Dans le « jardin » de la maison du garde parc, quelques massifs d’ancolies secouent mollement leurs « bonnets à clochettes » dans un brise paisible. Derrière poussent des lupins aux couleurs vives. J’ai vu de véritables champs de lupins sur les bords des routes caillouteuses aux alentours de San Martín de los Andes…
Nous voici dans le « jardin » de l’ancienne maison du garde parc. Sur cette photo sont rassemblés deux des symboles de la province de Neuquén : le volcan lui-même et un araucaria, très grand et très fort.
Dans les « prés » entourant la maison on croise des espèces de grosses pintades que je n’ai pas réussi à identifier. Un peu à l’écart, dans un bosquet d’araucarias, des dizaines de petits perroquets vert se nourrissent dans les branches : un pluie de débris de graines ( ?) tombent sur le promeneur. Les perroquets verts sillonnent les alentours de la maison en petites escadrilles de trois ou quatre…
Pause en plein soleil, à midi, sur la pelouse de l’ancienne maison du garde-parc, dans un décor extraordinaire : aucune route ne mène à la maison isolée entre les bras des lacs et les collines couvertes d’une épaisse forêt. Si les alentours de la maison sont discrètement paysagés et semblent entretenus, tout autour s’étend le parc sauvage du volcan Lanín.
La maison est fermée à clé et utilisée par certains guides locaux comme refuge lors de treks organisés. Quant à nous, nous dormons sous la tente !
Un petit ponton sort directement de la forêt pour plonger dans le lac Epulafquen. Il mène à l’ancienne maison du garde-parc, isolée au milieu des collines et des lacs. Le volcan Lanín – toujours lui ! – pointe son glacier sommital au dessus des pentes sauvages.
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Le Lac Epulafquen : une magnifique illsutration de ce pays bleu et vert qu’est l’Araucanie (Nord de la Patagonie). Les eaux calmes s’étendent sur des kilomètres dans un écrin de collines recouvertes d’une épaisse forêt. En arrière plan, la neige s’attarde encore aux sommets rocailleux. Nos canoës glissent en silence au milieu de Parc Naturel du Lanín. On se croirait seuls au monde.
Après un convoyage de canoës ma foi assez épique le long de la plage, le lac Hechulafquen nous révèle un bras abrité pour recharger le matériel et reprendre les rames, direction le Lac Epulafquen qui s’enfonce dans la nature sauvage.
Pas évident de traîner les embarcations avec de l’eau à mi-mollet, les pieds dans le sable et les rouleaux venant par le côté remplir – et alourdir – doucement mais sûrement le fardeau ! Mon bateau ayant évidemment fini par sombrer, il nous a fallu nous mettre à trois pour le ressortir du lac et le vider…
Un petit regard à l’aval sur les 30 kilomètres lac Huechulafquen. Le vent s’engouffrant dans le couloir de montagnes soulève de petits rouleaux qui rendent hasardeuse la traversée du lac Paimún au lac Epulafquen via le Huechulafquen car elle expose le flanc des canoës, lourdement chargés par les tentes et les vivres. Nous accostons donc et transportons en plusieurs voyages notre matériel sur la plage jusqu’à un endroit plus abrité pour rembarquer et attendre le Lac Epulafquen.
Les canoës glissent sur l’eau bleue électrique du lac Paimún sous un soleil magnifique. L’air est frais, la brise légère, le silence complet : tout semble paisible à cette extrémité du globe. Au bout de quelques centaines de mètres de paresseux coups de pagaie nous laissons dériver nos coques pour « la carte postale obligatoire », à savoir photographier une belle petite église Mapuche incongrue s’immisçant dans le paysage de « grande nature » dominé par le volcan Lanín.
Il n’y a personne à l’horizon.
Au bout d’une longue piste boueuse et défoncée grouillante de lapins qui piquent des deux, après avoir longé le grand lac Huechulafquen, on parvient au camping du Lac Paimún. Pas vraiment d’infrastructures mais une vaste prairie plantée d’arbres, entourée de lacs et de montagnes, au pied du volcan Lanín. Un peu à l’écart se trouve un ferme Mapuche, seule ethnie autorisée à résider dans le Parc National. Les troupeaux moutons passent et repassent autour de la « cabane au fond du jardin » aménagée à l’attention des campeurs. On a vraiment l’impression d’être au bout du monde… Les canoës nous attendent pour poursuivre le trek à la rame.