Découvrez des photos de déserts plus ou moins hostiles dans cet album photo.
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Nous pédalons sur cette étendue depuis un bon moment il est grand temps de faire un point ravitaillement, hydratation et GPS, il est facile de se perdre car ici tout se ressemble, le 4x4 nous a rejoint
Nous posons nos roues sur le Grand Bara, grand désert d'argile brun cendré entre les montagnes qui l'encerclent de leur noire dentelure. Nous roulons à 26 kms/h. Le soleil monte.
L’Emstrur à midi, sous la pluie. On s’y croirait. Pas exactement le moment ni l’endroit rêvé pour faire une pose sandwich ! On mâchonne donc son pain de mie/saucisson avec philosophie, bien calé contre une dune de cendre en évitant d’avaler trop de sable : la photo ne montre pas le vent ! Par bonheur la pluie plaque tout ça par terre. Il y a avis de tempête sur l’Emstrur, aujourd’hui. Plus que deux ou trois heures de marche.
Nous traversons, sur le chemin de l’Emstrur, un désert de cendre et de pierres volcaniques coupantes. Des couches de laves accidentées affleurent sous la couche de cendre. Ca ne se voit pas trop, mais il pleut !
Nous sommes de retour sur le chemin fréquenté qui relie Landmannalaugar à Þórsmök. On voit ici le chemin s’orienter vers le Sud-Est et partir vers le désert hanté de l’Emstrur.
Sable, soleil, chaleur, soif, désert, fournaise. Nous sommes épuisés, je me vide de mon eau, nos réserves s'amenuisent. Florent est brûlé aux cuisses au premier degré. Tout à coup j'aperçois une piste au-dessus de l'oued. Elle nous permet de quitter cet enfer où nous brûlions à petit feu.
Comme une superposition de calques pastel, les sables traversés de ruisseaux glacés, les rochers déchirant la couche de cendre, les courbes douces des collines verdoyantes et le mur du volcan-glacier composent un tableau suggérant autant l’immuable que l’éphémère. Le calme apparent et le goût d’éternité des lieux ne sont qu’un voile sur les caprices de la météo instable, l’érosion due au vent et à la pluie, l’incertitude des colères du Katla. L’éruption prochaine hypothétique du volcan reste une crainte des Islandais, les conséquences de la rencontre de la lave et de la glace pouvant se révéler catastrophique. On ignore aujourd’hui si une éruption « sérieuse » sous le Mýrdalsjökull entraînerait une augmentation de la surface de la plage alluvionnaire qui s’étend au Sud du glacier, ou au contraire amputerait la route numéro 1 en balayant des kilomètres carrés de sable et de cendre dans l’Océan Atlantique.
L’étendue des cendres et des sables escamote les pistes de 4x4 en annulant les distances. Le silence irréel, l’impression de marcher sur place et la solitude suggèrent le recueillement, la relaxation, quelques choses hors du temps, mais les sables mous rendent la progression difficile et nous rappellent à la réalité.
Nous avons perdu du temps à Holhol. La piste que nous avons prise nous rallonge, l'autre étant coupée par les pluies tombées à la saison fraîche. Nous commençons à nous soucier du 4X4 de l'ONTA et à angoisser. Sont-ils partis? Il est 09h30, le soleil tape. Dans un oued défoncé, nous sommes obligés de mettre pied à terre. Le sable est notre pire ennemi avec la chaleur. Nous marchons ainsi pendant une heure, en plein soleil, le corps incendié, les yeux perdus dans l'immensité poussiéreuse. Il est 10h30, la peur me prend aux tripes. Je me sens responsable d'avoir entraîné Florent dans ces conditions extrêmes. Je me demande si nous allons y laisser toutes nos forces. Sable, soleil, chaleur, soif, désert, fournaise. Nous sommes épuisés, je me vide de mon eau, nos réserves s'amenuisent. Florent est brûlé aux cuisses au premier degré. Tout à coup j'aperçois une piste au-dessus de l'oued. Elle nous permet de quitter cet enfer où nous brûlions à petit feu.