Né en 1879 dans l'Aude, Henry de Monfreid, qui échoua à Polytechnique, a exercé de nombreux petits métiers avant de courir le monde. Entre 1913 et 1947, son nom est connu du nord de l'Egypte aux rives de la mer Rouge. Si ses multiples voyages riment avec trafic de café, de peau, de perles, d'armes et de drogue, ils donnent en même temps libre court à sa vocation d'explorateur et d'artiste. Condamné à mort en Afrique, il a passé plusieurs années dans les geôles anglaises de la Côte pour ses activités et ses idées. Ami des Italiens, il a été déporté en Ethiopie, en Somalie puis au Kenya durant la seconde guerre mondiale. Il revient en France à l'âge de 68 ans et s'installe à Ingrandes, pittoresque village au coeur de la vallée de l'Anglin dans l'Indre, à la limite du département de la Vienne, où il termine ses jours à 95 ans. Henry de Monfreid, dont l'existence constitue une véritable saga, se plaisait à dire: 'j'ai eu quatre ou cinq vies d'homme" (*).
Les personnes que Monfreid fréquentait donnent une idée de sa forte personnalité, de sa curiosité et de son ouverture d'esprit. Il avait pour ami le bon jésuite Theillard de Chardin. Il le rencontra sur un navire des Messageries Maritimes, alors que le père philosophe se rendait en Chine. Ce dernier était paléontologue et participa notamment à la découverte du Sinanthrope de Pékin. Il nourrissait sa réflexion des connaissances qu'il acquérait dans ses recherches scientifiques. Henry le plaça sur un piédestal. Aucun autre homme, mis à part son père, n'aura d'influence aussi grande sur lui. Theillard deviendra son maître à penser. C'est Theillard et surtout Kessel qui ont entraîné Monfreid vers une carrière littéraire.
Le bon père entreprit de convaincre Paul Vaillant Couturier d'aider son protégé à se rendre au Turkestan. Paul Vaillant Couturier, l'un des dirigeants du Mouvement Communiste International et rédacteur en chef de "l'Humanité", faisait de nombreux voyages en Chine. Malgré les divergences existant entre le jeune député et l'aventurier, le courant passa. Grâce à ses relations puissantes et à une grande liberté de manoeuvre, cet homme influent permit à Henry de Monfreid de se rendre au Turkestan pour ses affaires.
D'autres personnalités seront importantes dans la vie d'Henry de Monfreid: Pierre Lamarre, l'un des responsables du Muséum du Trocadéro, l'abbé Henri Breuil, spécialiste de la préhistoire, Georges Henri Rivière, Paul-Emile Victor, Joseph Kessel, Jean Cocteau, Marcel Pagnol, Louis Nucéra ,..
(*) A lire deux biographies: "L'Incroyable Henry de Monfreid" de Daniel Grandclément, Grasset,
1990 et 1998; "Henry de Monfreid Flibustier de la mer Rouge" de Philippe Baraduc, Arthaud,1998.
Parmi les nombreux récits autobiographiques d'Henry de Monfreid, citons "Mes vies d'aventures, le feu de Saint-Elme", Robert Laffont, 1973; "Les Demiers jours de l'Arabie heureuse", NRF 1935;
"Du Harrar au Kenya", Grasset, 1953; 'journal de bord", Arthaud, 1984; "Lettres d'Abyssinie", Ecrits d'aventurier, T. l , Flammarion, 1999.
Mais la femme qui a le plus influencé et aidé Henry, c'est Armgart son épouse. Elle était son Ange gardien, son jardin secret, sa conseillère artistique et en relations publiques, sa première lectrice. Grâce à son intelligence et son sens artistique, elle a contribué à la carrière littéraire d'Henry. Cette complicité intellectuelle fondait leur amour. Mais Henry était aussi attiré par le côté sexuel des autres femmes: "la femelle"!
Monfreid, homme d'action intrépide et écrivain d'une grande fécondité, auteur de plus de soixante dix romans, a su aiguiser en moi le goût de l'aventure. Ses romans relatent son étonnante épopée: expéditions audacieuses, tempêtes, coutumes indigènes fines ou barbares, rivalités et ruses compliquées, bagarres, poursuites, prison, mais aussi chaleur humaine, car il était un remarquable capitaine meneur d'hommes dont l'équipage et les amis lui furent fidèles jusqu'à la mort. Ses détracteurs sont nombreux, sans doute à cause de cette existence exceptionnelle, tantôt vendeur, trafiquant, gentilhomme de fortune, joumaliste et pourquoi pas espion, peut-être franc-maçon puis Académicien postulant. La lumière qu'il a su apporter à ses récits, dans l'expression des couleurs et le portrait des acteurs de ses aventures, se retrouve avec ces mêmes talents et passion parmi ses aquarelles aux teintes plus douces, empruntes de la serennité de l'homme de réflexion par-delà l'homme d'action.
L'écrivain-navigateur-explorateur Henry de Monfreid et sa maison à Ingrandes (Indre)près de l'actuel Musée qui retrace une vie bien remplie
www.henrydemonfreid.com
Monfreid, homme d'action intrépide et écrivain d'une grande fécondité, auteur de plus de soixante dix romans, a su aiguiser en moi le goût de l'aventure. Ses romans relatent son étonnante épopée: expéditions audacieuses, tempêtes, coutumes indigènes fines ou barbares, rivalités et ruses compliquées, bagarres, poursuites, prison, mais aussi chaleur humaine, car il était un remarquable capitaine meneur d'hommes dont l'équipage et les amis lui furent fidèles jusqu'à la mort. Ses détracteurs sont nombreux, sans doute à cause de cette existence exceptionnelle, tantôt vendeur, trafiquant, gentilhomme de fortune, joumaliste et pourquoi pas espion, peut-être franc-maçon puis Académicien postulant. La lumière qu'il a su apporter à ses récits, dans l'expression des couleurs et le portrait des acteurs de ses aventures, se retrouve avec ces mêmes talents et passion parmi ses aquarelles aux teintes plus douces, empruntes de la serennité de l'homme de réflexion par-delà l'homme d'action.
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