Il fait chaud, il est agréable de mettre les pieds dans l'eau. Nous nous retrouvons à sept personnes à bord, la plage s'éloigne peu à peu lorsque la puissance du moteur Mercuy 75 cv se développe. Cécile ne paraît pas rassurée, l'eau pénétrant presque dans la barque à chaque virage. Des dauphins nous accompagnent. L'envie me revient de naviguer comme au bon vieux temps, les souvenirs émergent de ma mémoire. j'étais motoriste zodiac sur Yamaha 40 cv lors des missions que j'ai effectuées à Djibouti en 1976, 78 et 80. Les mêmes sensations reviennent à la surface, de cette eau, de cette mer que je sublime.
MISE A L'EAU Hits: 102 | 5 vote(s) | Commentaires: 0
A 16h00, nous allons avec J-p et Cécile au port voir une barque à vendre et l'essayer. Sur le chemin qui mène au petit centre nautique de la caserne Sabatier, nous n'apercevons pas âme qui vive. Tous les européens sont chez eux, sauf ceux de cette caserne qui se dorent au soleil et profitent des jeux nautiques. C'est le couvre-feu pour cause d'élection présidentielle, on nous a déconseillé de nous rendre en ville. Nous embarquons dans la barque mise à l'eau par ses propriétaires, deux militaires qui terminent leur séjour
Djibouti est devenu très pauvre. Dans la rue autour de nous, des enfants nous demandent des bakchich. j'ai le souvenir d'une ville un peu plus florissante et propre. Tout est très sale, dégradé, les taxis sont de véritables tas de tôles ambulants. Nous passons devant l'Ambassade des Etats-Unis, entourée de blocs de béton, de caméras, de grilles et barbelés, un bunker très bien entretenu. Nous longeons l'Hôpital Pelletier. Quelle misère! Au poste de garde de l'Ambassade de France il faut montrer patte blanche.
Je décide d'aller faire un tour boulevard de la République prendre la température de la rue avant le grand jour, à la veille de l'élection présidentielle.
Je vais faire un tour boulevard de la République en pensant à mon ange gardien. M'a-t-il abandonné? Je suis en sueur, la nuit tombe, des odeurs exotiques et d'encens effleurent mes narines, la vente du qat vient de commencer dans la rue, le peuple se prépare à l'euphorique abrutissement. La foule a de nouveau envahit la rue, tous recommencent leur business. Nous nous couchons de bonne heure, car demain tout se décide. Je l'espère de tout mon coeur.
puis nous nous dirigeons vers la Résidence Marco Polo, où habitent nos nouveaux amis, sur le Plateau du Serpent non loin des bâtiments de l'Ambassade. Super contact, accueil exemplaire, rien à dire. Des gens extra.
J-P, Cécile, Raoul et Florent prennent l'apéritif en compagnie de deux militaires de la Coopération. Ils m'annoncent de bonnes nouvelles, les militaires sont prêts à nous aider via l'Armée Nationale Djiboutienne. Nous leur remettons la carte sur laquelle figure notre trajet ainsi que le road book, afin qu'ils puissent étudier les possibilités d'hébergement et d'accueil aux différentes étapes.
Nous parlons des contacts qu'elle peut nous obtenir et des problèmes locaux: enfance, eau, santé, condition féminine, hygiène, politique. 42 % de la population est au chômage, 51 % infectée par le SIDA, la moitié de la population a moins de 20 ans. Le tableau brossé par le docteur Acina est très alarmant. Voilà déjà 16 ans qu'elle habite Djibouti.
Cécile nous a invités à venir voir l'Ecole Bienvenue où elle donne des cours de soutien scolaire. Nous entrons dans ce bidonville situé près du stade de football flambant neuf.
II nous confirme que celle-ci n'est pas bonne pour le moment et qu'un véhicule a sauté sur une mine anti-char du côté de Randa. Ce n'est pas rassurant pour nous.