La première année où je suis arrivé au Cambodge, mes premières sorties m'ont emmené vers le sud du pays, j'y suis retourné en cyclo à plusieurs reprises, nostalgique de ces routes qui mènent à Kampot, Kep ou Kompong Som(Sianhoukville).
La région de Takeo, territoire des cités pré-angkoriennes (VI-VIIème Siècle), dont les temples se dressent sur le Phnom au milieu des rizières parsemées de palmiers à sucre, reste une de mes régions préférées. Bien que très cahoteuses, ces routes procurent un plaisir de tous les instants.
Sur la chaussée, on peut croiser différentes époques, différents types de gens: les écoliers et les écolières vêtus de blanc et de bleu se rendent à l'école ou qui en reviennent sur leur bicyclette, les petites remorques colorées tirées par de vieilles motocyclettes coréennes sont remplies de villageois ou de paysans, près des maisons en bois sur pilotis, les gamins se baignent dans des mares, tandis que les buffles d'eau aiment à se vautrer dans la boue, des poissons sèchent au soleil, certaines jeunes filles font la lessive ou préparent des beignets de bananes flambées.
LABOUR A L'ANCIENNE
Les poules et leurs poussins viennent souvent chatouiller la route mais ils ne s'y aventurent pas, parfois une vache se promène sur l'asphalte et cause un arrêt du trafic. A la saison des pluies, les étendues d'eau sont peuplées d'oiseaux puis viennent les fleurs de lotus.
Les cahutes le long des routes vendent des boissons, des noix de coco et permettent de se restaurer. Mille et un artisans s'installent sur les bords, on est sûr de toujours rentrer à bon port même si un incident mécanique arrive. La vie au Cambodge, c'est vraiment un tableau inoubliable toujours plein de beauté, de gaieté mais aussi de surprise. Pauvres occidentaux cloîtrés dans la capitale, que de richesses, que de plaisirs ou de souvenirs perdus!
La route N°03 plonge au sud vers Kampot au pied de la chaîne des éléphants, à l'ouest de cette bourgade provinciale et de son style néo-colonial au cœur d'un parc où l'on chassait jadis le tigre et le chevreuil. La région, aujourd'hui déminée, cache au fond de grottes des sanctuaires de l'époque Funan et s'ouvre doucement au tourisme.
A quelques mille mètres d'altitude, surplombant la baie et le Golfe de Thaïlande, le plateau du Bokor reste un lieu mythique, ancien fief des khmers rouges jusqu'en 1998, où se dressent les vestiges d'un âge d'or, celui de la station thermale la plus renommée de toute l'Indochine avec son casino « Le Bokor Palace» et son village en ruines.
Je m'y suis rendu en vélo tout terrain avec deux expatriés français au départ de Phnom Penh en juin 2000, nous avons fait le trajet de 200 kms en 10 heures, un souvenir inoubliable, un endroit verdoyant exceptionnel à protéger et à découvrir. Beaucoup d'efforts récompensés par un décor naturel digne de la forêt tropicale, des arbres majestueux plantent leurs racines sur les rochers, des cascades d'eau se frayent un chemin à travers la végétation, le silence règne, simplement interrompu par le chant de quelques insectes et oiseaux ou parfois le cri d'animaux invisibles.
Parmi les lieus dont j'aime à me souvenir lors de mes sorties en cyclo pousse, Oudong reste un de mes sites préférés. La route qui y mène suit le Tonlé Sap et les villages de pêcheurs se succèdent, à commencer par ceux de la communauté Chams de Russey kéo. Tout le long de cette nationale, on distingue sur la droite le Phnom qui domine la vallée et la silhouette de ses temples.
Les difficultés physiques et celles du terrain sont vite oubliées devant la splendeur de la nature, une vue magnifique par endroit sur la côte et la ville de Kampot qui mérite franchement le détour. Dommage qu'une forte pluie nous ait surpris avant d'atteindre le sommet. Je crois que le Bokor se mérite et, même si pour s'y rendre, il faut peiner sur 40 kms de montée, ce n'est rien en comparaison du plaisir que procure la vue ou le fait d'aller se baigner dans la cascade de Popokvil .
Lieu saint depuis le XVème siècle, capitale royale avant 1866, désormais lieu de pèlerinage et de culte, Oudong fut détruite le 18 mars 1974 par les Khmers rouges, rasée et la population(20000 habitants) déportée dans différentes directions. Enseignants, fonctionnaires et soldats républicains furent massacrés. C'est dans la ville alors capitale royale, que fut signé le protectorat entre le roi Norodom et l'Amiral de la Grandière le 11 août 1863 et qu'il fut ratifié lors du couronnement de Norodom, le 3 juin 1864.
Oudong est un magnifique endroit où règne calme et verdure; son point de vue exceptionnel à 3600 permet de porter un regard sur la vallée qui rejoint Phnom Penh. Belle promenade à pied à la saison des pluies, la ville donne l'impression d'être sur une Île, à la saison des labours, elle donne une image de vie rurale comme nulle part ailleurs.
Depuis peu le roi Sihanouk y a fait transférer, dans une stupa de 33 mètres qu'il a fait construire les cendres du Bouddha Sakyamouni qu'il a ramenées de Ceylan en 1954 et qui étaient conservées jusqu'à présent dans le Stupa bleu situé devant la gare ferroviaire de Phnom Penh. La route est très abîmée mais les travaux de réfection ont commencé.
Sur mon passage, j'aime regarder les pagodes entourées d'eau recouverte de nénuphars et de jonquilles, quelques élevages de canards apportent un charme particulier à ces endroits religieux, quelques kilomètres avant le virage qui mène à la ville d'Oudong, le village de Chams de Prek kdam ne compte pas moins de quatre mosquées. Ce mélange des cultures et des religions donne un exotisme agréable à la route d'Oudong, site encore mythique où circule autour de sa naissance un bon nombre de légendes.
L'authenticité, on la retrouve du côté de Kompong Speu, les cultures de riz parsemées de palmiers sont animées par les' paysans qui y travaillent sans relâche, ils refont les digues, les canaux, labourent plantent ou coupent les tiges miraculeuses qui donneront les grains indispensables à l'alimentation de base.
Au Cambodge, j'ai trouvé un peu de ce que je cherchais en parcourant les pistes et les routes hors des sentiers touristiques organisés. J'ai découvert un pays authentique, naturel, où l'eau tient une place primordiale tout autant que la nature, même si l'ignorance de certains entraîne une déforestation inquiétante.
Si certains paysages ont plongé mes yeux dans la magie, il en est de même pour ma pensée, alimentée par la poésie et l'histoire de la civilisation khmère, dont un témoignage réel existe toujours à travers la cité des temples, dans ce lieu mythique où chaque porte s'ouvre sur une facette du passé.
Les carrioles tirées traditionnellement par un attelage de deux bœufs sont souvent conduites par des adolescents; pourvues de roues avec des cerceaux de fer, elles laissent leurs empreintes dans les chemins défoncés à cause de leur chargement parfois exagéré. Les enfants ne sont pas« à la noce » dans ce pays, pour manger, ils doivent travailler et aider leur famille. Ils ramassent le bois, gardent le troupeau, les canards, les poules, vident les mares d'eau ou pêchent avec des nasses traditionnelles.
Ils sont employés aussi bien aux champs qu'à d'autres tâches que bien des enfants de nos sociétés occidentales ne voudraient pas exécuter mais dans ce pays certaines familles n'ont pas le choix. Les conditions de vie des enfants khmères n'ont aucun rapport avec celles des enfants occidentaux, elles sont à cent lieues.
Eléments de richesse les vaches sont maigres mais elles donnent la viande et le lait dans les villages,c'est une monnaie d'échange très prisée plus les vaches sont nombreuses plus le village est riche
Famille de paysans reconvertie dans la fabrication de briquettes sur la Nationale N°5 entre Phnom Penh et Oudong. La mère tisse ses tissus traditionnels avec un métier à tisser très rudimentaire, elle est coiffée d'un krama
Pendant que les parents travaillent dans les rizières ou dans les champs les enfants jouent, les maisons traditionnelles khmères sont sur pilotis la partie basse permet de se mettre à l'ombre, une grande partie de la vie familiale s'y déroule
A quelques mille mètres d'altitude, surplombant la baie et le Golfe de Thaïlande, le plateau du Bokor reste un lieu mythique, ancien fief des khmers rouges jusqu'en 1998, où se dressent les vestiges d'un âge d'or, celui de la station thermale la plus renommée de toute l'Indochine avec son casino « Le Bokor Palace» et son village en ruines.
A quelques mille mètres d'altitude, surplombant la baie et le Golfe de Thaïlande, le plateau du Bokor reste un lieu mythique, ancien fief des khmers rouges jusqu'en 1998, où se dressent les vestiges d'un âge d'or, celui de la station thermale la plus renommée de toute l'Indochine avec son casino « Le Bokor Palace» et son village en ruines.
Les maisons traditionnelles en bois sur pilotis sont belles spacieuses et fraiches, elles sont encore nombreuses à la campagne mais peu à peu la brique et le parpaing remplace le bois.
Après Takmau sur la route vers une des frontières du Vietnam, malgré un travail difficile les paysans gardent le sourire sur mon passage, un cyclobarang perdu en pleine campagne s'est tout de même surprenant. Un barang roule généralement en gros 4x4 et ne s'aventure pas seul loin de la ville. La mécanisation est encore trop chère pour ses pauvres paysans, ils font tout avec des outils rudimentaires.
Sur la route de Takmau à la sortie de la ville un groupe d'écoliers en uniforme d'école identique sourit à mon passage, ils attendent le transport en commun qui n'est autre qu'une remorque avec des bancs, tirée par une moto de marque japonaise
Une petite maison c'est mieux que rien, elle est faite de récupération de bambous de bois et de taule. A côté la grosse cruche qui sert de réserve d'eau
Il rentre avec sa vache de trait des rizières la journée de travail est terminé alors que je continue à rouler à travers les rizières sur une des routes de campagne de Kompong Speu
Ancienne station balnéaire le Bokor domine le Golfe de Thailande, une ballade a ne pas manquer depuis Kampot en moto, à vélo ou en 4x4, cet endroit sur la chaîne des éléphants n'est pas à écarter, ambiance forêt tropicale, ville fantôme et ne pas manquer la baignade dans la cascade de Popokvi
Entrée de Pagode avant Kompong Speu, elles sont nombreuses mais chacune est différente, havre de paix on y découvre toujours quelquechose de spécial, ne pas hésiter les bonzes sont toujours d'un accueil sans pareil.
Le Cambodge a bien besoin d'une réforme agraire pour faire face au défi de la mondialisation même si le pays a un taux de croissance à 2 chiffres boosté par les investisseurs étrangers
Sur la chaussée, on peut croiser différentes époques, différents types de gens: les écoliers et les écolières vêtus de blanc et de bleu se rendent à l'école ou qui en reviennent sur leur bicyclette, les petites remorques colorées tirées par de vieilles motocyclettes coréennes sont remplies de villageois ou de paysans, près des maisons en bois sur pilotis, les gamins se baignent dans des mares, tandis que les buffles d'eau aiment à se vautrer dans la boue, des poissons sèchent au soleil, certaines jeunes filles font la lessive ou préparent des beignets de bananes flambées.
Sur la chaussée, on peut croiser différentes époques, différents types de gens: les écoliers et les écolières vêtus de blanc et de bleu se rendent à l'école ou qui en reviennent sur leur bicyclette,
Souvent je pars avec mes filles en cyclo vers les routes de campagne, cel me permet de fortifier mon corps et de muscler mes jambes. L'authenticité, on la retrouve du côté de Kompong Speu, les cultures de riz parsemées de palmiers sont animées par les' paysans qui y travaillent sans relâche, ils refont les digues, les canaux, labourent plantent ou coupent les tiges miraculeuses qui donneront les grains indispensables à l'alimentation de base.
Oudong est un magnifique endroit où règne calme et verdure; son point de vue exceptionnel à 3600 permet de porter un regard sur la vallée qui rejoint Phnom Penh. Belle promenade à pied à la saison des pluies, la ville donne l'impression d'être sur une Île, à la saison des labours, elle donne une image de vie rurale comme nulle part ailleurs.
La première année où je suis arrivé au Cambodge, mes premières sorties m'ont emmené vers le sud du pays, j'y suis retourné en cyclo à plusieurs reprises, nostalgique de ces routes qui mènent à Kampot, Kep ou Kompong Som(Sianhoukville).
Les carrioles tirées traditionnellement par un attelage de deux bœufs sont souvent conduites par des adolescents; pourvues de roues avec des cerceaux de fer, elles laissent leurs empreintes dans les chemins défoncés à cause de leur chargement parfois exagéré. Les enfants ne sont pas« à la noce » dans ce pays, pour manger, ils doivent travailler et aider leur famille.
La première année où je suis arrivé au Cambodge, mes premières sorties m'ont emmené vers le sud du pays, j'y suis retourné en cyclo à plusieurs reprises, nostalgique de ces routes qui mènent à Kampot, Kep ou Kompong Som(Sianhoukville).
Les poules et leurs poussins viennent souvent chatouiller la route mais ils ne s'y aventurent pas, parfois une vache se promène sur l'asphalte et cause un arrêt du trafic. A la saison des pluies, les étendues d'eau sont peuplées d'oiseaux puis viennent les fleurs de lotus.
Oudong est un magnifique endroit où règne calme et verdure; son point de vue exceptionnel à 3600 permet de porter un regard sur la vallée qui rejoint Phnom Penh. Belle promenade à pied à la saison des pluies, la ville donne l'impression d'être sur une Île, à la saison des labours, elle donne une image de vie rurale comme nulle part ailleurs.
les gamins se baignent dans des mares, tandis que les buffles d'eau aiment à se vautrer dans la boue, des poissons sèchent au soleil, certaines jeunes filles font la lessive ou préparent des beignets de bananes flambées.
Au Cambodge, j'ai trouvé un peu de ce que je cherchais en parcourant les pistes et les routes hors des sentiers touristiques organisés. J'ai découvert un pays authentique, naturel, où l'eau tient une place primordiale tout autant que la nature, même si l'ignorance de certains entraîne une déforestation inquiétante.