En partant de Dankalelo, nous faisons un détour près des Iles du Diable, au bord du Ghoubet El Karab. Sensation d'être dans les entrailles de l'Enfer. Un vieil homme nous a dit à As Eyla que nous y verrions le Diable, que nous l'entendrions chanter, danser, nous appeler. C'est vrai, ce site fait froid dans le dos. Aucune verdure à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il n'y a que rocaille, basalte et roches volcaniques. La lave a envahi la moindre parcelle de terre.
Il est 13H30 lorsque nous arrivons à Arta Plage. Nous avons pris la piste que nous emprunterons demain pour monter à Arta Ville. C'est une bonne piste de terre qui descend vers la plage. Elle est très empruntée puisqu'un centre nautique et d'entraînement commando y a été monté par la Légion. j'ai connu cette plage il y a vingt ans lorsque nous faisions des quinzaines nautiques. Plus rien à voir aujourd'hui. Les tentes marabout en toile ont été remplacées par des bungalows en dur, un vrai centre d'instruction avec salle de cours, dortoirs, sanitaires, eau et électricité. Tous les corps viennent s'y entraîner. Nous nous installons non loin du camp, sur la terrasse couverte d'un pavillon appartenant à l'ONTA. Une fois le matériel déchargé, nous mangeons des raviolis et du riz mélangés, puis nous attaquons une sieste. Nous payons nos efforts de la semaine.
Après cette courte mais bénéfique sieste, nous visitons le coin. Une piste qui n'existait pas naguère mène à un petit restaurant sur une grande plage. Hussein et Ali, sur les conseils du gardien des bungalows de l'ONTA, nous disent que nous pourrions demander de l'eau douce pour nous laver. Six filles travaillent dans ce restaurant-bordel, cinq Ethiopiennes et une jeune Djiboutienne. Elles nous accueillent avec sympathie en nous invitant à boire un café éthiopien. L'ambiance est amicale. Nous nous asseyons sur des lits, j'en compte quatre dans la pièce qui sert de logement aux filles. Nous discutons avec elles de notre raid et de ce qu'il nous reste à faire. La jeune Djiboutienne, prénommée Anna, s'intéresse à Raoul. Elle est plutôt mignonne, la peau couleur chocolat, une grande bouche aux lèvres pulpeuses sur un sourire éclatant, de beaux yeux marrons très doux, son petit minois sur un cou fin, les hanches larges, les fesses rondes. 20 ans, dit-elle. Raoul est un peu gêné, sa timidité ressort.
Nos bouteilles remplies, nous rentrons au camp de base pour nous laver. Nous nous baignons d'abord dans la mer, salée et chaude. Elle est translucide, nous pouvons distinguer la barrière de corail, puis les profondeurs du golfe de Tadjoura. La mer, le vent, quelques épineux et un peu de civilisation...Nous sommes mieux à Arta Plage qu'au bord du Ghoubet El Karab! La nuit tombe vite. Nous ouvrons quelques boîtes, mangeons des tranches d'ananas frais qui restaient dans la glacière, puis nous couchons sur nos duvets, à même le sol. Nous n'avons pas installé nos moustiquaires et allons le payer toute la nuit.
Je passe une mauvaise nuit. Moustiques, chaleur et dos complètement cassé m'empêchent de trouver le sommeil. Raoul, parti en compagnie d'Hussein, est rentré tard et a emporté la toile de tente. Vers 04h00 du matin, je me lève, inquiet de ne pas savoir où est passé mon fils. Sa disparition ajoute à mon insomnie. Je le cherche sur les plages voisines, il est introuvable. Où peut-il bien être? Je pousse en direction du restaurant-bordel. Le ciel est étoilé mais la nuit ne permet pas de voir loin. Je me doute qu'il est en compagnie d'une naya, mais sait-on jamais. Nous sommes tout de même dans un pays à risques. Outre une possible agression par des voleurs ou des légionnaires enivrés, nous avons appris ce soir par Ali qu'un camion de policiers Djiboutiens a encore sauté sur une mine entre Randa et Tadjoura. Bilan six morts et trois blessés graves.
L'interdiction de la partie nord du pays se justifie de plus en plus et je me pose sérieusement la question de savoir s'il ne serait pas temps de mettre un terme à notre raid. La situation peut évoluer à tout moment dans cette région en guerre. Florent est réveillé, il s'inquiète aussi. À 05h30 le jour se lève. Nous repartons à la recherche de notre coéquipier, l'invectivant de ne pas nous avoir prévenus de ses projets. Nous remarquons la tente plantée sur la plage à une centaine de mètres du restaurant. Ce que je présumais est bien réel, il a passé la nuit avec Anna. Nous les réveillons, tous deux nous sourient... Raoul nous rassure sur les précautions prises. Nous lui rappelons que nous devons être prêts dans deux heures pour l'étape d'Arta.
Il est 13H30 lorsque nous arrivons à Arta Plage. Nous avons pris la piste que nous emprunterons demain pour monter à Arta Ville. C'est une bonne piste de terre qui descend vers la plage. Elle est très empruntée puisqu'un centre nautique et d'entraînement commando y a été monté par la Légion. j'ai connu cette plage il y a vingt ans lorsque nous faisions des quinzaines nautiques
Nous nous installons non loin du camp, sur la terrasse couverte d'un pavillon appartenant à l'ONTA. Une fois le matériel déchargé, nous mangeons des raviolis et du riz mélangés, puis nous attaquons une sieste. Nous payons nos efforts de la semaine.
Nos bouteilles remplies, nous rentrons au camp de base pour nous laver. Nous nous baignons d'abord dans la mer, salée et chaude. Elle est translucide, nous pouvons distinguer la barrière de corail, puis les profondeurs du golfe de Tadjoura. La mer, le vent, quelques épineux et un peu de civilisation...Nous sommes mieux à Arta Plage qu'au bord du Ghoubet El Karab!
Six filles travaillent dans ce restaurant-bordel, cinq Ethiopiennes et une jeune Djiboutienne. Elles nous accueillent avec sympathie en nous invitant à boire un café éthiopien. L'ambiance est amicale. Nous nous asseyons sur des lits, j'en compte quatre dans la pièce qui sert de logement aux filles. Nous discutons avec elles de notre raid et de ce qu'il nous reste à faire. La jeune Djiboutienne, prénommée Anna, s'intéresse à Raoul.
Il est 13H30 lorsque nous arrivons à Arta Plage. Nous avons pris la piste que nous emprunterons demain pour monter à Arta Ville. C'est une bonne piste de terre qui descend vers la plage. Elle est très empruntée puisqu'un centre nautique et d'entraînement commando y a été monté par la Légion. j'ai connu cette plage il y a vingt ans lorsque nous faisions des quinzaines nautiques. Plus rien à voir aujourd'hui. Les tentes marabout en toile ont été remplacées par des bungalows en dur, un vrai centre d'instruction avec salle de cours, dortoirs, sanitaires, eau et électricité. Tous les corps viennent s'y entraîner. Nous nous installons non loin du camp, sur la terrasse couverte d'un pavillon appartenant à l'ONTA.
En partant de Dankalelo, nous faisons un détour près des Iles du Diable, au bord du Ghoubet El Karab. Sensation d'être dans les entrailles de l'Enfer. Un vieil homme nous a dit à As Eyla que nous y verrions le Diable, que nous l'entendrions chanter, danser, nous appeler. C'est vrai, ce site fait froid dans le dos. Aucune verdure à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il n'y a que rocaille, basalte et roches volcaniques. La lave a envahi la moindre parcelle de terre.