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Carnets de voyage > Asie > Cambodge

LA CONFRERIE DES CONDUCTEURS DE CYCLO POUSSSE

Etape du carnet de voyage CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
Ecrit par Cyclobarang le 18 Juin 2007
Vu 974 fois
Ville ou village de l'étape : Phnom Pénh
Date de l'étape : le 17 Mars 2001

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Etape précédente : PERCHE SUR MON CYCLOPOUSSE

FIER D'ETRE CONDUCTEUR DE CYCLO POUSSE
FIER D'ETRE CONDUCTEUR DE CYCLO POUSSE

Il ne faut pas oublier que le cyclo est l'outil du pauvre, et à ce titre il représente la classe sociale la plus basse de la société khmère, c'est l'un des premiers emplois que peut espérer un paysan pour quelques riels. Il loue d'abord une machine, ensuite il peut espérer en acheter une et la rentabiliser.

Les trottoirs donnent une image réaliste de cette vie de nomades, tantôt les conducteurs de cyclo vivent dans leur engin, s'en servent pour dormir, manger, s'abriter, tantôt ils l'utilisent comme une brouette, taxi ou benne pour transporter tout ce qui pourrait leur procurer quelque subsistance.

Je suis fier d'eux, ils ne se plaignent jamais, durs au mal, ils sont néanmoins pour la plupart d'une gentillesse débordante, le sourire toujours en signe d'accueil et toujours prêt à vous rendre service.

Chaque coup de pédale donné, chaque kilomètre avalé, je le dédie à leur courage, à leur volonté, à leur humilité, j'aimerais que leur labeur soit reconnu à sa juste valeur. Pas de couverture sociale, des heures de travail à n'en plus finir, je les classe dans les lais~és-pourcompte de notre société, esclaves des temps modernes tordus comme de vulgaires chiffons mouillés afin de récupérer jusqu'à leur dernière goutte de sueur.

Ils ont toujours fière allure, la casquette ou le chapeau bien vissé sur leur tête. Ils présentent souvent une silhouette en parfaite harmonie avec les heures passées à transporter les marchandises, les clients exigeants de la capitale. Agés ou à peine sortis de l'adolescence, ils me paraissent tous beaux, un certain charme émane de ces corps sculptés en mouvement.

Je les admire, ils permettent à l'économie de fructifier, leur labeur injustement payé contribue à l'enrichissement sur les marchés des vendeurs et des commerçants. Quel artisan, quel marchand n'a pas fait appel à un cyclo ? Ils sont indispensables dans ce pays qui sort peu à peu de son histoire tragique et du marasme économique dans lequel il était plongé.

Dans le monde des cyclos, beaucoup de conducteurs font simplement ce travail précaire pour passer du statut de che-rcheur d'emploi, à celui de résident temporaire de la cité et échapper à la dureté de la vie agricole.

Il faut admettre que conduire un de ces drôles de tricycles à cabine est un travail physique peu rémunérateur au regard des efforts fournis, c'est pourquoi, peu de gens le font toute leur vie, mais il n'est pas rare au Cambodge comme au Vietnam d'ailleurs de rencontrer des conducteurs sexagénaires et octogénaires.

Excepté pendant la malheureuse période « khmers rouges» certains arrivent à en vivre depuis les années 50 et ne savent pas faire un autre chose, d'ailleurs ils ne voudraient pas faire un autre métier.

Ils disent que les journées sont souvent les même, elles commencent toutes très tôt et finissent très tard et si rouler de nuit se perd, certains n'hésitent pas à faire comme au bon vieux temps.

Les plus anciens en parlent encore, c'était l'époque où les gens traînaient la nuit sur les quais, les cyelos étaient équipés de lampes à pétrole, Phnom Penh rayonnait sur le sud-est asiatique, sa réputation dépassait les frontières du Cambodge et de l'Indochine.

Rouler en cyclo dans Phnom Penh est une façon pour moi de valoriser le travail de ces hommes, d'attirer l'attention des gens sur ce mode de transport non dépourvu d'intérêt écologique, pratique et économique, d'apporter aux conducteurs de cyclo une certaine reconnaissance sociale et de vivre un peu leurs douleurs quotidiennes.

Je sais maintenant ce que veut dire piloter un cyclo pousse, j'ai un très grand respect pour ces travailleurs. La différence est d'importance, je tiens à le souligner, j'utilise le cyclo comme un loisir alors que pour eux c'est leur gagne-pain, néanmoins je peux m'avancer à dire que je partage quelque chose de très fort avec cette confrérie.

Etape suivante : A PHNOM PENH EN CYCLOPOUSSE

11 photos de l'étape
FIER D'ETRE CONDUCTEUR DE CYCLO POUSSE FIER D'ETRE CONDUCTEUR DE CYCLO POUSSE

Fier d'appartenir à la confrérie des conducteurs de cyclo pousse de Phnom Penh, Cyclobarang va effectuer plusieurs défis en aidant l'association des conducteurs de cyclo pousse afin de faire connaître ce métier digne que l'on peut cataloguer dans les esclaves des temps modernes au regard du manque de reconnaissance et des conditions de travail. Il n'existe pas de syndicat catégoriel pour défendre cette profession qui perdure et dont l'utilité pour le développement durable est indispensable.

Les conducteurs de  cyclopousse de Phnom Penh Les conducteurs de cyclopousse de Phnom Penh

La confrérie des conducteurs de cyclopousse représente encore une activité économique de la ville non négligeable bien qu'elle tend à disparaître au profit des Tuk-Tuk et des motos taxis. Mais réchauffement climatique oblige bien des pays industrialisés y reviennent et la profession ne disparaîtra pas de si tôt, il faut préserver ce mode de transport écologique, bon marché et qui favorise la communication dans les zones urbaines.

Human rights Human rights

Devant les bureaux des droits de l'homme de Phnom Penh, un esclave des temps modernes continue sa journée harassante pour quelques riels afin de nourrir sa famille bien souvent rester en province.

Conducteur de cyclopousse autour du Wat Phnom Conducteur de cyclopousse autour du Wat Phnom

Un conducteur de cyclopousse travaille généralement sur un secteur bien déterminé, il a ses habitudes, certains comme ce dernier favorise un emploi difficile auprès des touristes de plus en plus nombreux qui se rendent au Wat Phnom Berceau de la Ville de Phnom Penh.

Cyclopousse de Phnom Penh Cyclopousse de Phnom Penh

Ami cyclopousse de Phnom Penh transportant une mère et ses deux filles sur le Boulevard Norodom, une camaraderie, une confrérie existe au sein du milieu des conducteurs de cyclos.

Cyclo au repos Cyclo au repos

Devant le Psar Thmei un conducteur se relève pour me saluer lors de mon passage, ils me connaissent tous maintenant à Phnom Penh sous le nom de Cyclobarang

Cyclo family Cyclo family

Toute la famille au Psar Thmei sur le même cyclo, il faut amortir le voyage et le prix même si celui ci est dérisoire. Point de passage important le marché central est très fréquenté par les touristes.

Les conducteurs de cyclos Les conducteurs de cyclos

Ils vivent, travaillent, dorment et mangent dans les mêmes endroits, la confrérie des cyclos s'entraide.

Salut amical Salut amical

J'ai posé mon cyclo sur l'avenue Charles de Gaulle pour me rendre chez le coiffeur, un ami cyclo me fait un signe amical en me disant t'inquiètes pas ton cyclo ne risque rien je le surveille, je pars tranquille me faire rafraîchir la nuque

Ensemble et unis Ensemble et unis

Ensemble et unis les conducteurs de cyclos dans la fraternité, la solidarité et la souffrance forment une confrérie du transport à traction humaine.

DUR LABEUR DUR LABEUR

Dans le monde des cyclos, beaucoup de conducteurs font simplement ce travail précaire pour passer du statut de chercheur d'emploi, à celui de résident temporaire de la cité et échapper à la dureté de la vie agricole.

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