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Voilà un siècle que le monde, émerveillé, découvrait les temples khmers et leurs sculptures cachées dans la jungle Nord du Cambodge, lieu encore propice à l'aventure qui attire de plus en plus de voyageurs pris d'une certaine euphorie en découvrant Angkor.
cet endroit magique et énigmatique mais rien ne peut vous transporter vers une autre dimension si vous ne voyez pas ce site. Sur place, vous vous rendez compte de la puissance, de la grandeur, de la prospérité glorieuse de la civilisation khmère, une civilisation de bâtisseurs.
Le temple de Banteay Srei (la citadelle des femmes) est construit au Xe siècle dans un superbe grès rose et probablement consacré en 967, sous le règne de Jayavarman V et dédié à Tribhuvanamaheśvara (le Seigneur des Trois Mondes).
Le soleil se lève, une légère brume autour du Bayon apporte une sorte de féerie autour des visages qui me sourient, je me dirige vers la Terrasse des éléphants où m'attendent la Police du Patrimoine, l'équipe de télévision et le Colonel Billault.
le goudron c'est fini et je crois pour un bon moment, en tout cas pas avant Kompong Thom.
Je commence à avoir le petit déjeuner qui remonte et quelques nausées. Les choses se gâtent côté terrain, la route est de plus en plus mauvaise, je suis obligé de rouler sur le côté droit, là où la voie est la moins accidentée mais c'est sablonneux J'ai du mal à avancer, le vent de face, les roues du cyclo qui s'enfoncent dans le sable, je ne peux pas me risquer à rouler sur la caillasse à cause des crevaisons ou autre incident mécanique mais surtout les secousses risquent de ne pas ménager mes vertèbres et mes muscles.
Nombreux sont les ouvrages, revues qui parlent ou ont parlé de cet endroit magique et énigmatique mais rien ne peut vous transporter vers une autre dimension si vous ne voyez pas ce site. Sur place, vous vous rendez compte de la puissance, de la grandeur, de la prospérité glorieuse de la civilisation khmère, une civilisation de bâtisseurs.
Après une séance de photos me voilà enfin libéré, il est 7HOO, je peux donner mon premier coup de pédale sur cette route mythique, escorté par les vététistes de la nouvelle Police du patrimoine équipée par la France pour surveiller les sites archéologiques.
Je quitte rapidement Angkor Thom, le Bayon et les visages énigmatiques des dieux à quatre têtes et je rejoins Angkor Vat, je décide de m'arrêter
à l'entrée du temple et m'autorise une minute de méditation, j'ai tellement attendu ce moment une intense émotion m'envahit.
Depuis la réouverture des temples, les visiteurs affluent mais le pays profite bien peu de cette manne. De grands hôtels ouvrent leurs portes, la construction bat son plein au centre comme en périphérie, la petite ville provinciale se transforme peu à peu en cité du tourisme et devient le passage obligé des tours opérateurs.
Une odeur de poissons flotte autour des embarcations vétustes, des chaises en osier ou en plastique font office de sièges, les moteurs hors bord pourvus d'une longue tige qui plonge leur hélice dans l'eau saumâtre sont bricolés artisanalement. Pas de gilet de sauvetage, pas de bouée, la sécurité telle que l'on peut l'entendre en occident est inexistante.
Tout le monde affiche un sourire et semble heureux, installé dans un coin d'ombre, je sors mon téléphone portable pour prévenir mon coéquipier « Philippe », j'ai presque une heure et demie de retard. Nous remontons enfin la rivière de Siem Reap, toutes les barques se suivent à la queue-le-le, l'odeur devient insoutenable, tout est déversé dans la rivière, la couleur est plus proche du marron que du bleu de la mer de Kompong Som.
Le niveau est très bas, je ne pense pas qu'il y ait une usine ou une station d'épuration des eaux dans le secteur. Il serait opportun d'y penser car les touristes qui arrivent à Siem Reap ne pensent pas trouver un parfum aussi désagréable au pied des temples.
Si faire Phnom Penh-Saïgon a été pour moi un bonheur, emprunter la voie royale Angkor-Phnom Penh serait vraiment réaliser un rêve d'enfant. Mes souvenirs de la ville engloutie dans la forêt datent de mon enfance, j'y voyais une cité merveilleuse habitée par les dieux et les singes. Voilà un siècle que le monde, émerveillé, découvrait les temples khmers et leurs sculptures cachées dans la jungle Nord du Cambodge, lieu encore propice à l'aventure, d'où certains ne sont pas revenus mais qui attire de plus en plus de voyageurs pris d'une certaine euphorie en découvrant Angkor.