche-Comté ; la plus célèbre de ces bornes est la Borne au Lion, car on y retrouve en plus la croix savoyarde : les savoyards avaient obtenu un passage à travers la Valserine pour commercer avec leurs alliés franc-comtois : le Sentier des Espagnols.

Après plusieurs tentatives françaises pour annexer la Franche-Comté, Louis XIII commence en 1636 la guerre des Dix ans, épaulé par le Général allemand de Saxe-Weimar, roi de Suède, d’où l’appellation de "Suédois" que les Comtois ont donné à ses pillards. Des Comtois célèbres, comme Lacuzon, résistent courageusement ; pour échapper aux massacres, nombre de ses compatriotes fuient en Suisse et en Italie, on fit alors appel à des Bressans et des Savoyards pour repeupler la région.

Puis Louis XIV voulut aussi la Franche Comté, qu’il conquit définitivement en 1674. La résistance, bien qu’héroïque, ne dura pas longtemps : le Traité de Nimègue (17 septembre 1678) lia le destin de la Franche-Comté à celui de la France.

Le XX° siècle n’a pas non plus épargné la Franche-Comté : la Grande Guerre a bouleversé la vie du massif, notamment en vidant la région de sa population masculine. La Seconde Guerre Mondiale a aussi été le théâtre d’événements terribles, plusieurs villages ont été totalement rasés par les Nazis en représailles aux actions de la résistance.

Défrichements et fromages : la colonisation des montagnes

La colonisation des monts a véritablement commencé au V° siècle, lorsque des moines établissent des abbayes (Saint-Claude et Romainmôtier) près des voies de communication entre la Gaule et l’Helvétie.

Rapidement, les moines prirent de l’altitude : cela commença en Vallée de Joux dès le VI° siècle, puis dans le Val de Mouthe en 1077, quand Simon de Crépy s’installa à la Source du Doubs. Des paysans les suivirent, poussés par l’expansion de la puissante abbaye de Saint-Claude. Le travail de défrichement commençait.

La Renaissance voit apparaître les premières chaux (nom médiéval des clairières cultivées) où s’installeront les premiers villages et granges d’alpages. La population s’accroît rapidement : la Vallée de Joux passe de 40 familles en 1500 à 4000 habitants en 1800.

Les forêts subiront les désagréments de ce développement extraordinaire, ce n’est qu’à la fin du XIX° siècle que l’avènement du charbon minéral va lui permettre de se faire oublier des industries, après 600 ans d’acharnement.

La forêt a aussi beaucoup reculé du fait de l’expansion agricole : il fallait bien nourrir tous ces ouvriers. L’espace des vallées s’organisa dès le XI° siècle en fonction des potentialités, les monts restèrent encore sauvages jusqu’au XVI° siècle.

A la renaissance, la population est installée sur un schéma d’occupation de l’espace bien défini. Les forêts continuent de reculer pour satisfaire les besoins du bétail, seules les zones incultes, lapiez et dalles calcaires, sont épargnées par l’agriculture, mais l’industrie locale va vite s’en occuper aussi…
La population ne cessant de croître, on commence à s’implanter jusque sur le sommet des monts. Les paysans des vaux défrichent des petites clairières pour y implanter une grange, ce sont les cernées ou cernois, qui deviendront parfois des villages comme Chapelle des Bois. Ces granges d’été, au départ habitats temporaires, seront parfois occupées toute l’année aux XVIII° et XIX° siècles.
Les granges s’équipèrent de fromageries, on embaucha des fromagers, souvent fribourgeois, qui commencèrent la fabrication des vachelins façon gruyère.

Au début du XX° siècle, les fruitières commencèrent à descendre dans les villages. Les cultures céréalières étaient remplacées par des prairies de fauche. Les chalets et granges d’été furent loués à des suisses, ou réservés au pâturage des génisses. La forêt reprit vite du terrain, en même temps 80% de la population agricole disparut.

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