Il est 05h00, nous rangeons nos affaires, prenons le petit déjeuner et montons le matériel logistique dans le Toyota. Au moment de partir, Florent constate que ses lunettes ont disparu. Raoul a remarqué un petit jeune qui rodait près de notre bivouac. Nous effectuons des recherches, Hussein entame une discussion avec le gardien. Comme par hasard, les lunettes sont retrouvées. Hussein s'excuse pour le gamin.
Quelques minutes auparavant il m'a réclamé 1500FD pour payer le gasoil qui a alimenté le groupe électrogène pendant notre présence. Cet incident fait qu'il ne me réclame plus rien. Notre temps est compté, nous décidons de partir en 4X4 en direction du lac Assal. Nous reprenons la même piste que celle prise la veille en sens inverse pour Dikhil. Florent et moi sommes fiers, car la parcourir en Toyota nous permet de réaliser notre exploit. Nous filons jusqu'à Dikhil où nous arrivons assoiffés. Hussein part nous chercher des coca-cola bien frais. Auparavant nous avons acheté du pain, du tabac, des cigarettes et des allumettes pour les caravanes de sel du lac Assal. Nous retraversons le Grand Bara, puis le Petit Bara, pour arriver sur la route du Roi Fadh. Elle est défoncée par endroits. Une file de camions éthiopiens y roule sans discontinuer depuis qu'un traité a été signé entre Djibouti et Addis Abeba pour cause de guerre Erythréo-Ethiopienne. Les sociétés d'exploitation du sel se sont installées à la périphérie du lac AssaI. Le Toyota nous dépose. Nous roulons sur le lac jusqu'à la piste marquée de pierres où cheminent habituellement les caravanes de chameaux qui remontent vers l'Ethiopie. Sur notre passage, les esclaves du sel au labeur exploitent la banquise blanche.
Ces forçats d'un des plus grands dépôts de sel de la planète travaillent à -157 mètres en dessous du niveau de la mer. Certains piochent, d'autres remplissent des sacs à la pèle, les poids lourds leurs servent d'ombre. Il est 10h30, nous étouffons dans cette fournaise. j'ôte mes lunettes quelques secondes, aveuglé et les remets immédiatement, l'or blanc éblouit mes yeux. Site exceptionnel entouré de volcans, une brume de chaleur envahit la cuvette de sel. Nous pouvons voir l'eau du lac salé s'évaporer et voiler les montagnes environnantes. Elles sont pelées, recouvertes de pierres et de poussières volcaniques. Nos pneus craquent le sel, nos VTT blanchissent au fur et à mesure que nous avançons. Cette banquise nous donne la chair de poule. Nous sommes au coeur de la tectonique des plaques et de la faille du rift Afar. Chaque jour, le centre géophysique d'Arta enregistre des dizaines de secousses sismiques.Il est temps de sortir de cette antre de l'enfer.
A la sortie du lac Assal, des enfants vendent des géodes, des cristaux de sel et des têtes de gazelles enveloppées de sel. Nous en achetons deux pour 1000 FD. Nous remontons jusqu'à Dankalelo où nous devons faire un bivouac. Le gardien du centre touristique nous demande 5000 FD par nuit. Devant ce manque d'hospitalité, nous décidons de nous replier sur Arta Plage où nous ne paierons rien. L'ONTA y a un site, nous serons mieux installés et moins loin de Djibouti pour la dernière étape après Arta.
Nous roulons sur le lac jusqu'à la piste marquée de pierres où cheminent habituellement les caravanes de chameaux qui remontent vers l'Ethiopie. Sur notre passage, les esclaves du sel au labeur exploitent la banquise blanche.
Ces forçats d'un des plus grands dépôts de sel de la planète travaillent à -157 mètres en dessous du niveau de la mer. Certains piochent, d'autres remplissent des sacs à la pèle, les poids lourds leurs servent d'ombre. Il est 10h30, nous étouffons dans cette fournaise. j'ôte mes lunettes quelques secondes, aveuglé et les remets immédiatement, l'or blanc éblouit mes yeux.
Site exceptionnel entouré de volcans, une brume de chaleur envahit la cuvette de sel. Nous pouvons voir l'eau du lac salé s'évaporer et voiler les montagnes environnantes.
Je veux aller au plus vite rejoindre les eaux vertes du lac Assal et la blancheur intense de sa banquise de sel où les dernières caravanes partent encore pour livrer l'or blanc sur les hauts plateaux d'Abyssinie. Au pied du lac, l'épaisse croûte de sel réverbère la lumière à 153 mètres sous le niveau de la mer, le thermomètre oscille régulièrement autour des 50° C, mais n'empêche en rien la présence insupportable de goulus moustiques. Certains diront que Djibouti est l'enfer, une étuve, l'un des endroits les plus chauds du globe, mais quelle violente beauté!
Cette banquise nous donne la chair de poule. Nous sommes au coeur de la tectonique des plaques et de la faille du rift Afar. Chaque jour, le centre géophysique d'Arta enregistre des dizaines de secousses sismiques
Nous sommes au coeur de la tectonique des plaques et de la faille du rift Afar. Chaque jour, le centre géophysique d'Arta enregistre des dizaines de secousses sismiques
Il est temps de sortir de cette antre de l'enfer.
A la sortie du lac Assal, des enfants vendent des géodes, des cristaux de sel et des têtes de gazelles enveloppées de sel. Nous en achetons deux pour 1000 FD.
Terre bouleversée, crevée de failles profondes où par endroit le manteau terrestre n'a que 5 kilomètres d'épaisseur et donne naissance à des zones volcaniques tel le rift d'Assal, avec le volcan Ardoukôba que nous irons visiter sans hésitation, ou le rift de Manda Inakir plus au Nord Est. Je n'oublierai pas les fumerolles du lac Abbé liées au volcanisme du Dama Ale sur le bord ouest du lac.
Magie des noms, magie des lieux. J'irai vous voir, îles du Diable, carrefour où croisent les pas de Rimbaud, Monfreid et Joseph Kessel. Ce dernier vous évoque dans "Fortune Carrée". On les a baptisées Iles du Diable" pour qu'elles fassent peur et que personne ne s'y aventure. Elles pouvaient ainsi servir d'entrepôt aux trafiquants au fond du golfe de Tadjoura.
Nous remontons jusqu'à Dankalelo où nous devons faire un bivouac. Le gardien du centre touristique nous demande 5000 FD par nuit. Devant ce manque d'hospitalité, nous décidons de nous replier sur Arta Plage où nous ne paierons rien. L'ONTA y a un site, nous serons mieux installés et moins loin de Djibouti pour la dernière étape après Arta.
Nous filons jusqu'à Dikhil où nous arrivons assoiffés. Hussein part nous chercher des coca-cola bien frais. Auparavant nous avons acheté du pain, du tabac, des cigarettes et des allumettes pour les caravanes de sel du lac Assal.
Notre temps est compté, nous décidons de partir en 4X4 en direction du lac Assal. Nous reprenons la même piste que celle prise la veille en sens inverse pour Dikhil. Florent et moi sommes fiers, car la parcourir en Toyota nous permet de réaliser notre exploit.