Afin de faire partager cette aventure à ceux qui me soutiennent et m'aident à monter ce projet, je décide d'organiser un prologue à Rennes le samedi 27 et le dimanche 28 mars 1999. J'imagine une réception bien orchestrée avec l'exposition de quelques aquarelles et quelques livres d'Henry de Monfreid présentés par sa fille Amélie, marraine du R.E.D., la distribution de plaquettes du musée d'Ingrandes, 50 kilomètres en VTT sur les quais pour arrondir à 1000 kilomètres le Raid Extrême Djibouti, une séance photographique pour médiatiser au mieux l'événement et, pour clôturer, un pot de l'amitié et relations publiques afin de faire connaître aux amis et médias nos parrains et sponsors, ainsi que Genespoir.
Je suis heureux de recevoir comme invitée exceptionnelle Amélie, qui m'a prêté 4 aquarelles peintes par son père: "Obock et le Ras bir" 1924, "Salon à Diré Daoua" 1927, "Le point d'eau et la palmeraie d'Obock" 1928, "Pêcheur de perles en mer Rouge" 1928 et une photo "Les trois âges d'Henry de Monfreid". Pendant ces deux jours, Amélie a répondu à de nombreuses questions des visiteurs, allant elle-même au-devant d'eux pour donner des renseignements sur Henry. En mémoire de son père, elle est contente de participer au lancement du raid, femme pleine d'enthousiasme et d'entrain.
Lors de notre rencontre à Paris, le petit-fils d'Henry, Guillaume de Monfreid, a écouté avec intérêt mes explications sur le R.E.D., Génespoir et la possibilité de faire une exposition avec les aquarelles de son grand-père. Il ressemble à sa tante Amélie et surtout à Henry: sec, cheveux gris, visage émacié, un aplomb et une intelligence de famille, sans parler d'un sens artistique. Lui aussi peint et fait des croquis. Architecte international, il a matière à dessiner lors de ses voyages. Pour amplifier l'exposition, il me propose de me prêter 29 croquis personnels de voyages. Il me conseille d'élargir cette exposition à un thème plus général, "le voyage et l'aventure". Les couvertures des livres d'Henry de Monfreid récupérées auprès des éditions Grasset sont encadrées en 42 tableaux par un partenaire local. Des affiches des principaux pays bordant la mer Rouge sont installées: Djibouti, Ethiopie, Egypte, Yémen, Israël, Jordanie. Figurent aussi des cartes de la Corne de l'Afrique afin de situer Djibouti, le tracé prévu du raid, des affiches sportives de VIT et d'escalade.
Guillaume de Monfreid nous suggére aussi d'inviter Philippe Baraduc. L'exposition est ainsi animée par une vente dédicace au profit de Génespoir du livre qu'il vient d'écrire, "Henry de Monfreid Flibustier de la mer Rouge", magnifique ouvrage riche d'illustrations dont le fond égale la forme. Philippe Baraduc a connu Henry de Monfreid de 1962 à 1974.
Producteur,réalisateur et auteur de nombreux films de télévision depuis 1963, il a travaillé avec Chabrol et a notamment produit "Les secrets de la mer Rouge". Il a réalisé "Vieux Pirate", un portrait de Monfreid pour l'émission "Un siècle d'écrivains" sur France 3. Faire connaissance avec cet homme qui a côtoyé Henry de Monfreid a enrichi mes connaissances, ma compréhension du "Flibustier", et apporté une motivation supplémentaire au projet.
Cependant, le résultat de l'exposition est mitigé car il y a peu de visiteurs le samedi. Sans doute le lieu, un local de la gare de Rennes, était mal choisi, mais je n'ai pas eu beaucoup de possibilités. Enfin l'objectif essentiel est atteint: au-delà du recueil de dons pour Génespoir, nous avons fait connaître l'association, Henry de Monfreid, le raid et avons réunis amis et sponsors.
Les jours passent. Je doute parfois de mes capacités à tout gérer, à assumer ce rôle d'organisateur, mais mon ange gardien est tout prêt de moi, et alors, une vague immense d'énergie déferle en moi. Je suis métamorphosé, une dynamique étrange me guide, m'appuie, m'encourage. J'ai envie d'atteindre mes objectifs, envie de conquérir cette terre qui m'a fait renaître.
Enfin voici la veille du départ tant espéré. J'ai le feu en moi, l'impatience de l'enfant qui attend le soir de Noël, l'angoisse de l'examen et le stress qui entoure la réussite à un concours. Je reste néanmoins serein. J'aimerai que tout se passe au mieux, mais nul n'est devin et pour moi l'inconnu reste le piment de l'aventure.
Marraine du Raid Amélie Monfreid Dubarry nous a soutenu et aider pour monter l'exposition avec des oeuvres de son père Henry de Monfreid lors du Prologue à Rennes."Lorsque j'apprends ce projet, il me parait fou. Je connais bien - pour y être née et y avoir passé toute mon enfance - l'hostilité des Dankalis, des Issas (appelés Afars) vis à vis de l'étranger blanc, et combien cette race noble et fière peut devenir redoutable parfois. Certes des décennies ont passé depuis, une évolution des coutumes s'est produite, mais elle n'efface pas complètement ce profond sentiment tribal, ancestral.
Évoquons le terrain, le climat maintenant. Volcanique, cahoteux, désertique, torride. Seul le chameau résiste à ces épreuves et à ces obstacles. Que fera donc un VTT là dedans!
Eh bien! Ils l'ont fait!"