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Carnets de voyage > Asie > Cambodge

ESCLAVES DES TEMPS MODERNES:UN METIER?

Etape du carnet de voyage CAMBODGE "SUR LES TRACES DU CYCLOBARANG"
Ecrit par Cyclobarang le 27 Juin 2007
Vu 982 fois
Ville ou village de l'étape : Phnom Pénh
Date de l'étape : le 17 Mars 2001

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Etape précédente : A PHNOM PENH EN CYCLOPOUSSE

Transport hors norme
Transport hors norme

La population principale qui vit du cyclo est à dominante masculine mais j'ai pu apercevoir une fois ou deux une cambodgienne qui en conduisait un avec autant d'habileté que ses confrères.

Quand on sait l'état physique que demande la conduite d'un cyclo, la chose paraît étonnante même si l'on sait que la femme khmère a beaucoup de tempérament.

La machine pèse à vide de 60 à 70 kgs environ et lorsque par malchance un cyelo doit s'arrêter aux feux tricolores, reprendre son élan nécessite un effort quasi surhumain.

Si ce métier à parfois était interdit ou réglementé, jugé dégradant ou peu rémunérateur, il reste à la demande générale des usagers et des conducteurs, un agréable moyen de locomotion incontournable pour assurer une tranche de liberté.

Si les cyclos sont matinaux, il n'est pas rare de les voir s'arrêter pour se restaurer ou faire une sieste dans des lieux bien connus de la corporation: Rue N°63, quai Sisowath, marché central, place de la poste, près du musée national, autour du Wat Phnom ou des nombreux marchés « Olympique, Russe et tous les autres, c'est l'occasion pour eux de partager un verre avec des amis, se reposer à l'ombre d'un mur ou d'un arbre, allongé tant bien que mal dans leur monture de métal.

Devant les marchés, les restaurants, les hôtels, les hôpitaux, chaque cyclo a son lieu de travail habituel et à défaut il saura se placer à un endroit stratégique de la capitale, chacun travaille sur son territoire de prédilection et il arrive parfois que certaine place se monnaie.

Les cyclos travaillent tôt le matin, ménagères les bras remplies de courses, enfants désireux de se rendre à l'école à petit prix, marchandises à livrer sont le quotidien, si ce n'est par chance un touriste qui les hèle; après quelques discussions sur le tarif, il aura droit à un moment privilégié pour visiter la ville, bercé par le cahotement du cyclo, sans contrainte et en toute sécurité, à l'inverse des motos taxis, profitant de la fraîcheur occasionnée par le déplacement ou l'ombre de la capote.

Je croise souvent des cyclos qui transportent des marchandises de toute nature, dernièrement j'en ai vu un qui se déplaçait avec une table basse cambodgienne immense, au moins deux mètres sur deux mètres; celle-ci était installée à l'avant de l'engin et lui conférait un équilibre incroyable, je l'ai dépassé très rapidement pour aller me poster plus loin au bord du bd Norodom afin de photographier ce transport me paraissant totalement inédit.

Depuis deux ans, je me suis lancé dans ce mode de locomotion, c'est presque devenu un rituel quasi permanent de saluer mes amis cyelos sur mon passage, la majorité me connaît maintenant et même si je roule la tête dans la barre de diection pour manger les kilomètres et plus vite qu'eux en général.

Je ne manque pas de leur faire un signe de la tête ou de la main lorsque nous nous croisons, çà leur suffit pour qu'ils comprennent toute ma sympathie et la force qui nous unie, je souligne qu'eux glanent au travers des rues leur travail alors que je cours derrière le temps et les kilomètres pour mon plaisir personnel, ce qui ne m'empêche pas de m'arrêter pour discuter mécanique avec un cyelo ou bien de sa vie.

Ce qui m'inquiète c'est que le cyclo est en train de se faire supplanter par les motos taxis, c'est dommage car c'est une part du patrimoine du Cambodge qui risque de disparaître si personne ne prend conscience de la nécessité absolue de garder cet outil écologique, utile au tourisme grandissant au Royaume.

Je ne voudrais pas assister aux adieux de ce pan de liberté malmené par la rude concurrence des autres moyens de transport mais préservé dans cette étonnante ville grâce à la persévérance de quelques irréductibles amoureux du passé. Depuis 1992, le nombre de cyclos a chuté de 10 000 à 2500, plus de 1000 seraient encore immatriculés au service des transports de la municipalité, les autres quadrillent la ville dans l'illégalité.

Chaque jour cette couche vulnérable de la société citadine se livre à une course effrénée pour sa survie, itinérants et saisonniers le plus souvent, ils vivent parfois dans un isolement total que rien ne laisse transparaître quand ils vous sourient, leur dignité reste intacte qu'elles que soient les conditions de leur travail, que la ville soit sous une chaleur torride ou en proie à des pluies diluviennes.

La plupart des cyclos sont originaires des provinces voisines les plus pauvres de la capitale, les nouveaux venus osent se lancer dans cet emploi en passant d'abord par les loueurs de cyclos, véritables chancres pour leur gagne-pain avec l'espoir d'acquérir leur propre outil de travail.

Le métier est en perte de vitesse, sur la dernière décennie même si quelques soubresauts se font sentir depuis les dernières inondations et l'afflux de touristes. Ce moyen de locomotion est ancré dans le mode de vie, beaucoup de gens donnent encore leur préférence au cyclo en tant que véhicule vert et transporteur de marchandises.

Les cyclos qui roulent à vide sont monnaie courante, certains signes prometteurs se font sentir: création de compagnies de cyclos, reconversion en support publiciatire. Ce nouveau toilettage décoratif au blason de certaines sociétés est une nouvelle chance pour la corporation.

Etre cyclo ce n'est pas facile mais ils sont fiers de l'être, toujours dignes, ils pédalent sans oublier leur famille, là-bas en province.

Si la tendance est à l'amélioration du niveau de vie dans les provinces, ce qui engendre moins d'exode rural, il n'en demeure pas moins que la corporation attire toujours même si le métier est rude.

Leurs principaux ennemis:

Les voleurs qui anéantissent les efforts d'un dur labeur et le temps qui abîme leur santé, mais rien ne les découragent.

L'entraide est importante chez les cyclos et pour faire face aux difficultés à la nuit tombée, ils se concentrent et se rejoignent chez les loueurs ou dans des endroits bien éclairés, seulement 30% des cyclos sont propriétaires de leur engin et le reste passent obligatoirement par les loueurs, véritables sangsues, leurs maigres gains leur permettent une existence au jour le jour.

Etape suivante : REVUE DE PRESSE

10 photos de l'étape
Esclaves des Temps modernes? Esclaves des Temps modernes?

Ce sont les conditions de travail et le regard de mépris sur la profession de conducteur de cyclopousse qui m'ont poussé à attirer les médias sur ce métier et ces esclaves des temps modernes

Transport hors norme Transport hors norme

Attention convoi exceptionnel sur le Bld Norodom, ils sont solides ces cyclos que ce soient les conducteurs ou leur machine, ils sont capables de tout. Quelle table!

Habile et rapide ce cyclo Habile et rapide ce cyclo

Il se faufile dans les méandres de la ville et de la circulation intense aux heures de pointe, plus qu'un métier une spécialité pour ces esclaves des temps modernes.

Attente chevronnée au Psar Thmei Attente chevronnée au Psar Thmei

Autour du Psar Thmei Marché Central de Phnom Penh durant des heures les cyclos attendent des clients, la concurrence est rude mais certains réussissent à payer leur machine et travailler en indépendant loin des loueurs et de l'esclavage.

Psar Thmei Psar Thmei

Prise en charge d'un client Psar Thmei "Marché central de Phnom Penh

Repos d'un conducteur de cyclopousse Repos d'un conducteur de cyclopousse

Un repos bien mérité pour ce vieux conducteur de cyclo. Le cyclo est numéroté auprès du Ministère des transports pour exploitation commerciale.

Vieil homme conducteur de cyclo Vieil homme conducteur de cyclo

Vieil homme bien fatigué par des années de labeur aux champs reconverti en conducteur de cyclopousse, il n'a pas le droit à la retraite et doit subvenir à ses besoins et bien souvent une famille nombreuse dépend de son gagne pain. La prise en charge des personnes agées est inexistante au Cambodge.

Un métier: Conducteur de cyclo Un métier: Conducteur de cyclo

Il n'y a pas d'âge pour être conducteur de cyclopousse, bien au contraire les jeunes évitent le métier difficile, pénible et très mal payé

Sur la route de Takeo Sur la route de Takeo

Un moto remorque taxi roule en direction de Takeo je me protège du vent derrière lui et je gagne de la vitesse.

MOTODOP OU CYCLOPOUSSE MOTODOP OU CYCLOPOUSSE

Devant les fleuristes du Psar Thmei les conducteurs attendent le choix des clients pour leur transport: Moto Dop ou Cyclopousse?

Commentaires de l'étape
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