Etape du carnet de voyage A travers l'Inde du Sud
Ecrit par Pierrot le 24 Avril 2008 Vu 86 fois
Ville ou village de l'étape : Kochi Date de l'étape : le 13 Août 1998
Nous devions visiter une usine de thé ce matin, annulée car le manager est absent. Nous partons donc nous balader à travers les plantations de thé dans la brume matinale et sous une petite pluie de mousson. Eclaircie et rayon de soleil nous permettent de découvrir enfin le paysage.
Discussion avec des ouvriers de la plantation. Beaucoup ont des contrats de 6 mois (août à janvier), au moment où la récolte est la plus importante. Le salaire se situe dans les 150Rps/j. Les femmes récoltent les feuilles de thé (14 à 22kg/j), elles sont payées pour 14kg, plus 0,5Rps/kg supplémentaire. Toutes les collines sont la propriété de la grosse firme Tata (qui fabrique de tout, du sel à la voiture en passant par le téléphone et la cocotte-minute. A récemment racheté un grand constructeur auto anglais : retour de colonisation !). La société a racheté toutes les terres et semble organiser la vie des habitants autour du thé. Le moindre pouce de terrain est planté, au détriment des habitats bien entendu.
Nous filons vers le Kerala, la végétation devient tropicale et luxuriante, beaucoup de cascades et de grosses rivières, rizières, bananiers, cocotiers, palmiers, hévéa (qui produit le latex). La chaleur est à la limite du supportable. Repas dans une gargotte, arrivée à Cochin vers 16h. Les hôtels deviennent de plus en plus chics et propres !
Kathakali : jeu de la séduction
Nous repartons immédiatement assister à un spectacle de Kathakali, ces fameux spectacles indiens de plusieurs heures qui racontent la vie du dieu Rama. Nous assistons tout d'abord au maquillage des acteurs (tous les rôles sont joués par des hommes) qui dure presque 1h, puis nous avons les explications des différentes expressions du visage, accompagné au tambour et aux cymbales. Le spectacle authentique dure plusieurs heures, parfois toute la nuit, et le développement de l'histoire est extrêmement lent. Le notre est une adaptation raccourcie et commentée (faute de quoi nous n'y comprendrions rien) pour touristes. A la fin, le directeur du théâtre nous donne une belle leçon de philosophie et spiritualité hindoue.
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Vendredi 14 août
Retour de la pêche à Cochin
Départ à 8h pour la vieille ville de Cochin, sur une île. Nous traversons la baie à bord d'un petit canot à moteur (inquiétude d'Yvette qui trouve qu'on est un peu trop au ras de l'eau). Ballade sur le port et la plage, où se trouvent d'immenses carrelets (filets chinois), nous assistons au retour de la pêche, directement au marché aux poissons.
Regards espiègles
Visite de l'église San Francisco et de la cathédrale Santa Cruz. L'après-midi nous allons visiter la synagogue, c'est la plus vieille de l'Inde (1568) et elle n'est plus fréquentée que par une petite communauté de 50 personnes, descendants d'émigrants arrivés après la destruction du Temple de Jérusalem. Gérard nous fait un petit cours, très pédagogique, sur les religions.
Lèche-vitrine dans les petites rues des antiquaires, achats de tapis, foulards, pantalons, chemises, épices et autres huiles miraculeuses.
Retour à l'hôtel par la même coquille de noix qu'à l'aller, puis on s'offre un repas au 8° étage d'un restau très très chic (le Sealord, essayez c'est extra !) avec vue sur la mer et la ville. Dommage qu'il fasse nuit ! On s'en tire pour pas loin de 40 FF/personne (donc 7€, au lieu des 1€/repas habituels !) : ça reste moins cher qu'un menu ouvrier en France !
Le Kathakali est un spectacle classique de l'Inde qui peut durer plusieurs heures. Ici, un démon ayant pris l'apparence d'une princesse pour séduire un prince.
Le prince se laissera-t-il tenter par le jeu de séduction du démon/princesse ? Vous avez certainement deviné la réponse (morale !), mais allez quand même voir une fois un spectacle de Kathakali, c'est vraiment beau !
Regards angoissés en traversant la baie de Cochin sur une coquille de noix motorisée. Il y a des moments où on préfèrerait être sur le gros bateau en face !
Ces pêcheurs font le compte de leurs prises de la matinée avant d'aller les livrer au marché de Cochin. Et toujours ces immenses paquebots en arrière plan !
Tout le monde connait maintenant les cyclopouss asiatiques (une petite pensée pour le carnet du Cyclobarang !), très proches du rickshaw indien, à la seule différence qu'en Inde le "forçat" est devant ses passagers. L'autorickshaw en est la version moderne et motorisée. Pétarade assourdissante de mobylette, pollution typique des moteurs 2 temps, on comprend que certaines villes, entre autres Delhi et Bombay, lui aient préféré le taxi (au gaz naturel à Delhi).