Ladakh |
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Ombres et lumières sur le Gonkhang (Ladakh, Inde)
Le Ladakh est une des régions les plus septentrionnales de l'Inde, il fait frontière avec le Pakistan (région du Baltistan) et la Chine (Tibet). Il est isolé du reste du monde par les plus hautes chaînes de montagnes du globe, l'Himalaya et le Karakorum.
La population est de type tibétaine, cela se ressent énormement dans la culture et la religion, et le Ladakh a pour cette raison accueilli de nombreux réfugiés tibétains (le climat aussi est très semblable).
La capitale du Ladakh est Leh, ville de 10000 habitants (beaucoup plus durant l'été...). Si tous les services se trouvent facilement à Leh, le reste du pays a peu bougé, à part le long des grandes routes (pour Srinagar et Manali) et des grands itinéraires de trek, où vous trouverez quelques tea-shops et resthouses.
Géographie et Climat
Géographie
Le Ladakh occupe une vaste région (97 872 km², soit deux fois la Suisse) entre les deux plus hautes chaînes de montagne du monde, l'Himalaya et le Karakoram. Ces hauts plateaux désertiques entre 2500 et 5000m d'altitude (avec des sommets à 7000m) sont coupés en deux par l'Indus, qui a déjà parcouru 500km depuis sa source au Tibet. Administrativement, le Ladakh est un district de l'État indien de Jammu & Kashmir. La capitale est Leh, et le sous-district du Bas-Ladakh a pour chef-lieu Kargil. Depuis quelques années, suite à de nombreuses revendications pour se séparer du Jammu & Kashmir, l'État indien a consenti à la création du Hill Council Development of Ladakh, qui comprend une sorte de Parlement, mais pas de véritable autonomie.
On peut distinguer cinq régions différentes composant le Ladakh :

Vue sur la vallée de l'Indus, Thiksey (Ladakh, Inde)
- Le Ladakh à proprement parler, constitué de la large vallée de l'Indus en amont de Khalse et de petites vallées perpendiculaires. C'est là que se trouve la capitale, Leh, ainsi que les grands monastères de la région et la majorité de la population. Le climat est assez sec, car la vallée est coincée entre les chaînes du Ladakh et du Zanskar, mais le fleuve et ses affluents irriguent de nombreuses oasis verdoyantes.
- Le Purig, ou Bas-Ladakh se trouve en aval de Khalse, toujours dans la vallée de l'Indus. Les paysages sont plus sauvages, la vallée souvent plus encaissée, mais l'altitude est plus faible, autorisant plus de cultures. C'est de là que viennent la plupart des abricots du Ladakh. Le chef-lieu, Kargil, a une population à majorité musulmane, annonçant le Cachemire tout proche.
- La Nubra, composée des vallées de la Shyok et de la Nubra. Isolée au nord de Leh par la chaîne du Ladakh, il faut pour y accéder passer le plus haut col routier au monde, le Khardung La (5600m). Son altitude étant moindre, les cultures sont plus abondantes et diversifiées qu'au Ladakh. Quelques chameaux (deux bosses !) rappellent la proximité de l'Asie Centrale et de ses grandes caravanes.
- Le Rupshu (appelé aussi Changthang) est une région de hauts plateaux désertiques au sud-est de Leh, près de la frontière tibétaine. L'altitude moyenne est au-dessus de 4000m, trop haut pour des cultures, mais parfait pour les pâturages. Les habitants, appelés Champas, sont majoritairement nomades et suivent leurs troupeaux de chèvres, moutons, yacks et dzos (croisement du yack et de la vache). Un de leur principaux moyens de subsistance vient de la laine de leurs chèvres, la fameuse Pashmina (improprement appelée laine du Cachemire) : c'est la laine la plus chaude et la plus douce au monde, une des plus chères aussi.
- Le Zanskar, entre Indus et Himalaya, fut à une époque un petit royaume indépendant, son isolement extrême l'ayant longtemps protégé de ses voisins. Seule une piste partant de Khalse permet d'y aller en voiture depuis quelques années, sauf l'hiver. Durant cette saison, une voie originale s'ouvre durant quelques semaines, sur la rivière Zanskar gelée (on l'appelle alors Tchaddar) et permet un trafic avec Leh. Un projet de route est en cours dans ces gorges très encaissées, mais de nombreux problèmes techniques et géologiques reculent sans cesse l'échéance.
Climat
Le Ladakh fait partie des plus hautes régions de la planète (5300m d'altitude moyenne !), coincé entre l'Himalaya et le Karakoram (où se trouve le K2, deuxième sommet du globe).

Rhâââââ ! encore la neige ! (Ladakh, Inde)
Les saisons y sont très marquées : l'hiver est d'une rigueur extrême, avec des températures pouvant atteindre les -35°C, l'isolement dû à la neige (les deux route permettant de relier le Ladakh passent des cols à plus de 4000m d'altitude) ; l'été présente des températures très contrastées, de +10°C la nuit à +35°C le jour, et une sécheresse importante, la mousson étant bloquée au sud par l'Himalaya.
La saison de trek commence début mai (préférer fin mai pour les cols au-dessus de 4500m) pour finir mi-novembre (mi-octobre pour les cols). Une exception toutefois, le Tchaddar : c'est le fleuve Zanskar pris par les glaces, de plus en plus en vogue chez les agences de trek, le fleuve gelé est praticable durant un petit mois au plus froid de l'hiver, mais c'est un trek long, éprouvant et risqué (un brusque redoux peut vous bloquer au beau milieu des 100km de gorges !)
Histoire
Les premiers occupants de la région seraient des indiens, cultivant les basses plaines du Ladakh. Leurs descendants vivent encore dans le pays, ce sont les Möns. Puis des Tibétains s'y sont installés vers Vème siècle de notre ère. De religion Bön, ils se sont progressivement convertis au bouddhisme vers le VIIème siècle, sous le règne de Songsten Gampo.
Au Xème siècle, un descendant des premiers rois tibétains fonde le royaume de Ngari, regroupant Ladakh, Guge, Purang, Zanskar et Spiti, puis en 930 son fils aîné, Pelgyigön, devient le premier souverain du Ladakh. La construction de nombreuses citadelles par des chefs tibétains traduit une unité fragile.

Le palais royal de Leh (Ladakh, Inde)
Au XVème siècle, le Ladakh est séparé en deux royaumes, le Bas-Ladakh à l'ouest (capitale Basgo) et le Haut-Ladakh à l'est (capitales Shey et Leh). C'est un souverain de Basgo qui réunira le pays, mais ses descendants devront aussi résister aux attaques du Cachemire musulman. Les différents conflits qui s'ensuivront verront les rois Ladakhis envahir le Tibet jusqu'aux portes de Lhassa, puis se replier sur Basgo, envahis par les Mongols et les Tibétains, ou encore passer des alliances malheureuses avec le cachemire (le roi Delek Namgyal doit en 1647 se convertir à l'Islam et verser un tribut annuel au Cachemire).
En 1834, l'Etat hindou de Jammu envahit pour la dernière fois le Ladakh en même temps que le Cachemire agonisant. C'est sous cet Etat que le Ladakh fait son entrée dans l'Empire britannique, puis dans l'Inde indépendante.
En 1948, le Pakistan conteste les frontières et envahit le Baltistan, puis c'est la Chine, qui, sur la lancée de l'annexion Tibétaine, attaque entre 1958 et 1962 le Ladakh et annexe la région à l'est de la Nubra. Cela pousse l'armée indienne à achever une route stratégique entre Srinagar et Leh, ouverte au tourisme en 1974.
Culture et religion
Culture et religion sont étroitement mélées au Ladakh, comme au Tibet. La quasi-totalité de l'art se réfère à la religion, que ce soit à travers les thangkas (peintures religieuses sur tissus) ou la sculpture. La religion dominante est le bouddhisme lamaïque, il y a aussi de nombreux musulmans, et quelques hindous.

Moulins à prières à Shey (Ladakh, Inde)
Le
bouddhisme lamaïque est une adaptation typiquement tibétaine du
bouddhisme tantrique, qui ne peut s'expliquer qu'en reprennant l'histoire de l'introduction du
bouddhisme au Tibet. Cette religion se heurta d'abord à une farouche résistance de l'ancien culte chamanique
bön-po, et elle aurait peut-être disparu si, en 747, le roi Thi-srong-det-san n'avait fait venir d'Inde le fameux
guru Padmasambhava, qui vaincu les anciens démons. Mais son génie tient surtout au fait que, pour convertir la population, il sut intégrer les anciens rites
bön-po à la nouvelle religion. C'est ce qui fait la principale particularité du
bouddhisme lamaïque.
Une autre particularité, partagée avec le bouddhisme tantrique, est le culte des saints, comme Padmasambhava ou Milarépa, ainsi qu'un recours systématique à la récitation de mantras, utilisation de moulins à prières et autres gravures de mane. Ceux-ci se justifient par le fait que, comme le monde que nous percevons n'est que pensée, le Verbe et l'Ecriture peuvent avoir une puissance capable d'agir sur cette représentation mentale que nous pensons concrète.
Langues
Les Ladakhis parlent... Ladakhi, langue apparentée au tibétain. Dans certaines librairies de Leh vous trouverez un petit phrasebook qui peut vous aider si vous trekkez seuls : Getting started in Ladakhi. En effet, si la plupart des jeunes parlent plutôt bien anglais (avec l'inévitable accent indien !), leurs aînés n'en parlent que des bribes et il est utile de comprendre et savoir utiliser quelques formules de base.
La langue officielle de l'Etat de Jammu et Kashmir est l'Urdu, peu parlé au Ladakh, sauf par les Cachemiris (et ils sont nombreux à tenir boutique durant la saison touristique !).
Sinon, l'hindi ne vous servira à rien : seuls les "vrais" indiens le parlent, et généralement ceux-ci parlent aussi l'anglais, langue indispensable pour le voyageur en Inde.
De plus en plus, de nombreux ladakhis (surtout les guides de trek et les commerçants) parlent quelques mots de français, parfois même plutôt bien.
Loisirs

Descente sur la Markha (Ladakh, Inde)
Le trek est bien entendu l'activité reine au Pays d'Entre les Cols ! Cela dit, d'autres activités pourront agrémenter votre séjour : VTT, excursions à cheval, escalade, sports d'eau vive, voire alpinisme en groupe organisé avec des sommets de 6000m accessibles, comme le Stok Kangri ou l'antécime du Kang Yatze.
Evènements culturels et Festivals
Il y a de nombreux festivals tout au long de l'année, mais l'influence du tourisme depuis 30 ans en a poussé une partie à se faire en été. Dommage, car les dates traditionnelles avaient souvent une signification religieuse dans le calendrier tibétain.
Circuits
Au Ladakh, le trek est roi ! Certes, les agences vous proposeront du VTT, du rafting, ou je ne sais quoi d'autre, mais le pays se découvre bien mieux à pieds, ou à cheval dans les régions comme le Changtang. De nombreux itinéraires ont été ouverts, certains devenus très vite populaires et surpeuplés en été, comme la vallée de la Markha, d'autres voient passer beaucoup moins de monde.
Quelques exemples :

Ciel bleu sur le Kang Yatze (Ladakh, Inde)
- Vallée de la Markha : un grand classique d'une semaine. Ça commence par deux cols culminant à 4900m d'altitude (prévoir au moins trois ou quatre jours d'acclimatation avant...), puis une remontée de la vallée durant trois jours, et le passage du Konmaru La, à 5150m avec vue sur le Kang Yatze, très beau sommet de 6400m.
- Lamayuru-Chilling : moins couru mais tout aussi joli que la Markha et pouvant s'enchaîner juste avant. Départ de Chilling (et son monastère), ça commence par un "petit" col (3750m), puis on en passera deux autres (4900 et 4700m) au cours du trek. Fin du périple à Chilling, au bord du Zanskar, très beau village où les habitants sont spécialisés dans le travail des métaux précieux.
- Le Tso Moriri : long trek au dessus de 4000m à travers les plateaux près de la frontière tibétaine. Le Tso Moriri est un de ces grands lacs salés d'où est extrait le sel de l'Himalaya. Paysages magnifiques.
Y aller
La solution la moins aventureuse est l'avion, et l'Himalaya vu d'en haut est superbe, mais de Delhi ou Srinagar vous pouvez aussi prendre le bus ou louer un 4x4, il paraît que c'est encore mieux !
En avion
Vous devrez obligatoirement faire escale dans une grande ville indienne (le plus simple est Delhi), car Leh ne peut se rejoindre que par des lignes intérieures.

Premiers repères géographiques
Attention ! Les vols pour Leh sont très tôt le matin (vers 6h) à cause de l'altitude, pour des raisons de portance. Donc si vous ne voulez pas dormir à Delhi, faites gaffe à ça. Les vols ne partent pas de l'Aéroport International, mais du Domestic Airport (vols intérieurs). Les compagnies aériennes ont normalement des navettes gratuites.
Pour le vol Delhi-Leh, il existe actuellement (en 2007) 3 compagnies autorisées : Indian Airlines, la compagnie intérieure nationale dont les retards sont légendaires, Jet Airways, que j'ai testé et dont je ne suis pas déçu (renseignements au 01 49 52 41 15 : leur bureau à Paris), et Air Deccan, une compagnie indienne low cost. Pour le retour, prévoir au moins trois jours d'escale à Delhi, car les conditions météo sur l'Himalaya peuvent retarder le vol. Ce sera l'occasion de visiter cette ville et completer vos achats de souvenirs !
De l'aéroport de Leh, vous trouverez forcément un taxi ou un bus pour vous amener au centre ville.
Attention ! Delhi se trouve à 300m d'altitude et Leh à 3500m, le vol dure environ 1h30... Même en étant habitué à l'altitude, on reste sonné, titubant, écoeuré, sans apétit, bref : malade pendant un à trois jours.
En bus par Manali
C'est la voie royale, droit à travers l'Himalaya, par le Spiti et le Lahaul !
Il vous faudra prendre le train pour Chandigarh, puis un premier bus jusqu'à Manali. De là des compagnies de bus vous amènent directement à Leh en deux jours.
Attention ! La route passe deux cols à plus de 5000m d'altitude (5300m pour le Taglang La) et il est impossible de s'acclimater en deux jours ! Les effets d'une telle altitude sans acclimatation pouvant être dangereux voire fatals, il est conseillé de ne prendre cette route qu'au retour, ou alors de faire des pauses d'un jour ou deux à Manali et Keylong.
Cette route est ouverte (selon la météo) de fin mai à fin octobre
En bus par Srinagar
La route des grandes caravanes marchandes !
De Delhi, vous pourrez rejoindre Srinagar en avion ou en bus, puis Leh par le bus. Mêmes recommandations que pour Manali, mais les cols sont moins hauts (4100m pour le Fatu La).
Attention ! Compte tenu de la situation toujours cahotique au Cachemire (conflit indo-pakistanais sur le statut de la région) et de l'éventualité de combats, bien se renseigner auprès de l'ambassade de France. Voir aussi les dernières nouvelles sur ladak.free.fr (http://ladak.free.fr/commun/html/tripnews.htm).
Route ouverte (selon la météo) de début mai à mi-novembre
Vie pratique
Transport

Le plus haut embouteillage au monde !
Taxi : pratique mais cher pour les petits budgets, si possibles choisissez un 4x4, vu l'état des routes.
Bus : il y a plusieurs compagnies (une publique et des privées), c'est assez économique (1Rs/km) mais il faut bien se renseigner sur les destinations et les horaires (demandez à plusieurs personnes) et il ne faut pas le rater au retour !
Stop : ça marche très très bien ! Ne soyez pas surpris si le chauffeur vous demande de l'argent, proposez même spontanément, c'est normalement moins cher (et moins bondé, quoique parfois...) que le bus.
Adresses utiles
Site internet à visiter à tous prix avant de partir au Ladakh : Ladak.free.fr (http://ladak.free.fr)